Tribune libre

La croisade cathodique


Dans la même rubrique:
< >

Dimanche 22 Juillet 2018 - 09:32 Adieu l’Émile je t’aimais bien, tu sais…

Samedi 21 Juillet 2018 - 02:14 Macron : Champion !


"I want him, dead or live ! (je le veux, mort ou vif !)" C’est George W. Bush qui a dit cela à propos d’Oussama Ben Laden. Par cet ordre qui s’inspirait des westerns, le président américain voulait mettre tous ces concitoyens aux trousses de l’outlaw (le hors-la-loi) qui dirige «la horde sauvage» en guerre, depuis des années, contre l’armée des Etats-Unis.


Dimanche 17 Juillet 2005

Mais, après quatre ans de traque planétaire, le nouveau Gengis Khan reste, apparemment, introuvable. Une chance que ni Noriega, traité comme un vulgaire trafiquant de drogue et bouclé avec de petits délinquants, ni Saddam, capturé au fond d’une grotte et exhibé comme un fauve blessé, n’ont eue.

Et en dépit d’un filet policier tendu à l’échelle du monde, le fantôme arabe qui hante l’Afghanistan reste invincible. Il se permet même de prendre possession de sujets britanniques, d’origine pakistanaise et jamaïcaine, qu’il transforme en bombes humaines télécommandées à des milliers de kilomètres.

Et lui, à qui l’on attribue la première attaque étrangère, après celle de Pearl Harbour, contre le sol américain, fait toujours de la spéléo et du trekking en Asie centrale sans s’inquiéter. Alors, de deux choses l’une : ou bien cet ancien agent de la CIA continue tranquillement sa mission de sape, sous les ordres du sergent qui l’avait recruté dans sa jeunesse, ou bien il est plus fort que toutes les agences de renseignements réunies.

Il peut s’agir aussi d’un épouvantail, créé de toutes pièces, pour justifier l’action de l’administration américaine chez elle et dans le monde. Car le public américain moyen ne comprend pas l’analyse abstraite. Sa conscience politique et même morale étant formée, en grande partie, par la télévision et le cinéma, les hommes sont, pour lui, soit des bons, soit des brutes, soit des truands.

Pour mesurer l’ampleur d’un péril, il lui faut voir une image, un stéréotype, un King Kong, un docteur Mabuse pour s’en convaincre. Et qui mieux que le présumé chef d’El-Qaïda avait autant de chances pour camper ce rôle dans la distribution du thriller, en live et en 3D, auquel nous assistons ? Aux yeux d’un gars du Midwest, de l’Oregon ou du Milwaukee, Ben Laden est le portrait craché du mal.

Son allure, son action, ses propos paraissent aussi étranges et inquiétants que ceux d’un yeti mangeur d’hommes. La Grande-Bretagne dispose, elle aussi, d’un cliché similaire. Abou Hamza El-Misri qui, avec son crochet de pirate à la place de la main, son œil crevé, sa corpulence de corsaire turc et son accoutrement ancestral, ressemble, trait pour trait, au terrible Capitaine Flint.

Cet ancien imam médiatique de la mosquée de Finsburry Park avait, quelques mois avant les événements du 11 septembre, menacé, en direct à la télévision et à partir de Londres, que les islamistes allaient s’attaquer aux avions. Il avait même expliqué le procédé «ingénieux» prévu pour être utilisé lors de ces opérations : des bombes accrochées à des ballons sondes de la météo, figurez-vous, pour percuter des appareils en plein vol ! Mais c’est dans le métro qu’elles ont fauché des innocents ayant servi de malheureux comparses, dans un spectacle de plus en plus tragique, de plus en plus dégoûtant.

par Mohamed Badaoui

le jeune independant - Algerie



Lundi 18 Juillet 2005


Nouveau commentaire :

ALTER INFO | MONDE | PRESSE ET MEDIAS | Flagrant délit media-mensonges | ANALYSES | Tribune libre | Conspiration | FRANCE | Lobbying et conséquences | AGENCE DE PRESSE | Conspiration-Attentats-Terrorismes | Billet d'humeur | Communiqué | LES GRANDS DOSSIERS


Publicité

Brèves



Commentaires