Diplomatie et relation internationale

La Tunisie et le redéploiement à l’international à l’échelle économique et commerciale


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Lundi 28 Novembre 2016 - 00:17 Analyse: L’impuissance de la Ligue Arabe


Comment faire plus et mieux entre la Tunisie et les pays où existe une représentation économique et commerciale nationale?
Entre la Tunisie et les pays où existe une représentation économique et commerciale nationale, à savoir une dizaine, les chiffres sont timides, en deçà des attentes. A titre d’échantillon, les représentations du Cepex à Montréal et à Johannesburg ont récemment fini par fermer ses portes. Les intérêts économiques en Afrique du Sud sont désormais directement représentés à l’Ambassade à Pretoria, alors que la FIPA s’apprête à s’installer au Canada à la place du CEPEX. Les échanges commerciaux avec le Canada n’ont pas dépassé, à fin 2009, 228 MDT avec un taux de couverture de 39% seulement. L’analyse approfondie montre que les 64 MD d’exportations tunisiennes sont constitués essentiellement d’hydrocarbures, à partir de l’exploitation des compagnies canadiennes opérant en Tunisie. Les produits agricoles, tels que les vins, l’huile, les dattes et autres, se situent à près de 4MD seulement, alors que le potentiel, comme les quotas, sont beaucoup plus larges. Quant aux importations, qui s’élèvent à 164 MD, elles couvrent surtout le blé. L’amélioration du cadre législatif et la conclusion d’un accord préférentiel en attendant l’instauration d’une zone de libre échange entre les deux pays permettront d’améliorer nettement ces indicateurs.
Quant aux échanges commerciaux avec l’Afrique du Sud, ils ont atteint la même année, 23,4 MDT avec un taux de couverture de 20% environ. Les 4 MDT d’exportations tunisiennes sont constituées de produits chimiques (tripolyphosphates de sodium) (59%), de jeux de fils d’allumage (10,4%), de serviettes de tampons hygiéniques (7%) et de dattes (6,2%). Les ventes d’huile d’olive, produit phare de la Tunisie sont inexistants en raison de la concurrence des huiles espagnoles et italiennes sur le marché. Les importations atteignant 20 MDT sont constituées principalement par les véhicules pour le transport des marchandises (30%) et le Spath Fluor, composant pour la fabrication du Fluorure d’aluminium, écoulé épisodiquement sur la RSA par la Tunisie.
Les marchés canadien et sud africain : Une réflexion engagée pour un meilleur positionnement de la Tunisie
La communauté tunisienne établie au Canada serait au nombre de 20 000 (dont 15000 sont inscrits sur les registres consulaires). Parmi eux, on dénombre entre 2000 à 5000 étudiants (selon les sources). Certains étudiants choisissent à la fin de leurs parcours universitaires de s’y installer en occupant des postes élevés ou en créant leur propre entreprise, comme le mentionne volontiers la représentation diplomatique à l’occasion.


Hatem Karoui Conseiller en Exportation
Dimanche 18 Juillet 2010

La Tunisie et le redéploiement à l’international à l’échelle économique et commerciale
Comment stimuler nos échanges commerciaux, et promouvoir notamment le commerce des invisibles, notamment les TIC ? les responsables institutionnels ne cessent d’y réfléchir et d’y œuvrer. C’est également la préoccupation des associations d’amitié. Pour eux « Renoncer à une représentation du Cepex au Canada et en Afrique du Sud mérite réflexion ». Si la formule s’est avérée onéreuse et non-rentable,, il serait utile de recourir à d’autres concepts. Rien n’empêche le Cepex de concevoir une dimension purement économique au concept des Maisons de Tunisie à l’étranger, lancé par le Chef de l’Etat dans son programme 2009-2014. Ces maisons peuvent avoir une dominante culturelle et sociale dans certains pays, comme elles peuvent favoriser les aspects purement commerciaux dans d’autres. Aussi, il n’est pas nécessaire, pour ne pas obérer la charge, que le Cepex en assure en direct la gestion. On peut en effet envisager que celui-ci se charge de l’élaboration du concept jusqu’aux détails opérationnels, avec même le design architectural, et de mettre ces maisons en gestion, selon un cahier des charges et des garanties, entre les mains d’opérateurs privés tunisiens.
Bref, on ne doit pas se résigner à ces chiffres mais exploiter au mieux toutes les opportunités qui s’offrent à la Tunisie de par le monde. »  Le marché sud africain : Des similitudes avec le marché canadien  Le marché sud africain a beaucoup de similitudes avec le marché canadien et appelle globalement d’y introduire les mêmes ajustements. Comme le Canada c’est un marché très vaste dont la mentalité dans le domaine des affaires est pratiquement similaire. En tant que marché lointain il appelle aussi la consolidation de la présence permanente des opérateurs tunisiens. Cette présence peut prendre de nombreuses formes comme les bureaux de liaison, les représentations et l’implantation des filiales, généralement regroupées dans des Consortia. Pas de différence aussi au niveau du support linguistique de communication et il est à relever dans ce cadre que si certaines régions du Canada comme le Québec sont francophones, et plus faciles d’accès, les autres régions anglophones ne sont pas à négliger. Ces dernières sont les plus proches au niveau des pratiques commerciales des milieux d’affaires sud africains blancs. La différence majeure de la RSA avec le marché canadien se situe au niveau du nombre de la communauté, beaucoup plus élevé au Canada. La diaspora tunisienne en Afrique du Sud est très éparpillée due certainement à la politique sud africaine restrictive en matière d’émigration.
 Compte tenu de la distance considérable séparant la Tunisie de ces deux pays, et du problème du transport y afférant il est évident que le développement du partenariat dans le domaine des services est beaucoup plus efficient. Des niches sont à exploiter dans les domaines des nouvelles technologies mais aussi au niveau de la coopération technique institutionnelle où les Tunisiens ont beaucoup à apporter à un pays en pleine évolution, où la population noire doit essayer de rattraper progressivement le Gap provoqué par la politique d’Apartheid qui avait cours précédemment aux élections multiraciales de 1994.
 Le Canada, voisin des Etats Unis provoque plus d’engouement de la part des tunisiens en raison des opportunités qu’il offre notamment au niveau de la poursuite du cursus universitaire pour les étudiants.
 Cet état comparatif sommaire ayant été brossé, analysons maintenant l’opportunité d’exploiter cette nouvelle idée consistant à ouvrir des « Maison de la Tunisie » à la charge de l’Etat dans les pays couverts géographiquement auparavant par des Missions Economiques et commerciales, chargées de seconder les Missions diplomatiques pour la facilitation de l’accès au marché visé par les opérateurs économiques :
 Griefs à opposer à la création de « Maisons de la Tunisie » dans les pays ciblés par des actions économiques et commerciales  Une maison de Tunisie est un abri trop statique  Quelle est l’apport de l’ouverture d’un établissement chargé d’abriter en un seul point dans un territoire donné un ensemble d’entreprises exportatrices ou souhaitant engager un partenariat industriel dans le pays où elles seraient représentées ? Si on prend l’exemple de l’Afrique du Sud, neuf provinces y existent et il est nécessaire de couvrir beaucoup de terrain pour espérer enclencher des affaires. Au Canada le territoire et également très vaste et englobe des régions anglophones et francophones, ce qui implique aussi une adaptation de l’offre à la demande d’où l’impératif d’une approche de proximité. Par conséquent établir un regroupement de toutes les entreprises en un seul point géographique n’est guère productif. Certains diraient que les nouvelles technologies raccourcissent les distances et rapprochent les opérateurs. Cet argument ne saurait résister à l’indispensable approche culturelle du marché. Dans n’importe quel pays le rapport « intuitu-personae » compte beaucoup et avant de développer une relation économique et commerciale le client ou le partenaire souhaite mieux connaître son vis-à-vis, sinon le familiariser davantage avec son environnement avant d’initier des affaires sérieuses et continues.
 Une nouvelle étape de la forme de l’intervention de l’Etat pour l’assistance du secteur privé  Après les efforts entrepris par l’état pour assister les entreprises privées sur le marché international, il est temps que ces dernières se prennent directement en charge et fasse front de leur propre initiative à la menace de la concurrence. Depuis de nombreuses années la Tunisie a mis en place des structures publiques et a prévu des encouragements financiers pour pousser les entreprises locales à conquérir de nouveaux marchés et rapporter des devises précieuses au pays. Ainsi à travers la mise ne place du FOPRODEX (Fonds de Promotion des Exportations) les autorités ont longtemps permis aux opérateurs de subventionner le transport des marchandises. Cette politique a été abandonnée pour être concentrée sur le remboursement des frais liés à la promotion dû notamment aux pressions internationales et des contraintes de l’adhésion à l’Organisation Mondiale du Commerce, pénalisant toutes les formes de concurrence déloyale et de dumping. Ainsi dans les pays européens les structures classiques et publiques de promotion des exportations ont changé de vocation. Elles se sont désormais concentrées sur le fait d’apporter une assistance au niveau de la mise à la disposition de l’opérateur économique de l’information économique et commerciale et de le laisser prendre en charge lui-même les actions promotionnelles qu’il compte entreprendre pour vendre ses produits et services, notamment à travers la participation aux manifestations internationales économiques et commerciales spécialisées. Des sociétés de services spécialisées dans l’organisation de foires et salons et dans l’organisation de missions équivalentes à l’étranger ont été en parallèle créées pour permettre d’encadrer les entreprises industrielles et commerciales.
 Auparavant l’Etat avait multiplié les Missions itinérantes dans les pays non couverts par des Missions Diplomatiques pouer faciliter le déclenchement des liens commerciaux, il a mis en place également un réseau de consuls honoraires dans les marchés nouveaux, notamment africains, où la représentation nationale et trop faible.
 Cet effort est méritoire mais il est à mon avis temps que l’on passe à l’étape suivante et que les entreprises cessent de compter sur l’état pour résoudre leurs problèmes. La concurrence internationale est telle qu’ils devraient apprendre à prendre des risques réels avant qu’il ne soit trop tard.
 Il reste que des formes de financement telles que celles qui seront bientôt permises par la mise en œuvre du FAMEX III, sont conformes à l’évolution de l’économie et du commerce mondial.
 La nécessité de moduler la forme de cellule en fonction de l’intérêt du marché pour le ou les produits et services proposés  Une Maison de la Tunisie peut par ailleurs être surdimensionnée ou sous-dimensionnée tant au plan qualitatif que quantitatif par rapport aux besoins du marché visé. Il est par exemple contre-productif de mettre pêle-mêle dans un même endroit des échantillons de produits et de services disparates. Il est aussi nécessaire dans bien des cas notamment lorsqu’on vend des produits qui cubent de disposer d’un entrepôt adjacent pour permettre l’écoulement du produit auprès des grandes surfaces et la simple exposition d’échantillons de produits ne résout rien s’il s’agit de créer une fréquence forte d’approvisionnement. Ainsi en est-il pour l’huile d’olive qui peut être importée dans des grands fûts, et être conditionnée et mise en bouteille sur place pour la distribution. Si d’ailleurs l’huile d’olive tunisienne souffre de ne pas être distribuée, c’est principalement en raison du fait que les concurrents comme l’Italie et l’Espagne disposent de telles facilités à l’étranger.
 Inopposabilité de l’argument tendant à adapter la structure créée à d’autres fonctions que celles liées à l’économie et au commerce, notamment à une fonction culturelle  La confusion des genres est à proscrire. Rien n’est plus néfaste que de créer un chaos de perception chez le partenaire ou le client. L’offre est elle économique ou culturelle ? Il faut choisir. Sinon devant la marge de manœuvre trop large, les demandes d’installation dans les lieux viendront des opérateurs qui seront les derniers à devoir bénéficier de cette offre bénévole de l’état. Une Maison de la Tunisie ne doit pas être un fourre-tout destiné à être visité par ceux qui n’ont rien à faire et à servir de relais pour les voyageurs en mal de dépaysement venus faire des emplettes. La culture de la Tunisie est par ailleurs trop précieuse pour la noyer dans un fatras de produits disparates.  
 La solution : Investir
 Il ne reste qu’une seule solution : profiter du cadre juridique existant pour investir à l’étranger et développer ce cadre pour permettre à chacun de disposer de « la Maison de la Tunisie » qui lui convient.
 HK



Dimanche 18 Juillet 2010


Commentaires

1.Posté par SeptiK le 18/07/2010 13:25 | Alerter
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à quoi bon chercher à developper la Tunisie, quant on sait que tout y est
accaparé par les clans au pouvoir.

2.Posté par Balha le 18/07/2010 14:36 | Alerter
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Travailler à l'essor de la Tunisie c'est contribuer à l'enrichissement personnel
de quelques-uns. . . Suivez mon regard.

3.Posté par Persona non grata le 18/07/2010 15:28 | Alerter
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Alors que le systéme mondiale est en pleine crise et au bord de l'agonie , on continue coute que coute sur les mêmes schémas foireux et haram basé sur la spéculation et les prévisions aléatoires du marché pourri , on essaye de gratter les derniéres miettes du zombie qu'est devenu la mondialistation .....pathétique !

Pourquoi ne pas déjà commencer à s'entendre entre maghrébin ? Le maghreb à toutes les richesses nécéssaires et suffisantes pour faire vivre ses peuples dignement et ensuite exporter le surplus .

Pourquoi vouloir conquérir le monde alors qu'on s'entend même pas avec son voisin ?!

Au regard de la situation actuelle je pense que toutes les diasporas qu'elles soient marocaine , algériennne ou tunisienne doivent préparer de toute urgence un retour au pays car bientôt c'est un exode urbain massif et sans précédant dans l'histoire qui se prépare et on aura beau lutter nous resterons minoritaires faut pas se leurrer.....


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