Sciences et croyances

La course vers Mars est lancée


Cette année marquera sans doute, d'une certaine manière, le début de la mission vers Mars. Le voyage, virtuel il est vrai, s'effectuera pour l'instant sur Terre. Mais cela ne diminuera nullement l'importance de cet événement pour la préparation d'un vol réel. Réalisée par l'Institut russe des problèmes médico-biologiques (IMBP) en collaboration avec l'Agence spatiale européenne (ESA), la première étape de l'expérience Mars-500, sans précédent dans la pratique mondiale, débutera en mars prochain.


Mardi 17 Février 2009

La course vers Mars est lancée
Par Andreï Kisliakov, pour RIA Novosti

Cette expérience vise à obtenir un maximum d'informations sur les capacités de l'organisme humain à s'adapter aux conditions d'une mission de longue durée dans l'espace.

Dans le cadre de la première étape, six volontaires (quatre Russes et deux Européens) sélectionnés en 2008 seront enfermés pendant 105 jours dans une capsule simulant un vaisseau spatial, sans pouvoir communiquer avec l'extérieur. Toujours cette année, il est prévu de commencer la partie principale de l'expérience : six autres volontaires resteront confinés dans une enceinte close pendant 520 jours (250 jours pour l'aller, autant pour le retour, et 20 jours "sur place").

La course vers la planète rouge est bel et bien lancée. Après avoir reçu des instructions au centre d'entraînement des cosmonautes de la Cité des Etoiles, les six volontaires recrutés pour l'expérience de mars prochain passent des tests de "survie" dans une forêt des environs de Moscou, dans les conditions rigoureuses de l'hiver russe.

Les futurs astronautes sont très bien équipés. Ils sont vêtus de combinaisons chaudes qui permettent de supporter un froid de -60°C durant trois jours. Les volontaires ont également à leur disposition un réservoir de 6 litres d'eau, un stock de produits alimentaires, une pharmacie, un émetteur radio, des moyens de signalisation, des hameçons de pêche, une mini-scie et d'autres instruments, ainsi qu'un pistolet, unique en son genre, à trois canons et à une crosse en forme de machette. Leur état de santé fait l'objet d'un contrôle permanent grâce à un système de suivi médical à distance testé au pôle Sud.

L'homme, ses caractéristiques individuelles et sa capacité à surmonter les épreuves surgies au cours d'un vol spatial prolongé font évidemment l'objet des travaux préparatoires de toute mission spatiale habitée de longue durée. Le système de support de vie à bord du vaisseau spatial a donc une importance fondamentale pour l'équipage.

L'expérience Mars-500 (250 jours pour l'aller, autant pour le retour, et 20 jours "sur place") doit notamment permettre de définir les grands axes de ce système.

Selon les spécialistes de l'IMBP, l'objectif principal de la préparation des expéditions interplanétaires est de développer un système de survie "en circuit fermé". Ce système se distinguera radicalement de celui installé, par exemple, sur le complexe orbital ISS (Station spatiale internationale), qui n'utilise pas de circuit fermé des substances et n'est pas, pour cette raison, une biosphère fermée. La création d'un tel système, capable d'assurer le processus de régénération totale des principaux éléments nécessaires à la vie, demandera au moins 10 ans.

Le problème principal des scientifiques est d'assurer la production ininterrompue d'oxygène, d'eau, de nourriture et l'élimination des déchets liés à cette activité.

Cependant, la solution de ces questions ne règle pas pour autant le problème du long séjour de l'homme dans l'espace. La microgravité représente un danger immense pour notre organisme.

Les recherches américaines attestent que les personnes ayant séjourné longtemps dans l'espace souffrent d'une perte de leur masse osseuse. Les observations de l'état de santé de 13 astronautes ayant passé chacun six mois à bord de la Station spatiale internationale ont montré que la solidité de leur squelette a diminué, en moyenne, de 14% par rapport aux indices enregistrés avant le vol. Trois astronautes ont perdu environ 30% de leur masse osseuse, ce qui est comparable à l'état du squelette d'une femme âgée atteinte d'ostéoporose. Cette maladie est caractérisée par une perte de la masse osseuse qui augmente le risque de fractures des os.

Outre les problèmes médicaux, une mission spatiale de longue durée est très exigeante pour l'équipage au plan psychologique.

Durant ce vol autonome prolongé, les astronautes seront obligés de vivre en autarcie totale dans un vaisseau exigu, loin de la Terre, et de plus, dans des conditions de microgravité. Les relations établies au sein du groupe, les nombreux travaux à accomplir aussi bien à bord du vaisseau que dans l'espace, les situations imprévues, les risques potentiels et, enfin, le poids de la responsabilité pour le destin de l'expédition risquent d'avoir un effet négatif sur l'état psychique et la capacité de travail des membres de l'expédition.

D'autre part, la Terre ne pourra pas aider beaucoup l'équipage à régler ces problèmes. Un soutien psychologique était apporté jusqu'à présent aux astronautes par des contacts réguliers avec les services terrestres. Mais comment organiser des séances vidéo avec les parents ou transmettre, par un cargo spatial ou avec une nouvelle expédition, des lettres, des cartes de voeux, des journaux et des cadeaux dans la région de la planète rouge, où une commande ne parviendra que 40 minutes après l'envoi du signal initial ? Cela signifie aussi que des décisions devront être prises rapidement si la situation est problématique. Et l'équipage pourrait fort bien se retrouver privé de toute liaison radio pendant assez longtemps.

Le cycle d'entraînements dans le cadre du projet Mars-500 permettra de minimiser les éventuels risques des futurs vols interplanétaires.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.


Mardi 17 Février 2009


Nouveau commentaire :

Actualité en ligne | International | Analyse et décryptage | Opinion | Politique | Economie | Histoire et repères | Sciences et croyances

Publicité

Brèves



Commentaires