Politique Nationale/Internationale

La campagne médiatique



Décidément la guerre froide atlantiste contre des pays tels que l’Iran, n’a pas beaucoup changé, du moins dans la méthode, avec celle qui avait opposé pendant de longues décennies, l’Est à l’Ouest. Aussi, dans ce contexte, les médias représentent-ils, tout comme dans le passé, un moyen commode et rapide pour propager en un clin d’œil, à l’échelle planétaire, tout ce que l’administration outre-atlantique et son apanage décident de divulguer, ou au contraire, préfèrent d’en imposer un black-out total. L’objectif est simple : paniquer et diviser les masses, que véhicule une rhétorique à la fois prolixe et apocalyptique. « Infos », « flashs », « reportages » se succèdent sur le petit écran, à l’antenne des radios, ou à la un de la presse pour connaître aussi la réaction de la partie rivale.


IRIB
Mercredi 12 Juillet 2006




Dans cette équation de guerre médiatique, le triangle journaliste, média et source est directement lié au tandem politique et finance. La rivalité sans merci des médias sur le plan financier pour s’arracher les informations et les reportages inédits, sur le fond de la bataille des auteurs et des éditorialistes de tout bord pour se rendre aussi célèbre que riche, sont deux facteurs de poids de cette équation qui s’équilibre grâce à la popularité et au prestige du média, du journaliste ou de l’éditorialiste, à l’aune du point de vue des hommes d’Etat US.



Récompense ou châtiment médiatique constituent un autre vecteur de la censure et du contrôle des informations, dans les soi-disant sociétés ouvertes contemporaines. Médias et hommes d’Etat s’entendent aussi sur la définition des notions telles que idéologie, démocratie et suprématie mondiale. A l’époque de la guerre froide entre les Etats-Unis et l’URSS, les journalistes américains étaient directement ou indirectement liés aux organisations gouvernementales. Le fanatisme anti-communiste était si fort chez la quasi-majorité des mass médias américains qu’ils faisaient écho à la diplomatie US. Ils divulguaient, sans poser la moindre question, les informations tissées de mensonge, de l’administration américaine sur la guerre du Vietnam ou les interventions politique ou militaire de Washington dans le monde entier. Le battage médiatique orchestré à l’époque de l’action manu militari contre l’Irak en est un exemple flagrant, de sorte que plus d’aucun de ces journaux, en l’occurrence le New York Times ou le Washington Post, ont reconnu peu de temps après leur laxisme.

Il y a presque un an, l’éditorialiste de New Yoker, Seymour Hersch, un célèbre écrivain et journaliste américain, qui a signé des ouvrages avec pour thème la politique militaire et sécuritaire des Etats-Unis, a écrit un reportage tout en flamme et feu, citant des sources les plus « fiables » pour annoncer que l’Iran est la prochaine cible (militaire) de Washington. Un fait selon lui irrévocable et irréversible. Un an après, ce même Seymour Hersch rédige à la dernière édition de la même revue, que les hauts galonnés états-uniens mettaient de plus en plus au défi les plans militaires de l’administration Bush. Et ce sont ces mêmes réticences qui ont poussé la Maison Blanche à se déclarer prête à retrouver l’Iran à la table des négociations. D’après les dires de Seymour Hersch, les Etats-Unis sont inquiets des actes de représailles de l’Iran.

Dans un tel contexte, on peut s’interroger si de tels renseignements paraissent logiques pourquoi les généraux américains avaient gardé le silence face au reportage de l’année passée de Hersch et ils ne lui avaient rien dit à ce sujet. Et si on lui dit quelque chose, pourquoi son reportage n’en reflète rien ? En plus, dans quelle mesure, des reportages tels que celui de Seymour Hersch sont une analyse juste et fiable ? Dans quelle mesure ils sont conformes à la réalité de la politique de l’administration américaine ?

Hamid Molana


Mercredi 12 Juillet 2006

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