Propagande médiatique, politique, idéologique

La boîte de Pandore de l’American way of repentance



Vendredi 24 Avril 2009

La boîte de Pandore de l’American way of repentance
LA BOÎTE DE PANDORE DE L'AMERICAN WAY OF REPENTANCE
Chronique hebdomadaire de Philippe Randa

Voici une vingtaine d’années, lors d’un dîner, je soutenais à l’un des invités que la puissance des États-Unis d’Amérique, alors quasiment à son apogée, connaîtrait un inévitable déclin. Comme toutes les puissances depuis la nuit des temps. Comme tous les empires, victime de trop d’arrogance et de démesure… Il me regarda avec une réelle incompréhension qui m’amusa beaucoup. Ce soir-là, il avait rencontré l’homme qui ne croyait pas à l’éternité de l’american way of life !
Aujourd’hui, s’il n’a pas évolué avec les années, ce monsieur doit être comme les survivants d’un tremblement de terre : en quelques mois, non seulement les USA ont perdu tout à la fois l’arrogance de leur supériorité économique avec la crise financière, la confiance de leur hyperpuissance militaire avec les bourbiers afghans et irakiens, de leur suprématie politique en Amérique du sud où les gouvernements hostiles se multiplient… et désormais leur aura de zélateurs auto-proclamés de la liberté démocratique sur fond de droits de l’homme étoilés.
En rendant publiques les techniques de torture définies sous l’administration Bush dans le cadre de la lutte contre le terrorisme – véritable catalogue de méthodes toutes plus dégradantes les unes que les autres – Barack Obama a porté le coup le plus grave à son pays, parmi tous ceux qui le frappent actuellement.
« Les États-Unis ont détruit leur image de pays “démocratique” et apparaissent pour ce qu’ils sont devenus, un empire totalitaire, méprisant le droit international, et dont les méthodes sont comparables en bien des points à celles des nazis : guerres préventives, invasion et occupation illégales de pays souverains, politique de la terreur et de la domination absolue (“choc et effroi”), mépris des conventions de Genève, assassinat de journalistes, arrestations arbitraires, camps de concentration (Guantanamo), et pratique systématique de la torture… », lit-on, par exemple et entre autres, sur syti.net.
Et le site d’informations d’ajouter que « pour retrouver leur statut de démocratie, les États-Unis doivent destituer Bush et le juger pour crimes de guerres et crimes contre l’humanité, ainsi que les concepteurs de ces atrocités (Rumsfeld, Wolfowitz, Cheney…). »
Ce serait la moindre des obligations pour le pays qui a institué la Cour internationale de justice de la Haye, s’il n’avait toutefois pris la précaution de s’en mettre hors d’atteinte. Il ne faut donc pas trop y croire.
On rétorquera que les USA n’ont fait qu’utiliser les pratiques de leurs ennemis. Sans doute, même si c’est encore à prouver : les évidences, on apprend à s’en méfier, même s’il est souvent plus rassurant de conserver ses certitudes par une lâche obstination.
Quoi qu’il en soit, ces révélations des tortures et sévices, pratiques systématiques de l’armée américaine, ont d’or et déjà un effet dévastateur. On se relève d’une défaite militaire, on se sort d’une crise économique. Plus ou moins facilement, plus ou moins rapidement. Ce sera le cas des USA comme cela a été le cas de l’Allemagne et du Japon, après leur défaite en 1945. Mais l’Allemagne, qui n’en finit pas de se repentir du IIIe Reich, reste depuis plus de soixante ans un nain politique et international. De même, le Japon.
La Russie, après l’effondrement du système soviétique, s’est gardé de toute repentance pour les millions de mort ce celui-ci. Wladimir Poutine s’est contenté de tourner la page simplement, sans mea culpa, sans chasse aux sorcières, sans procès politiques et sans donner de leçons au reste du Monde… De même, la Chine qui s’est ouverte au monde et en premier lieu à l’économie de marché, l’a fait sans renier quoi que ce soit de son sanglant passé maoïste.
En inoculant le venin de la repentance, le président Barack Obama a bel et bien ouvert la boîte de Pandore de l’American way of repentance.

Philippe Randa, écrivain et éditeur www.dualpha.com


Vendredi 24 Avril 2009


Commentaires

1.Posté par Guy le 24/04/2009 13:12 | Alerter
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La repentance n'est pas un venin!

Ce sont les crimes qui sont un venin.

Tous les fleuves finissent par arriver à la mer, toute échéance arrive à son terme...

La boite de Pandore ouverte il y a encore la chose la plus précieuse qui reste...l'Espoir!

L'homme doit apprendre à se respiritualiser par lui-même.

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