ALTER INFO

La culture du lavage de cerveau à l’information de Marseille



Finian Cunningham
Vendredi 29 Juin 2018






    Discerner la différence entre fait et opinion, est un problème pour les citoyens des États-Unis. C'est la conclusion d'un sondage récent effectué par la vénérable organisation Pew.



    Pew a constaté qu’à peine un quart des gens sondés sont capables de faire correctement la distinction entre une déclaration factuelle et l’expression d’une opinion. En d'autres termes, la majorité des gens interrogés pensent à tort que les informations que l’on fait passer pour des faits, sont bien des faits, bien qu’il ne s’agisse en réalité que d’opinions subjectives.



    Ainsi, devant des phrases du genre, « la démocratie est la meilleure forme de gouvernement, » la plupart des sondés ont estimé qu’il s’agissait de faits. Sur plus de 5000 personnes sondées, à peine 25% ont pu correctement distinguer les faits des affirmations subjectives.



    En outre, voici ce que Reuters a rapporté : « Selon Pew, les gens tendent à être en désaccord avec les déclarations factuelles qu'ils prennent à tort pour des opinions. »



    Cette dernière tendance suggère que les citoyens étasuniens sont facilement induits en erreur par de fausses informations et, peut-être plus troublant encore, qu’ils ont l’esprit fermé aux informations qui réfutent leurs préjugés.



    Ceci dit, mon intention n’est pas du tout de dénigrer les citoyens. Il serait intéressant de voir ce que donnerait le même sondage en Europe, Russie ou Chine.



    Bien que l’on n’ait pas ces évaluations, d’une façon ou d’une autre, le sondage de Pew indique l’existence d’un problème cognitif important chez les Étatsuniens qui sont capable discerner les faits des opinions. Puisque les opinions peuvent être facilement manipulées, mal interprétées ou mensongères, cela indique à son tour le problème que la société étasunienne est vulnérable aux dites fausses nouvelles.



    Le président Donald Trump, en faisant allusion à l’hostilité des médias envers sa personnalité et la politique qu’il mène avec le parti républicain, a pratiquement inventé à lui tout seul l'expression ‘information trompeuse’.



    Trump lui-même se fait souvent le colporteur effronté de fausses informations. Rappelez-vous sa prise de bec absurde avec les médias, sur la taille de la foule présente lors de son investiture. Malgré les preuves photographiques aériennes, il affirmait qu’il y avait eu un immense afflux record d’assistance.



    Néanmoins, dans une certaine mesure, Trump n’a pas tout à fait tort. Les médias étasuniens en faveur des démocrates se sont rendus coupables d'histoires et de problèmes dénués de crédibilité factuelle. Le plus grave est l'affaire ‘RussiaGate’, que les médias anti-Trump rabâchent depuis près de deux ans. Ils prétendent qu'il s'est entendu avec la Russie pour être élu, que des agents du Kremlin ont interféré dans les élections présidentielles de 2016 avec de ‘fausses histoires’ pour habiliter Trump.



    L'ironie est que ces prétendues fausses histoires russes, qui circulaient sur les médias sociaux, sont éclipsées par les considérables et véritables tromperies véhiculées par des médias supposés prestigieux, comme New York Times et Washington Post, CNN, MSNBC et autres, comme quand ils accusent l’ingérence russe. Où en est la preuve ? Il n'en existe pas. Il s’agit d’une accusation complètement fausse, ressassée encore et encore.



    Un autre facteur dans le phénomène des fausses nouvelles, est bien évidemment la nouvelle domination des médias sociaux dans l'environnement de l'information. Près de la moitié de la population étasunienne s’informerait sur les médias sociaux. C'est un moyen sûr d'ouvrir les écluses des moulins à rumeurs homogénéisant les faits et les histoires inventées pour les millions de lecteurs quotidiens. Et si l’on se fie au sondage de Pew, il en résulte un grand nombre de gens virtuellement confus ou mal informés.



    Ensuite se pose la question : Pourquoi les citoyens étasuniens sont-ils particulièrement susceptibles de se faire embobiner par des informations trompeuses ?



    Dans une tribune de Russia Today, le commentaire d’un lecteur anonyme fournit une explication plausible. Ce bref commentaire dit : « Les médias grand public mentent depuis si longtemps aux Étatsuniens, que ne sachant que croire, de nombreuses personnes ne regardent plus les bulletins d’information, à part juste le sport et le spectacle. »



    On peut dire qu’il s’agit d’un point clé. Penses-y. Si une population est imprégnée pendant des décennies de ‘nouvelles’ qui sont en fait carrément trompeuses ou de la désinformation, on peut s'attendre à ce que la capacité du public à exercer ses facultés mentales critiques soit affaiblie. En outre, l’esprit de ce public sera plein d'idées fausses. En bref, il sera conditionné par ce lavage de cerveau.



    Prenons quelques exemples majeurs de contrevérités colportées et instillées par les médias étasuniens.



    L'assassinat du président John F. Kennedy. Plus de 50 ans après le meurtre de Kennedy à Dallas, la totalité des médias des grands groupes étasuniens adhèrent sans faillir au compte-rendu officiel, selon lequel JFK aurait été abattu par un seul tireur, Lee Harvey Oswald. Les éléments de preuve présentés par de nombreux chercheurs sérieux, montre qu'Oswald n'aurait pas pu tirer trois balles. Il est bien plus plausible que Kennedy ait été assassiné par plusieurs hommes armés, dans d’un complot orchestré par des organismes étatiques étasuniens. Le fait est qu'aucun média grand public étasunien n'a jamais sérieusement contesté les mensonges flagrants du récit officiel sur cette affaire. Sans doute parce que les conséquences d'un coup d'État contre un président étasunien démocratiquement élu, sont très choquantes.



    Un choix au hasard d'autres questions majeures, pourrait inclure le largage de bombes atomiques sur le Japon, la guerre de Corée, la guerre du Viêt-nam, la guerre d'Irak et la guerre en cours en Syrie. Dans chaque cas, les médias étasuniens ont fait passer ces drames pour des causes fondamentalement justes de la puissance étasunienne. Un peu de dissidence est permise, dans la mesure où le pouvoir étasunien est accusé d'avoir fait une erreur ou d'avoir oublié sa ‘philosophie de principe’ inhérente en s’étant embourbée dans des interventions ‘malencontreuses’ à l’étranger.



    Mais encore une fois, l'establishment médiatique joue le rôle d’un ministère de la désinformation servant à cacher au public la réalité du pouvoir capitaliste étasunien dans le monde. Il est inconcevable que ces médias révèlent la vérité toute nue sur le pouvoir, qu’ils divulguent que les gouvernements étasuniens commettent systématiquement des génocides contre des millions de gens, afin de favoriser les profits des sociétés étasuniennes.



    Il est inconcevable que les médias signalent que dans le but de renverser le gouvernement élu du président Assad, les services de renseignement militaires étasuniens ont secrètement militarisé des groupes de mandataires terroristes en Syrie au cours des sept dernières années. Ce genre de révélation est impensable dans les médias étasuniens. Cela n'arriverait tout simplement pas. Au lieu de cela, ils racontent au public que le Pentagone soutient les ‘rebelles modérés’ qui cherchent à ‘renverser le dictateur’.



    Nous pouvons citer de nombreux autres exemples de grandes affaires mondiales pour lesquelles les médias étasuniens ont systématiquement inventé de fausses explications et des mensonges, afin de dissimuler la criminalité des dirigeants à Washington.



    Ainsi, quand ce genre de média dénigre Trump sur le point faible de ses ‘fausses nouvelles’, l'ironie éclatante est que ces mêmes médias empoisonnent l’esprit du public étasunien à échelle industrielle depuis des décennies avec de scandaleuses informations trompeuses et des articles mensongers.



    Cette culture du lavage de cerveau systématique – dans une démocratie tant vantée par des médias d'information autoproclamés libres et indépendants –, est sans aucun doute le facteur qui explique pourquoi les citoyens étasuniens semblent avoir du mal à discerner les faits de la fiction. Le phénomène des fausses nouvelles n'est ni nouveau ni inattendu. C'est le corollaire de la façon dont, pendant des décennies, la population a été rabaissée à l’état de sujet contrôlé. C’est depuis longtemps l'objectif des propagandistes des zélites étasuniennes, comme Edward Bernays, qui dans les années 1920, s'efforçait de « contrôler les habitudes et les pensées de la population. »



    Ainsi, lors d'une réunion du cabinet, William Casey, l'ancien chef de la CIA, pouvait se vanter cyniquement plus tard devant le président Ronald Reagan : « Nous saurons que notre programme de désinformation est terminé quand tout ce que le public croira sera faux. »



    Caractéristique fascinante du régime étasunien de facto totalitaire, le public pense illusoirement être ‘libre’. C’est la plus grande de toutes les tromperies. Rares sont ceux qui se doutant de la condition oppressive de leur vie, soupçonnent n’être en réalité que les captifs, les esclaves, les sujets d’une faune de faussaires.



    Penser avec satisfaction que cette liberté illusoire est factuelle, est sans doute le facteur clé de la perpétuation du système capitaliste étasunien et occidental. La preuve en est dans la façon dont ceux qui disent la vérité sont boudés et censurés par les médias grand public. Un régime totalitaire endoctriné ne peut tolérer ni dissidence, ni critique.



Strategic Culture Foundation, Finian Cunningham, 26 juin 2018


Original : www.strategic-culture.org/news/2018/06/26/american-totalitarianism-and-culture-fake-news.html

Traduction Petrus Lombard







Vendredi 29 Juin 2018


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