Samedi 04 Juillet 2009
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La biomasse et l’économie de marché

Contribution au débat du café Politique

"Agriculture mondiale : comment mettre fin à la faim ?"

http://lecafepolitique.free.fr/spip.php?article183

fsp@lecafepolitique.fr Mardi 27 Mai 2008

La biomasse et l’économie de marché

par François Saint Pierre

L’humanité : de la cueillette au confort moderne.

Pendant quelques millions d’années les hommes vécurent de chasse et de cueillette, prélevant de quoi survivre dans une nature pas toujours généreuse. Depuis 1,4 millions d’années l’usage du feu a apporté un peu d’énergie bien pratique. L’émergence de l’agriculture et de l’élevage, il y a environ 10 000 ans, souvent associés à la sédentarisation, marquent le début d’un nouveau rapport entre la nature et l’homme. L’Homme est devenu petit à petit "comme maître et possesseur de la nature". Pendant longtemps l’activité humaine a été négligeable par rapport à l’immensité de la nature. Les grands défrichements forestiers de l’antiquité et du moyen âge ont été une étape importante dans la maîtrise de l’homme sur la nature. La biomasse, qui est l’ensemble de la matière organique d’origine végétale ou animale, est actuellement environ pour moitié liée directement à l’activité humaine. Un pour cent de cette biomasse, piégé dans les sédiments minéraux en formation se transforme en kérogène et 0,1% de ce kérogène se transformera après quelques millions d’années en combustibles fossiles. Le pétrole est donc du concentré de biomasse enfoui dans le sol, notre économie à bien compris que la tonne équivalent pétrole était une bonne unité de mesure énergétique valable pour le gaz, le charbon ou le blé...

Certains chercheurs pensent que la production de méthane par l’agriculture a commencé à avoir quelques effets sur l’effet de serre depuis pas mal d’années, mais la majorité des scientifiques pense que l’extraction et l’utilisation massive des produits fossiles a été le commencement du nouveau rapport entre l’homme et la nature. Le cycle du carbone a commencé à se transformer, l’énergie disponible à multiplier les capacités d’interventions humaines et nous avons rompu au niveau planétaire quelques grands équilibres physiques et biologiques. Nous n’étions plus dans l’effet marginal, non seulement l’homme pouvait localement transformer les paysages et les territoires mais il pouvait peser sur l’écosystème global que représente la terre pour l’ensemble de la biodiversité.

Ces produits fossiles en très peu de temps ont profondément transformé notre vie, déplacements, chauffage, engrais, machines, etc... C’est grâce à cette énergie bon marché que nous avons connu une phénoménale croissance économique. L’agriculture dans les pays industrialisés est devenue en un siècle une entreprise de transformation de pétrole en nourriture. En deux siècles et sans se poser trop de questions sur l’avenir nous avons liquidé une bonne partie du stock. Plutôt que de profiter de ces richesses pour éradiquer la misère, nous avons opté pour un modèle inégalitaire où une minorité vit très confortablement, voire gaspille énormément. En plus nous laissons des sols dégradés, une planète polluée et un climat qui s’emballe.

Quelle globalisation ?

Ce qui caractérise "homo sapiens", c’est le sentiment, câblé dans le fond du cerveau, d’appartenir à une communauté qui existe et perdure dans le temps et dans l’espace. Base de la morale fondée sur la coopération des membres du groupe, qui s’appuient sur le langage pour échanger des informations et affronter la difficulté de vivre. La culture a permis, petit à petit, aux différents groupes humains de cohabiter plus ou moins pacifiquement et de trouver localement sa place dans la nature. Chaque peuple, en général associé à un territoire, a réussi à se développer plus ou moins vite et plus ou moins en relation avec ses voisins.

La tendance à la mondialisation n’est pas une nouveauté, depuis quelques années grâce au développement des techniques, les interactions entre nations sont devenues extrêmement importantes et nous sommes tous devenus les voisins les uns des autres. Quelques organisations internationales en lien avec l’ONU essayent de réguler tout ça. Les États-Unis, première puissance économique et militaire, tente souvent en utilisant la force d’imposer leur volonté. Force est de constater que, si parfois localement la démocratie fonctionne, ce n’est nullement le cas au niveau mondial. L’humanité a été incapable de se structurer pour faire face au défi de la modernité. Depuis sa naissance à Athènes, la démocratie a toujours eu des difficultés à définir qui avait droit à être un citoyen. Les droits fondamentaux s’arrêtent souvent aux frontières. On peut se demander, quand G.W. Bush affirme que le mode de vie des américains n’est pas négociable, si les pauvres sont des citoyens du Monde. La mise en avant légitime des droits individuels face à la puissance étatique a masqué le fait que nous avons une responsabilité collective dans l’espace mais aussi dans le temps, qui n’a aucune raison de s’arrêter aux frontières. La montée en puissance du concept de sujet autonome a fini par transformer la société en individus prêts à se regrouper pour défendre leur pré carré mais aucun sentiment de responsabilité globale.

Si pour les classes favorisées des pays industrialisés, le vingtième siècle a été un âge d’or, il commence à apparaître pour ce qu’il est vraiment : un échec social et environnemental. L’Agenda pour le vingt et unième siècle, mis en place au sommet "Planète terre" à Rio en 1992, indiquait les pistes à suivre. Les déficits démocratiques, écologiques et sociétaux étaient parfaitement analysés. La volonté de sauver à tout prix la croissance et le désir implicite de conserver les rapports de force ont fortement altéré l’efficacité de la démarche. 16 ans plus tard la misère est repartie à la hausse, la démocratie n’a fait des progrès que dans les discours électoraux de Bush et la situation écologique et climatique a continué à se dégrader. Cette période qui a coïncidé avec la fin du communisme a aussi été marquée par la montée en puissance de l’idéologie ultra-libérale. Si la "main invisible" du marché est efficace pour augmenter le PIB des pays industrialisés, elle est pour l’instant incapable de prouver son efficacité sur les grands problèmes planétaires. Donner une valeur à la tonne de carbone rejetée dans l’atmosphère peut participer à l’évolution des techniques industrielles mais ne répond pas à l’urgence et à la gravité de la situation. Le libéralisme peut permettre à Monsanto d’exploiter au nom de la propriété intellectuelle les avantages de la recherche en génétique accumulés par des générations de chercheurs, mais les milliards de dollars de bénéfices n’aideront pas les pauvres à se nourrir. Les rapports de dépendance qui s’installent entre les petits agriculteurs et les grands groupes font plus penser à la féodalité qu’à la démocratie.

Les politiques ont joué la carte locale, démocrates ou dictateurs ils ont géré la situation avec des politiques à courte vue pour garder le pouvoir. Le rapport Meadows (dit du Club de Rome) en 1972 aurait dû nous faire réfléchir. Aucune erreur dans ce rapport qui a été déformé et caricaturé, il n’y a même pas l’erreur de date sur la fin du pétrole qu’on leur prête. Ces experts parfaitement lucides avaient compris que la terre était un monde fini et que notre modèle de croissance ne pourrait durer plus d’un siècle.

L’aide humanitaire, portée par les ONG, permet dans les crises exceptionnelles d’avoir bonne conscience, mais ne change pas la donne globale. L’aide des États est un peu plus importante mais son efficacité est très limitée. La libéralisation de l’économie est telle que les grands groupes agro-alimentaires, pétroliers et industriels peuvent imposer leurs lois aux populations et aux États qui sont pour beaucoup fortement endettés. Ces groupes se sont approprié par des brevets le droit d’exploiter des techniques issues de leur recherche interne, mais qui sont surtout le produit d’un savoir théorique et technique accumulé au fil des ans. L’Occident domine le monde grâce à quelques siècles de science, et c’est les actionnaires qui empochent les bénéfices. Nos démocraties modernes solidement assises sur la rhétorique des droits humains n’ont pas d’états d’âme, leur réussite économique n’est-elle pas la preuve de la validité de leur modèle politique ! Les 850 millions d’affamés sont quasi transparents et la responsabilité est toujours pointée vers les élites locales corrompues ou vers les dictatures en place. Certes les dirigeants des pays pauvres ne sont pas des saints et les classes moyennes des pays émergents ne pensent qu’à faire comme nous : consommer et encore consommer. Est-ce suffisant pour s’exonérer de notre responsabilité devant ce constat d’échec alors que les recommandations économiques libérales prônées par la Banque Mondiale et le FMI ont globalement échoué ?

Quel scénario pour demain ?

Il n’est pas possible, hélas, d’être optimiste. Comment renoncer à une énergie bon marché ? A 400$ le baril de pétrole il sera rentable de faire du liquide énergétique avec le charbon. À 3€ le litre de carburant, les pauvres renonceront, mais les classes moyennes des pays riches pourront continuer pendant quelques années de plus à utiliser leurs "chères" voitures. Même avec quelques efforts de stockage du CO2 dans le sol la quantité de gaz à effet de serre continuera à augmenter comme la température moyenne de l’atmosphère. La productivité agricole pourra peut-être, grâce à beaucoup d’intelligence, être maintenue malgré la baisse des intrants liés aux produits fossiles. Il sera difficile d’augmenter la quantité de surface agricole et donc pour nourrir 40% de population supplémentaire il faudra évoluer vers un usage extrêmement rationalisé de la biomasse, notamment en diminuant la partie consacrée à l’élevage et à l’énergie. Le scénario le plus réaliste semble être celui d’une crise grave pour le vingtième et unième siècle. Ceux qui bénéficient d’une situation privilégiée vont s’accrocher le plus longtemps possible à cette société de consommation et de gaspillage très inégalitaire. Les autres serreront la ceinture et essaieront de quitter leur terre inhospitalière pour tenter leur chance chez les riches. Au bord du gouffre l’instinct de survie finira bien par faire changer les grandes orientations.

Quelques principes

- Il faut repenser la gouvernance mondiale sur les grands enjeux environnementaux. "Aucun des progrès réalisés pour éradiquer la pauvreté et la faim dans le monde, améliorer la santé des populations ou protéger l’environnement n’est susceptible de durer si la plupart des services fournis par les écosystèmes et dont l’humanité dépend continuent à se dégrader... Le défi qui consisterait à renverser la tendance à une dégradation des écosystèmes tout en satisfaisant une demande croissante peut être relevé selon certains scénarios qui impliquent des changements significatifs des politiques et des institutions" Rapport UNESCO sur l’évaluation des écosystèmes pour le Millénaire.

- Il faut arrêter de croire que la maximisation de son profit pour chaque individu sauvera le monde. Il faut repenser le contenu de ce que l’on appelle une société de marché. Le commerce et l’échange soumis à la loi de l’offre et de la demande est aussi vieux que l’humanité, mais il faut savoir ce qui est de l’ordre du bien privé commercialisable et ce qui doit être défini comme un bien public géré démocratiquement. La qualité de la nature (eau, air, sol, climat...) est, par exemple, un bien public mondial et non une marchandise. Il faut renoncer à la morale du "Tout s’achète, tout se vend" de la fin du vingtième siècle. Le séduisant principe "pollueur - payeur" est un leurre libéral."Les seigneurs de la guerre économique ont mis la planète en coupe réglée. Ils attaquent le pouvoir normatif des États, contestent la souveraineté populaire, subvertissent la démocratie, ravagent la nature, détruisent les hommes et leurs libertés. La libéralisation de l’économie, la "main invisible" du marché sont leur cosmogonie" Jean Ziegler.

- Faire du développement durable le plus longtemps possible avant de devoir faire de la décroissance soutenable. Cela passe par d’importantes économies d’énergies, par la baisse drastique de l’usage des combustibles fossiles, par une évolution rapide de nos modes de vie.

- Produire de mieux en mieux plutôt que de plus en plus, tout en faisant face pendant 40 ans à l’augmentation de la population. Cela impose de faire un important effort en intelligence dans le domaine de l’agriculture pour compenser l’usage des produits fossiles. Cet effort des pays les plus riches doit être mis gratuitement à la disposition de l’humanité.

- Repenser la dette des pays pauvres et les mécanismes d’aide. Encourager les initiatives porteuses de progrès social comme le microcrédit. Revoir le système de subventions et autoriser un système de protection pour que chaque pays puisse arriver grâce aux cultures vivrières à un minimum d’autonomie alimentaire.

Des propositions plus concrètes. - Optimiser l’irrigation pour économiser l’eau et pour éviter la dégradation des sols.

- Deux récoltes par an quand les conditions le permettent.

- Un usage plus parcimonieux des labours profonds.

- Un effort sanitaire important dans les pays les plus pauvres qui sont fortement handicapés par des maladies comme le paludisme.

- De l’argent vite, et beaucoup, pour la FAO et le PAM en faisant attention aux effets inflationnistes et aux risques spéculatifs dans le modèle économique libéral qui est le notre. Dissuader les spéculations en offrant une garantie de l’ONU sur l’effort fait sur la production agricole. La pénurie favorise toujours la spéculation y compris par les petits qui stockent des réservent au cas où...

- Favoriser les circuits courts et l’usage d’une alimentation économe en énergie et en pollutions. (moins de protéines animales).

- Favoriser l’usage des déchets agricoles comme source d’énergie pour faire du biogaz, ce qui a un bien meilleur rendement que de faire des liquides énergétiques.

- Faire en sorte que les agrocarburants même de deuxième génération ne soient pas en concurrence directe ou indirecte avec la production alimentaire.

Un cas particulier : les OGM

Les OGM sont sur la ligne de crêtes des tensions qui existent entre ceux qui ont confiance dans le progrès et dans la capacité de la science et ceux qui doutent de la technoscience capitaliste.

- Un certains nombres de risques ne sont pas assez documentés (dissémination, allergies,...)

- Le modèle économique lié à leur commercialisation est en l’état difficilement acceptable. On ne peut accepter le modèle "Monsanto" tête de proue d’une agriculture productiviste qui considère que la nourriture est une marchandise comme une autre.

- Certains semblent pouvoir faire preuve d’une réelle utilité mais les analyses coûts/bénéfices manquent encore de recul pour le justifier, en effet il est extrêmement difficile de voir comment l’écosystème va réagir dans le long terme. La prudence des assurances est de ce côté-là un symptôme du manque de certitude qui règne dans ce domaine.

Il faut donc lever les doutes sanitaires et être très exigeants sur les risques de contamination. Il faut des normes réellement protectrices des cultures bios. Exiger plus de sciences n’est pas une attitude frileuse mais raisonnable. Si nos sociétés ont développé une aversion pour le risque c’est aussi car trop souvent des précautions élémentaires n’ont pas été prises par des responsables scientifiques ou politiques. Pour la sécurité routière le mot d’ordre est "lever le pied" il pourrait en être de même pour notre rapport d’ensemble à la techno-science qui ne doit pas être diabolisée mais qui doit respecter un élémentaire principe de précaution

La démocratie et les citoyens.

Depuis une trentaine d’années la plupart des intellectuels n’ont pas été très clairvoyants, ils n’ont pas poussé les politiques à sortir de leur vision à court terme. Ils ont acté l’échec de l’idéologie communiste et se sont ralliés massivement à l’idéologie libérale. Depuis quelques années ont a l’impression qu’ils ont renoncé à penser "global" : pour un Ziegler ou un Stiglitz combien de médiocres qui cherchent plus à augmenter le montant de leurs droits d’auteur, en écrivant sur les petits problèmes de la bourgeoisie, plutôt que de faire avancer le schmilblick de la justice sociale et de l’avenir de la planète.

Les scientifiques et les experts (liés aux états et aux grands organismes internationaux ou issus du mouvement syndical et associatif) ont une responsabilité importante. Leur savoir doit guider le politique mais dans une société démocratique ils doivent aussi éclairer l’opinion citoyenne notamment en sachant se faire relayer par les médias. Les controverses scientifiques doivent pouvoir se développer sereinement mais aussi sérieusement. Les opinions dissidentes peuvent être prises en compte en évitant les pièges de la sur-médiatisation de l’opinion marginale. (cf Allegre ou Cabrol sur le climat)

Les médias sont déjà presque tous tombés dans la marmite libérale. Une bonne information est une information qui se vend. Ce n’est pas terrible, même si c’est mieux que dans les pays totalitaires ou la bonne information n’est que celle donnée par le pouvoir.

Dans notre démocratie les citoyens ont une double responsabilité, d’abord celle d’élire des politiques ensuite de défendre au fil des événements leur point de vue dans l’espace public. L’histoire a hélas prouvé que le citoyen de base a tendance à regarder "ailleurs", l’émission de variété plutôt que le documentaire sur les paysans ou le climat, par exemple. Bonne conscience démocratique des uns et des autres justifiée par les sondages. Certitude que cette société de marché, qui a offert aux pays riches un demi-siècle de prospérité, ne peut que se généraliser à la terre entière. Il y a trente ans Ziegler interpellait les suisses sur leur hypocrisie vis-à-vis du tiers monde, aujourd’hui c’est tous les pays industrialisés qu’il interpelle légitimement. Si les principes démocratiques sont robustes et méritent le respect, nous avons été incapables de les mettre en œuvre au niveau mondial. On ne peut se contenter devant les famines ou la sous alimentation chronique d’invoquer la nécessaire dose de régulation. Il faut que l’humanité se structure dans un modèle fédéral qui laisse de l’autonomie aux différents niveaux d’appartenance. L’air, l’eau, l’atmosphère, la biomasse sont essentiellement des biens publics internationaux sur lesquels nous avons une responsabilité et qui doivent être en partie contrôlés par des organisations efficaces. L’économie de marché est devenue une machine de guerre, si la loi de l’offre et de la demande reste un élément régulateur important dans toutes les sociétés, il faut s’interroger sur ce qui relève du marché concurrentiel, de l’économie sociale et solidaire ou de la responsabilité directe de l’économie publique. Mettre largement la santé, l’éducation et l’agriculture dans l’économie concurrentielle est plus qu’un choix politique, c’est aussi une faute morale vis-à-vis des principes démocratiques.

Addicte aux énergies fossiles, enivrée par la production d’objets manufacturés, nourrie jusqu’à l’obésité, notre économie de marché n’est pas encore prête à partager et à évoluer. C’est à regret que l’Occident voit la Chine frapper à la porte du monde des riches pour réclamer son droit à une consommation tous azimuts. Quel jugement portera l’histoire sur ces générations d’enfants gâtés ? Grâce à leurs compétences techniques, elles se sont approprié la nature et ont réalisé un monde souvent fascinant, mais cela au détriment des plus pauvres et de l’avenir de tous.
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Commentaires

1. Posté par mickael le 27/05/2008 17:23
Il est temps de militer en faveur de la création du fond monétaire pour le développement du tiers-monde .....

Avec l'aode du japon, de l'arabie, de l'algérie, de la chine, mais surtout pas les usa

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