Conflits et guerres actuelles

La désignation du « Monsieur guerre » des Etats-Unis



IRIB
Jeudi 17 Mai 2007

Finalement, après plusieurs semaines de consultations, le Président américain a choisi son « Monsieur guerre ». Le Général Douglas Lute a été choisi par le Président Georges W. Bush comme le « Monsieur guerre », chargé de superviser la gestion des conflits en Irak et en Afghanistan.

Le général Lute tiendrait le rôle d'assistant du président et de conseiller adjoint à la sécurité nationale. En effet, la Maison Blanche a voulu un coordinateur pour en finir avec les querelles entre le Pentagone, le Département d'Etat et autres agences - et pour s'exprimer au nom du président lorsque surviennent des difficultés sur le terrain.

Certains ont critiqué, pourtant, l'utilité même de la création de ce poste, jugeant qu'il compliquerait la chaîne de commandement et créerait de nouveaux problèmes. La création de cette nouvelle fonction intervient dans le contexte d'un renfort des troupes en Irak, alors que la stratégie de la Maison Blanche est contestée de toute part et la guerre de plus en plus impopulaire. Elle a lieu alors que l'équipe jusqu'ici chargée de l'Irak à la Maison Blanche s'est réduite: Meghan O'Sullivan, une des adjointes de Stephen Hadley, conseiller à la sécurité nationale, chargée de la coordination quotidienne de l'Irak, a récemment annoncé son départ. Le Sénat doit décider, dans les jours à venir, du paiement par échéances, du budget de la guerre d’Irak. Bush souhaite recevoir toute la somme de 99 milliards de dollars de ce budget alors que les congressistes ont annoncé qu’ils ne donneraient plus aucun chèque en blanc pour la poursuite de la guerre sans fin en Irak. Dans une telle circonstance, le début des travaux du « Monsieur guerre » pourrait intensifier les problèmes. La nomination de Douglas Lute qui assumait, déjà, des postes importants dans l’armée américaine, doit être confirmée par le Sénat.

Vu l’ambiance anti-guerre au Congrès, il ne semble pas très facile d’attirer le soutien à ce général. D’autant plus que l’octroi de diverses prérogatives à ce dernier, renforcerait les inquiétudes quant à la concentration du pouvoir au sein des administrations et des organes militaires. Les Américains se préoccupaient, vivement, ces quelques dernières décennies, de voir les organes gouvernementaux devenir de plus en plus puissants et de voir la mise sur pied de nouvelles organisations super-puissantes. Ce nouveau poste d’assistant du Président pour les affaires de la guerre en Irak et en Afghanistan qui conduirait à la concentration du pouvoir au sein d'un organe particulier, faciliterait, ainsi, les abus de pouvoir et la tromperie de l’opinion publique.

Déjà, après les attentats du 11 septembre 2001, et sous prétexte de lutter contre le terrorisme, Bush a considérablement renforcé le pouvoir et les prérogatifs du gouvernement fédéral et unifié les services de renseignements et de sécurité par la création d’une gestion nationale des informations. En tout état de cause, la Maison Blanche souhaite que la désignation de ce « Monsieur guerre » se traduise par la victoire dans la guerre d’Irak. Il ne semble pas, pourtant, que la désignation de ce poste puisse empêcher l’enlisement constant des Etats-Unis dans le bourbier irakien, étant donné que les problèmes de ce pays viennent de son regard et approche erronée à l'égard de la sécurité et non pas de l’absence des organes de décision.


Jeudi 17 Mai 2007

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