Economie

La dette gouvernementale: un nouveau stade dans la crise financière mondiale


Dans la même rubrique:
< >

Mardi 22 Mai 2012 - 08:44 QU’EST-CE QUE LE SALAIRE SOCIALISE ?


Notez

Nick Beams
Mardi 16 Février 2010

Les soubresauts qui se sont manifestés sur les marchés financiers au cours de cette dernière semaine indiquent un nouveau stade de la crise financière mondiale fondé sur la crainte des cercles dirigeants que commencent de vastes luttes sociales au moment où les gouvernements tentent de payer le coût des renflouements de banques massifs par des coupes sans précédent dans l’emploi, les salaires et les services sociaux.
Dans son ouvrage Les luttes de classe en France, Karl Marx avait noté que « le crédit public repose sur la croyance que l’Etat se laisse exploiter par les loups-cerviers de la finance. » Au cours de ces 18 derniers mois, les loups-cerviers se sont gavés au fur et à mesure que des plans de sauvetage, octroyés par les gouvernements des principaux Etats capitalistes et s’élevant à quelque 30 pour cent de leur produit intérieur brut combiné, ont sauvé les banques, augmentant leurs profits et stimulant les marchés financiers.
Comme l’admettait dans un discours l’année dernière le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mervyn King, « jamais dans le domaine de l’activité financière autant d’argent n’a été dû à autant de gens par si peu. »
Si les différents modèles de sauvetage et d’interventions impliquaient des opérations apparemment complexes ils étaient à la base très simples : des billions de dollars de dette ont simplement été rayés du bilan des banques et des institutions financières pour être transférés à l’Etat. Arrive maintenant la phase suivante – le remboursement de cette dette au moyen de coupes sombres dans les dépenses sociales et de réductions drastiques du niveau de vie de la classe ouvrière. Ce processus a débuté en Grèce avec l’annonce du gouvernement grec qu’il s’efforcerait de réduire le déficit budgétaire en faisant passer son niveau actuel de 13 pour cent du PIB à 3 pour cent au cours des deux prochaines années.
Après l’acceptation de cette décision par l’Union européenne, les marchés n'ont d'abord pas connu de changement. Mais cela devait ne devait pas durer. Aux dires d’un commentateur financier, « la sensation de chaleur ressentie du fait de la décision prise par Bruxelles avait disparu » sitôt l’annonce de l’organisation en Grèce d’une grève générale le mois prochain pour protester contre les coupes.
Les ondes de choc qui se sont alors propagées sur les marchés financiers mondiaux reflètent deux préoccupations liées entre elles au sein des milieux gouvernementaux et financiers. La première préoccupation est que les événements ayant lieu en Grèce ne sont que la première manifestation d'une crise de l’endettement s’étendant à toute l'Europe et au-delà. La seconde est que la situation qui a prévalu ces 18 derniers mois, où les gouvernements de par le monde ont rempli les exigences des banques et des marchés financiers sans intervention sérieuse de la classe ouvrière est sur le point de prendre fin.
Avec l’apparition de la crise grecque, l’attention s’était immédiatement tournée vers les autres membres de l’UE, l'Irlande, le Portugal, l'Italie et l'Espagne. La semaine passée les « couvertures de défaillance » sur la dette portugaise, évaluant le risque de défaut, ont connu une forte augmentation due à la crainte que le pays était en train de devenir ingouvernable et que « ce qui est en jeu est la crédibilité de l’Etat portugais. »
Les frais d’assurance contre le risque de défaillance de la dette espagnole ont également fait un bond après que le commentateur économique du New York Times, Paul Krugman, ait mis en garde que « le plus gros point névralgique n’[était] pas la Grèce mais l’Espagne. » Selon la société Barclays Capital, le passif extérieur net correspond à 87 pour cent du PIB pour la Grèce, 91 pour cent pour l’Espagne et 108 pour cent pour le Portugal.
Si la crise était limitée à la Grèce ou même aux soi-disant pays méditerranéens elle pourrait être contenue. Mais l’augmentation des déficits budgétaires est un phénomène universel. Le Fonds monétaire international (FMI) a prévu que le ratio de la dette publique au PIB des économies les plus avancées devrait passer à 115 pour cent d’ici 2014 contre 75 pour cent en 2007, un bond sans précédent en temps de paix, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne étant les deux pays les plus durement touchés.
Jusque-là l’UE a décidé de ne pas venir en aide à la Grèce, de crainte de créer un précédent pour le sauvetage de l’Irlande, du Portugal et même de l’Italie. Dans le même temps, l’UE a refusé une intervention du FMI parce que des sauvetages internationaux de pays individuels au sein de l’UE remettraient en question le système financier européen et la stabilité de l’euro. Reflétant la pression qui règne au sein de l’UE, une réunion ce week-end des ministres des Finances des pays du G7 a montré clairement que les autorités européennes « géreraient » la crise grecque.
Mais l’attitude adoptée par l’UE a suscité des critiques comme quoi elle est en train de créer des problèmes encore plus grands. Dans un commentaire intitulé « L’Europe risque une autre dépression mondiale, » l’ancien économiste en chef du FMI, Simon Johnson, a écrit : « Que font les économies européennes plus fortes, notamment l’Allemagne et la France, pour contenir la crainte qui s’auto alimente que les pays les plus faibles de la zone euro pourraient ne pas être en mesure de rembourser leur dette -- cette panique qui a fait grimper les taux d’intérêt et a vraiment rendu plus difficile le remboursement pour les gouvernements en difficulté ? Les Européens aux poches profondes ne font rien, sauf insister pour que tous les pays qui subissent des pressions réduisent rapidement leurs budgets et ce, d'une façon qui est probablement irréalisable politiquement. Ce genre d’austérité fiscale précipitée avait directement contribué au démarrage de la Grande Dépression dans les années 1930. »
Le début de ce nouveau stade de la crise financière mondiale soulève pour la population laborieuse des questions politiques décisives. Pour les élites dirigeantes tout dépendra de la mesure dans laquelle elles sont capables d’isoler, de briser et de réprimer les luttes de la classe ouvrière. Pour cela, elles comptent directement sur les directions social-démocrates et syndicales pour désamorcer l’opposition populaire aux coupes en la canalisant dans des directions nationalistes et avant tout en faisant obstacle au développement d’une perspective socialiste.
Le caractère même de la crise pose cependant la nécessité objective de l’unification de la classe ouvrière internationale sur la base d’un programme socialiste. Les interrelations complexes de la finance mondiale signifient qu’une crise dans une région est presque immédiatement transmise à l'ensemble du système. La crise des subprimes aux Etats-Unis avait déclenché la crise financière mondiale, à présent les défauts de remboursement en Europe menacent de l’approfondir.
C’est pourquoi, dans chaque pays, une lutte politique doit être lancée pour résoudre cette crise dans l’intérêt de la population laborieuse et de la société en général en exigeant l’expropriation de l’ensemble du système bancaire et financier et le placement de ses ressources sous contrôle démocratique public et international. Alors seulement, la mainmise de l’oligarchie financière sera brisée et la société reconstruite dans le but de satisfaire les besoins de l’humanité et non les profits des banques.

http://www.wsws.org http://www.wsws.org



Mardi 16 Février 2010


Commentaires

1.Posté par Olivier le 16/02/2010 16:12

Très bel article. Gageons que les voeux du rédacteur puissent se concrétiser; je ne demande que ça. On ne pourra plus se cacher éternellement derrière notre pc pour râler. Il y a un moment où l'on devra descendre dans la rue ...

2.Posté par Anita1945 le 16/02/2010 17:41

Mon voisin vient de m'annoncer qu'il a ouvert un deuxième compte dans une Banque "prévisionnellement : à cause de la crise" !
Il n'y aura plus d'argent à distribuer par les Banques : vous n'aurez plus rien.
** Les gens ont donc besoin d'argent ! ça ne va donc pas autrement !
Il m'a répondu : chacun aura une certaine somme de la Banque, et par semaine, et pas un sou de plus !
ça va mal. Hier soir à 20 H. - j'étais dans un bus de la petite ville alsacienne (= 2 passagères et le chauffeur).
En pleine Avenue : deux grands boums - j'ai cru à explosions ou tirs terroristes.
Le chauffeur a arrêté le bus pour voir : la grande vitre SECURIT brisée : un trou - et à l'intérieur devant le siège de la passagère (qui a eu de la chance) un énorme bloc de pierre (d'un chantier).
S'il y avait eu plus de monde, quelqu'un aurait pu être tuée ou invalide à vie.
Ceux-là vont continuer. On n'a donc pas besoin de tels agissements !
Tout est camouflé... à cause des Elections proches...

3.Posté par pétale le 16/02/2010 18:07

C’est pourquoi, dans chaque pays, une lutte politique doit être lancée pour résoudre cette crise
pffff je me demande si c'est pas trop tard, et la politique ne sert qu'a diviser les gens.
super article cependant

4.Posté par dan le 16/02/2010 18:15


@olivier

bien sûr il faudra descendre dans la rue -

mais Bruxelles a tout prévu : n'oubliez pas et peu le savent que l'Union Européenne s'est dotée de la - EUROGENDFOR - qui prévoit assister policièrement tout pays européen ayant besoin de réprimer son peuple

cette invention a été imaginée par Michèle Alliot Marie en 2004 je crois

vous pouvez aller sur le site du ministère de la défense et vous y trouverez les modalités

alors ce sera sanglant le jour où on descendra dans la rue - je vous le dis - ils ont tout prévu

5.Posté par Anita1945 le 16/02/2010 18:38

Ils ont tout prévu, en effet.
En ayant signé (ça se dit ratifié : je crois) le Traité de LISBONNE, la FRANCE a de nouveau droit à la Peine de Mort applicable "pour et en Europe" !
Beaucoup ne le savent guère ! J'avais appris cela sur Internet.
News of tomorrow je crois, et aussi ailleurs.

6.Posté par pétale le 16/02/2010 20:36

a dan
ce sera sanglant le jour où on descendra dans la rue
justement est ce que c'est vraiment la solution ? Ils sont évidement plus fort que nous, et dailleurs ils ont certainement prévu les émeutes et toutes sorte de trucs dans le genre, voyez les camps de la fema
Ne devrions nous pas jouer plus fin genre se détacher au max de ce système, petit a petit se préparer a le quitter, en acceptant le sacrifice de se passer de plein chose ?
aprés sait-on jamais avec un alignement possible des planètes en 2012 pourquoi cet é venement ne serait il pas porteur de bonne énergie pour ceux qui se seront libérés ?

7.Posté par dan le 16/02/2010 21:06


@ pétale

je voudrais croire comme toi que l'avenir sera meilleur mais l'Histoire nous a appris qu'il fallait parfois renverser la vapeur et les évenements mondiaux actuels nous montrent que tout est déjà cadenassé pour nous mettre en esclavagisme

a nous de savoir en effet ce que nous voulons

8.Posté par la truie qui file le 16/02/2010 21:18

Alignement ou pas , il y a des signes avant coureur d'un sursaut violent de l'activité solaire d'eruption tout comme en 1859.

Tout le systemen est lié à l'electricité l'electronique et les ordinateurs . La plupart des composantes ou des infrastructures seront inutilisables pour longtemps meme les demarreurs de vehicules , les engins volants , tous les moyens de communication et meme les armes les plus sophistiquées
- un petit souvenir personnel d'un gros eclair : une radio et un frigo grillé , le compteur explosé , le transfo local fondu , une pierre d'une tonne soulevée , 1 km de ligne explosée , un arbre de 50 cm coupé en deux par le sens de la longueur et par chance la facture EDF n'avait pas ete payée donc le reseau etait deconnecté physiquement à l'intérieur de la chaumière sinon cela aurai ete pire pour les quelques fils qui ont survécus ...les bienfaits du manque de moyens dans les choix judicieux du ciel ...

En gros si quelques amis en grand nombre decident de faire une petite fete dans la rue et d'y camper pour longtemps juste apres une telle eruption solaire ce sera bien difficile de les en empecher ...a une condition c'est d'etre pacifiques mais résolus
et fermes pour faire valoir leurs droits de faire durer cette petite fete jusqu'a perpet les bains ..

En attendant il vaut mieux savoir deja comment passer ce genre de sauteries puisque la machine telle qu'elle est aura bien du mal a s'en remettre . Surtout si les fetard continuent leur petites fete ne serait ce que dans un vaste mouvement pacifique de salut public en imprimant eux meme leurs invitations avec des vieux duplicateurs par exemple et surtout en s'organisant en solides associations de survie festives locales avec toutes sorte de competences regroupées et tous ensemble decidés à vivre .


9.Posté par cielétoilé le 16/02/2010 21:33

éruptions solaires , c'est là http://www.cbc.ca/technology/story/2007/04/05/tech-gps.html

10.Posté par voixlibre le 16/02/2010 23:52

Je suis d accord avec ceux qui disent qu il faut AGIR sereinement mais efficacement. En attendant de pouvoir descendre dans les rues, refusons d adhérer à leur système de crédit à interêt. Retournons à un mode de vie plud simple, avec plus de solidarité et arrêtons de faire fructifier ces banques qui nous dévorent en douceur. Quand on a pas les moyens d avoir un appartement, un lot de terrain, une voiture, mieux vaut s en passer tout simplement. Cela fait moins de confort mais nous voyons bien où nous a mené notre course vers un bien être purement matériel. Il est grand temps de se ressaisir: à eux leurs comptes; à nous les nôtre.

11.Posté par dan le 17/02/2010 00:06

@voixlibre

les banques ne se nourrissent pas de nos emprunts

elles se sont construites sur la destruction de la richesse du potentiel humain et sur les délocalisations initiées aussi par les hedges fund

il y a un film annonciateur des années 80 qui s'appelle "Mille milliards de dollars" avec Patrick deweare et qui est très révélateur de ce qui était déjà en place

Vous pouvez visionner "LA CHUTE DE LA REPUBLIQUE" d'ALEX JONES qui démonte très bien la toile d'araignée tissée par les Super Elites qui gouvernent le monde


12.Posté par voixlibre le 17/02/2010 00:15

Je ne mets pas en doute vos informations, mais je ne vois pas comment un système où vous remboursez plus que ce que vous prenez ne vous serait pas nuisible. L'usure a été condamnée par toutes les religions, ce n'est pas gratuit; seulement, de nos jours, même les religions sont remodelées en fonction des intérêts. L'arrogance humaine est sans limite!

Nouveau commentaire :
Twitter
B i u  QUOTE  URL

Nous vous rappelons que, conformément à la loi, tout propos injurieux, diffamatoire ou xénophobe vous expose à d'éventuelles poursuites judiciaires. L'anonymat n'empêche pas votre identification.

Pour signaler un abus, contactez-nous : webmaster@alterinfo.net

Actualité en ligne | International | Analyse et décryptage | Opinion | Politique | Economie | Histoire et repères | Sciences et croyances

Publicité

Brèves


VIDEO
| 22/05/2012 | 603 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
1 sur 86


Commentaires