Politique Nationale/Internationale

La circulaire du premier ministre algérien Ahmed OUYAHIA limitant l'investissement privé sous le couvert d’un discours nationaliste ne favorise t-elle pas les intérêts rentiers ?


algerie


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Jeudi 23 Juillet 2009

La circulaire du premier ministre algérien Ahmed  OUYAHIA limitant l'investissement privé sous le couvert d’un discours nationaliste ne favorise t-elle  pas les intérêts rentiers  ?
La circulaire du premier ministre  algérien Ahmed  OUYAHIA limitant l'investissement privé sous le couvert d’un discours nationaliste ne favorise t-elle  pas les intérêts rentiers  et ne risque  
 t-elle pas d'isoler  l’Algérie  des  nouvelles mutations mondiales ?
 
Dr Abderrahmane MEBTOUL Professeur Université (Economiste)   

 
I- LA GESTION ADMINSITRATIVE AUTORITAIRE  EST ELLE   EFFICACE ?

 
Quelles sont les conséquences des décisions du gouvernement algérien courant 2009 de postuler   51 pour cent aux algériens dans tout projet d’investissement   et 30 pour cent  des parts algériennes dans les sociétés d’import  étrangères avec un effet rétroactif , ce qui serait contraire au droit international ?. Et l’on peut se poser cette question : en cas d’amenuisement des réserves de change, dans la pratique des affaires n’existant pas de sentiments, les chinois  (ou d ‘autres)  viendraient –ils avec leurs fonds propres  et investisseraient –ils  en Algérie et surtout dans les  segment à forte valeur ajouté ? Les entrepreneurs algériens possèdent-ils le savoir faire pour enclencher une dynamique hors hydrocarbures s’insérant dans la logique des valeurs internationales  sachant  que  la majorité des entreprises publiques croulent sous le poids des  dettes  et  ont nécessité plus de 40 milliards de dollars entre 1991/2008 d’assainissement supportés par le trésor public  sans résultats probants ( et encore un nouveau assainissement  dans la loi de finances 2009) . Et   que  plus de 80% des entreprises privées algériennes (industries, services  BTPH notamment)  sont de type familiales tissant des relations de clientèles avec les marchés publics  ou le management stratégique est presque inexistant, certains espérant le passage d’un monopole public  à un monopole privé tout aussi néfaste pour se partager une fraction de la rente ? Et comment intégrer loin des mesures autoritaires la sphère informelle produit de la bureaucratie ,favorisant la corruption, qui draine plus de 40% de la masse monétaire en circulation afin d’encourager le tissu productif ?
 
Par ailleurs il ne faut pas faire une fausse comptabilité  au niveau de la balance des paiements : si un transfert de devises  est de 20 milliards de dollars  de la part d’entreprises étrangères, mais qu’elles créent 30 milliards de dollars de valeur ajoutée, cela est positif pour l’Algérie. Aussi évitons des mesures autoritaires administratives d’un autre age, et mettons en place des mécanismes pour encourager l’investissement productif ce qui suppose une autre gouvernance basée sur les  compétences et non sur les intérêts rentiers destructeurs de richesses. La gouvernance  efficace  en ce XXIème siècle doit reposer sur une communication transparente et un dialogue  tant interne entre les partenaires économiques et sociaux  non d’une minorité non représentative gravitant au niveau de la sphère du pouvoir mais avec l’ensemble de la société civile, mais également au niveau  international pour éviter les  
conflits et  préjugés ce qui suppose une nouvelle culture .
 
Il faut répondre lucidement et sans passion à ces questions stratégiques en privilégiant uniquement les intérêts supérieurs de l’Algérie. Car, les  pays émergents (Chine, Inde, Brésil Turquie, Russie notamment)  se sont insérées harmonieusement dans le cadre de la division  internationale du travail tout en privilégiant leurs intérêts propres, défendant paradoxalement devant les pays développés comme cela  a été le cas  lors du dernier sommet du G20 à Londres,  les principes fondamentaux  des règles qui régissent l’organisation mondiale, du commerce et étant contre tout protectionnisme.

 
II- EFFETS DE   LA CIRCULAIRE   D ’OUYAHIA LIMITANT LE SECTEUR PRIVE PRODUCTIF

   
 En fait l'objectif est de limiter tant le privé algérien  productif qu'international en revenant aux méthodes  de gestion  des années 1970 à l’ère du socialisme bureaucratique triomphant grâce à la  rente des hydrocarbures.
 
1- Premier effet,    la réaction européenne de Catherine  ASHTON, commissaire européenne au commerce extérieur  qui a demandé dans une correspondance officielle au gouvernement algérien le 12 juin 2009,  l’annulation de ces directives  récemment  dans une correspondance officielle adressée au gouvernement algérien , souhait partagé récemment par les Etats-Unis d’Amérique,  invoquant que l’Algérie aurait violé  les articles   32 , et 37 , 39 et 54.
 
2- Deuxième effet, le 16 juillet 2009 la commission européenne de Bruxelles  vient de faire savoir que l’Algérie  approvisionnant  déjà 10% de l’Europe est déjà un taux élevé  et qu’il fallait faire jouer la concurrence.
 
3- Troisième effet, la Coface vient de  déclasser en termes de risque rejoignant , le Conseil français des investisseurs en Afrique (Cian) dans son dernier rapport  de la mi juillet 2009  relatif au climat des investissement en Algérie, pour qui l’attractivité de l'Algérie auprès des investisseurs s’est érodée en 2009 .
 
 4- Quatrième effet, l’Algérie venant d’être classée selon le Forum Economique mondial regroupant les plus grands investisseurs  et financiers mondiaux  (2009)  en termes d’ouverture économique la dernière en Afrique.
 
5.-Cinquième effet, alors que l’on parlait d’un assouplissement de la part de l’Union européenne, et suite à ces décisions,  contrairement à ce qui a été rapporté récemment, selon nos informations, la problématique  de la dualité du prix du gaz en Algérie  n’est pas encore résolu, par l’Europe/USA, qu’il n’y aura pas de révisions des clauses fondamentales de l’Accord  et que l’adhésion à l’OMC n’est pas pour demain.
 
6- Sixième effet de cette instabilité juridique,  contrairement à ce qui a été  rapporté récemment   selon nos informations  ( pourquoi induire en erreur l’opinion publique ) et suite à la déclaration du 16 juillet 2009 de la commission de Bruxelles,  le fameux projet de gazoduc Nigeria  Europe via Algérie ( Nigal)  qui nécessite plus de 10 milliards de dollars toujours en gestion pour le  financement au niveau de la commission européenne, du fait des tensions au Nigeria  et des pays africains  riverains n'est plus une priorité pour l’Europe. A  moins que l’Etat algérien finance  la totalité  ( le Niger étant un pays très pauvre , le Nigeria ayant  d’importants problèmes de financement en plus des problèmes  politiques  (sabotage régulier  des  puits pétroliers et gaziers  )   supposant que l’Europe  veuille  recevoir  ce volume de gaz additionnel alors qu’elle prévoit  plus de 35 milliards de mètres cubes gazeux en provenance uniquement du Qatar. Et sans oublier les différents accords entre l’Espagne et Gazprom (Russie) et  Italie/ Libye  pour desserrer la dépendance vis-à-vis de l’Algérie (Medgaz et Galsi)  et  le projet Nabucco, qui vient  d’être signé  le 13 juillet 2009  destiné à fournir l'Europe en gaz d'Asie centrale et du Moyen-Orient fin 2014. D’un coût  d’environ de 12 milliards de dollars au cours  de juillet 2009, d’une capacité  dans une première phase de 31 milliards de mètres cubes gazeux ( 5% de l’approvisionnement de l’Europe) mais pouvant être doublé , voire triplé   si des accords sont trouvés  pour une connection au réseau principal  avec l’Iran (plus de 15% des réserves mondiales supposant la  résolution des tensions actuelles qui je le pense sera à l’avenir un allié stratégique de l’Occident ) , l’Irak( deuxième exportateur potentiel mondial de pétrole après l’Arabie Saoudite  et avec des réserves de gaz  importants qui vient de s’ouvrir aux compagnies étrangères), le Qatar ( plus de 10%  des réserves mondiales de gaz) l’Egypte  et d’autres pays riverains.
 
7-Septième  effet  combiné à la crise mondiale, départ du groupe Emiraties Emaar  qui  avait prévu  50 milliards de dollars d’investissement (ayant fait la une dans tous les quotidiens du Golfe) et gel des projets d’investissement du groupe mondial  indien d’Arcelor Mittal (notamment l’aciérie de Jijel).
 
8.-Indépendant de la circulaire mais de la nouvelle  stratégie gazière mondiale, l’américain Keystone Petroleum se retire du Sahara algérien ( tout en rappelant que l’Algérie n’a pas été associée au projet solaire du grand Sahara initié par les Allemands de plus de 560 milliards de dollars ),  du fait que sur  les six puits que compte la concession, cinq n'auraient pas révélé de potentiel justifiant une exploitation commerciale du gaz et comme je l’ai rappelé  souvent  ce n’est pas découverte de puits qui est important mais sa rentabilité financière  fonction du coût d’exploitation et du vecteur prix le prix du gaz étant indexé sur celui du cours du pétrole mais  en termes  de volume et d’efficacité énergétique représentant environ 50% du cours du pétrole

 
CONCLUSION – S’ATTAQUER  A L’ESSENTIEL - BONNE GOUVERNANCE ET ETAT DE DROIT

 
La panne dans la réforme globale ,  l’absence de visibilité et cohérence  dans la politique socio-économique,l’instabilité juridique, le terrorisme bureaucratique(mentalité rentière et dévalorisation du travail et  du savoir), la sclérose du système financier, et les récentes circulaires  expliquent pour l’essentiel  le gel de bon  nombre d’investissement tant arabes qu’occidentaux, le tout supporté actuellement  sur fonds publics souvent à 100% avec clefs en main ( mais les 140 milliards de dollars de réserve de change risquent  de s’épuiser rapidement) avec une confusion  suicidaire pour l’Algérie de l’étatisme des années 1970 et  l’Etat régulateur stratégique en économie de marché, risquant d’isoler l’Algérie de plus en plus  de l’économie mondiale qui malgré la crise  retrouvera un jour  la croissance.
 
Du fait de la  culture bureaucratique, on oublie souvent  que l’entrepreneur qu’il soit algérien, arabe,  chinois, américain ou européen  est mu par la seule logique du profit  , qu’en ce XXIème siècle les  Etats  ne peuvent contraindre  un privé à aller dans tel ou tel pays, investissement de moins en moins, d’où l’importance de l’Etat régulateur afin de concilier  les  coûts sociaux/ coûts privés et concilier l’efficacité économique e tune profonde justice sociale ( les économistes parleront d’équité). .Nos responsables dans leurs déclarations  se focalisent actuellement uniquement sur le cours du pétrole et  l’évolution du cours du dollar oubliant que c’est une  ressource éphémère,  us par l’unique dépense monétaire, oubliant que a création d’emplois ne se décrète pas, et  il  n’ y a pas  de développement sans insertion  au sein   de l’économie mondiale et une gouvernance rénovée  et  sans la valorisation de la ressource humaine.  Personne ne pouvant  se targuer d’être plus nationaliste qu’un autre, privilégions les débats contradictoires constructifs  en étant réaliste et uniquement les intérêts  supérieurs de l’Algérie car dans 30 ans il n’y aura  plus d’hydrocarbures  et que nous serons dans un nouveau modèle de consommation énergétique que l’Algérie doit mettre en place.
                                                                 Dr Abderrahmane MEBTOUL
 
Voir   Mebtoul- “ Algeria should adapt itself to new EU gas strategy, says expert Jul 19, 2009” (BBC Monitoring- Londres )  reproduisant l’interview donnée  au  quotidien arabophone algérien El Khabar.
 
 



Jeudi 23 Juillet 2009


Commentaires

1.Posté par Virgile le 24/07/2009 00:08 | Alerter
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Le but des consortiums bancaires privés est de s'implanter, non seulement pour faire des affaires et c'est tant mieux, mais à terme, de prendre le contrôle du pays. C'est bien l'argent qui fait le politique et non l'inverse.

Si un pays veut rester souverain, il suffit que l'Etat reste majoritaire en actions. Sinon, c'est au plus offrant, avec toutes les dérives et débauches que nous connaissons actuellement en Occident. Le harcèlement, permanent pour imposer une gouvernance supra-nationale est sans relâche et quel pays maintenant peu s'enorgueillir d'être économiquement autonome ?

J'espère que l'Algérie trouvera son bon équilibre entre les intérêts de la nation et les indispensables investissements du privé. Outre le pétrole/gaz, le désert algérien possède d'importantes ressources, sans compter sa surface d'ensoleillement développable dans l'actuel solaire. C'est pour moi un pays qui a un énorme potentiel de développement. Ce n'est pas pour rien que les Ricains, sionistes, Chinois, etc., sont en train de faire leurs trous.


2.Posté par Le Kabyle le 24/07/2009 10:30 | Alerter
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Depuis l'indépendance de ce pays y a t il eu investissement étranger dans ce pays mis à part les hydrocarbures ???La preuve aucune création d'emploi sachant que le système scolaire met 100 000 jeunes sur le marché du travail chaque année !Hors hydrocarbure le PNB de ce pays est de 1 milliard de Dollars c'est à dire du même niveau que le Zimbabwe.Ce pays vit des quelques gouttelettes de pétrole que lui prodigue le sous-sol !
Le plus urgent c'est de délocaliser cette mafia laico-fasciste corrompue qui suce le sang des algériens.
Il faut redonner l'indépendance à ce pays !

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