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La déchéance déchue au sénat français


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Salim METREF
Vendredi 18 Mars 2016

La déchéance déchue au sénat français
La déchéance de la nationalité n'aura probablement pas droit de cité dans la constitution française non pas parce qu'elle pourrait porter atteinte à une certaine image de la France dans le monde mais tout simplement parce que cette loi énonçait dans son texte initial qu'elle s'appliquerait à l'ensemble des citoyens français. Le sénat français a refusé cet l'élargissement du champ d'application de cette loi.
En signifiant au gouvernement français que seuls les binationaux, les français de confession musulmane et d'origine maghrébine sont désormais désignés ainsi, peuvent être déchus de leur nationalité, le sénat français inflige une défaite politique majeure aux socialistes français et provoque la non-inscription probable de cette loi dans la constitution française. Ce projet de loi avait suscité d'importants remous à gauche et même le départ de l'ancien garde des sceaux, Christiane Taubira.
La droite vient de rappeler aussi à la gauche qu'elle seule était "dépositaire" des questions sécuritaires et que garante de la cohésion nationale, elle ne pouvait accepter que soient déchus de leur nationalité les français non binationaux.
En imposant la réécriture de cette loi ou probablement son annulation et en privant probablement aussi le Président Français de son congrès de Versailles réunissant les deux assemblés et dont il aurait certainement tiré certains dividendes sur le plan politique, la droite française gagne une bataille politique en vue des présidentielles de 2017. Elle empiète également sur les valeurs traditionnelles de la gauche. Cette dernière ou du moins une partie d'entre-elle est sérieusement ébranlée. En jouant aux apprentis sorciers et en reniant, sous l'effet de l'émotion et de la pression de l'opinion, une partie des idéaux traditionnellement défendus par elle, elle subit de plein fouet ce qui ressemble à un véritable retour de flamme. Certains osent même dire que le Sénat français a également sonné la mort politique de François Hollande et de son premier ministre.
Un compromis sera probablement trouvé mais l'effet ravageur du vote du sénat aura sans doute un impact sur la recomposition en cours de la scène politique française en général et de son opinion en particulier dont le centre de gravité dérive inexorablement vers la droite la plus extrême.
Le droite consacrera aussi par ce vote le retour au bercail de ceux qui auraient été tentés par le soutien à Marine le Pen et mordra sans doute et à pleines dents dans un électorat de gauche en partie déboussolé et désemparé et qui serait tenté lui aussi par le "vote sanction et le vote refuge".


Vendredi 18 Mars 2016


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