Economie

La "Théorie générale de la Relativité économique" ©


Par Jean de Dieu MOSSINGUE
(Mastère Spécialisé en Intelligence Economique et Stratégique, DESS en Ingénierie de l'Innovation, ancien professeur de Sciences Economiques et Sociales dans l'Académie de Versailles).


mossinguej@yahoo.fr
Lundi 23 Mars 2009

La "Théorie générale de la Relativité économique" ©

Postulat 1 :
Les seules causes à l'origine de la création de richesses se trouvent dans le Big-bang originel, l'Innovation, l'énergie cosmique et l'énergie humaine. Le Big-bang est l'Innovation par excellence d'origine extrahumaine provoquée par l'énergie et les forces cosmiques. Il a donné naissance aux richesses naturelles dont une partie se situe sur la planète terre et l'autre dans l'univers. L'Innovation de source humaine est mue par l'énergie humaine et la force de travail qui lui est associée. Elle est à l'origine de toutes les richesses passées, présentes et à venir créées par l'homme, nécessaires à la satisfaction de ses besoins.
Les richesses issues de l'innovation sont à l'origine du revenu des nations.

Le travail de l'Homme met en mouvement le processus de l'activité économique, dont le fruit généré est appelé produit pour les biens ou services normaux issus de l'acte de production, et improduit pour les biens ou services issus de l'acte d'improduction dont l'usage est nocif ou nul. Ainsi, nous établissons l'existence d'un revenu potentiel issu de l'Innovation de source extrahumaine qui néccessite souvent l'apport de la force de travail de l'homme pour l'exploitation de ses ressources et un revenu issu de l'innovation de source humaine.

La caractéristique principale de l'Innovation de source humaine est d'être positive ou négative pour l'espèce humaine, la nature ou l'univers.

Postulat 2 :
Sans énergie, il n’y a point de mouvement. Quelle est alors l’origine de l’énergie humaine et quelle est la nature du mouvement qui anime et fait évoluer les activités économiques ?

Toute dispersion de forces inconsidérée conduit à une perte d'énergie. Toute perte d'énergie incontrôlée entraîne à un affaiblissement ou une disloquation de forces.

Postulat 3 :
La force de travail gouverne le mouvement imprimé aux activités économiques. Est-elle la seule ?

Postulat 4 :
En économie, il existe une multitude de forces qui façonnent l'apparition, la vie, la croissance et la disparition des entités, parmi lesquelles on distingue : les forces de rappel à l'ordre qui ramènent au point de départ après multiples oscillations, sans infliger de sanctions sévères, elles dissuadent et réduisent les écarts ; les forces de réaction qui sont coercitives ou punitives, elles infligent des sanctions dont la mesure est fonction du degré d'écart par rapport à la sagesse, la vérité, la justice, la liberté justement contrôlée, la raison ou la science ; les forces d'entraînement qui poussent inexorablement vers la recherche de l'efficacité, de l'excellence et de la croissance économique dans des conditions précises, et, permettent la réalisation des objectifs définis au préalable ; les forces d'apparition, de développement, de croissance et de maturation qui construisent ou reconstruisent un ordre économique et social nouveau et corrigent les erreurs antérieures ; les forces stratégiques qui déterminent et visent des objectifs à atteindre ; les forces de conviction qui renforcent la foi en la réalisation des objectifs visés ; les forces de destruction qui balaient ou écrasent un ordre économique et social ancien, imbibé d'injustices, de malhonnêteté et exempte de sagesse, de raison et de vérité ; les forces de réduction qui accompagnent l'expansion jusqu'à un point limite (la taille critique) au delà duquel tout enrichissement est vain ; le pouvoir qui est une concentration de forces au service du commandement pour bâtir les objectifs à viser (le pouvoir politique utilisera les forces politiques, le pouvoir économique utilisera les forces économiques (exemples : le tsunami financier qui est soit une force de réaction ou une force de destruction selon les cas, pour punir ou sanctionner les écarts, les moyens financiers pour investir), le pouvoir militaire utilisera les forces armées, le pouvoir judiciaire utilisera la force de la loi avec son corollaire les forces de sécurité (police, gendarmerie)) ; la puissance économique est une multiplication à l'identique en un certain nombre de fois de l'effet de croissance pendant plusieurs périodes successives et d'un facteur constant, ou bien le résultat du produit issu de différents effets de croissance pendant plusieurs périodes de temps successives, elle décuple les forces ; les forces démocratiques permettent au pouvoir de ne pas basculer dans la dictature ou l'inhumanité (par exemple les forces d'opposition)...

Postulat 5 :
La célérité de la résolution d'une crise dépend de la qualité du management, de la stratégie mise en place, de la justesse de l'optimum des solutions retenu, des moyens mis en oeuvre pour la résoudre, de l'efficacité de la coordination des actes visant à la maîtriser ou la dompter, du degré de droiture démocratique des règles qui régissent le fonctionnement de l'organisation ou des institutions, du type de l'organisation, de l'état de connaissance de l'ampleur réelle de la profondeur des facteurs originels déclanchants et de la vitesse de réaction. La vitesse de propagation de la crise est le rapport entre la variation absolue des états d'avancement de la crise entre deux instants donnés et la variation absolue des instants en question. L'effet de la crise est la variation relative de deux états de la crise pendant deux périodes données. La gravité (aggravation ou affaiblissement) de la crise est le rapport entre l'effet de la crise (variation relative des états d'avancement de la crise) et la variation relative de deux instants donnés de cette crise. La vitesse de réaction est impulsée par la force de réaction visant à maîtriser ou à dompter la crise, sa rapidité dépend de la capacité des managers à prendre et à coordonner le plus rapidement possible les décisions les plus adéquates au moment le plus opportun.

L'épicentre de gravité de la crise est le lieu central de sa formation, où se concentre son énergie. Il a pour fonction d'amplifier l'intensité de la force motrice de la crise quand le flux d'énergie s'accroît, et de la réduire ou l'annuler, quand le flux d'énergie baisse ou s'annule. La connaissance des facteurs ayant engendré la crise est une condition nécessaire mais non suffisante de résolution de la crise. L'assèchement des sources d'énergie (les océans par exemple) pour annuler la force motrice équivaudrait à priver les populations de source d'énergie (exemple du poisson). Une impossibilité logique. Que faut-il alors faire ? En amont, en aval, entre les deux.

Amont : Management stratégique, prévision et prévention, clignotant vert.

Entre les deux : Rupture stratégique, colmatage des fissures, extinction des braises, veille stratégique, nouvelle réponse, danger imminent, clignotant orange.

Aval : Erreurs stratégiques, désastre et reconstruction, clignotant rouge.

Exemple de la crise financière : les mécanismes de la contagion

Source : alterinfo.net

Source : Le Monde

Il vaut mieux quand faire se peut anticiper une crise que de la subir, car les conséquences sont souvent désastreuses pour les entités ou les systèmes. D'après certains spécialistes et la presse, le montant réel des actifs toxiques en circulation dans le monde est de 600 000 milliards de dollars (Larouche, usinenouvelle.com, alterino.net...). Une telle éventualité entraînerait inéluctablement à la suite du tsunami financier, un tsunami économique.

Les dégâts causés par la crise financière aux Etats-Unis sont énormes. Les travailleurs américains payent le prix fort : 25 millions d'américains expulsés de leur logement depuis mars 2008 auxquels s’ajoutent 10 000 locataires expulsés chaque jour depuis septembre 2008. Des milliers de fonds de pensions sont partis en fumée». Les CDS représentent 62.000 milliards de dollars. Le PIB mondial représente moins de 50.000 milliards de dollars. La titrisation représente 630.000 milliards de dollars. L’organisme de contrôle chargé de la surveillance des marchés, la SEC (Securities and Exchange Commission) a été «détruit», en accord avec l’idéologie libertarienne désirant moins d’état, moins de contrôle, voire la disparition des côntroles. Le service du contrôle des CDS de la SEC donc, l’organisme qui devait surveiller les marchés est passé de 147 employés à 1 seul. Incroyable mais vrai! Cette information a été donnée par Peter Welsh, représentant du Vermont au Congrès, qui a été reprise reprise par Lynn Turner chef comptable de la SEC (donc, quelqu’un de fiable!) qui, témoignant sous serment a déclaré (lisez bien ce qui va suivre!): «Je pense qu’un écrémage systématique – appelez ceci comme vous voudrez – parmi les fonctionnaires a eu lieu dans cette administration, afin de saper ses capacités de contrôle.» Le bureau du budget du Congrès (CBO) a, dans son rapport de janvier 2009, indiqué que « les fonds publics et privés de retraite aux Etats-Unis ont fondu de quelque 2.000 milliards de dollars ces 18 derniers mois ». En Europe, c’est la même chose, ainsi, les caisses de pension suisses ont perdu environ 18,8 milliards d'euros à cause de la crise financière. Source : AFP. En France, selon Bernard Devy, membre (FO) du conseil de surveillance du Fonds de réserve des retraites, l'Organisme aurait perdu "environ 25%" de sa valeur depuis le début de l'année 2009. Vendredi 16 janvier 2009, Arnold Schwarzenegger gouverneur de la Californie a déclaré: « la Californie est à quelques semaines de la cessation de paiement ». Source : Calculated Risk. L’agence Bloomberg a fait le bilan du coût de la crise aux USA: 7 400 milliards de dollars, auxquels il faut ajouter 1800 milliards de dépenses supplémentaires ces derniers jours soit plus de 60% du PIB américain dépensé en 3 mois ! Pour rappel, le montant de la dette publique des Etats-Unis a franchi le cap des 10.000 milliards de dollars, selon le "rapport mensuel sur la dette" visible sur le site du Trésor américain de novembre 2008. (source : alterinfo.net du 16/11/08, Gilles Bonafi).

Les produits dérivés représentent l’essentiel de la masse monétaire, 630 000 milliards de dollars, c'est à dire 13 fois le PIB mondial. Les CDS (Credit default swap) qui sont au cœur de la tempête représentent 62 000 milliards de dollars dans le monde. Les CDS sont des contrats financiers entre acheteurs et vendeurs de protection. Il n’y a aucun fond pour garantir ces contrats et en cas de difficultés, le vendeur de protection est obligé de fournir de l’argent bien réel. Ces opération n’apparaissent pas dans le bilan des organismes financiers (on appelle cela une « exposition hors bilan »). L’OCC (Comptroller of the Currency, l’autorité de tutelle des banques a déclaré le 30 juin 2008 que les banques commerciales US possédaient 182 100 milliards de dollars de produits dérivés. Son dernier rapport (30 septembre 2008) précise que JP Morgan Chase détiendrait 43 000 milliards de dollars en produits dérivés et Citigroup 17 500 milliards soit plus que le PIB mondial. Les sommes en jeu sont colossales et, pour rappel, les entreprises sont interconnectées à l’aide de CDS pour un montant de 62 000 milliards de dollars. (alterinfo.net du 30/11/08).

L'année 2008 est la première où les baby boomers atteignent l'âge de 62 ans avec la frénésie de retraite supposée commencer (car les gens pouvaient commencer à bénéficier de leurs retraites). Or l'économie plonge et de nombreux autres départs à la retraite sont retardés. Donc un grand nombre de travailleurs qui avaient prévu leur départ à la retraite devront travailler jusqu'à leur mort, rejoignant ainsi les millions d'autres baby boomers qui n'ont jamais eu de tels rêves. La destruction délibérée des retraites (par répartition ndlt) et leur remplacement par le 401(k) (retraite par capitalisation en actions ndlt) a été , un pas de géant pour attaquer la retraite, mais avec la crise, les effets ruineux commencent tout juste à apparaître. Fin Septembre, juste avant que la crise commence à prendre de l'ampleur, on a découvert qu'en 2007, la valeur des comptes en actions (401(k) avait perdu près de 2 mille milliards $, et la perte a pris de plus en plus d'ampleur avec la crise. Or près d'un tiers de ceux qui ont souscrit au 401(k) et qui ont la soixantaine, avaient placé 80% de leur argent en actions (Les fonds de pension ont été détruits de manière similiaire). Le 401(k) était le plan du siècle. Les entreprises se sont déchargées des "pesantes" retraites et ont utilisé les forces combinées des médias et des politiciens pour vendre leur ruse au public, au grand bénéfice de Wall Street. On a dit aux travailleurs que le cycle des effondrements boursiers était terminé et que les placements en actions étaient sûrs. D'autres facteurs y ont contribué : les taux étaient si bas que les investissements dans les bonds du trésor et autres instruments moins risqués offraient que de petits retours, et comme les employés ont cessé de contribuer aux fonds de retraite, il était nécessaire d'avoir un plus important retour sur investissement.

En outre, les entreprises ont baissé les salaires depuis les années 70, il y a eu moins d'argent à épargner pour la retraite, ce qui a créé une atmosphère de désespoir. Donc, après la bulle high tech - qui a emporté avec elle des millions d'économie de personnes ayant investi dans le 401(k) - le marché de l'immobilier est devenu l'endroit pour investir. Pour des millions de personnes, la maison dans laquelle ils vivaient était leur nid, ils avaient planifié de la vendre et d'en acquérir une plus petite. Il n'en est plus question. Le Républicain Robert Andrews, (D-NJ) qui préside le sous comité à la santé à l'emploi au travail et aux retraites au Sénat, l'a dit cruement " certains auront trés peu, d'autres auront presque rien, et certains n'auront rien quand ils prendront leur retraite. " Ce processus s'accélère avec les mises en faillite qui détruisent les "obligations de retraite". Des obligations s'appliquent également aux travailleurs déjà à la retraite dont beaucoup voient leur retraite diminuée de moitié, les obligeant à reprendre un emploi. (alterinfo.net, Shamus Cooke du 15/12/08).

Un taux de chômage élevé, des banques se sont effondrées comme un château de carte, la déflation s'annonce, la demande des biens et des services s'est détériorée, les déficits monstres persistent, la crise économique s'amplifie, et la défaillance du système de surveillance et de contrôle des activités économiques s'est dévoilée. Les Etats-Unis se sont engouffrés, dans le sillage de l'effondrement du système de surveillance à Wall ‎Street, ce temple du capitalisme, dans la pire crise économique que les annales de leur histoire a enregistrée durant ces 80 dernières années. (alterinfo.net du 20/12/08). "Le manque de confiance est total. Le marché interbancaire ne fonctionne pas et génère des cercles vicieux: les consommateurs ne consomment pas, les entrepreneurs n'embauchent pas, les investisseurs n'investissent pas et les banques ne prêtent pas".

Il faut se préparer à vivre dans un monde en faible croissance, avec une baisse des niveaux de valorisation de l'ensemble des actifs, qu'ils soient financiers, immobiliers ou monétaires. Les moteurs de la croissance des années d'après-guerre fondés sur la capacité des ménages occidentaux à consommer toujours plus, grâce à la progression du pouvoir d'achat et à une offre de crédits quasi illimitée, n'ont plus aucune chance de fonctionner. Car avec une dette totale (dette privée + dette publique) des Etats-Unis qui représente désormais 350 % du PIB, la capacité d'endettement des ménages et des Etats a atteint un plafond qu'il sera impossible de dépasser. Il faudra inévitablement passer par une phase de plus grande modération dans l'utilisation des leviers du crédit et par la nécessité de reconstituer un volant d'épargne. Tout cela pèsera inévitablement sur la croissance. La consommation et les revenus vont considérablement baisser avec l'arrivée à la retraite de toute la génération des baby-boomeurs de l'après-guerre. (jdf.com du 20/12/08). Dans ses conditions comment l'Amérique peut-elle retrouver son rôle de locomotive de l'économie mondiale ?

La crise actuelle est essentiellement celle des produits financiers dérivés, un système spéculatif sur le point d'exploser, mis sur pied par Alan Greenspan lorsqu’il prit la direction de la Réserve fédérale. Ce sont de millions de milliards de dollars de dettes, qui n'offrent aucune possibilité de les honorer ou de les apurer. Un danger pour l'humanité. Lyndon Larouche propose une réorganisation du système monétaire et financier consistant à appliquer à l’ensemble du monde une procédure de réorganisation financière, dans l’esprit des politiques appliquées par Franklin Roosevelt en 1944 et qu'il présenta lors de la conférence de Bretton Woods en 1944, à l'opposé de ce que Truman commença à promouvoir à partir de 1945. Il s’agit de créer un système international de crédit, fondé sur des cours de change fixes, et de mettre en œuvre un véritable programme de redressement économique et financier. Pour Larouche, la décision du gouvernement américain en place d’imposer sur le marché interbancaire des taux d’intérêts quasiment nuls, à peu près comme on l’a fait avec le Yen il y a quelques années, est une folie pure dont on ne tardera pas à voir les résultats, elle aura des conséquences incalculables. Il est donc impérieux de clore avec le type de système instauré depuis 1971-1972, pour en revenir à un système de parités fixes, fondé sur un système de crédit et non sur un système financier. Pour lui, les Etats-Unis ont une particularité unique en tant que nation, qui est de posséder un système de crédit, alors que les pays européens sont dotés de systèmes financiers, c’est-à-dire de systèmes monétaires. Or en vertu de la Constitution américaine, la création monétaire, ou création de crédit, est un acte souverain du Président des Etats-Unis, avec le consentement de la Chambre des représentants. Un crédit qui peut ensuite être utilisé, et monétisé, comme le prévoient la loi et la fonction régalienne du Président. Larouche propose de faire appel à la Constitution américaine, avec ses clauses définissant ce système de crédit, pour conclure des accords ratifiés par traités avec d’autres nations, en vue d’établir un système de crédit à parités fixes. Un objectif qui vise essentiellement d’émettre du crédit, qui puisse être utilisé au niveau international pour des investissements capitalistiques à long terme dans l’économie mondiale. Pour que cette initiative fonctionne, il faut au préalable éliminer la plupart des produits financiers dérivés, qui sont de toutes façons impayables, vu l'impossibilité de satisfaire les besoins du système financier actuel. Car selon lui, la quantité d’argent nécessaire pour rembourser les millions de milliards de dollars de cette dette, en majorité frauduleuse, n’existera jamais. Il faut donc effacer la partie polluée de la dette en la considérant comme une perte nette, afin de revenir à un système de crédit fondé sur l’idée d’Etat-nation, à long terme, pour une génération, un demi-siècle, voire un siècle entier, en fonction du type d’investissement, à l’opposé de ce nouveau système financier international assez bizarre auquel l'humanité est assujettie. L'initiative devrait de toute évidence résulter d’un accord entre les Etats-Unis, la Russie, l’Inde et la Chine, parce que c’est là, en Asie (en y intégrant le rôle de la Russie en Eurasie), que se trouve la plus vaste concentration de pauvreté avec 40% de la population mondiale, donc le plus grand besoin de développement.

En Inde, par exemple, 63% des habitants souffrent d’extrême pauvreté et il est peu probable que cette population puisse rapidement accéder d’elle-même à une meilleure productivité. La solution se trouve dans la mise en oeuvre de grands projets d’infrastructures, tels que des centrales nucléaires et autres équipements de ce genre, indispensables pour relancer son infrastructure et augmenter les pouvoirs productifs de sa force de travail. Avec l’effondrement des marchés américains, la Chine s’effondre, et c’est donc désormais tout le système chinois qui est en crise. Cela va se répercuter rapidement sur le reste du monde, amplifiant encore l’instabilité générale. La Russie a un rôle fondamental à jouer parce qu’elle a une culture eurasiatique, ni européenne ni asiatique. C’est le cas depuis environ l’époque de Gengis Khan. Seules les richesses en matières premières, majoritairement présentes dans le nord de la Russie, permettront la croissance économique de pays tels que la Chine et l’Inde, avec l’utilisation de technologies que seuls les Russes maîtrisent. L'Institut Vernadski par exemple s'est spécialisé dans la façon d’ouvrir à l’exploration minière certaines régions comme la toundra, l’Arctique ou la région sub-Arctique. Cela consiste non seulement à creuser dans le sous-sol, mais aussi de mettre au point un système de gestion des matières premières. Cela nécessite de mobiliser les Amériques, en particulier les Etats-Unis, ainsi que l’Europe, pour jouer, à nouveau, un rôle de premier plan dans le domaine de la science et de la technologie, s’intégrant dans un processus de développement de toute la planète, y compris l’Asie et l’Afrique, et développant le monde afin que l’humanité s’épanouisse pleinement. (alterinfo.net du 20/12/08, conférence de presse de Lyndon H. LaRouche à Strasbourg, au Parlement européen, le 17 décembre 2008).

Pour nous, l'idée de Larouche d'annuler la partie de la dette polluante répond exactement à nos attentes, afin de donner suite au besoin de relance et de développement économique globaux, sains et sans exclusion. Cependant, la relance par le crédit nécessite un certain nombtre de gardes-fous, afin d'éviter la répétition pour les générations futures des erreurs et fautes précédentes qui entraîneraient des conséquences et effets similaires, car les précédentes grandes crises n'ont pas été suffisamment formatrices pour empêcher la formation et l'éclatement d'autres bulles financières. Si les Etats-Unis consommaient à nouveau du crédit à outrance, ils redeviendraient à moyen ou long terme débiteurs du reste du monde. Si au contraire, ils jouaient le rôle d'émetteur de crédits, ils deviendront de facto la "Banque Centrale du monde" créant et distribuant de la monnaie partout où besoin se ferait sentir. Il y a là un risque politique, puisque le système démocratique fait changer les dirigeants. Des absolutistes au pouvoir peuvent à tout moment en changer l'usage. Les moeurs politiques doivent donc aussi évoluer. Il est plus que souhaitable de quitter un monde de la dépendance absolue vers celui de l'interdépendance relative. Cela supposerait l'organisation multipolaire d'organismes de gestion de tels crédits dans des zones économiques homogènes et interdépendants, ayant tous les mêmes attributs. Il s'agit pour l'humanité d'imaginer d'autres modes de fonctionnements plus transparents, plus démocratiques, plus confiants et mieux gérés.

Postulat 6 :
L'intensité de la force d'un tsunami financier dépend entièrement du degré de "toxicité" et de l'étendue du volume des actifs "toxiques" dans le volume global des actifs financiers en circulation et de la gravité de la crise financière. Le degré de "toxicité" est le poids de la valeur monétaire des actifs "toxiques" dans la masse monétaire en circulation. Toute crise financière ne conduit pas nécessairement à un tsunami financier. Toute autre crise non tsunamique aurait un impact plus réduit que celui engendré par la force du tsunami financier. Un tsunami financier est une crise systémique globale.

D'après les centres d'alerte aux tsunamis, un tsunami est un raz de marée foudroyant suite à un puissant séisme de forte magnitude.

L'économie d'un pays est en danger latent ou potentiel lorsque la valeur des actifs "toxiques" augmente, mais reste en dessous du revenu national, nous disons alors que le tsunami financier est latent ou potentiel. L'association d'autres facteurs comme l'ampleur de la dette, des déficits, de la fuite de capitaux, la corruption ou les détournements de fonds, l'innondation de fausse monnaie ou la pesanteur et l'inertie de l'absolutisme des dogmes ambiants prééminents peuvent contribuer à déclancher une crise financière. Quand la valeur des actifs "toxiques" atteint et dépasse le montant du revenu national, la vague entraînée par le tsunami financier acquiert petit à petit de l'énergie et de la vigueur et finit sa course en se déferlant sur les cotes des marchés financiers, nous disons que le tsunami financier est en activité. Le degré de "toxicité" des actifs "toxiques", l'étendue du volume de ces actifs "toxiques" dans le volume global des actifs financiers et la gravité de la crise sont les éléments déterminants de la transformation du tsunami financier en tsunami économique.

La contamination des économies environnantes ou lointaines et la vitesse de propagation dépendent de leur degré d'imbrication avec l'économie en cause et de l'ampleur de leur implication dans l'exposition aux actifs "toxiques" en question. La meilleure manière de sortir de la crise est de conserver les sources d'énergie en se débarassant le plus rapidement possible de toute la "pollution" financière, comme l'on procède dans les cas de la pollution des sources d'eau, compte tenu de l'impossibilité de soigner ou de conserver en bonne santé les vies contaminées dans ces eaux polluées. Toute autre solution prise ne peut être que complémentaire ; dans le cas de substitutionnalité, cette dernière retarderait l'avancée de la crise pour un certain temps, mais occasionnerait dans le même temps une amplification de l'intensité de sa force, tout en multipliant et en répandant ses effets dévastateurs dans les structures financières, économiques et sociales.

Le Relativisme économique est une surprise pour Alan Greenspan

L'ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Alan Greenspan a admis, jeudi 23 octobre 2008, à Washington lors de son audition par la Commission chargée du contrôle de l'action gouvernementale que la crise actuelle remettait en cause la supériorité d'un système, celui du "free market" auquel il avait toujours cru. "Oui, j'ai trouvé une faille. Je ne sais pas à quel point elle est significative ou durable, mais cela m'a plongé dans un grand désarroi." Le président de la commission, Henry Waxman, venait de rappeler à M. Greenspan les propos qu'il avait tenus dans le passé, selon lesquels "des marchés libres et concurrentiels sont de loin la meilleure façon d'organiser les économies, sans équivalent". L'ancien patron de la Fed a aussi admis avoir "fait une erreur en croyant que le sens de leurs propres intérêts, notamment chez les banquiers, était la meilleure protection qui soit". "En d'autres termes, vous trouvez que votre vision du monde, votre idéologie, n'était pas la bonne, ne fonctionnait pas ?", a renchéri M. Waxman. "Absolument, exactement, a répondu M. Greenspan. C'est précisément la raison pour laquelle je suis choqué, parce que cela faisait quarante ans et même plus que de façon très évidente cela fonctionnait exceptionnellement bien." Sur sa propre responsabilité dans la crise - M. Greenspan est accusé d'avoir favorisé la formation de cette gigantesque bulle spéculative en menant une politique monétaire laxiste -, l'ancien patron de la Fed s'est défendu en rappelant qu'il avait lancé des mises en garde il y a déjà trois ans. "En 2005, j'avais émis des inquiétudes quant aux conséquences néfastes d'une période prolongée de sous-estimation des risques."

"La crise cependant a pris une dimension beaucoup plus grande que ce que j'avais imaginé", a-t-il concédé, estimant que le marché du crédit vivait "un tsunami comme on en voit un par siècle". M. Greenspan a souligné que, dans la tempête actuelle, "les banques centrales et les gouvernements se retrouvent contraints d'adopter des mesures sans précédent". "J'ai fait une erreur en comptant sur l'intérêt privé des organisations, principalement des banquiers, pour protéger leurs actionnaires." "Ceux d'entre nous qui comptaient sur l'intérêt des établissements de crédit pour protéger les actionnaires (en particulier moi-même) sont dans un état de choc et d'incrédulité". "La crise a pris une dimension beaucoup plus grande que ce que j'avais imaginé". "J'ai trouvé une faille dans l'idéologie capitaliste. Je ne sais pas à quel point elle est significative ou durable, mais cela m'a plongé dans un grand désarroi." "J'ai eu en partie tort en n'essayant pas de réguler le marché des Credit Default Swaps". "Le modèle de gestion des risques tenait depuis des décennies. Mais l'ensemble de cet édifice intellectuel s'est effondré l'été dernier." "La raison pour laquelle j'ai été choqué, c'est que l'idéologie du libre marché a fonctionné pendant 40 ans, et même exceptionnellement bien". (lemonde.fr, cordonsbourse.blogs.liberation.fr, lefigaro.fr du 24 et 25/10/08).

Tant qu'elle était asymétrique, irréaliste, déraisonnable et illogique, la théorie de l'ultralibéralisme fonctionnait, Monsieur Greenspan, le Relativisme économique est la Théorie par excellence, elle s'imposera d'elle même à travers les âges. Car voyez-vous, selon le professeur Jean Claude Werrebrouck, les profits issus du secteur de la finance représentaient 14% du total des profits des entreprises américaines en 1960, en 2007, ils étaient à 39% de ce même total. La dette des ménages américains est passée de 46% du PIB en 1979 à 98% en 2007. Un tiers de ménages américains supporte une dette continue de 10000 dollars sur leurs cartes de crédits avec des taux allant de 11 à 15%...et jusqu’à 30% en cas de retard de paiement. Hormis cela, en France, les banques françaises assuraient à elles seules le quart des revenus de l’Etat au titre de l’impôt sur les sociétés. (source : contreinfo.info du 09/01/09, Jean Claude Werrebrouck, professeur d'économie à l'Université de Lille II).

Entre 2007 et 2008, années de crise, le taux de marge des banques en France sur les découverts et les crédits revolving a progressé de +15,6% et le taux de marge sur les crédits à la consommation s’est lui envolé de +44,5%. Ce sont les précaires, les revenus les plus faibles qui utilisent le plus ces outils d’endettement en proportion de leurs revenus. Pour des taux voisins de 20% (avec assurance), ces organismes n’avouent que 2% de défaillance (donc couvertes par les assurances). (alterinfo.net, le canard enchaîné du 06/02/09)... Les services financiers et immobiliers pèsent 31 % dans le PIB britannique, l'industrie, énergie comprise, représente tout de même 17,3 %. En France, le poids de l'industrie n'est que de 14,5 %, et celui des services financiers et immobiliers 32,9 %. Le secteur financier représentait 33,1 % du PIB en 2006 aux Etats-Unis. Dans l'ensemble, entre 25 et 30 % des richesses nationales des pays proviennent de ce secteur. (jdf.com du 16/02/09).

Postulat 7 :
L'énergie humaine trouve sa source dans le produit issu du Big-bang et dans l'énergie cosmique.

Postulat 8 :
Il n'existe point de démocratie interne sans démocratie externe. En d'autres termes, la démocratie interne et la démocratie externe constituent ensemble la forme la plus développée et la plus aboutie de la gestion démocratique de la vie en cité et de la destinée des peuples. Toute autre forme est une imposture, une dictature pouvant conduire ou tendre à tout moment vers le fascisme dans certaines conditions de "température et de pression". Le multilatéralisme (multipolarité, transparence, pluralisme total, démocratie réelle) est l'unique manière d'assurer la paix, le bonheur, l'enrichissement, la sécurité des peuples et des nations et la pérennité des espèces. Toute autre forme suscite incompréhension, humiliation et conduit toujours à un conflit destructeur.

Comme en mathématiques, dans une situation conflictuelle complexe, l'intégration par partie est la seule voie qui reste pour conduire les nations vers une gestion démocratique globale des affaires de la cité-monde.

Postulat 9 :
Il n'existe pas en matière économique ou de démocratie, de liberté et de sécurité sans ordre. L'absence d'ordre englue l'imagination de "substance" nocive et conduit au chaos.

Il n'existe pas non plus d'économie saine ou viable, qui ne tienne compte réellement de l'intérêt général de la nation et de l'intérêt global des peuples et de l'humanité. Toute autre forme est une razzia. Toute forme d'économie qui exploite expressement une partie de son peuple est une razzia.

En matière de justice, toute injustice ou humiliation contient en elle les germes d'un conflit. Il n'est pas crédible, logique et juste de cautionner par la force une injustice et de s'octroyer ensuite l'autorité morale d'en condamner une autre, quel que soit l'état de sa puissance.

En démocratie relative, l'homme étant faillible, ses lois sont perfectibles. En conséquence, les peuples, les Etats, les ensembles d'Etats ou les Unions d'Etats doivent porter un regard critique sur les actes, les décisions ou le fonctionnement des institutions qui les mettent en oeuvre et les font mouvoir ; leur révocation ou éviction par les forces démocratiques peut s'avérer nécessaire dans les cas prouvés d'inefficacité, d'inéquitabilité ou d'incompétence flagrante, sinon un boycott collectif est recommandé jusqu'à l'instauration de la raison et la séreinité au sein de l'institution, à défaut de sa dissolution ou de son annulation pure et simple.

Une des méthodes efficaces à utiliser est celle de Gandhi. Mais le choix des réponses dépend de la nature des situations en présence. Les options sont ouvertes.

Exemple, un ex-responsable de l’Onu pour le Darfour s’en est pris à la CPI. Antonio Cassese, ancien chef de la Commission d’enquête des Nations-Unies sur le Darfour a déclaré le 4 mars 2009 sur les ondes italiennes que le mandat d’arrêt contre Omar el-Béchir, président du Soudan, est une opération politique. Trois raisons principales sur la décision de la Cour Pénale Internationale (CPI) le laisse perplexe :

1. Le procureur de la CPI aurait pu émettre une simple assignation à comparaître, permettant à Béchir de répondre à ses questions et de se défendre contre ses allégations.

2. La demande de mandat d’arrêt, déposée le 14 juillet 2008, devait rester secrète mais elle a été rendue publique. Il a ensuite fallut 7 mois pour qu’il entre en vigueur. Un mandat d’arrêt est efficace s’il est délivré au bon moment, car il permet d’éviter que le suspect s’échappe ou détruise des pièces à conviction, mais ce n’est absolument pas le cas ici.

3. Le mandat va être envoyé à la police soudanaise, qui devra arrêter son président. Evidemment cela n’arrivera pas. Ni le Soudan, ni aucun autre pays ne fera appliquer ce mandat. Aucun gouvernement n’invitera Béchir s’il y a un risque qu’il soit arrêté.

« Ce mandat crée évidemment un effet politico-médiatique car il délégitime politiquement un chef d’Etat. Il en résultera une tension politico-diplomatique et l’Afrique, dans son ensemble, se sent offensée. Ils disent que les crimes occidentaux ne sont jamais jugés devant la CPI, c’est vrai et c’est un argument très convaincant. La CPI applique une justice à deux vitesses. » Enfin, Antonio Cassese ne soutien pas Béchir, mais il pense que désormais il serait quasi-impossible de le poursuivre sérieusement pour ses crimes. (alterinfo.net du 05/03/09).

Par ailleurs, un porte-parole du Bureau des Affaires humanitaires de l'ONU a déclaré que plus d'un million de personnes sont menacées par l'expulsion de 13 organisations non gouvernementales (ONG) au Soudan. "Les 13 ONG expulsées distribuaient près de la moitié de l'aide humanitaire au Darfour", selon une porte-parole qui avertit que 1,1 million de personnes vont rester sans nourriture, 1,5 million de personnes sans soins de santé et plus d'un million sans eau potable. Au total, les organisations humanitaires aident 4,7 millions de personnes au Darfour, dont 2,7 millions de déplacés. La province de l'ouest est en proie depuis 2003 à un conflit qui a déjà fait 300.000 morts selon l'ONU (10.000 selon Khartoum) et 2,7 millions de déplacés. Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) redoute de nouveaux mouvements de population. (romandie.com du 06/03/09).

En matière stratégique, il existe une impossibilité relative de faire cohabiter deux "lions" sur un même espace, sans consentement mutuel. La lutte féroce qui s'ensuivra tôt ou tard sera soit victorieuse pour l'un et mortelle pour l'autre, ou alors une destruction mutuelle. Toute volonté de l'imposer par la force en y faisant abstraction est illusoire, irresponsable, démentielle ou sanguinaire. Si l'un des deux est un "léopard", il se mettra à l'abri avec sa proie et gardera une distance respectable. Si par contre un des deux est un groupe "d'hyènes", ils pourront par l'encerclement entraîner le chaos au sein d'un groupe de "lionnes" pour s'emparer de la "proie", mais en présence du "lion", ce dernier visera le chef et brisera son échine afin de disloquer le groupe et y installer le chaos.

En matière d'indépendance et d'unité, une entité indépendante ne peut inclure en son sein d'autres entités indépendantes, car à un certain moment de leur existence, elles seraient tentées de saper la cohésion d'ensemble en prenant des décisions indépendantes divergentes, susceptibles de nuire à l'efficacité des actes du groupe. En revanche, il peut y avoir des entités autonomes reliées entre elles par des objectifs communs. Les autres formes sont des associations ou des groupements d'entités indépendantes.

Postulat 10 :
Tout conflit, doit être en priorité résolu par le dialogue. En effet, il est sans doute possible d'affamer des "moutons" ou des "gazelles", mais il est relativement dangereux d'exterminer le gibier pour affamer des "lions" ou des "tigres", car le moment venu, pour leur survie, ils entreront dans les "villages" pour y trouver leurs "proies".

Postulat 11 : Quelles sont les sources et les déterminants de l'Innovation ? (...)

Postulat 12 :
Toute planification ininterrompue de l'économie s'apparente à une "transfusion sanguine" ininterrompue, pouvant conduire à un état végétatif. Cependant, dès l'assèchement de la source de transfusion, le danger guette l'organisme transfusé, s'il n'est pas guéri. Dorénavant, toute "transfusion sanguine" nécessite également une attention particulière, visant à éviter tous genres d'infections dues aux virus, microbes ou bactéries.

En outre, tout organisme dont une partie du corps est en excès de sang et l'autre en déficit, connaîtra nécessairement une excroissance en son sein et un dysfonctionnement total, pouvant entraîner l'arrêt des fonctions vitales, surtout s'il est infecté par des virus, des microbes ou des bactéries.

Ainsi, la seule manière de conserver un organisme sain est d'éliminer toutes causes de déficits ou excès, de s'assurer de sources d'approvisionnements en sang et nutriments de façon autonome, régulière, régulée et équilibrée, et de réaliser une veille stratégique continuelle en vue de prévenir, d'anticiper ou d'enrayer la survenance de dysfonctions. Les nutriments apportent l'énergie et la sécurité à l'organisme et sont issus du produit de l'innovation de source humaine et/ou extrahumaine.

En ignorant cette vérité sur l'essence même des choses, certains organismes sont emportés dans les méandres de l'absolutisme vers l'obscurantisme.

Les sociétés modernes et leurs Etats doivent initier ou encourager la création d'organisations chargées de la veille stratégique, la prévention, l'anticipation et le traitement des situations complexes, sécuritaires, de crise ou de cataclysmes économiques, comme elles l'ont fait avec les compagnies d'assurances qui ne peuvent pas en la matière jouer sérieusement ce rôle comme on le voit avec la crise des "subprimes", et ce, en mettant en place un marché viable pour l'intérêt collectif.

Que doit-on faire pour éviter les surprises de mauvais goût ? L'alerte permanente, la vigilance, la veille stratégique, la protection, l'anticipation et la stratégie.

L'anticipation

L'anticipation est la capacité inhérente aux humains ou aux autres entités, politiques, militaires, économiques, financières, associatives, gouvernementales, administratives ou non gouvernementales, à déployer dans un laps de temps et le plus rapidement possible des stratégies gagnantes avant les autres. Son effet dépend du temps mis pour agir ou réagir et du degré de justesse de l'orientation stratégique empruntée. Le rôle de l'anticipation est essentiel pour la réalisation des objectifs des organisations, car elle permet de déterminer et de déployer les moyens les plus adaptés pour atteindre ou dépasser les cibles visées en fonction de l'évolution des paramètres environnementaux internes ou externes, sans attendre les effets de l'action ou de la réaction des autres ou de l'environnement extérieur, elle fait prendre une longueur d'avance et installe un écart stratégique entre l'anticipant et le(s) subissant(s). L'anticipant fonde sa conviction après décryptage d'un certain nombre de signaux d'alerte.

L'anticipation possède en elle deux parties complémentaires, la partie objective ou réelle qui s'appuie sur des connaissances scientifiques, encore appellée anticipation rationnelle, et la partie subjective ou imaginaire qui repose sur l'intuition, que nous nommons anticipation irrationnelle ou imaginaire. Le degré de rationnalité ou d'irrationnalité dépend des conditionnalités d'existence, de l'inné et de l'acquis. L'absence de rationnalité ou d'irrationnalité biaise la qualité de l'anticipation et conduit à des prises de décisions dont le résultat attendu est soit en partie réalisable mais insuffisant, soit erronné ou inexistant. L'absence d'anticipation au sein des entités est une des causes essentielles de la multiplication des problèmes à résoudre et de l'amplification des difficultés à surmonter. Qu'en est-il de nos acteurs financiers ? (...).

A = Re(A) + Im(A) = a (cosb + isinb) ;

avec a>0 ; b est l'angle de vue de la question abordée ; x = f(t) et y = g(t)

Postulat 13 :
L'économiste relativiste s'intéressera de très près à la théorie générale de la relativité d'Albert Einstein et à ses évolutions, aux mathématiques (algèbre et géométrie) et aux sciences de la vie et de la terre. Les systèmes éducatifs qui accépteraient cette théorie devraient permettre aux lycéens et aux étudiants d'avoir aussi une formation très poussée dans ces disciplines. Car, d'une part, la connaissance de l'origine de l'Innovation de source Big-bangaire par ces scientifiques est très avancée, et d'autre part, la théorie relativiste du Big-bang est la partie généralisante de celle de l'Innovation de source humaine.

Définition : Le Relativisme économique est la faculté que possède l'espèce humaine à dénicher dans sa mémoire collective, des idées lumineuses, des faits ou des actes, susceptibles d'aider à l'amélioration de sa qualité de vie, son bien être et de permettre son épanouissement, la pérennisation de l'ensemble des espèces et de leur environnement, en exploitant à bon escient, les innovations positives dans un espace de démocratie interne, externe et globale sain.

En ce sens, le Relativisme économique intègre l'espace-temps et le mouvement dans l'univers économique, qui lui même fait partie d'un univers global mouvant. C'est une théorie qui soutient que la recherche d'une croissance exponentielle infinie, se heurte aux limites physiques finies des facteurs de production et de l'espace terrestre. Et que toute création de monnaie déconnectée des réalités de l'économie réelle s'apparente à du racket du plus fort au plus faible, et est susceptible de mettre en danger la pérennité des espèces et la santé de l'environnement, et de provoquer l'extinction de la vie humaine.

Un exemple, le boom de la fleur rose au Kenya : France 2 dans envoyé spécial a rediffusé un reportage le vendredi 23 janvier 2009 sur un lac asséché, pollué et presque vidé de poissons, privant les pêcheurs de leur outil de travail et de leur pitance. En même temps se développent des plantes hyacynthes qui se nourissent de cette pollution. Les plantes hyacynthes détruisent les filets et l'eau polluée est réchauffée. Cette situation a été engendrée par une entreprise produisant des fleurs roses. Pour parvenir à ses fins, cette dernière doit utiliser des pompes d'exploitation horticoles qui tournent à plein régime. Les fermes sont sous bonne garde et fonctionnent tous les jours. Les procédés d'exploitation nécessitent le recours aux engrais et pesticides qui sont nécessaires au bon développement de la rose, mais leur utilisation a un impact négatif sur la santé des populations, surtout que du fait de l'implantation de cette industrie, la population de la ville est passée de 20 000 individus à 120 000.

La culture de la rose réclame une importante consommation d'eau. Des espèces de poissons comme le tilapia sont en voie de disparition. Les employés respirent les produits chimiques utilisés qui affectent leur sytème respiratoire et les rendent malades. Quand ils sont malades, les dirigeants de l'entreprise les forcent à démissionner pour raison de maladie. Cet exemple prouve que la notion de profit dans ce genre de situation est mal cernée. Dans le profit que réalise une telle entreprise, il existe aussi une part importante de reconstitution de l'écosystème, d'instauration d'une vraie sécurité pour le personnel et les populations, et de réparation des dégâts collatéraux engendrés par l'exercice de ce genre d'activité. Ainsi donc, il y a un écart entre le profit supposé et le profit réel. Rien ne justifie certes la piraterie, mais quand les médias ont interrogé les pirates somaliens sur les raisons de leurs actes, ces derniers ont cité l'absence de poissons en eau profonde, les candidats à l'immigration dans certains pays disent la même chose.

Il existe dans ce cas un indicateur de faisabilité d'un projet (Fp), qui est le rapport entre l'écart de profitabilité et la valeur du profit réel (Pr). Il est égal au rapport de viabilité diminué d'une unité. Le rapport de viabilité d'un projet (Vp)est le quotient entre le profit supposé (Ps) et et le profit réel.

Fp = e / Pr = Vp - 1 ; avec Vp = Ps / Pr

On comprend tout de suite que lorsque l'indicateur de faisabilité est positif, le projet est viable, à condition qu'il soit accompagné par des mesures de contrôle et de vérification sur les conditionnalités de faisabilité, et également par la science qui est habilitée à évaluer les conditions de sauvegarde, de protection et de mise en oeuvre de la regénération du milieu ambiant. Nous reconnaissons également que la science a ses limites et n'explique pas tout à partir d'un instant t, il est donc important que la raison et l'expérience locale ou d'ailleurs y soient également associées. Lorsque cet indicateur est nul, le projet ne présente aucun danger, mais nécessite des mesures de précaution, et quand il est négatif, il n'existe aucun avantage à le développer, car les conséquences seraient désastreuses pour l'environnement et les hommes.

D'autres faits similaires ont été signalés par les médias comme les poussières ou les déchets radioactifs dont les précautions d'usage n'ont pas été prises pour sauvegarder l'environnement et la santé des populations. Par exemple, le site de romandie.com du 01 mars 2009 relate qu'un physicien français et un acteur américain se sont engagés aux côtés de représentants de peuples indigènes d'Afrique, d'Australie et des Etats-Unis, pour alerter les parlementaires américains des dangers de l'extraction de l'uranium. "Nous voulons que les parlementaires américains comprennent que l'extraction d'uranium est très polluante et qu'il n'y a pas de réponse scientifique actuellement à la question du stockage des déchets", a dit à l'AFP Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire du laboratoire français de la CRIIRAD (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité). Des responsables de la communauté nomade touareg du Niger, des Indiens d'Amérique, des Aborigènes d'Australie ont souligné les ravages causés par l'extraction minière sur leur environnement. Au Niger, la société française Areva extrait de l'uranium depuis plus de 40 ans sans "aucun souci pour l'environnement, la santé des personnes, les animaux", a déclaré à l'AFP Sidi-Amar Taoua, un Touareg qui vit depuis sept ans aux Etats-Unis. L'extraction d'uranium "a engendré un conflit. Les Touaregs ont pris les armes pour défendre leur terre contre le régime du Niger qui est complice avec Areva". En janvier, Areva avait annoncé le dépôt d'une demande d'agrément des autorités américaines pour construire un site d'enrichissement d'uranium d'un coût de deux milliards de dollars, dans l'Idaho (nord-ouest). Les terres réservées aux Indiens dans le sud-ouest des Etats-Unis ont abrité plus de 1.300 mines d'uranium. Même si la plupart ont fermé, elles ont laissé derrière elles de l'eau polluée et des maladies telles que le cancer ou les affections rénales, selon le militant écologiste amérindien Manny Pino.

"Dans ce contexte de renaissance nucléaire, le gouvernement fédéral en oublie presque les inconvénients historiques de l'extraction d'uranium, et donne la priorité aux avantages économiques du nucléaire au détriment de nos terres, notre eau, et notre peuple". Mitch, un Aborigène qui milite contre les déchets radioactifs et l'extraction d'uranium en Australie, le plus gros producteur mondial du minerai, a ajouté: "les gains financiers de court terme vont nous laisser avec des déchets mortels pour les générations à venir". En fait, l'extraction d'uranium a connu une longue période d'expansion aux Etats-Unis entre les années 1940 et 1980, avant de diminuer dans les années 1990 alors que les cours s'effondraient. Quand les prix ont atteint 140 dollars la livre en 2007, les compagnies minières se sont jetées "comme des vautours", sur les régions riches en uranium, dont 70% se trouvent sur des terres habitées par des indigènes à faibles revenus, a renchéri James Cromwell, l'acteur qui interprète le rôle de George Bush père dans le film "W.".

Les scientifiques s'inquiètent.

Les scientifiques réunis à Monaco le 30 janvier 2009 soutiennent que les écosystèmes marins du monde risquent d’être gravement compromis par l’acidification des océans, à moins que n’interviennent des réductions drastiques des émissions de CO2. Plus de 150 océanographes de premier plan ont fait part de leurs inquiétudes à travers la « Déclaration de Monaco », qui met en garde sur l’accélération de l’acidification des mers. Une déclaration qui se fonde sur les conclusions d’un précédent sommet international, elle stipule que l’évolution des niveaux d’acidité est 100 fois plus rapide que la variabilité naturelle. Les scientifiques se sont appuyés sur les priorités de recherche identifiées par un symposium consacré à l’océan et à l’élévation des teneurs en CO2 qui s’est tenu en Octobre 2008. « Nous, scientifiques qui nous sommes réunis à Monaco pour rassembler les connaissances sur l’acidification des océans, déclarons que nous sommes profondément préoccupés par les récentes évolutions rapides de la chimie des océans et de leurs potentiels à affecter dans quelques décennies les organismes marins, les réseaux alimentaires, la biodiversité et les pêcheries. » Cette déclaration invite les décideurs à stabiliser les émissions de CO2 « à un niveau assurant la sécurité et évitant non seulement de dangereux changements climatiques, mais également une dangereuse acidification des océans ». Les chercheurs avertissent que l’acidification des océans, qu’ils désignent comme « l’autre problème du CO2 », peut rendre la plupart des régions de l’océan inhospitalières pour les récifs coralliens d’ici à 2050, si les niveaux de CO2 dans l’atmosphère continuent de croître. Ils indiquent par ailleurs que ce phénomène pourrait provoquer des changements substantiels dans les stocks de poissons, menaçant la sécurité alimentaire de millions de personnes. « La chimie est tellement fondamentale et les changements interviennent de manière tellement rapide et importante que les impacts sur les organismes apparaissent inévitables », déclare le Dr James Orr, le président du symposium. « Désormais, les questions sont : à quel point cela sera-t-il néfaste et à quel point cela arrivera rapidement. » (contreinfo.info du 01/02/09).

Même en cessant complètement les émissions, les quantités de chaleur et de CO2 accumulées dans les oceans continueront à se libérer lentement, prolongeant le réchauffement durant des centaines d’années. Avec l’augmentation des émissions de dioxyde de carbone, la planète subira des perturbations de l’environnement à long terme. Les dégâts provoqués vont persister, même lorsque les émissions seront contrôlées, affirme l’auteur d’étude, Susan Solomon, qui est l’un des climatologues les plus réputés. « Les gens ont cru que si nous cessions d’émettre du dioxyde de carbone le climat serait revenu à la normale dans 100 ans ou 200 ans. Ce que nous montrons, c’est que ce n’est pas vrai. Il s’agit essentiellement d’un changement irréversible qui durera plus d’un millier d'années », affirme Mme Solomon. Les océans absorbent actuellement une grande partie de l’excès de chaleur de la planète, et une grande partie du dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère. Mais le dioxyde de carbone et la chaleur finiront par être restitués par l’océan. Et ce processus aura lieu pendant plusieurs centaines d’années.

Illustration : niveau résiduel de CO2, température et élévation du niveau de la mer en l’an 3000, selon le niveau de pic des émissions de CO2 (ligne du bas).

Le taux de mortalité des arbres a doublé en moins de trente ans dans les forêts de l’ouest américain. Ce phénomène, qui concerne toutes les espèces, serait dû au stress hydrique, en corrélation avec le réchauffement climatique, estiment les chercheurs. La mortalité a augmenté de façon spectaculaire, concerne toutes les espèces, et ne dépend pas de l’âge ou de la localisation des arbres. Elle a doublé dans les régions nord ouest en 17 ans, en Californie en 25 ans et dans les régions intérieures en 29 ans. Les scientifiques attribuent ce phénomène à l’allongement des périodes de sécheresse durant l’été, en corrélation avec le réchauffement climatique. Ils ont étudié la possibilité que la pollution atmosphérique soit responsable de cette mortalité, sans résultat probant. (contreinfo.info du 01/02/09).

L'époque de "l'eau facile" est terminée

L'époque de "l'eau facile" est terminée et des politiques de "régulation de la demande" sont désormais indispensables, a estimé lundi 9 mars 2009 à Paris Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l'eau. "Le temps de la croissance exponentielle de la demande est terminé. L'eau facile, c'est terminé. Nous devons entrer dans des politiques de régulation de la demande". "Depuis 50 ans, les politiques de l'eau dans le monde entier ont consisté à apporter toujours plus d'eau. On ne s'est absolument pas soucié de la consommation d'eau qui a pris des proportions de gaspillage éhonté dans certains pays". "Certaines villes des Etats-Unis consomment jusqu'à 1.000 litres d'eau par jour et par habitant là où dans une région d'Afrique on en consommera 40. Il y a des inégalités qui sont aujourd'hui inacceptables". "Nous devons nous interroger sur notre rapport avec l'eau, tous, partout dans le monde, et faire en sorte de consommer moins d'eau". (romandie.com du 09/03/09).

Source : fr.yahoo.com

Enfin, la théorie de la Relativité économique existe depuis la fin des années 1990, les prévisions se sont révèlées justes et à la lumière de la crise des subprimes, elle est entrain d'être mise au goût du jour et généralisée.

Le Point de vue de Cristina Kirchner, présidente de l'Argentine

Lors du sommet ibéro-américain à San Salvador, la présidente argentine, Cristina Kirchner, a fait entendre la voix dissonante de son pays dans le débat précédant le sommet du G20 le 15 novembre 2008, auquel elle participera. Elle S’est attaqué au modèle néo-libéral déchu qui fut imposée pendant des années aux pays en développement, elle a appelé les dirigeants des pays industrialisés à faire preuve de leadership afin de proposer une alternative ne sacrifiant pas les secteurs les plus vulnérables de la société. Cette crise est l’une des plus graves à laquelle l’humanité ait été confrontée dans son histoire, a-t-elle dit. Il faut bien comprendre que contrairement à ce qui est enseigné, « l’économie n’est pas une science exacte. Il ne s’agit pas de la valeur des monnaies, il ne s’agit pas de monétarisme. L’économie est profondément une science sociale reflétant les désirs, les besoins, les aspirations et les espoirs de la société. »

Ceux qui ont conçu le ‘consensus de Washington’ croyaient possible que l’argent s’auto-reproduise, sans travail, ni production. « Ils ont de brillants jeunes hommes assis devant des ordinateurs qui rêvent d’instruments financiers promettant des profits infinis, sans que quiconque ne comprenne comment ce pourrait être possible. » Pour elle, la faillite de ce système était inévitable. Lorsque l’économie n’est pas considérée comme étant au service de l’humanité, on en arrive à des choses telles que le système privé de retraite imposé à l’Argentine en 1994. Ces fonds privés ont organisé le pillage des souscripteurs au point que le gouvernement a été obligé d’intervenir pour garantir ces pensions. Les administrateurs de ces fonds se sont comportés en véritables bandits : ils ont amassé des commissions et des profits exorbitants, laissant les retraités mourir. La dette engagée par l’Etat afin de sauver le système privé de retraite s’élève, selon elle, à 50% de la dette extérieure de l’Argentine. (alterinfo.net du 07/11/08).

L'Autriche a-t-elle joué au gigantesque Casino ?

De gigantesques sommes du patrimoine national ont été perdues à tout jamais dans ce casino mondial. L'Autriche est engagée dans les pays de l'Est de l'Europe par 600 milliards d’euros, ce qui représente près du double du produit brut intérieur. Les crédits ne seront jamais remboursés et ces engagements ont déjà perdu entre 50 et 80% de leur valeur ; pour sauver ce qui reste, on injecte de nouveaux crédits. Les cours des banques et sociétés d’assurances, fortement exposées, telles que Raiffeisen International, Erste Bank ou Vienna Insurance ont chuté comme des feuilles mortes en automne 2008, des banquiers fort honorés tels que Treichl ou Konrad ou encore Stepic en sont à demander de l’aide auprès de l’Etat. La banque de crédit communal (Kommunalkreditbank), fondée à l’origine pour soutenir les communes, a perdu des centaines de millions dans des spéculations à Chypre et en Islande ; elle fut vendue à l’Etat pour deux euros. La Volksbank doit faire son deuil de 362 millions d’euros dans ses participations à cette banque et en plus réinvestir 300 millions pour des «affaires structurelles» avec des banques en faillite en Islande, avec Lehman&Brothers, etc. Elle en est à solliciter un milliard d’euros auprès de l’Etat.

En outre, Les contrats de leasing transfrontaliers, conclus par les communes et des entreprises relevant de l’Etat, s’élèvent à 20 ou 30 milliards euros. La firme Tiwag a vendu son usine électrique de Sellrain-Silz pour environ 1,5 milliard d’euros, puis l’a reprise en leasing pour cent ans. Le prix de vente fut déposé dans des banques étrangères. Mais, les banques de dépôts s’effondrent l’une après l’autre, et de larges franges du prix d’achat disparaissent et ce qui reste c’est l’obligation pour la firme Tiwag de payer l’emprunt pendant cent ans! De même, les huit usines électriques sur le Danube ont été bradées de la même façon, de même que le métro et le réseau de tramways viennois, sans oublier une partie du réseau de canaux viennois, des réseaux de courant et de gaz dans le Burgenland, les gares, les locomotives, les wagons et les installations de signaux des chemins de fer autrichiens (ÖBB), le chauffage à distance de la ville de Linz, les installations de surveillance aérienne d’Austro Control, les services de triage de la poste, etc. Rien qu’en Basse-Autriche, 150 communes se sont laissé embarquer dans ces contrats de leasing transfrontaliers, vendant tout, de la mairie à la distribution de l’eau et aux stations d’épuration, bref tout ce qui pouvait être monnayé.

Maintenant ils tentent de récupérer de Raiffeisen les pertes que cette banque leur a causées par ses conseils. Le comble a été atteint par les services communaux d’Innsbruck qui, du temps du préfet van Staa, avaient vendu leur réseau de canaux, puis souscrit un contrat de leasing pour ce réseau pour 250 ans! Tout le monde a cru, à l’aide aussi de fraude fiscale, pouvoir faire de grosses affaires ; mais actuellement les contrats contraignants, ressemblant fort à une expropriation, font apparaître les risques encourus. Les banques autrichiennes ont investi 2,7 milliards d’euros en Islande, dont 1 milliard rien que par Raiffeisen. Seule une petite partie de ces investissements dirigés par la suite vers les Etat-Unis sera récupérée. Les dédommagements des investisseurs particuliers, à qui on avait promis que les «produits structurés» étaient «inattaquables», provoqueront d’autres pertes. Depuis des années, les Etats-Unis sont en faillite et doivent être soutenus par l’étranger à hauteur de 2 à 3 milliards de dollars par jour. Cependant, les «génies financiers» autrichiens vidèrent les caisses de pensions et transférèrent les économies des Autrichiens aux Etats-Unis pour y acquérir des hypothèques pourries. Les retraités confiants en sont pour leurs frais et doivent accepter des réductions de leurs rentes. Le fonds de grève des syndicats, d’un montant de 3 milliards d’euros, à disparu dans les Caraïbes et les membres du syndicat national ont été grugés par leurs dirigeants.

De plus, la compagnie d’aviation Austrian Airlines (AUA) avait obligé ses actionnaires à augmenter le capital, déposa une partie aux Etats-Unis et la perdit. Elle est maintenant vendue pour 1 euro pour autant que le gouvernement se montre prêt à y injecter 500 millions pour aguicher l’acheteur. Depuis sa création, cette compagnie a toujours dû être soutenue, n’arrivant pas à vivre par elle-même. Les Chemins de fer autrichiens (ÖBB) en firent de même, investissant les subventions accordées pour le développement de l’entreprise à l’étranger. Les pertes se montent, selon la publication économique Wirtschaftsblatt du 19/10/08, à 600 millions d’euros. Le nouveau gouvernement de coalition se voit maintenant contraint d’injecter de nouveaux milliards de subventions dans les Chemins de fer autrichiens. (alterinfo.net du 18/12/08 par Friedrich Romig, qui a enseigné l’économie politique à Vienne, Graz et Aix-la-Chapelle).

Les quatre grandes banques autrichiennes - Bank Austria, Erste, Raiffeisen et Volksbanken - se sont en effet lancées au début des années 1990 à la conquête des marchés de l'Europe de l'Est et s'y sont taillé la part du lion. Engagée à hauteur de 230 milliards d'euros, l'Autriche est le premier investisseur européen de la région, avec près de 20 % du marché, devant l'Allemagne, l'Italie et la France. Mais la crise a eu pour effet la dépréciation des monnaies nationales. Or, dans ces pays d'Europe de l'Est, plus de la moitié des prêts consentis sont libellés en devises étrangères. Le montant des crédits à rembourser s'en est donc trouvé multiplié par les pertes de change. Un tiers des ménages roumains ont ainsi vu leurs remboursements d'emprunt augmenter de 30 %. Une bombe à retardement pour des banques telles que Erste, la plus engagée sur le marché roumain. En Ukraine, placée sous perfusion par le Fonds monétaire international (FMI), la devise locale, la hrivna, a perdu 30 % de sa valeur. La banque Raiffeisen, pionnière sur ce marché, y a misé 6 milliards d'euros. Le gouvernement autrichien a mis sur pied un plan de sauvetage doté de 100 milliards d'euros, dont 15 milliards mis à la disposition des banques pour des recapitalisations. Volksbanken et la banque régionale Hypo Alpe Adria, principal investisseur en Croatie, y ont eu recours. (lemonde.fr du 14/02/09).

L’agence de notation Moody’s Investors Services a fait part dans un communiqué résumant les grandes lignes de son rapport que les banques de six pays (Autriche, Italie, France, Belgique, Allemagne et Suède) détenaient à elles seules 84% des avoirs revendiqués par les banques ouest-européennes en Europe de l’Est. Au sein de ces pays, les banques autrichiennes sont de loin les plus exposées, devant les banques italiennes et scandinaves. Dans les pays visés, certaines banques concentrent le plus gros des risques. Le rapport vise les établissements autrichiens Raiffeisen et Erste Bank, mais aussi la Société générale, l’italien UniCredit et le belge KBC. (marches.lefigaro.fr du 17/02/09).

Les banques autrichiennes ont investi quelque 277 milliards de dollars (216 milliards d'euros) en Europe de l'Est. L'Autriche devance ainsi très nettement l'Allemagne et l'Italie, qui ont prêté chacune environ 220 milliards de dollars. Les intérêts des banques autrichiennes en Europe orientale représentent l'équivalent de 70 % du PIB national. Viennent ensuite la Belgique (33 %), la Suède (25 %) et la Grèce (20 %). L'Autriche est en grand danger. Si ses banques enregistraient une perte de 10 % sur les prêts qu'elles ont consentis à l'Est, le préjudice s'élèverait à 7 % du PIB. Même si le déficit budgétaire autrichien est inférieur à 1 % du PIB, le montant total de la dette nationale représente 60 % du PIB. (fr.news.yahoo.com du 23/02/09).

En choisissant de se retirer absolument de la sphère économique sous la pression théorique des absolutistes, l'Etat a fait montre de son incapacité à élaborer en son sein des structures intellectuelles de résistance, ce que nous appelons la matière idéeique lumineuse structurée pour contrecarrer les plans nauséabonds du fondamentalisme économique et intellectuel. Il faudrait mille Madoff pour que l'économie mondiale brûle 50 000 milliards de dollars, un montant équivalent au PIB mondial qui assure la subsistance de plus de six milliards d'êtres humains. Voici une analyse de Paul Krugman, prix nobel d'économie 2008 révélatrice de cet échec cuisant.

Un monde devenu fou ?

La révélation que Bernard Madoff - un investisseur brillant (ou tout au moins vu comme tel), philanthrope, une figure de la communauté - était un escroc, a choqué le monde entier, de façon fort compréhensible. L’ampleur prise par son escroquerie pyramidale de 50 milliards est difficile à comprendre. A quel point l’histoire de Madoff est-elle différente de celle de la finance dans son entier ?

Le secteur des services financiers a obtenu une part toujours croissante des revenus de la nation durant ces 20 dernières années, ce qui a rendu les dirigeants de ce secteur incroyablement riches. Or la majorité des entreprises du secteur ont détruit de la valeur, au lieu d’en créer. La grande richesse acquise par ceux qui ont géré l’argent des autres a eu un effet corrupteur sur notre société dans son ensemble. En 2007, le salaire moyen des employés du secteur « valeurs mobilières, contrats sur les matières premières et investissements » s’établissait à plus de quatre fois le salaire moyen pratiqué dans le reste de l’économie. Gagner un million de dollars était banal, et même des revenus de 20 millions de dollars ou plus étaient assez communs. Les revenus des Américains les plus riches ont explosé depuis 20 ans, alors que dans le même temps les salaires des travailleurs ordinaires stagnaient. Les hauts revenus de Wall Street ont été l’une des principales causes de cette divergence. Le système de rémunération en vigueur à Wall Street récompense généreusement l’apparence de profit, même si ultérieurement cette apparence se révèle n’être qu’une illusion.

En prenant l’hypothèse d’un gestionnaire de fonds qui fait jouer un effet de levier en ajoutant un paquet d’argent emprunté à celui apporté par ses clients, puis investit ce total dans des actifs risqués à haut rendement, comme ces titres douteux adossés aux emprunts immobiliers. Pendant un certain temps - disons, tant que la bulle immobilière continue de gonfler - il (c’est presque toujours un « il ») fera de gros profits et recevra de gros bonus. Puis, lorsque la bulle éclate et que ses investissements se transforment en déchets toxiques, ses investisseurs perdront gros - mais lui conservera ses primes. M. Madoff par contre aurait apparemment sauté quelques étapes, en se contentant de voler l’argent de ses clients plutôt que d’empocher de gros frais de gestion tout en les exposant à des risques qu’ils ne comprenaient pas. Il y a beaucoup d’argent en jeu dans cette histoire. Ces dernières années, le secteur financier représentait 8% du PIB américain, contre moins de 5% une génération plus tôt. Si ces 3% supplémentaires ont été obtenu sans raison - et c’est probablement le cas - cela représente 400 milliards de dollars par an de gaspillage, de fraude et d’abus. Mais la facture de cette ère de l’Amérique des escroqueries pyramidales va certainement au-delà du gaspillage de dollars. Car les gains injustifiés de Wall Street ont corrompu et continuent à corrompre le monde politique, Démocrates comme Républicains. Depuis les fonctionnaires de l’administration Bush comme Christopher Cox, le président de la Securities and Exchange Commission, qui a détourné le regard lorsque s’accumulaient les preuves de fraude financière, jusqu’aux Démocrates qui n’ont toujours pas mis fin à la scandaleuse niche fiscale qui bénéficie aux dirigeants des hedges funds et des fonds privés d’investissements (bonjour M. le sénateur Schumer !), les hommes politiques ont répondu à l’appel de l’argent.

"Aux Etats-Unis, la dette du secteur financier est passé de 22 % du PIB en 1981 à 117 % du PIB au troisième trimestre de 2008, alors que la dette des entreprises non financières qui était de 53 % est passée à 76 % du PIB". "Plus de 325'000 emplois ont été supprimés dans les services financiers dans le monde depuis août 2007, selon un rapport du Bureau international du travail (BIT), publié lundi 23 février 2009".

Krugman s'interroge alors à quel point l’avenir de son pays a-t-il été compromis par cette fascination pour l’enrichissement rapide qui a attiré pendant des années bon nombre de jeunes parmi les meilleurs et les plus brillants dans les banques d’affaires, au détriment de la science, du service public et d’à peu près tout le reste ? Il ajoute, les grandes richesses gagnées - ou qui auraient du l’être - par un secteur financier surdimensionné ont sapé notre sens de la réalité et altéré notre jugement. Il rappelle que pratiquement tous les dirigeants n’ont pas su voir les signes annonciateurs d’une crise imminente. Comment était-ce possible ? Comment, par exemple, Alan Greenspan a-t-il pu déclarer il y a quelques années que « le système financier dans son ensemble est devenu plus résilient » - grâce à rien moins que les produits dérivés ? Sa réponse ? Il existe une tendance innée chez l’élite à idolâtrer les hommes qui font beaucoup d’argent, et à en déduire qu’ils savent ce qu’ils font. Il conclut que l'humanité subit les conséquences d’un monde devenu fou, devenu Madoff. (contreinfo.info du 22/12/08).

Le destin de l'humanité

Martin Luther King

Je fais le rêve que les hommes un jour, se lèveront et comprendront qu'ils sont faits pour vivre ensemble comme des frères.

Je fais le rêve que, un jour, chaque noir de ce pays, chaque homme de couleur dans le monde entier sera juger sur sa valeur personnelle plutôt que sur la couleur de sa peau.

Je fais le rêve que, un jour, les ventres vides seront remplis, que la fraternité sera un peu plus que quelques mots à la fin d'une prière.

Je fais le rêve que, un jour, la guerre prendra fin, que les hommes transformeront les épées en soc de charrue et leurs lances en ébranchoirs, que les nations ne se lèveront plus les unes contre les autres et qu'elles n'envisageront plus jamais la guerre (...).

Avec cette foi, nous saurons tailler une pierre d'espoir dans la montagne de desespoir.

Avec cette foi nous pourrons travailler ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, aller en prison ensemble, soutenir la liberté ensemble. Ce sera un jour merveilleux. Les étoiles du matin chanteront ensemble et les fils de Dieu pousseront des cris de joie.

Nous pensons dans la relativité économique générale que pour en sortir et réparer les dégâts, il faudrait qu'à côté du rêve américain, il y ait un rêve humain, seul sensé être en mesure d'exorciser les stigmates de l'égoïsme absolutiste. Le FMI a indiqué que l'insuffisance des montants engagés par les plans de sauvetage sera pour lui la cause de la survenance d'une grande dépression. Certes, il est vrai que les plans de relance sont nécessaires, mais ils sont insuffisants pour rétablir les équilibres et engranger la croissance recherchée. Faire des plans de sauvetage et de relance les éléments centraux de sauvetage de l'économie dans la période actuelle, c'est se tromper de cible principale. Natixis et UBS ont reconnu l'existence d'actifs toxiques dans leurs bilans et ont crée des structures spécifiques pour les accueillir. Des spécialistes forts renommés clament haut et fort l'existence de ces actifs toxiques par centaines de mille ou millions de milliards de dollars. Dans le cas où cette information serait crédible, ne pas en tenir compte, ferait preuve d'une cécité intellectuelle volontaire, dangereuse pour l'humanité et criminelle.

A propos des plans de relance, l'économiste Joseph Stiglitz a souligné mardi 27 janvier 2009 que le FMI et les institutions internationales refont "les mêmes erreurs" que lors de la crise asiatique de 1997 en imposant des conditions trop restrictives aux pays touchés par la crise actuelle et auxquels il octroie des prêts. "Quand le Fonds monétaire international (FMI) prête comme actuellement de l'argent au Pakistan, à l'Islande, à l'Ukraine, il leur impose des taux d'intérêt élevés et une politique monétaire restrictive", a souligné le prix Nobel d'Econoomie 2001. "C'est exactement à l'opposé des politiques expansionnistes menées par la France ou le Royaume-Uni", a-t-il précisé lors d'une rencontre avec des journalistes à propos du documentaire "Le monde selon Stiglitz", coproduit par Arte et diffusé le 10 mars 2009.

"Le résultat, c'est que cet argent (prêté), assorti de telles conditions, va probablement affaiblir l'économie" de ces pays et rendre "plus difficile pour eux de rembourser ces fonds". Les institutions financières internationales doivent s'assurer que "l'argent prêté n'est pas dépensé en corruption", "il y a des mesures de précaution de base" à prendre avec l'utilisation de fonds prêtés, mais les institutions internationales vont "bien au-delà", affirme M. Stiglitz. "Elles limitent ce que ces gouvernements peuvent faire et nuisent à la démocratie" tout comme à "l'efficacité" des politiques. "L'ironie c'est que la crise actuelle n'était pas le résultat de mauvaises politiques dans les pays en développement mais aux Etats-Unis, pays qui dispose d'un droit de veto au FMI", et dont le modèle de capitalisme "a échoué lamentablement". "La bonne nouvelle c'est que le FMI a décidé qu'il y a quelques pays à qui il va donner un peu plus de marge de manoeuvre", à l'instar du Brésil, de la Corée du Sud ou de Singapour". M. Stiglitz a répété son leitmotiv selon lequel "il y a une autre façon d'organiser la mondialisation, plus efficace et juste pour les pays en développement". Si l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) "fournit des règles" pour le commerce internationale qui sont "défectueuses", elles valent mieux que de ne pas en avoir, car "en l'absence de règles, le danger, c'est de se réfugier dans le protectionnisme". Il déplore toutefois "les subventions massives que les pays développés" ont mises en place pour protéger leurs industries face à la crise, car "les pays pauvres ne peuvent en faire autant" ce qui crée un système "injuste". (boursorama.com du 27/01/09). Selon le président du parlement ukrainien Vladimir Litvine, "Il y a une série de recommandations du FMI qui sont apparemment impossibles à réaliser dans un avenir prévisible en Ukraine", par exemple, le relèvement progressif de l'âge de mise à la retraite et la hausse des tarifs du logement. (fr.rian.ru du 09/03/09).

Pour confirmer les craintes de Joseph Stiglitz, Riga vient d'ailleurs en effet de bénéficier d'un prêt de l'Union européenne, du Fonds monétaire international (FMI) et de ses voisins scandinaves d'un montant de 7,5 milliards d'euros c'est-à-dire le quart du PIB estimé pour 2009. En échange de leur aide, les médecins du FMI exigent de la Lettonie qu'elle avale l'amère potion de la rigueur. Le président a donné l'exemple en réduisant son traitement de 8 %. Le premier accueil a été violent avec une manifestation qui a dégénéré, le 13 janvier 2009, en émeute au sein même du Parlement. Lundi 26 janvier 2009, quelques centaines d'agriculteurs étranglés par les crédits ont manifesté à Riga. Avec une croissance annuelle de 10,4 % entre 2005 et 2007, ce pays de 2,2 millions d'habitants était le plus dynamique des Vingt-Sept. «Championne d'Europe de la surchauffe», selon une note de la mission économique française à Riga, la Lettonie, exportatrice de bois et d'équipements (machines agricoles, électroménager), détenait, en contrepartie, le record de l'inflation : 15,4 % en 2008. Cette année, selon les prévisions de Bruxelles, elle passera lanterne rouge de l'UE avec un PIB en chute de 6,9 %. (lefigaro.fr du 30/01/09). La hausse des prix à la consommation en Lettonie a ralenti en janvier 2009 à 9,8% comparé à janvier 2008, après 10,5% en décembre 2008 et 11,8%, a annoncé lundi 9 février 2009 le Bureau national des statistiques. Sur un mois, les prix ont augmenté en janvier 2009 de 2,2% par rapport à décembre 2008. Le taux moyen d'inflation en 2008 s'est élevé à 15,4%, comparé à 10,1% en 2007. Le produit intérieur brut (PIB) letton a chuté brutalement de 10,5% sur un an au quatrième trimestre 2008 après une baisse de 4,6% au troisième trimestre 2008, selon les estimations du Bureau national des statistiques publiées lundi 9 février 2009. La chute s'est accélérée dans le domaine de la production et des services. Selon les estimations, la production manufacturière a baissé de 11,3%, le commerce de détail de 15,6% alors que les services en hôtellerie et restaurants de 24,8%. Les recettes fiscales ont également baissé de manière significative, a annoncé le bureau. La Lettonie, pays balte de 2,3 millions d'habitants, traverse de graves problèmes économiques, après quelques années de croissance record dans l'UE. Selon les estimations de la Banque centrale et du gouvernement letton, le produit intérieur brut de ce pays pourrait baisser de 5% en 2009. (lesechos du 09/02/09).

C'est sans doute pour contrer les décisions du FMI, selon les quotidiens Vedomosti et RBC Daily du 5 février 2009, que les pays de la CEEA (Communauté économique eurasiatique) ont convenu de créer un fonds anticrise de 10 milliards de dollars. La Russie y contribuera à hauteur de 7,5 milliards de dollars, car pour l'instant, ses alliés ne sont pas en mesure d'alimenter ce fonds. La Russie y versera 7,5 milliards de dollars, soit la majeure partie du fonds et le Kazakhstan un milliard de dollars, a annoncé le président biélorusse Alexandre Loukachenko au cours d'une conférence de presse qui s'est tenue à l'issue du sommet. Selon les membres des délégations, les présidents auraient également dû s'entendre sur les versements d'autres pays : la Biélorussie, l'Arménie, le Kirghizstan et le Tadjikistan. Cependant, M. Loukachenko a déclaré que ces Etats détermineraient le montant de leurs quotes-parts dans un délai d'un mois. Comme l'a déclaré le président russe Dmitri Medvedev, la cotisation de chaque Etat doit être proportionnelle à son économie. Un Etat ne fournissant pas de contribution ne pourra pas prétendre recevoir l'argent du fonds. La Biélorussie, le Kirghizstan et l'Arménie, principaux alliés militaires de la Russie au sein de l'OTSC (Organisation du Traité de sécurité collective) ont reçu ces derniers temps de Moscou des crédits de stabilisation (1 milliard de dollars, 2 milliards de dollars et 500 millions de dollars respectivement). Minsk espère toujours recevoir un crédit de 100 milliards de roubles (environ 2,8 millions de dollars) d'aide désintéressée. Des investissements d'un montant de 1,7 milliard de dollars et 150 millions de dollars d'aide désintéressée ont été promis à Bichkek. Parallèlement, le même jour, les présidents de l'Arménie, de la Biélorussie, du Kazakhstan, de l'Ouzbékistan, du Tadjikistan et du Kirghizstan ont décidé, avec leur homologue Dmitri Medvedev, de créer des "forces armées collectives" afin de répondre à d'éventuelles menaces extérieures. La veille, c'est encore la Biélorussie qui avait signé un accord sur la création d'un système unifié de défense antiaérienne et le Kirghizstan avait annoncé la fermeture d'une importante base militaire américaine installée depuis 2001 sur son territoire. Moscou souhaitait depuis longtemps la fermeture de ces installations, stratégiques pour l'approvisionnement de l'OTAN en Afghanistan. (fr.rian.ru, lemonde.fr du 05/02/09).

Selon la Banque de Russie, l'excédent dégagé par le commerce extérieur russe a baissé de moitié en janvier 2009 par rapport à la même période de 2008, passant de 18,862 milliards de dollars à 9,361 milliards. La première baisse du solde en glissement annuel a été enregistrée en octobre 2008, de 4,7%. En novembre, la baisse s'est chiffrée à 38% et en décembre 2008 le solde a déjà été divisé par trois. La contraction de l'excédent se produit sur fond de baisse des cours des principaux produits d'exportation russes (métaux, énergie, chimie). (fr.rian.ru du 12/03/09)..

Le Premier ministre Vladimir Poutine cité par les agences russes, souhaite également doter la Russie d'agences de notation financière qui lui soient propres et capables de mieux comprendre les "spécificités du marché russe". "Nous avons intérêt à l'établissement d'agences de notation nationales fortes, qui sauront mieux étudier dans leurs évaluations les spécificités du marché russe et aussi proposer des services de qualité et accessibles, non seulement aux grandes entreprises mais aux groupes de taille moyenne". Il a confié cette responsabilité au ministère des Finances qui sera désormais habilité à accréditer les agences de notation. Il a ajouté que l'absence d'agences russes a conduit "une dépendance totale des entreprises russes envers les agences de notation internationales, qui se concentrent sur les économies, et les pratiques en affaires d'autres Etats". Cette prise de position intervient moins d'une semaine après la décision de l'agence de notation financière Fitch d'abaisser la note souveraine de la Russie en raison de la chute des cours du pétrole et des difficultés provoquées par la crise financière. L'agence a par la suite dégradé la note d'une série d'entreprises russes. La Russie avait déjà vu sa note abaissée début décembre 2008 par l'agence de notation Standard & Poor's. (fr.biz.yahoo.com du 09/02/09).

La relativité économique soutient que dans le passé, le monde "libre" a longtemps condamné le goulag soviétique, à raison, mais que les conséquences qui découleraient d'une très grande dépression devraient être supérieures aux effets des goulags soviétiques, puisqu'ils mettraient en danger la vie de centaines de millions, sinon de milliards de personnes sur la planète entière, victime de la terreur financière ultralibérale. Le communisme en parlant de la religion a commis une erreur d'appréciation en considérant la réligion comme l'opium du peuple, ce qui a justifié par le passé dans certaines contrées de nombreux massacres d'êtres humains, car le problème a été saisi sous un mauvais angle, même si nous reconnaissons que le marxisme possède dans sa théorie beaucoup d'éléments positifs comme sa diatribe sur les méfaits du capitalisme financier et la répartition des richesses créées.

Aujourd'hui, le capitalisme financier a commis une autre erreur en élevant l'argent au rang d'un dieu salvateur et faiseur de croissance en jouant abusivement sur l'augmentation des taux d'intérêt et la création spéculative de monnaie. Il est certain que si les informations fournies par Lyndon Larouche et d'autres spécialistes s'avèrent fondées, le monde doit s'attendre à affronter une dépression économique comme il ne l'a jamais connu, surtout en continuant d'ignorer cette variable centrale qu'est les actifs toxiques. Les plans soulageront un certain temps, ce qui fera plaisir à certains, mais ne pourront pas empêcher l'avènement de la catastrophe ultime, car ces plans sont complémentaires et non substitutifs, puisque l'Etat n'a pas les moyens de compenser les extravagantes sommes d'argent virtuelles converties en actifs toxiques. Même si la Chine qui possède des excédents commerciaux élevés venait à accroître le niveau des salaires de ses travailleurs ou le taux de change de sa monnaie par rapport au dollar, rien n'y ferait puisque ces excédents si élevés soient-ils ne sont qu'une goutte d'eau dans la mer, car ils n'atteignent pas, et de loin, les centaines de milliers ou de millions de milliards de dollars annoncés.

En réalité, les actifs toxiques jouent un rôle macabre dans l'économie mondiale, par leur ampleur, cela dénote une stratégie voilée de mainmise et de confiscation des ressources naturelles et productives de la planète terre et de l'univers par une "main invisible" virtuelle, car leur valeur monétaire dépasse de loin et de façon exponentielle celle du Produit Intérieur Brut mondial. En effet, comme pour les centrales d'achat qui font pression sur la fixation à la baisse des prix du producteur, le pouvoir d'achat et de pression de la "main invisible" virtuelle est phénoménal, il crée une distorsion à l'échange et au change, ce qui instaure virtuellement une parité inégale dans les rapports d'échange et de change entre entités ou systèmes sur les marchés. La difficulté pour ces stratèges en herbe, est que, ces richesses ne sont pas immédiatement mobilisables par les émetteurs de ces actifs toxiques, pour leur permettre d'opérer une éventuelle compensation ou monétisation totale, et de plus, certaines de ces richesses, sont pour l'heure immobilisables, car encore hors de portée.

C'est en essayant de jongler à petite échelle avec le pouvoir d'achat virtuel que les entreprises comme Enron et Satyam se sont brûlées. Enron a été emportée à tout jamais dans les abysses de l'océan financier vers le néant, Satyam ne devra sans doute sa survie que grâce à l'intervention musclée et rapide de l'Etat indien. Le pouvoir d'achat virtuel confère à son détenteur une certaine puissance économique virtuelle, qui additionneé à la puissance économique réelle, place ce dernier à un niveau de puissance plus élevé que ceux qui n'utilisent que les capacités de l'économie réelle pour construire leur puissance économique. Et, comme un verre rempli d'eau la puissance économique virtuelle atteint à un certain moment des limites infranchissables, auquel cas, elle déborde la coupe et coule dans le vide. C'est ce qui s'est passé avec les actifs toxiques, car la partie supportée par la puissance économique virtuelle s'est annulée voire négativisée. En s'annulant, les forces d'entraînement de l'économie virtuelle vont créer un déséquilibre et disparaître, tout en induisant un choc brutal avec les forces d'entraînement de l'économie réelle, puis en devenant négative, couplée à d'autres facteurs comme l'ampleur des déficits ou de la dette, la puissance économique réelle va être entamée profondément. Cette situation mettra en mouvement d'autres types de forces comme les forces de rappel ou de destruction, sous l'effet de l'onde de choc.

Ainsi, nous affirmons qu'à côté des marchés réels, il existe un marché virtuel d'actifs toxiques hyper-surdimensionné dont la fâcheuse tendance est de se matérialiser. C'est parce que ce marché virtuel se matérialise que des perturbations inouies apparaissent sur les marchés réels, mais en cherchant à devenir tangible, le marché virtuel se heurte aux contraintes physiques des capacités et qualités réelles de la finance et l'économie, qui à leur tour, sont subitement emportées dans un tourbillon et en même temps secouées par des ondes sysmiques de forte magnitude, entraînant un tsunami financier et sans doute un tsunami économique. La principale solution réside dans l'assainissement de la source de la virtualité, pour nettoyer, dompter et anéantir l'hydre, afin de préserver les générations futures de la contamination, et limiter les dégâts causés par sa propagation.

En fait, la présence simultanée des deux marchés, impose deux états d'équilibre, l'un Smithien et réel, l'autre virtuel. L'équilibre sur le marché virtuel est le lieu de croisement de l'offre et la demande d'actifs toxiques, et celui sur le marché réel est le lieu de croisement de l'offre et la demande d'actifs non toxiques. Le prix d'équilibre sur le marché virtuel est plus élevé que celui existant sur le marché réel pour une certaine quantité de produits, compte tenu de l'engouement des investisseurs pour ces types de produits. L'investisseur préférant acquérir les actifs dont les rendements sont plus élevés. Cependant, la transformation des actifs toxiques en actifs réels, va dans un premier temps ramener le prix des actifs toxiques au niveau de celui des actifs réels, mais la perte de confiance en ces produits va le faire chuter encore plus bas, voire l'annuler ou le rendre négatif comme celui d'un poisson pourri, à partir du moment où personne n'en veut plus, alors que la suspicion s'installe davantage parmi les institutions financières. Plusieurs investisseurs vont alors se rabattre sur d'autres types d'actifs, ce qui fera accroître le prix de ces derniers (matières premières, or, énergie...), le secteur virtuel est entré en léthargie. Par exemple, "les banques d’investissement, qui sont la fierté de Wall Street, ont virtuellement cessé d’exister, puisqu'en 12 mois exactement, elles ont publié des pertes excédant les profits qu’elles ont réalisés au cours des 25 dernières années".

Cependant, l'ampleur des volumes d'actifs toxiques immobilisés va réduire les capacités d'investissement sur les marchés et induire une réduction des fonds mobilisables. Les interventions des pouvoirs publics et des Banques Centrales vont dans un premier temps redonner confiance, compte tenu des apports en liquidités, ce qui va éloigner les investisseurs des matières premières et faire plonger leurs prix, mais l'annonce des résultats calamiteux fera replonger le système dans l'incertitude. Certains investisseurs préféreront acheter des obligations à taux nul, pour être sûr de se rapprocher de la liquidité. Petit à petit la situation générale se dégrade, jusqu'à la faillite de plusieurs établissements et l'affaissement des valeurs boursières de toutes les entités économiques et financières. Dans le même temps les actifs toxiques restent dans les bilans des établissements financiers qui espèrent pouvoir s'en séparer à temps opportun, ou les utiliser si par enchantement la crise venait à s'estomper.

Les plans de sauvetage et de relance tenteront d'atténuer les difficultés rencontrées dans la finance et l'économie, mais la confiance ne revenant pas, le crédit se faisant de plus en plus rare, les derniers verrous qui empêchaient jusque là la crise de se répandre dans l'économie réelle sont tombés, les licenciements pleuvent, les résultats s'aménuisent, les dettes et les déficits s'accroissent, les investissements se réduisent, la demande baisse et l'offre est ajustée, les valeurs boursières sont massacrées, la crise devient économique et globale, jusqu'à quelle magnitude et amplitude?

Soit R' le revenu issu de l'activité des actifs toxiques et R celui issu de l'activité des actifs non toxiques. Il existe un lien entre les deux.

R' = [(1+t1) (1+t2) (1+t3) ........ (1+tn) / (1+t)n] x R

C'est l'équation de la crise actuelle.

Le capital de départ des actifs toxiques est ce que nous appelons le capital vicieux, et celui des actifs non toxiques est le capital vertueux. Nous supposons que le capital investi dès le départ est le même dans les deux marchés, où t est la rémunération des actifs réels, qui est relativement stable pendant n périodes. ti est la rémunération des actifs toxiques pendant ces mêmes périodes et sa valeur est plus élevée que celle de t et s'accroît en fonction des périodes écoulées et de l'humeur des spéculateurs. (1+t)n doit être lu (1+t) à la puissance n ; i est un indice représentant le rang, et prend des valeurs qui vont de 1 à n. Il est clair que lorsque les actifs toxiques sont atteints, les autres actifs sont contaminés. Etant donné que le revenu global d'une telle nation ou d'un tel système est constitué d'une partie en actifs toxiques et l'autre en actifs non toxiques, il serait vain d'essayer de conserver les actifs toxiques en l'état, car ils empêcheraient à toute forme de relance de créer les conditions initiales d'une reprise saine.

En reprenant la relation des conditions d'équilibre de la relance Keynesienne dans les conditions dynamiques, nous obtenons la relation suivante :

R = [K (1+t)n /K ((1+t)n + K' (1+t1) (1+t2) (1+t3)........(1+tn))] (C+I+G+X-M)

C'est l'équation de la relance keynesienne associée à celle de la crise en intégrant les actifs toxiques et les capitaux de départ K et K' (K' > K) qui sont cette fois-ci distincts. Tout effort de relance avec les actifs toxiques est un exercice douloureux et fastidieux, nécessitant de prendre en compte les paramètres du marché virtuel dont les actifs se trouvent toujours dans les bilans de certains établissements, ainsi que les paramètres d'évolution de la crise. D'après Gilles Bonafi sur le site internet alterinfo.net, le 16 février 2009, le quotidien britannique The Daily Telegraph (12 février 2009) affirme avoir consulté un document confidentiel de la Commission européenne qui évalue le montant total des « actifs toxiques » des banques européennes à 18000 milliards d’euros. UBS et Crédit Suisse, possèdent des bilans de 3000 milliards de dollars soit 10 fois le PIB du pays. Lyndon Larouche parle de millions de milliards de dollars d'actifs toxiques frauduleux en circulation.

La solution réside en un assainissement qui annulerait leur valeur toxique et remettrait les compteurs à zéro, pour permettre aux initiatives planifiées d'injecter une énergie nouvelle aux forces de reconstruction, afin d'occasionner un redémarrage tiré par les forces d'entraînement. Parallèlement des précautions seraient prises pour empêcher l'économie de retomber dans les travers précédents. Cette initiative doit être globale et concerner en même temps l'épicentre de gravité de la crise, pour éviter que des mesures isolées ne soient court-circuitées par un effet de masse qui annulerait les effets désirés.

Selon Greenspan, la crise actuelle n'a pas été provoquée par la faiblesse du taux directeur américain. L'origine de la crise est à rechercher dans le bas niveau des taux des crédits immobiliers, qui, eux-mêmes, étaient largement déconnectés des taux fixés par la Fed. "Entre 2002 et 2005, les variations des taux d'intérêt immobiliers ont précédé de 11 mois les variations des prix du logement". "Cette corrélation entre les prix des logements et les taux hypothécaires est très parlante, et est un bien meilleur indicateur de la hausse des prix du logement que ne l'est" le niveau du taux directeur (au jour le jour) de la Fed. A ses yeux, c'est une explication "bien plus crédible" que celle incriminant une quelconque "politique +argent facile+ menée par la Réserve fédérale". De juin 2003 à juin 2004, le taux directeur de la Fed avait été laissé à 1%, alors le plus bas niveau qu'il eût touché, avant de remonter progressivement jusqu'à 4,50% en janvier 2006. M. Greenspan affirme que la corrélation entre le taux directeur de la Fed et les taux des emprunts immobiliers a été évidente "pendant des décennies", mais qu'elle a "diminué jusqu'à devenir insignifiante" entre 2002 et 2005. (lesechos.fr du 12/03/09).

Le site jdf.com confirme notre intuition

Au total, la capitalisation boursière mondiale (qui correspond à la somme de tous les cours de Bourse multipliés par le nombre d'actions propre à chaque société) a vu son montant fondre de moitié en 2008. Plus de 25.000 milliards de dollars auraient été détruits en quelques mois... La valorisation des Bourses mondiales repose sur des transactions entre acheteurs et vendeurs. Plus les acheteurs sont prêts à payer cher un titre, et plus son cours monte. C'est la loi de l'offre et de la demande. Il suffit cependant qu'un petit nombre « tire les cours vers le haut » pour créer une richesse virtuelle générale. Ces 25.000 milliards qui se sont « évaporés » ont-ils réellement jamais existé ? En théorie, ils existent, mais ils ne peuvent être réalisables par tous les investisseurs. Seule une poignée peut passer du virtuel au réel. L'impression de richesse est générale, mais sa réalisation ne peut qu'être discriminatoire. La Bourse fonctionnerait donc comme un entonnoir. Pour que la valeur virtuelle donnée aux actions devienne réelle, il faut pouvoir les vendre. (jdf.com du 19/02/09).

Enièmes exemples d'une vaste escroquerie pyramidale

Le patron d’une entreprise de literie Kazutsugi Nami, aurait berné des milliers de consommateurs en créant une monnaie virtuelle et en promettant un rendement de 36% par an. Il a été arrêté jeudi 5 février 2009 à Tokyo pour une gigantesque escroquerie à l’investissement dont le montant serait compris entre 126 et 226 milliards de yens (1,1 et 2 milliards d’euros), selon les médias japonais. 21 autres personnes de l’entreprise ont également été appréhendées. Le nombre des victimes est compris entre 37000 à 50000 personnes. Le japonais Kazutsugi Nami, 75 ans, se disait investi d’une «mission divine pour éliminer la pauvreté sur Terre» et promettait un rendement de 36% par an. Ses victimes, surtout des retraités, lui vouaient un véritable culte, et lui confiaient leurs économies. «Nami aimait répéter ‘je suis la loi’. Il avait un pouvoir de contrôle sur les esprits de ses membres», écrit dans un rapport le groupe d’avocats chargés de défendre les victimes. Il avait émis en 2004 une monnaie virtuelle appelée « enten », qui était utilisable sur des sites de vente en ligne, dans plusieurs hôtels et magasins en payant avec son téléphone portable. Les souscripteurs versaient à Kazutsugi Nami, un minimum de 100000 yens (872 euros) et recevaient une somme équivalente en «enten». En principe, ils pouvaient récupérer leur investissement au bout d’un an. La chaîne NTV a montré des images de consommateurs se ruant dans une «foire enten» et qui s’émerveillaient de pouvoir tout acheter avec cette monnaie électronique.

En 2007, sa société avait cessé de verser les intérêts aux investisseurs et ne rachetaient plus les «enten» aux commerces partenaires de l’opération. Quelques jours avant son arrestation, il reprochait aux investisseurs, sur son blog, d’avoir fait échouer son projet de monnaie virtuelle, en n’apportant pas assez d’argent. Il avouait en 2007 à une journaliste qui lui demandait s’il était payé en «enten» : «Dieu merci, mon salaire est versé en yens». Par le passé, le septuagénaire s’est déjà illustré dans des affaires douteuses. En 1971, il avait crée une société de commercialisation de gadgets censés réduire les gaz d’échappement de voitures et accroître la puissance du moteur. 250000 personnes étaient tombées dans le panneau. La société a été placée en faillite mais Kazutsugi Nami a échappé à la prison. Quelques années plus tard, il vendait une «pierre miraculeuse» censée transformer l’eau du robinet en eau minérale. Cette affaire lui avait valu un séjour en prison en 1978. C’est dans cette cellule qu’il aurait, dit-il, échafaudé les prémisses de son projet d’investissement et de monnaie virtuelle. (jdf.com, boursorama.com du 05 et 06/02/09).

Pour Dave Lindorff, l'économie américaine est entrée dans une torpeur et court le risque de ne pas retrouver le niveau où elle se trouvait en 2007. L’Amérique – et les Américains individuellement – ont vécu avec prodigalité pendant des années dans une économie irréelle, poussée par le crédit facile qui a gonflé la valeur des biens immobiliers à des niveaux incroyables et qui a conduit les gens à dépenser bien au-delà de leurs moyens. Les travailleurs de la classe-moyenne ont été encouragés à acheter des maisons surdimensionnées de façon obscène, avec une mise de départ de 5% - voire rien du tout. Ils ont été leurrés à acheter des voitures de la taille de camions, une pour chaque membre de la famille en âge de conduire. Ils ont installé des piscines individuelles dans leur jardin, refusant de partager l’eau avec leurs voisins dans les piscines communales... A présent, tout cela s’effondre. La valeur des propriétés est en chute-libre. Les ventes de voitures se sont complètement ramassées. Le chômage augmente à vitesse grand V (il approche à présent du taux officiel de 8%. Au cours des vingt dernières années, l’Amérique a dégénéré en une nation de consommateurs, avec 72% de son PIB consacré à la consommation des ménages – essentiellement pour acheter des biens produits à l’étranger et importés aux Etats-Unis. Les ressources naturelles ont été gaspillées, le pillage de l'environnement, la décimation du système de retraite, la création d’un vaste complexe médico-industriel qui suce le sang des familles aussi bien que celui des entreprises et le système éducatif en déclin sont des facteurs qui vont peser sur la reconstruction des fondamentaux de l'économie.

Une autre "fraude massive" ?

Les autorités américaines ont accusé mardi 17 février 2009 le milliardaire texan Allen Stanford, patron du Stanford Group et trois de ses sociétés de "fraude massive". Dans une plainte déposée auprès du tribunal fédéral de Dallas, la Securities and Exchange Commission (SEC) accuse Stanford et deux autres responsables de Stanford Financial Group d'avoir frauduleusement vendu pour huit milliards de dollars de certificats de dépot à haut rendement. Une quinzaine d'agents fédéraux étaient entrés dans les bureaux de Houston de Stanford Financial Group, qui gère plus de 50 milliards de dollars d'actifs. Selon la plainte de la SEC, Stanford a vendu pour huit milliards de dollars de certificats "en promettant des taux de rendement élevés qui dépassent ceux disponibles par le biais de vrais certificats de dépôts proposés par des banques traditionnelles". Selon la SEC, la société Stanford International Bank, filiale bancaire du groupe, aurait promis aux investisseurs des «taux d’intérêt improbables et non justifiés», soi-disant dus à sa «stratégie d’investissement exceptionnelle» qui aurait permis à l’établissement d’obtenir des retours sur investissements à deux chiffres pendant 15 ans. Stanford International Bank, Stanford Group et Stanford Capital Management sont les trois entreprises citées par la SEC. Il s’agit de la plus récente histoire de schéma de Ponzi à faire la manchette depuis l’éclatement du scandale Madoff à Noël. Les compagnies de Robert Allen Stanford, 58 ans, est un milliardaire bien connu du Texas sont des commanditaires réguliers dans le monde su sport.

Au fil des années, Stanford a commandité, entre autres, les golfeurs Vijay Singh, Camilo Villegas et David Toms. En janvier 2009, Vijay Singh a signé un contrat avec Robert Allen Stanford pour que le logo de Stanford Financial devienne le principal écusson sur son sac de golf. Et comme Bernie Madoff, Robert Allen Stanford est un grand philanthrope. Il a donné beaucoup d’argent à l’Hôpital pour enfants St. Jude de Memphis, au Tennessee. Au total, l’ensemble des sociétés Stanford revendique des clients dans 140 pays, et des actifs sous gestion s’élevant à 50 milliards de dollars. M. Stanford se fait appeler "Sir Allen", à la suite de son anoblissement en 2006 par l'Etat d'Antigua et Barbuda, dont il a acquis la nationalité. Il est le petit-fils du fondateur de la première "Stanford Company", fondée en 1932 au Texas, et réside aux Iles vierges américaines, selon la biographie postée sur le site de Stanford Financial Group. (lepoint.fr, blogues.cyberpresse.ca, marches.lefigaro.fr, fr.news.yahoo.com, romandie.com du 17/02/09).

D'après la plainte formulée par le régulateur boursier, Allen Stanford et ses acolytes James Davis et Laura Pendergest-Holt ont sciemment « dénaturé » les faits auprès des acquéreurs de leurs certificats de dépôt. Ils leur auraient assuré que l'argent collecté était réinvesti dans des instruments financiers liquides et « sûrs ». Le portefeuille ainsi constitué était soi-disant suivi de près par une équipe de plus de 20 analystes et, comble de la vertu, audité annuellement par les régulateurs antiguais. Selon la SEC, les sommes étaient largement investies dans des fonds de « private equity » et de l'immobilier et gérées par deux personnes seulement. Les accusés auraient menti à leurs investisseurs en maintenant que la SIB n'était aucunement exposée à la fraude de Bernard Madoff. La plainte de l'autorité américaine relève également une fraude de quelque 1,2 milliard de dollars liée à la vente par les professionnels de la structure de conseil financier d'Allen Stanford de produits relatifs à des fonds mutuels aux données falsifiées.(lesechos.fr du 18/02/09).

Naomi Klein par contre soutient que la Réserve Fédérale est une propriété privée, un cartel responsable du crédit et de la monnaie aux Etats-Unis, qui porte la responsabilité de la création des circonstances ayant conduit à la crise des supprime aux Etats-Unis, qui à son tour a déclenché l’entière catastrophe internationale qui se déroule sous nos propres yeux. Pour elle, Rockefeller & Co ont délibérément manigancé cette crise pour créer une panique et une sinistrose massives, afin de gagner le soutien au Nouvel Ordre Mondial dont Rockefeller rêve depuis longtemps – avec les banquiers gangsters [les « bangsters »] remplaçant les politiciens élus. Pour cela, toutes les devises majeures devront redescendre à zéro à travers l’hyper-inflation dans les années à venir, afin qu’ils puissent réintroduire une nouvelle devise adossée à l’or. Elle pense que les banquiers ont amassé la majeure partie des ressources mondiales en or, y compris tout l’or qui se trouvait auparavant à Fort Knox. Surtout que pour une étrange raison, il n’y a eu aucun inventaire de l’or américain depuis la présidence d’Eisenhower, ce qui conduit beaucoup de personnes à penser que la Fed se le soit entièrement appropriée. (alterinfo.net du 08/02/09).

Roubini, Krugman, Ambrose Evans-Pritchard et Martin Wolf expriment leurs inquiétudes. En fait, le Président Barack Hussein OBAMA a hérité d'une situation minée, empoisonnée et potentiellement explosive...

Pour Roubini : A Wall Street, combien de zombies existe-t-il ?

Combien d’établissements seraient aujourd’hui en faillite sans l’apport répété de liquidités et les facilités mises en place par la Fed, qui leur permettent de continuer à exister alors que leur valeur liquidative est vraisemblablement largement dans le rouge ? Roubini estime que les pertes de l’ensemble du système financier US pourraient s’élever jusqu’à 3600 milliards de dollars, dont une moitié pour les banques. Or leur capitalisation agrégée n’est que de 1400 milliards. Conclusion ? Le système bancaire US est virtuellement en faillite. Les USA sont à l’épicentre de cette explosion de la bulle d’actifs douteux et de dettes irrécouvrables, mais l’Europe ne serait pas à l’abri, la situation est la même et les déboires récents des banques anglaises sont là pour confirmer ses dires. Nouriel Roubini estime que le système bancaire est « techniquement en état d’insolvabilité ». « J’estime que les pertes pourraient atteindre 3600 milliards de dollars pour les établissements financiers américains, avec une moitié pour les banques, » a avertit Roubini lors d’une conférence qui se tenait à Dubaï. « Si c’est le cas, cela signifie que le système bancaire US est effectivement insolvable, car il ne dispose que de 1400 milliards de capitalisation. C’est une crise bancaire systémique. » Selon Bloomberg, le total des pertes constatées par le système financier avoisine les 1000 milliards de dollars. Bank of America, qui a annoncé 1,8 milliards de pertes, vient de recevoir 128 milliards en garanties et en capital, fournis par les autorités US. La banque Citigroup, avec 8,3 milliards de pertes au dernier trimestre 2008, prévoit de se scinder en deux entités.

Pour Roubini, il faut encore s'attendre à une baisse des indices mondiaux de l'ordre de 15 % à 20 %. Steen Jakobsen, chez Saxo Bank à Londres, prévoit, lui, un recul de 25 % à 30 % des marchés en Europe et aux Etats-Unis, qui s'ajoutera au plongeon déjà inouï de 30 % à 40 % en 2007. Or, pendant la Grande Dépression de 1929, le Dow Jones avait, à l'époque, perdu 89 % de sa valeur en trois ans, pour ne retrouver son niveau d'avant la crise qu'en 1952. Actuellement les marchés s'écroulent, ils reflètent donc une situation économique qui frôle de plus en plus la dépression. Selon une étude de RGE Monitor, le produit intérieur brut (PIB) mondial devrait se contracter de 0,5 % en 2009, avec une récession estimée à 3,4 % aux Etats-Unis et de 2,7 % pour l'ensemble des pays du G7. Tous les acteurs de l'économie souffrent. Les actions de géants de l'industrie comme General Electric, Xerox, Microsoft ou encore Sony ont ainsi plongé après la révélation de leurs difficultés (licenciement massif et inédit chez Microsoft, chute des profits de GE de 43 % au dernier trimestre, pertes attendues chez Sony...). Les cours des entreprises du bâtiment, de la construction, de la distribution ou de l'automobile, particulièrement sensibles à un ralentissement de la conjoncture, plongent.

Le secteur financier inquiète profondément les acteurs économiques. Les dépréciations en 2007 ont été estimées à quelque 1 000 milliards de dollars (770 milliards d'euros) dans le monde depuis 2007, liées à la présence de crédits toxiques dans les comptes des banques comme les subprimes et leurs dérivés, et les pertes des établissements continuent de se creuser. Le cours boursier de Royal Bank of Scotland (RBS) a perdu 65,1 % de sa valeur, et la banque a estimé sa perte à 31 milliards d'euros en 2008. La Deutsche Bank (- 12,7 %), première banque allemande, s'attend à une perte annuelle de 3,9 milliards d'euros. La belge Fortis affiche, elle, une ardoise de 19 milliards d'euros sur l'année 2008. D'ailleurs, les es principales Banques européennes ont déjà reçu plus de 110 milliards de capital depuis l'automne 2008. Ce qui équivaut à la moitié de l'enveloppe débloquée par les Etats pour venir soutenir leurs banques mal en point ou ayant besoin de renforcer leurs fonds propres pour continuer à financer l'économie.

Pour aller dans le même sens, Ambrose Evans-Pritchard a ajouté dans un article sur contreinfo que lorsque les bilans des établissements pèsent plusieurs fois le PIB de la nation, aucune autorité ne dispose évidemment des fonds nécessaires pour éponger les pertes. Les seules solutions sont donc l’émission monétaire et/ou la dette. Les USA, forts du statut de monnaie de réserve du dollar, ont pu se permettre jusqu’à présent ces deux expédients sans en souffrir, personne n’ayant intérêt à une dévaluation du dollar qui provoquerait un raz de marée planétaire sur les réserves et les patrimoines. En Grande Bretagne, les craquements répétés ces derniers jours de son système bancaire affaiblissent la Livre, et ses établissements sont massivement endettés en devise étrangère, à hauteur de 4400 milliards de dollars, deux fois la taille de l’économie britannique. Au Royaume-Uni, selon ce dernier, les réserves de change sont virtuellement nulles : 60.6 milliards de dollars. Les banques détiennent également des actifs à l’étranger à un niveau correspondant à ces dettes. Mais que valent vraiment ces actifs ? Si l’Islande a sauvé sa peau en refusant d’honorer les dettes extérieures contractées par ses banques sans scrupules, en les laissant faillir et en transférant leurs pertes dans des structures de cantonnement, elle est une petite île qui a du poisson et beaucoup de métaux.

La Grande-Bretagne ne peut pas emprunter cette voie, car ses dettes sont trop importantes. Si Londres prenait des mesures aussi désastreuses, cela provoquerait une panique mondiale entraînant les actifs dans une spirale de dépréciation mortelle, et le monde entier dans une grave dépression. Le laisser aller budgétaire de Gordon Brown (avec un déficit qui a atteint 3%), le comportement bien imprudent de la City, et la pitoyable gestion du boom immobilier au Royaume-Uni, ont tous trois contribué à amener le pays au bord de la catastrophe. L’Angleterre n’a jamais fait défaut sur sa dette depuis le Moyen Age. Il existe un risque réel qu’elle puisse y être contrainte aujourd’hui. La situation n’aurait pas été meilleure si la Grande-Bretagne avait rejoint l’euro il y a dix ans. La bulle aurait été tout aussi dangereuse, voire pire, comme l’Irlande et l’Espagne peuvent en témoigner. (contreinfo.info du 21/01/09, lesechos.fr, lemonde.fr du 24/01/09).

Comme Krugman, Martin Wolf juge insuffisant le plan de relance d’Obama.

Equivalent à 5% du PIB sur deux ans, ce plan est nettement en dessous des 7% de déficit d’activité prévus par le Congressionnal Budget Office pour 2009 et 2010. Le problème majeur, c’est que les déficits publics requis pour compenser la baisse de la demande privée vont venir s’ajouter aux déficits structurels que les USA laissent filer depuis des années. Une situation qui sera rapidement intenable. Il faut donc agir rapidement sur deux fronts : accélérer le processus de liquidation des actifs douteux, car quel qu’en soit le coût, il sera moindre que celui d’un secteur financier dysfonctionnel durant des années. Il faut également restructurer l'économie américaine qui ne pourra plus désormais avoir une balance courante structurellement déficitaire, et reéqilibrer l'économie mondiale pour espérer sortir de la crise. Les difficultés auxquelles sera confronté Obama sont plus profondes et ont un caractère global. Richard Koo explique dans un brillant ouvrage que la combinaison de la chute du prix des actifs et d’un fort endettement contraint le secteur privé à cesser d’emprunter et à rembourser ses dettes. Le gouvernement devient alors le consommateur et l’emprunteur de dernier ressort. C’est en comprenant cela que le Japon a évité la dépression. Il est vrai que les USA ont trois avantages : au Japon la destruction de richesse avait représenté 3 fois le PIB. Aux USA, elle sera moindre. D’autre part les entreprises US sont moins endettées et la prise en compte des pertes s’est faite bien plus rapidement qu’au Japon. Mais par d’autres aspects, les USA sont plus vulnérables. Alors que durant la crise japonaise, l’activité économique mondiale restait suffisamment forte pour absorber les exportations japonaises, aujourd’hui la récession est mondiale. De plus les USA sont un pays déficitaire et endetté. Il est dangereux de croire que le redémarrage de l’économie se fera de lui-même. De plus le déficit extérieur structurel des USA va peser sur la relance.

L’ampleur des déficits budgétaires qui seront nécessaires pour financer la relance est plutôt effrayante. Le secteur privé US très endetté va devoir épargner à hauteur d’environ 6% du PIB durant plusieurs années. Si le déficit structurel de la balance courante reste de 4% du PIB, le déficit budgétaire total requis en compensation atteindrait 10% du PIB. Et il ne s’agirait là que du déficit en période d’activité normale - de plein emploi. Le Congressionnal Budget Office prévoit que l’activité économique se situera 7% en dessous de son potentiel durant les 2 ans qui viennent. Si c’est le cas, le déficit total du budget de l’Etat devrait être encore bien supérieur. Voilà pourquoi la relance budgétaire de 5% du PIB sur deux ans est trop limitée, surtout que le CBO estime que l’activité sera cette année 8,3% en dessous de son potentiel. En outre, les réductions d’impôts sont également critiquables car elles risquent de se transformer en épargne, impliquant une hausse future de la fiscalité. La difficulté principale se repose sur plutôt les énormes déficits budgétaires prolongés auxquels il sera difficile d’échapper. Il faut que les investisseurs soient assurés de ne pas perdre leur mise, et que les fonds levés soient utilisés dans des investissements de qualité. De plus, ces déficits ne doivent pas se prolonger durant les deux termes d’une présidence renouvelée. Le retour à une situation normale n’aura pas lieu spontanément. Les USA vont devoir procéder à des ajustements structurels de leur économie. Les USA doivent mettre sur pied un programme crédible de deleveraging, de liquidation de la dette et des actifs douteux. Ils ne peuvent se permettre de voir se prolonger durant des années ce processus douloureux qui n’en est qu’à son début. Il faut procéder à des dépréciations des actifs douteux et à la recapitalisation du secteur financier. Cela signifie également de nombreuses faillites de foyers endettés et la dépréciation contrainte des crédits hypothécaires. Cela entraînera une augmentation rapide de la dette publique, mais qui serait sans doute inférieure à l’accumulation de gros déficits budgétaires durant des années. Le déficit de la balance courante doit également être réduit. Le secteur privé US n’est plus en mesure de vivre à crédit pour compenser les déficits de la balance extérieure, et le gouvernement ne pourra se le permettre que quelques années. A long terme, l’économie mondiale doit être rééquilibrée. C’est un défi politique international gigantesque, mais indispensable pour assainir la situation.

De la même manière, Paul Krugman, dans le New York Times du 9 janvier 2009 a écrit que le Congressional Budget Office (CBO) a publié sa dernière étude prospective sur l’activité économique dans laquelle le CBO estime qu’en l’absence de plan de relance, le taux de chômage augmenterait au-delà de 9% au début de 2010, et resterait élevé durant les années à venir. Cette projection, pourtant sombre, est en fait optimiste par rapport aux prévisions de certains analystes indépendants. Le CBO affirme toutefois que « la production économique au cours des deux prochaines années sera en moyenne de 6,8% en dessous de son potentiel. » Ce qui se traduit par une baisse de la production de 2 1OO milliards. L'activité économique américaine pourrait chuter de 1 000 milliards en dessous de sa pleine capacité. Les estimations moyennes indiquent qu’un dollar de dépenses publiques génère environ 1,50 dollar de PIB supplémentaire. Mais seulement 60% du plan Obama portera sur les dépenses publiques. Le reste consiste en des réductions d’impôt - et de nombreux économistes sont sceptiques quant à l’augmentation des dépenses que provoqueront ces réductions d’impôt, notamment les allégements fiscaux pour les entreprises.

Selon Krugman, le problème majeur, c’est que le plan Obama ne comblera vraisemblablement pas plus de la moitié de l’écart de production, et pourrait finalement n’accomplir qu’un tiers de ce qui est nécessaire. Il y a seulement un nombre limité de projets d’investissement publics prêts pour un démarrage immédiat - de projets qui peuvent être lancés assez rapidement pour venir en aide à l’économie à court terme. Mais il existe d’autres formes de dépenses publiques, en particulier sur les soins de santé, qui pourraient être bénéfiques tout en aidant l’économie maintenant qu’elle en a besoin. (Contreinfo du 21/01/09).

Krugman s’inquiète également de l’apparition de signes déflationnistes dans l’indice mesurant le coût du travail, alors même que les USA n’en sont selon le Congressional Budget Office qu’au début d’une baisse de la production qui sera la plus longue et la plus forte depuis les années 1930. Les entreprises tentent de réduirent les prix et les salariés acceptent des salaires révisés à la baisse, ce qui provoque sur l’ensemble de l’économie un dangereux processus de contraction de l’activité, encore amplifié par le fait que la baisse généralisée du niveau des prix et des revenus a pour conséquence d’alourdir le poids du remboursement des dettes. Ce comportement qui semble rationnel à l’échelle individuelle est désastreux pour la collectivité lorsqu’il est adopté par l’ensemble des acteurs. Lorsque tout le monde essaie d’épargner plus dans une économie où les taux d’intérêt sont proches de zéro, les revenus chutent pour tout le monde et la situation empire, c'est le paradoxe de l’épargne. Lorsque toutes les banques vendent des actifs pour tenter de réduire leur exposition et la taille de leur bilan, cela a pour résultat une chute du prix de ces actifs et aggrave leurs problèmes de capitalisation, c'est le paradoxe du « deleveraging ». Une entreprise peut tenter de préserver son activité, ou un travailleur son emploi, en acceptant de baisser ses prix ou son salaire, mais quand tout le monde agit de même, cela produit une déflation de la dette - c’est à dire une augmentation de la charge réelle du remboursement de cette dette, qui pèse sur l’économie - et commence à induire des anticipations déflationnistes dans les décisions d’investissement et de crédit, ce qui déprime d’autant l’économie. Et une fois que l’on est pris dans le piège de la déflation, il devient très difficile d’en sortir, c'est le paradoxe de la déflation.

Le chiffre réellement effrayant publié le 30 janvier 2009 n’est pas celui du PIB, quoi que parfaitement mauvais, mais celui de l’indice du coût du travail, qui montre que les gains salariaux chutent rapidement. Les salaires ne sont pas déjà orientés à la baisse (bien que les réductions de salaires dans certaines entreprises sont plus fréquentes qu’à aucun moment depuis les années 1930), et nous n’observons pas pour l’instant de déflation réelle des prix à la consommation, mais nous nous en rapprochons. Or nous ne sommes pourtant que dans les premiers stades de la crise, selon le directeur du Congressional Budget Office, qui écrit : en l’absence d’un changement dans la politique budgétaire, le CBO prévoit que l’écart entre la production et le potentiel de production de la nation sera le plus important, en durée et en valeur depuis la Dépression des années 1930. C'est le le point clé dans le débat sur la relance, car les effets de la politique budgétaire sont incertains, l’accroissement massif de l’endettement est risqué, mais ne rien faire serait encore plus risqué, à cause d'une forte probabilité d'inaction, la déflation risque de s’installer dans l’économie. Nous pourrions être damnés si nous la faisons, mais nous serions à coup sur damnés si nous ne la faisons pas. (contreinfo.info du 01/02/09).

D'ailleurs l'économiste en chef de la Banque mondiale, Justin Yifu Lin semble avoir pris la réelle mesure de la difficulté, il a proposé lundi 9 février 2009 lors d'une conférence à Washington, la mise en place d'un "plan Marshall" mondial face à la crise économique, qui permettrait aux pays qui n'en ont pas les moyens de relancer leur économie. "Il faut que nous soyons plus imaginatifs. Et j'aimerais proposer un plan mondial de reprise dans l'esprit du plan Marshall", a affirmé M. Lin, en référence à l'initiative américaine qui a permis de relancer les économies européennes ruinées après la Seconde guerre mondiale. "Je propose que les pays à revenus élevés, emmenés par les Etats-Unis et les pays riches en réserves comme la Chine et les pays exportateurs de pétrole, rassemblent 2.000 milliards de dollars dans les cinq années à venir, c'est-à-dire environ 1% du produit intérieur brut des pays riches, pour aider les pays pauvres à participer au plan de relance budgétaire coordonné mondial". M. Lin s'est montré alarmiste sur la situation de l'économie mondiale.

La Banque mondiale avait publié en décembre 2008 des prévisions selon lesquelles la croissance mondiale serait de 0,9% seulement en 2009, tandis que le volume des échanges reculerait de 2,1%. Selon M. Lin, "cette récession, cette crise a des chances de durer longtemps. Si on regarde l'effondrement du marché boursier, du marché de l'immobilier et leurs conséquences sur l'économie mondiale c'est comme une grande dépression". "L'économie a des chances d'être prise dans une sorte de cercle vicieux. A cause des capacités de production en excès, nous savons que la rentabilité des entreprises chute. Certaines vont faire faillite. Ou au moins, elles devront réduire leurs effectifs". "Donc le chômage va grimper. Les gens vont probablement devenir plus prudents. Et dans ce genre de situation la consommation chute. Et la chute de la consommation va rendre l'excès des capacités de production encore plus grand". (lemonde.fr du 09/02/09). Cependant, M. Lin a lui aussi "zapper" les actifs toxiques qui sont pourtant la gangrène à soigner...

La Banque mondiale veut inciter les pays riches à mettre en place un fonds pour les plus vulnérables (vulnerability fund) afin de venir en aide aux pays les plus pauvres touchés par la crise. "Je propose que les pays développés acceptent de consacrer 0,7% du montant de leurs plans de relance à un fonds de la vulnérabilité pour soutenir les plus démunis. Je pense que cela est faisable et que ce serait un développement très positif du sommet du G20" qui doit se réunir à Londres début avril, a déclaré vendredi 13 février 2009 à Rome son président Robert Zoellick. Lors d'une rencontre avec la presse en marge de la réunion des ministres des Finances du G7, M. Zoellick a souligné que la période actuelle était "dangereuse". "Ce qui a commencé comme une crise financière est devenu une crise économique et se transforme en crise de l'emploi. Cela pourrait devenir une crise humanitaire si les pays n'agissent pas".

La Banque mondiale estime que, si la crise persiste, de 200.000 à 400.000 enfants de plus pourraient mourir tous les ans sur la période 2009-2015, soit un total de 1,4 à 2,8 millions, et que 46 millions de personnes de plus pourraient plonger dans la pauvreté. "Il est normal que les pays développés se recentrent sur eux et veuillent que leur argent reste chez eux mais dans un tel environnement, le nationalisme économique n'est une solution ni économique, ni nationaliste car s'il y a une crise chez les autres, cela entraînera tout le monde dans une spirale dangereuse". Le président de la Banque mondiale a aussi affirmé que le "découplage est mort". Cette théorie économique voulait que les pays en développement tireraient la croissance lorsque celle-ci ralentirait dans les pays riches. (romandie.com du 13/02/09).

Barack Obama et son équipe s'activent, mais des pesanteurs subsistent

En effet, sans doute pour répondre aux critiques, le Trésor américain a dévoilé mardi 10 février 2009 un nouveau plan de soutien au secteur financier d'un montant potentiel de plus de 2.000 milliards de dollars, destiné à décharger les banques d'actifs à risques et à faciliter le crédit aux entreprises et aux ménages pour sortir les Etats-Unis de la récession. Le secrétaire au Trésor Timothy Geithner a souligné la nécessité de nouvelles initiatives en expliquant que les précédentes - mises en œuvre par l'administration Bush - n'avaient pas rencontré la confiance de l'opinion publique. "Il s'agit d'un défi plus complexe que tout ce à quoi notre système financier a jamais été confronté, dont la résolution requiert de nouvelles mesures et une attention continue". Geithner a assuré que son "Plan de stabilité financière" pourrait décharger les bilans des banques de 1.000 milliards de dollars d'actifs à risques, dits "toxiques", tout en débloquant 1.000 autres milliards de crédits destinés aux consommateurs et aux petites et moyennes entreprises. "Nous sommes confrontés à une crise financière extrêmement complexe", a-t-il dit par la suite sur la chaîne de télévision CNBC. "Il faudra beaucoup de temps pour la résoudre, ce sera difficile, mais nous continuerons jusqu'à ce qu'elle soit résolue."

Au centre du nouveau dispositif se trouve une nouvelle structure associant capitaux publics et fonds privés en partenariat avec la Federal Deposit Insurance Corp (FDIC), l'autorité de garantie des dépôts bancaires, et la Réserve fédérale. Son objet serait de sortir des actifs dit "toxiques" du système bancaire, afin de consolider les bilans des établissements de crédit. Ce fonds public-privé devrait dans un premier temps disposer de 500 milliards de dollars mais sa taille pourrait être doublée, a précisé Geithner. Un autre volet majeur du nouveau plan prévoit d'étendre le dispositif "Talf" (Term Asset-backed Securities Loan Facility) de la Fed destiné initialement au soutien au crédit à la consommation, aux prêts étudiants et au crédit automobile. Cette facilité pourrait être portée de 200 à 1.000 milliards de dollars grâce au quintuplement des financements apportés par le Trésor, ce qui lui permettrait de générer des prêts d'un montant équivalent. "Le spectacle d'énormes montants d'argent du contribuable apportés à des institutions qui ont contribué au déclenchement de la crise, avec une transparence et une surveillance limitées, ont ajouté à la défiance de l'opinion publique". Quelques minutes après son discours, le Sénat a adopté le plan de relance économique de la Maison blanche, d'un montant global de 838 milliards de dollars (787 milliards retenus), ouvrant la voie à de délicates négociations avec la Chambre des Représentants pour aboutir à un texte commun. Apparemment le marché financier n'est pas satisfait du fait que l'Etat associe le secteur privé au projet, puisqu'il a mal réagi en montant les enchères spéculatives. Wall street aurait souhaité encore plus d'argent public, sans contrepartie. La crise économique est désormais la principale menace pour la sécurité des Etats-Unis, a affirmé jeudi 12 février 2009 le directeur national du renseignement américain, Dennis Blair, devant la Commission du renseignement du Sénat. "La première préoccupation liée à la sécurité, pour les Etats-Unis, est, à court terme, la crise économique mondiale et ses implications géopolitiques", a déclaré Dennis Blair lors de sa présentation à la Commission du renseignement des menaces pesant sur les Etats-Unis. Dennis Blair a expliqué jeudi 12 février 2009 que la crise économique pourrait conduire à la chute de certains gouvernements si elle durait plus de deux ans. Elle a déjà ainsi nuit à la confiance du monde dans le libre-échange et dans la domination économique des Etats-Unis. "Le temps est probablement la plus grande menace pour nous. Plus la reprise mettra de temps à s'enclencher, plus grande sera la probabilité de graves dégâts pour les intérêts stratégiques américains", a affirmé Dennis Blair.

Par ailleurs, selon RBC Capital Markets plus de 1.000 banques américaines, soit une sur huit, risquent de faire faillite dans les trois à cinq ans à venir en raison d'une hausse des pertes sur les créances commerciales venant s'ajouter aux énormes pertes liées à la déconfiture du marché immobilier. Une sutuation qui rappelle les pires moments de la faillite des caisses d'épargne, lorsque 1.386 établissements avaient mis la clé sous la porte de 1988 à 1990, selon les données du Federal Deposit Insurance Corp (FDIC). La plupart des faillites concerneront des établissements ayant moins de deux milliards de dollars d'actif. "Les pertes sur créances du secteur bancaire US se mesureront en centaines de milliards de dollars durant ce cycle-ci", dit l'analyste de RBC Gerard Cassidy dans un entretien. "Le FDIC devra une fois de plus relever les taux de garantie des dépôts qu'il facture aux banques et solliciter le Trésor, sans doute pour des milliards de dollars. Au final, c'est le contribuable qui en pâtira, ainsi que l'actionnaire ordinaire". Le FDIC a fermé neuf banques depuis le début de l'année 2009 et 25 en 2008. Fin septembre, il comptait 171 établissements sur sa liste "à problème". Il existe 8.309 établissements garantis par le FDIC, disposant de 13.610 milliards de dollars d'actif et 8.750 milliards de dollars de dépôts, selon le site du FDIC.Les réserves de garantie du FDIC ont diminué de 23,5% au troisième trimestre 2008, à 34,6 milliards de dollars au 30 septembre 2008. (lepoint.fr, fr.news.yahoo.com du 09 et 10/02/09, boursorama.com du 12/02/09).

Riverside Bank, basée à Cape Coral, détenait 539 millions de dollars en actifs et 424 millions en dépôts. De par le montant de ses actifs, c'est la quatrième plus grosse faillite bancaire depuis le début l'année 2009. La FDIC a trouvé repreneur de l'intégralité des dépôts par la TIB Bank, une autre banque de Floride. Cette dernière reprendra également 125 millions de dollars d'actifs. Corn Belt Bank, représente 272 millions de dollars en actifs et 234 millions en dépôts, la banque de l'Illinois The Carlinville National Bank s'est engagée à reprendre la totalité de ces dépôts et environ 61 millions de dollars d'actifs. Sherman County Bank dont le siège était à Loup City et qui visait principalement une clientèle d'agriculteurs, détenait 129,8 millions de dollars d'actifs et gérait 85,1 millions de dollars de dépôts. Une autre banque du Nebraska, Heritage Bank, a repris la totalité de ses dépôts, mais seulement un sixième de ses actifs, pour une valeur de 21,8 millions de dollars. La FDIC a estimé le coût de la faillite Sherman County Bank à 28 millions de dollars, celui de Riverside Bank à 201 millions de dollars, et celui de Corn Belt Bank à 100 millions de dollars. Il reprendre le solde des actifs de Riverside Bank et de Corn Belt Bank, dans l'attente de trouver un repreneur. (lesechos.fr du 14/02/09). Au total en 2009, 12 établissements ont fait faillite.

Une banque régionale dans l'Etat de l'Oregon a fait faillite. Il s'agit de la quatrième fermeture en un week-end et la treizième faillite d'un établissement bancaire depuis le début de l'année 2009. Pinnacle Bank, basée à Beaverton a été fermée vendredi soir. L'établissement détenait environ 73 millions de dollars d'actifs et 64 millions de dollars de dépôts. Le régulateur américain FDIC a passé un accord avec la banque régionale Washington Trust Bank, de l'Etat voisin de Washington, selon lequel ce dernier s'est engagé à reprendre l'intégralité des dépôts de la banque en faillite et à assumer les pertes sur 66 millions de dollars d'actifs de Pinnacle Bank. La FDIC reprendra le solde des actifs de cette dernière. Le régulateur a évalué à 12 millions de dollars le coût de cette faillite. Vendredi 13 février 2009 soir, la FDIC avait annoncé la faillite de trois autre banques régionales: Sherman County Bank dans le Nebraska, Riverside Bank of the Gulf Coast en Floride et Corn Belt Bank and Trust Company dans l'Illinois. Au total, treize banques de dépôts ont fait faillite depuis le début de l'année. (lematin.ch, tdg.ch, lenouvelliste.ch du 14/02/09). Le régulateur bancaire américain FDIC a encore annoncé vendredi 20 février 2009 la fermeture de la quatorzième faillite d'un établissement bancaire depuis le début de l'année 2009. Silver Falls Bank, basée à Silverton, a été fermée vendredi soir, a annoncé la FDIC dans un communiqué. L'établissement détenait environ 131,4 millions de dollars d'actifs et 116,3 millions de dollars de dépôts. Une autre banque régionale de l'Oregon, la Citizens Bank de Corvallis, a repris l'intégralité des 116,3 millions de dollars en dépôt à la banque en faillite. La Citizens Bank a également accepté de racheter 13 millions de dollars d'actifs, la FDIC gardant le solde des actifs de la Silver Falls bank. Le régulateur a évalué à 50 millions de dollars le coût de cette faillite, la deuxième en Oregon en une semaine. (lesechos.fr du 29/02/09).

Le vendredi 27 février 2009 deux banques régionales dans le Nevada (ouest) et l'Illinois (nord) ont fermé. Au total, seize banques ont déclaré faillite depuis le début de l'année 2009. Security Savings Bank, qui avait son siège à Henderson (Nevada), contrôlait 238 millions de dollars d'actifs et 175 millions de dollars de dépôts. Les dépôts seront transférés à un établissement de Las Vegas, la Bank of Nevada, qui a repris également près de la moitié de ses actifs (111 millions de dollars). Le coût de cette faillite pour la FDIC a été estimé à 59 millions de dollars. Heritage Community Bank, qui avait son siège à Glenwood (Illinois), détenait 233 millions de dollars d'actifs et 219 millions de dépôts. Ces derniers seront repris par un établissement de Chicago, MB Financial Bank, qui a racheté la presque totalité de ses actifs (230,5 millions). La FIDC a indiqué avoir signé avec MB Financial Bank un accord de "partage des pertes", qui consiste à laisser les actifs aux mains du privé pour une meilleure gestion. La banque qui reprend les actifs avec la FDIC signe un contrat prévoyant que l'organisme public absorbe la majorité des pertes. (lematin.ch du 28/02/09).

La FirstCity Bank de Stockbridge, en Géorgie, est devenue la 18e banque des Etats-Unis à faire faillite en 2009. En 2008, 25 banques américaines ont dû fermer leurs portes, plombées par la crise financière. A la fin décembre 2008, 252 établissements bancaires en difficulté faisaient l'objet d'une surveillance étroite de l'autorité américaine de régulation du secteur, la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation). La FirstCity avait 778.000 dollars en dépôt qui excédaient le plafond de son assurance, avec 297 millions de dollars d'actifs et 278 millions en dépôt à la date du 18 mars 2009. Sa faillite devrait coûter une centaine de millions de dollars au fonds de garantie de la FDIC, qui assure jusqu'à 250.000 dollars par compte. Au total, le régulateur bancaire américain FDIC a annoncé vendredi 21 mars 2009 la fermeture de trois banques régionales, en Géorgie, au Colorado, et au Kansas, ce qui porte à vingt le nombre d'établissements de dépôts à avoir fait faillite aux Etats-Unis depuis le début de l'année 2009. La Géorgie est l'un des Etats les plus touchés par la crise économique. Deux autres banques ont fait faillite depuis le début de l'année dans cet Etat, et cinq avaient déjà connu ce sort en 2008. Le coût de cette nouvelle banqueroute pour le fonds d'assurance de la FDIC est estimé à 100 millions de dollars. A Colorado Springs (ouest), la Colorado National Bank, avec des actifs de 123,5 millions de dollars d'actifs, voit ses 82,7 millions de dollars de dépôt repris par la Herring Bank, basée à Amarillo au Texas (sud). La Herring Bank a accepté de racheter environ 117,3 millions de dollars des actifs de son homologue, le FDIC gardant le solde pour le vendre ultérieurement. Il s'agit de la première faillite d'une banque de dépôt au Colorado depuis plus de 10 ans. Enfin une banque du Kansas, Teambank, basée à Paola et affiliée à la Colorado National Bank, a également été fermée, et ses dépôts ainsi que la plupart de ses actifs, repris par une banque du Missouri, Great Southern Bank, basée à Springfield. Au 31 décembre dernier, Teambank avait 669,8 millions de dollars d'actifs, dont 656,5 seront repris par la Great Southern Bank, et 492,8 millions de dollars de dépôts. La FDIC a conclu un accord de partage des risques avec la Herring Bank et la Great Southern Bank. Ces deux opérations ont un coût estimé à respectivement à 9 et 98 millions de dollars.

Les autorités américaines ont en outre annoncé vendredi 21 mars 2009 la mise sous tutelle de deux grosses mutuelles de crédit professionnel, US Central et WesCorp, totalisant respectivement 34 et 27 milliards d'actifs. Ce sont les plus grosses défaillances d'institutions financières depuis la faillite de la banque californienne Indymac, liquidée en juillet 2008, qui avait 32 milliards d'actifs. Le régulateur des caisses d'épargne (NCUA) a annoncé avoir pris cette mesure pour "stabiliser le système des mutuelles de crédit aux entreprises", un examen du bilan de ces organismes ayant révélé des pertes bien supérieures à ce qui était prévu. Il s'agit des plus gros établissements de leur catégorie, des mutuelles n'ayant pas de relations directe avec des clients, mais fournissant services et produits aux caisses d'épargne. US Central est basé à Lenexa (Kansas, centre), et WesCorp à San Dimas (Californie, ouest). (fr.news.yahoo.com, lesechos.fr, lemonde.fr, romandie.com du 21/03/09). Les banques américains ont perdu 32,1 milliards de dollars (23,6 milliards d'euros) au quatrième trimestre 2008, soit plus que le chiffre de 26,2 milliards de dollars initialement annoncé en février 2009, selon l'instance de régulation des banques, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC). Elles avaient engrangé 575 millions de dollars (423,7 millions d'euros) de bénéfices au quatrième semestre 2007. (fr.news.yahoo.com du 20/03/09).

 

L'organisme de crédit japonais SFCG a fait faillite lundi 23 février 2009 alors que le resserrement du crédit continue de frapper nombre d'entreprises nippones, entraînant la chute des actions de plusieurs sociétés concurrentes exposées au même risque. Sa dette est de 3,6 milliards de dollars, la plus importante depuis le début de l'année 2009 au Japon en termes d'endettement. Les entreprises japonaises subissent de plein fouet la crise économique. Un nombre record de 33 entreprises cotées ont fait faillite en 2008 au Japon, la plupart ayant été étranglées par le resserrement des conditions du crédit. Dix autres ont déjà fait faillite depuis le début de l'année 2009. Au dernier trimestre de l'année 2008, le pays a enregistré une chute de 12,7 % de son PIB en rythme annualisé. Un chiffre deux fois plus mauvais qu'en zone euro et aux Etats-Unis. Et c'est le troisième trimestre de contraction du PIB enregistré par la deuxième économie mondiale. En 2008, le pays du Soleil-Levant n'a pas connu les déboires des systèmes bancaires des autres pays développés, à l'origine de la crise actuelle. Mais, après la décennie perdue des années 1990, le redressement de l'économie nippone ces dernières années a surtout été tiré par les exportations. Or la demande mondiale ne suit plus, et ce pilier fondamental de la croissance s'effondre. Les exportations japonaises ont chuté de 35 % sur un an en décembre 2008. La hausse du yen, de 17 % sur un an, défavorise encore plus les exportateurs. Confrontées à une pénurie des carnets de commandes, les entreprises cessent d'investir et les emplois sont menacés. Effet domino subséquent, le moral des ménages vire au noir et la consommation flanche. (fr.reuters.com du 23/02/09).

Pour le relativiste que nous sommes, nous disons, qu'en jouant avec le feu nucléaire économique, les absolutistes ont déjà occasionné de sérieux dégâts à l'ensemble de l'économie mondiale avec des armes à uranium appauvri. Et en ne levant pas le doigt posé sur la gachette afin de conserver leurs privilèges éhontés, les armes économiques nucléaires à uranium enrichi vont à leur tour entraîner des réactions thermonucléaires économiques en chaîne qui conduiront inéluctablement à un tsunami économique dont les conséquences seront hyper-dévastatrices. Comme le directeur national du renseignement américain, Dennis Blair, Lyndon Larouche s'en inquiète.

« Le peuple américain appelle à l’aide et il est tout à fait possible de le secourir ; Mais pas avec ces clowns de Washington qui continuent de pinailler : « Peut-être que ceci va marcher, peut être que cette tactique peut aider, peut-être pouvons nous restaurer la confiance… ». Avec cela, Obama pourrait très vite devenir impopulaire et l’on perdrait le potentiel actuel : d’avoir un leadership suffisant au sein de la présidence, pour faire ce qui doit être fait. « Si le président Obama propose le bon remède au peuple américain – et le remède je le connais, je suis le seul expert en la matière, les faits ayant montré l’incompétence des autres – et qu’il demande leur soutien à la manière de de Gaulle en 1961 lorsqu’il fut menacé par un coup d’Etat militaire, ou comme l’a fait Roosevelt lorsque la situation l’exigeait, il sera soutenu. Si Obama appelle ce soutien populaire et qu’il est convenablement conseillé sur ce qu’il lui appartient de proposer, le peuple le soutiendra ! Finit les banquiers et les conseillers de Wall Street ! Si le peuple est convaincu que le Président est prêt à prendre les mesures qui s’imposent pour régler leurs problèmes et ceux du pays, alors Wall Street sera mis au ban ». « Mais ça ne marchera pas si l’on continue ces petites négociations entre politiciens avant d’aller voir le Président pour lui dire « Nous pensons que vous devriez faire tel et tel compromis… ».

« Ce Président a besoin d’un soutien à la hauteur de la popularité qui l’a porté à ce poste. Il doit appeler le soutien du peuple américain, sans quoi, s’il continue à laisser faire ces clowns comme avec le Plan Geithner, il va perdre son assise populaire. Je pense que le Président est prêt à faire ce qu’il faut, il lui faut juste comprendre de quoi il s’agit, et il obtiendra ce soutien populaire. Et lorsqu’il aura rallié les gens derrière lui, les clowns et les financiers n’auront qu’à aller se cacher ; ils ne pourront entraver cette marche ». « Le temps est venu de la jouer dure, on parle de mettre en œuvre une stratégie solide, comme si l’on était mobilisé dans la Troisième ou Quatrième Guerre mondiale. L’effondrement du système est généralisé à l’ensemble de la planète, il n’y a qu’a voir ce qui arrive à la Russie ou à la Chine : c’est une désintégration économique et financière totale. Et la plupart des chefs d’Etats ne pipent mot pour soutenir les seules mesures qui puisse nous en sortir. (…) » (alterinfo.net du 12/02/09).

« Comme je l’ai spécifié dans ma proposition du Homeowners and Banks Protection Act (HBPA) de l’été 2007, nous devons geler les saisies de logements pour toute la durée de la crise. Ensuite, nous devons procéder à un audit de toutes les banques de dépôts – l’ensemble du système de la Réserve fédérale – puis activer une procédure de banqueroute organisée. Les dettes illégitimes seront purement et simplement annulées et les dettes légitimes seront honorées. La banqueroute organisée permettra de remplacer le système de Réserve fédérale par une Banque nationale. A partir de là, en utilisant les prérogatives constitutionnelles du Président et du Congrès, nous autoriserons l’émission massive de crédit pour lancer des investissements massifs dans la haute technologie et les projets d’infrastructure. Ces crédits autorisés seront véhiculés par ce nouveau système bancaire régulé. La recapitalisation des banques par l’investissement dans les infrastructures, ramènera progressivement notre système bancaire à une situation saine. « C’est ainsi qu’Hamilton et Roosevelt firent, et c’est ainsi qu’Obama, je l’espère, fera. C’est la véritable tradition du Système américain et il n’y a pas d’autre alternative possible. » (alterinfo.net du 28/02/09).

En fait, la sagesse et la raison commandent que la Présidence s'enquérisse de la véracité des informations sur l'état de la densité exacte des actifs toxiques en circulation et fasse appel au Peuple, à l'Armée, au Renseignement, à la Sécurité intérieure et à toutes les institutions de l'Etat pour que sans faille, ils se rangent derrière leur Chef suprême en temps de crise exceptionnelle, pour sauver ce qui peut l'être dans les plus brefs délais. Il s'agit de mesurer correctement les risques et d'estimer les risques d'erreurs, et de se demander si la nation et le reste du monde sont réellement capables de les surmonter. En ce cas d'espèce, une war-room spéciale est nécessaire, le temps presse.

Une histoire vraie

Une personne à qui nous avions beaucoup d'estime nous dit au début des années 90, en France : en pleine forêt si vous êtes poursuivis par une meutte de lions, quelle serait la meilleure façon de les échapper ? nous répondîmes, monter sur un arbre. Il poursuivit, si par mégarde vous découvriez qu'il existe un boa ou un python perché sur les cîmes de cet arbre ? Nous ne sûmes quoi lui répondre. De plus ajouta-t-il, si vous vous aperceviez de l'existence d'un fleuve en dessous des branches de l'arbre que feriez-vous ? Nous répondîmes que nous sauterions dans l'eau. Mais dit-il, si avant de sauter vous vous aperceviez que le fleuve en question est infesté de crocodiles ? Nous ne sûmes pas de nouveau quoi lui répondre, et quelques jours plus tard, ce cher monsieur mourut. Pourtant, en y réfléchissant maintenant, si les nouvelles technologies avaient été répandues à l'époque ou si nous avions plus d'imagination, nous lui aurions par exemple répondu, le téléphone portable est une solution pour faire appel à l'aide extérieure (la police, les pompiers...), à condition que des antennes relais existassent dans ces lieux.

Cette histoire ressemble curieusement à celle de la crise systémique mondiale qui est cernée partout par des armes nucléaires économiques, dont les élytes ne savent pas exactement quoi faire pour les désamorcer en vue de minimiser les dégâts. Ils procèdent donc par tâtonnement. D'aucuns proposent la solution de l'inflation dans un désert d'emplois et d'activités, et des profits en décélération rapide. D'autres proposent uniquement des plans de relance avec des investissements privés en chute libre, des balances commerciales déficitaires partout dans le monde, des déficits budgétaires chroniques, des dettes explosives, une demande atone et des individus avec des poches "trouées". Alors que l'économie croule toujours sous le poids d'actifs toxiques dont l'utilité reste à démontrer. Et l'on espère que par enchantement, la croissance redémarre, même si cela pouvait se réaliser, dans ces conditions, combien de temps tiendrait-elle avec les modiques sommes injectées comparée à la valeur des actifs pourris en circulation ?

Pour annuler les effets des actifs toxiques, l'inflation devrait atteindre des niveaux extraordinairement astronomiques, les populations ne tiendraient pas le coup, et des conflits sociaux s'amorceraient inéluctablement. Avec des prix trop bas c'est le revenu global qui s'amenuiserait et des cercles vicieux s'installeraient. Il y a là une impossibilité logique de ne compter que sur la relance gouvernementale. Il faut que des actions d'envergure soient portées contre les causes réelles et non seulement contre les effets de la crise. Plus le temps passe, plus la situation s'aggravera davantage. Il est pour cela important de s'entourer des compétences complémentaires adéquates, car comme dans un jeu de dames, les observateurs perçoivent plus facilement les erreurs et anticipent les meilleures tactiques et stratégies pour vaincre.

D'ailleurs Roubini s'alarme aussi, car les derniers chiffres de croissance du PIB (à un taux annuel) au quatrième trimestre 2008 dans le monde sont encore pires que ceux de la première estimation pour les États-Unis (-3,8%), avec : -6,0% pour la zone euro ; -8% pour l’Allemagne, -12% pour Japon, 16% pour Singapour, -20% pour la Corée. L’économie mondiale est maintenant littéralement en chute libre. Et la contraction de la consommation, des dépenses d’investissement, de l’immobilier, de la production, de l’emploi, des exportations et des importations signale plutôt une accélération au lieu d'une décélération du processus. Pour éviter le risque croissant que cette crise soit de la forme de la stag-deflation qu’a connu le Japon : un L s’étendant sur plusieurs années, en une combinaison délétère de stagnation, de récession et de déflation), il faut que soient menées aux USA et dans les autres économies des politiques agressives, cohérentes et crédibles combinant les outils monétaires (traditionnels ou non orthodoxes), les mesures de relances budgétaires, un nettoyage du système financier et une réduction de la charge de la dette pesant sur les agents privés (ménages et sociétés non financières).

Malheureusement, dit-il, les efforts et les mesures adoptées dans la zone euro restent bien loin derrière celles des États-Unis :

a) La BCE tarde à mettre en oeuvre la réduction des taux et à se doter d’outils non-traditionnels pour combattre la forte contraction de la liquidité et du crédit ;

b) La relance budgétaire est trop modeste car les nations qui peuvent la financer (Allemagne) font preuve de tiédeur à ce sujet, alors que celles qui en ont le plus besoin (Espagne, Portugal, Grèce, Italie) sont celles qui peuvent le moins se le permettre car elles ont déjà un important déficit budgétaire.

c) Il y a un manque de dispositifs transfrontaliers permettant un partage de la charge budgétaire que représente le renflouement des institutions financières.

Aux Etats-Unis, deux éléments essentiels pour éviter une quasi-dépression font encore défaut :

a) Un nettoyage efficace du système bancaire qui pourrait nécessiter de procéder à un tri entre les banques solvables et insolvables et à la nationalisation de plusieurs établissements, éventuellement certains parmi les plus importantes.

b) Une réduction du fardeau insoutenable de la dette de millions de ménages insolvables, consistant principalement en une réduction de la valeur nominale de leurs prêts hypothécaires et pas seulement en un assouplissement des conditions de remboursements.

En outre, selon lui, dans de nombreux pays, les banques pourraient s’avérer non seulement trop grosses pour être laissées faillir, mais également trop grosses pour être sauvées, car les ressources fiscales et financières des États pourraient ne pas être assez importantes pour procéder à un sauvetage de cette ampleur en cas d’insolvabilité du système financier. Cette grave crise économique et financière provoque également une réaction marquée contre la mondialisation financière, le libre-échange et le modèle économique de libre marché. Car l’économie capitaliste de marché ouverte aux échanges et aux flux financiers est peut-être le pire régime économique, à l’exception de tous les autres, car les modèles d’économie hors marché ont échoué. (contreinfo.info du 20/02/09).

Pour Ambrose Evans-Pritchard, l'Europe de l’Est court un risque systémique

Si la classe politique mondiale ne la gère pas convenablement, la débâcle Est-Européenne est assez forte pour abattre les systèmes bancaires fragilisés des pays d’Europe occidentale et déclencher la deuxième phase de notre catastrophe financière. Le Ministre des Finances autrichien Josef Pröll a déployé des efforts frénétiques la semaine dernière pour mettre en place un plan de sauvetage de 150 milliards d’euros pour les pays de l’ex-bloc soviétique. Il a bien fait. Les banques autrichiennes ont prêté 230 milliards d’euros dans la région, ce qui équivaut à 70% du PIB de l’Autriche. « Un taux de défaillance de 10% conduirait à l’effondrement du secteur financier autrichien, » écrit le quotidien Der Standard de Vienne. Malheureusement, c’est sur le point de se produire. La Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), estime que le volume de créances douteuses devrait atteindre 10% et pourrait s’élever jusqu’à 20%. La presse viennoise indique que la Bank Austria et sa maison mère italienne Unicredit font face à un « Stalingrad monétaire » à l’Est. Stephen Jen, le responsable du secteur devise chez Morgan Stanley, indique que l’Europe de l’Est a emprunté l’équivalent de 1 700 milliards de dollars à l’étranger, dont la plus grande partie sous la forme de crédit à court-terme. Ces pays devront rembourser - ou refinancer - 400 milliards de dollars en 2009, somme égale à un tiers du PIB de la région.

La Russie elle même ne parvient que difficilement à honorer les 500 milliards de dollars de dettes de ses oligarques lorsque le cours du pétrole stagne aux alentours de 33 dollars le baril. Le budget a été bâti sur une estimation de prix de 95 dollars pour le brut de l’Oural. La Russie a dépensé 36% du total de ses réserves de change depuis le mois d’août pour la défense du rouble. « C’est le plus grand mouvement de fuite sur une monnaie dans l’histoire », déclare M. Jen. En Pologne, 60% des prêts hypothécaires sont en francs suisses. La valeur du zloty a diminué de moitié contre le franc. La Hongrie, les Balkans, les pays baltes et l’Ukraine sont autant de variantes douloureuses de cette situation. Le résultat de cette folie collective qui a gagné les prêteurs et les emprunteurs est comparable à la déroute des subprimes aux Etats-Unis. Mais il existe cependant une différence essentielle : les banques européennes sont impliquées sur ces deux secteurs. Ce qui n’est pas le cas pour les banques américaines. La quasi totalité des dettes du bloc de l’Est sont dues à l’Europe de l’Ouest, en particulier en Autriche, Suède, Grèce, Italie, et aux banques belges. En plus de cela, les Européens détiennent un étonnant 74% sur l’ensemble des 4 900 milliards de créances sur les marchés émergents. Ils sont cinq fois plus exposés à ce secteur que les banques américaines ou japonaises, et leur effet de levier est supérieur de 50% selon les données du FMI. L’Espagne est engagée jusqu’au cou en Amérique latine, qui a fini par être atteinte à son tour par le marasme. Au Mexique la production automobile a chuté de 51% en Janvier, et le Brésil a perdu 650.000 emplois en un mois. Quand à la Grande-Bretagne et la Suisse elles sont très présentes en Asie. Que cela prenne quelques mois ou quelques semaines, le monde va bientôt s’apercevoir que le système financier européen est coulé, et qu’il n’existe pas encore pour l’Union Européenne un équivalent de la Réserve Fédérale américaine qui soit prêt à agir comme prêteur de dernier recours ou d’inonder les marchés avec des fonds débloqués en urgence. Selon les préceptes de la « règle de Taylor » [1] la Banque Centrale Européenne devrait déjà réduire ses taux à zéro et acheter des obligations et des actifs adossés à des crédits immobiliers sur une grande échelle. Mais son pouvoir est limitée par la géopolitique - un véto germano-néerlandais - et le traité de Maastricht.

C’est l’Europe de l’Est qui explose aujourd’hui. Erik Berglof, économiste en chef de la BERD, m’a confié que la région pourrait avoir besoin de 400 milliards d’euros d’aide pour honorer les prêts et soutenir le système de crédit. Les sommes nécessaires sont au-delà des fonds dont dispose le FMI, qui a déjà aidé la Hongrie, l’Ukraine, la Lettonie, la Biélorussie, l’Islande et le Pakistan - et la Turquie sera la prochaine. Ses réserves de 200 milliards de dollars (155 mds d’euros) s’épuisent rapidement. Son sauvetage de l’Ukraine à hauteur de 16 milliards de dollars n’a pas produit les effets escomptés. Le pays subit une contraction du PIB de 12% avec l’effondrement du cours de l’acier et poursuit sa chute vers le défaut de paiement, laissant Unicredit, Raffeisen et ING dans le pétrin. Le Pakistan réclame à nouveau 7.6 milliards de dollars. Le gouverneur de la banque centrale de Lettonie a déclaré que son économie était « cliniquement morte » après une baisse du PIB de 10,5% au quatrième trimestre 2008. Les manifestants s’en sont pris au Parlement et au Trésor. La dette publique de l’Italie 112% du PIB en 2009, une estimation récemment révisée à la hausse de 11%).

Wolfgang Münchau s'interroge sur la zone euro

La situation actuelle rappelle la crise du Système Monétaire Européen de 1992, lorsqu’un pays après l’autre faisait l’objet d’attaques spéculatives - obligeant le Royaume-Uni et l’Italie à sortir du système. Dans une union monétaire, on ne peut plus spéculer sur les taux de change. Mais grâce aux Credit Defaut Swaps, il est possible de parier sur l’éclatement de la zone euro. La semaine dernière, les spéculateurs ont parié sur une défaillance de l’Irlande, ce qui a rendu plus coûteux pour elle le refinancement de sa dette, et cette éventualité devient du même coup une prophétie auto-réalisatrice. Mais l’Irlande ne représente pas le plus grand danger pour la zone euro. Si le pays s’effondre, l’eurozone viendra à son aide. Les Allemands eux-mêmes acceptent désormais cette perspective.

La situation de l’Europe Centrale et Orientale recèle un danger bien plus imminent. La possibilité d’un effondrement financier pose le problème politique le plus urgent auquel l’Union Européenne ait à faire face en ce moment. Si cette situation est mal gérée elle pourrait mettre à bas l’eurozone. Cette crise frappe l’Europe Centrale et Orientale de manière disproportionnée en raison de deux erreurs politiques commises par les gouvernements de la région. La première a consisté à encourager les ménages à souscrire des prêts hypothécaires en devises étrangères. En Hongrie, la quasi-totalité de ces prêts sont libellés en devises, principalement le franc suisse. Ce choix du franc suisse est manifestement ridicule et témoigne d’une forme d’analphabétisme économique. Des emprunts en devises pouvaient être effectués en euros, dans la mesure où la Hongrie doit finalement rejoindre la zone euro. Mais la Hongrie ne rejoindra probablement pas la Fédération Suisse. L’argent que les ménages hongrois ont économisé grâce aux taux d’intérêt pratiqués en Suisse a été plus que perdu en raison de la hausse du franc suisse. La deuxième erreur politique est directement liée à la première. Les nouveaux membres de l’Union Européenne ont considéré l’entrée dans la zone euro comme une option relevant d’un choix politique. Il s’agit d’une mauvaise interprétation de leurs propres traités d’adhésion. Quand ils ont souscrit à l’adhésion à l’UE, ils ont également signé pour l’euro. Seuls le Royaume-Uni et le Danemark se sont préservé un droit de s’abstenir. En tant que pays récemment industrialisés, ils n’étaient pas dans l’obligation de rejoindre l’euro immédiatement, et avaient l’obligation de mener des politiques compatibles avec une adhésion à terme. S’ils avaient mené ces politiques, ils seraient presque tous membres aujourd’hui. La Slovénie et la Slovaquie ont montré qu’en adoptant des politiques adaptées il était possible d’entrer rapidement dans la zone euro. Ces deux pays sont maintenant en sécurité. Pour les autres, la décision de tergiverser s’est avérée être une catastrophe au plan de la stabilité financière. Lorsque l’on fait face à une crise telle que celle-ci, personne ne veut se trouver dans la situation d’une petite économie ouverte à la périphérie de la zone euro, avec une devise sans valeur et un gros paquet d’emprunts en francs suisses.

Mais les pays d’Europe centrale et orientale ont tout de même réussi quelque chose. Ils ont fait en sorte que leurs banques soient détenues par des étrangers. Les banques autrichiennes sont parmi les plus impliquées. Leur exposition à l’Europe de l’Est représente d’environ 80% du produit intérieur brut de l’Autriche. Si les ménages hongrois font défaut, ce n’est pas uniquement la Hongrie qui va tomber, mais aussi l’Autriche. L’Italie et la Suède sont également exposées. Une crise en Europe centrale et orientale serait également de nature systémique pour la zone euro. Il ne s’agit donc pas de considérer ce problème comme concernant autrui - parce qu’il ne l’est pas. La meilleure réponse à cette perspective d’effondrement serait d’adopter l’euro le plus rapidement possible. Nul besoin de changer de devise dès demain. Tout ce dont nous avons besoin c’est que chaque pays se dote d’une stratégie d’adhésion ferme et crédible soutenue par des politiques elles aussi crédibles, qui définissent une date d’adhésion ferme et un taux de conversion. Évidemment, cela nécessiterait l’abandon de critères d’adhésion obsolètes, ce qui aurait du être fait depuis longtemps. Parmi ceux-ci, la plus absurde est celui du taux de référence de l’inflation, calculé comme la moyenne des trois taux les plus bas. Bientôt, ce taux sera celui de la déflation.

De ce fait, un État candidat serait dans la situation absurde d’avoir à déflater comme condition préalable à l’entrée dans l’euro. Le critère de l’inflation est non seulement insensé, mais il entre également en conflit avec d’autres parties de la législation européenne. La stabilité des prix étant considérée comme un objectif important de la politique économique européenne, la mise en œuvre d’un critère de déflation constituerait une violation flagrante de cet objectif. Il en va de même pour le critère du taux de change. Condamner un pays à une peine de deux ans de respect d’un mécanisme de change - dans lequel sa monnaie doit fluctuer par rapport à l’euro dans une bande fixe - équivaut à inviter ouvertement à la spéculation et aux risques d’instabilité. Les critères d’adhésion ne sont pas compatibles avec les règles élémentaires de la stabilité. Ils devraient donc être déclarés nuls et non avenus et ne pas représenter un obstacle bureaucratique donnant lieu à tergiversations dans une situation de crise dangereuse. (contreinfo.info du 23/02/09, Financial Times du 22/02/09).

Le dogme de l'indépendance de la BCE

Jean Claude Werrebrouck, professeur d'économie à l'Université de Lille II, soutient qu'il faut monétiser la dette souveraine des Etats de l'Union en difficultés par La BCE, donc ne pas en faire une valeur fondamentale par l'interdiction juridique. De par la force des choses il est possible aujourd’hui, de ne plus rester enchâssé dans les critères maastrichtiens.

Il est possible d'imaginer des étapes intermédiaires avant le lâcher prise qui devrait mettre fin à l’indépendance de la banque centrale européenne. Mais seule la violence de la crise permettra de mettre fin à l’indépendance de la BCE et ouvrira la voie à la monétisation de la dette souveraine. Car les taux vont inéluctablement augmenter en raison de la gloutonnerie des Trésors chargés de limiter le feu de la crise. C’est dire que même les bonnes signatures seront défraichies par le vent de la contestation, et le problème des Etats les plus menacés sera, peut-être demain, celui des plus solides. Le moment où sera mis fin à l’indépendance de la banque centrale sera évidemment retardé autant que possible, et le degré de violence de la crise fixera le caractère plus ou moins éloigné de la date de cet abandon. On peut du reste anticiper que cet abandon ne sera jamais prononcé et deviendra situation de fait plus ou moins cachée, aussi bien pour ne pas affoler les marchés, que pour ne pas ridiculiser les adorateurs du mythe de la monnaie indépendante. Des monnaies en voie d’effondrement comme la livre sterling, chercheront à bénéficier du paquebot euro au moment où ce dernier prend l’eau. La machine inflationniste qui se mettra en place pour contenir la violence de la crise ne pourra que continuer à accroitre les disparités entre les pays de la zone, et la perspective de vérifier le concept de zone monétaire optimale, cher à Mundell, ne pourra que s’éloigner.

La solution ne fait encore qu’aggraver le problème. Dans le feu de la crise, les Etats européens seront-ils prêts, après rupture de plusieurs barrages établis dans la hâte, à tout lâcher et donc mettre fin à ce qui était présenté comme le symbole de la réussite de la construction européenne ? En fin de processus, c’est-à-dire lorsque la vague inflationniste sera devenue puissante les décideurs européens, contraints à renoncer à leurs croyances et aux traités correspondants, auront à comparer les coûts colossaux de l’abandon de l’euro, aux coûts également colossaux du renoncement aux indépendances des structures étatiques nationales. Créer un grand Etat européen, avec notamment toutes ses armes fiscales, ou annoncer au monde que la gestion de la crise ne peut aboutir qu’au retour des nationalités que l’on voulait justement estomper, tel est l’enjeu fondamental, qui bien évidemment, dépasse le champ de la stricte économicité. (contreinfo.info du 24/02/09).

Quelle est l'ampleur réelle de la récession en Europe ?

Aux Etats-Unis, les comptes trimestriels sont toujours présentés « en rythme annuel » : - 6,2%, cela mesure l’ampleur qu’atteindrait la récession si elle se poursuivait durant un an sur la même pente qu’au quatrième trimestre de 2008. Cette présentation accentue considérablement les mouvements. En Europe, on compare les résultats d’un trimestre à ceux du trimestre précédent. -1,2%, cela mesure la contraction de la production française du troisième au quatrième trimestre de 2008. Le chiffre publié est moins spectaculaire, mais la contraction qu’il reflète n’en est guère moins forte. Si les statistiques américaines étaient présentées de la même manièe qu'en Europe, du troisième au quatrième trimestre de 2008, le PIB des Etats-Unis en volume a diminué de 11.712,4 à 11.525,0 milliards de dollars (1). Il s’est donc contracté de 1,6%. La France a certes fait un peu moins mal, mais l’Italie (-1,8%) et surtout l’Allemagne (-2,1%) ont fait bien pis. Et si l’on présente les statistiques européennes à la façon des Etats-Unis, l’amplification joue à plein. En rythme annuel, le PIB français a diminué de 4,8% au quatrième trimestre, le PIB italien de 7,4% et le PIB allemand de 8,5%.

La comparaison n’est pas à l’avantage de l’Europe, et surtout pas de la zone Euro. Or la plupart des pays d’Europe continentale partaient de plus bas, voire de beaucoup plus bas que les Etats-Unis, qui ont bénéficié depuis 2000 de politiques monétaire et budgétaire expansives. Le plan Obama jugé Timoré par Krugman dépasse 5% du PIB en 2009. Le plan de relance britannique atteint péniblement 1,3 % du PIB, selon l’OFCE. En France (0,8%), en Allemagne (0,4%) et surtout en Italie (entre zéro et 0,1%) les réponses des gouvernements sont jusqu’à présent dérisoires.(lemonde.fr du 01/03/09).

Pour sortir de l'impasse, les Etats du monde entier, à défaut leurs peuples respectifs, doivent refuser et s'opposer à la dictature et l'imposture de l'absolutisme et de l'unilatéralisme, si tant soit peu, ils souhaitent reconstruire l'économie mondiale sur des bases saines pour longtemps, sans protectionnisme, mais également sans actifs toxiques.

Le rapport que publie la Réserve fédérale sur les « flux de fonds », révèle que l’en cours de l’ensemble du système de crédit (financier et non financier) totalisait 18 475 milliards fin 1995. À la fin de 2007, ce chiffre s’était enflé à 49 882 milliards, soit une croissance de 170% en seulement 12 ans. Au cours de cette même période, la dette des ménages augmentait de 184% pour passer à 8 959 milliards, la dette des entreprises s’était accrue de 130%, à 3 832 milliards, et les emprunts de l’État Fédéral et des autorités locales avait cru de 109%, totalisant 2 192 milliards. La dette Fédérale avait « seulement » augmenté de 41%, s’établissant à 5 122 milliards. Les actifs américains détenus par l’étranger avaient augmenté de 365%, et représentaient 16 048 milliards. Bien que sensiblement inférieur à la croissance du crédit, le PIB a cependant augmenté de 87% durant cette période. Au cours de cette période de 12 ans, les recettes fédérales ont augmenté de 88% (passant à 2 651 milliards) et celles des Etats de l’Union de 92% (à 1 903 milliards).

Cette composante cruciale du boom inflationniste a induit une augmentation de la croissance des dépenses de l’Etat Fédéral de 80% et des Etats de l’Union de 93%. Le budget prévoit que les dépenses du gouvernement fédéral cette année approcheront les 4 000 milliards, alors qu’elles n’étaient que de 1 600 milliards en 1995. Il est prévu que le déficit fédéral atteigne 3 000 milliards sur les deux exercices 2009 et 2010. Cela équivaudrait à une augmentation de 60% de la dette fédérale en deux ans seulement. La politique menée est non "keynésiste", et plutôt "inflationniste", en fait une tentative désespérée pour regonfler le prix des actifs, les revenus, les chiffres d’affaires, les recettes du gouvernement, et la « production » économique. Il y a eu beaucoup d’épisodes malheureux comparables à travers l’histoire, mais je n’en connais aucun qui ait produit des résultats positifs. L’administration a alloué un budget de 750 milliards supplémentaires pour le renflouement du secteur financier. Or selon la FED, entre 1996 et 2007, le total de la dette hypothécaire a augmenté de 220%, passant à 10 061 milliards. Le total des titres émis par les GSE a triplé, passant à 7 397 milliards. Le marché des titres adossés à un actif (ABS) s’est enflé de 580%, à 4 500 milliards. Au cours de cette période de 12 ans, les actifs des banques ont augmenté de 150%, totalisant 11 1940 milliards. Les actifs des banques d’affaires ont bondi de 440%, à 3 100 milliards. En 12 ans, le total des emprunts du secteur financier s’est accru de 300%, et atteint 16 900 milliards - donnant naissance dans le même temps à un marché du crédit et de la liquidité « junks » et détachés des marchés d’actifs et de l’économie réelle des USA.

A l’heure actuelle, le secteur financier, profondément dysfonctionnel, est incapable de répondre au besoin de crédit du système. Cette situation signifie que la dette hypothécaire avait augmenté de 188 milliards en 1995, comparativement à une croissance de 1 437 milliards en 2005, 1 410 milliards en 2006, et 1 098 milliards en 2007. Le total des titres émis par les GSE avait augmenté de 98 milliards en 1995, comparativement à une croissance de 609 milliards en 2008. Le marché des ABS a progressé de 127 milliards en 1995, mais de 725 milliards en 2005 et de 808 milliards en 2006. Le total du crédit bancaire avait augmenté de 273 milliards en 1995, comparativement aux 788 milliards de 2007 et 1 294 milliards de 2008. Les actifs des banques d’affaires avaient cru de 113 milliards en 1995 et ne représentant qu’une petite fraction des 615 milliards d’augmentation de 2007. De plus, entre 1996 et 2007, les revenus ont augmenté de 90%, passant à 12 271 milliards. La rémunération des employés a bondi de 86%, totalisant 7 812 milliards. En douze ans seulement, le patrimoine des ménages s’est accru de 43 685 milliards, soit 133%, pour atteindre 76 549 milliards. Malgré une hausse spectaculaire de l’endettement des ménages de 185%, pour un total de 14 379 milliards, la valeur nette du patrimoine des ménages (l’actif moins le passif) s’est accrue de 34 360 milliards, soit 124%, pour atteindre 62 170 milliards. Fait important, cette inflation massive du sentiment de richesse durant ces années a grandement influé sur le niveau et la structure des dépenses dans l’ensemble de l’économie réelle.

Cette inflation des patrimoines et des revenus de dimension historique qui a été alimentée par le crédit se trouve au cœur de la profonde inadaptation structurelle de « l’économie des bulles » qui est celle des USA. L’implosion de la « finance de Wall Street » (en particulier l’effondrement de l’activité des banques d’affaires, de la titrisation, et du recours massif à l’effet de levier) a provoqué la disparition de plusieurs bulles, y compris celles des titres adossés à la dette du secteur privé, celle de l’immobilier résidentiel et commercial, celle des actions, et de façon générale, celle du patrimoine des ménages. En réalité, l’éclatement de ces bulles a creusé des trous de plusieurs milliers de milliards de dollars dans les bilans de plusieurs secteurs d’activité. En outre, les schémas de dépenses dans l’ensemble de l’économie ont été modifiés de façon définitive. L’heure des comptes a sonné pour tous ces prêts douteux imprudemment accordés durant des années.

Quelles sont les implications et les conséquences associées à des déficits américains approchant 12% du PIB ? A court et moyen termes ? Ces mesures fiscales et monétaires sans précédent endigueront-elles l’implosion du secteur financier ? Les efforts déployés à Washington pour soutenir l’économie défaillante de la bulle seront-ils efficaces, ou auront-ils plutôt pour effet de retarder seulement un inévitable ajustement structurel ? Les acheteurs de bons du Trésor vont-ils continuer à s’accommoder des politiques de reflation ? Combien de temps le dollar demeurera-t-il relativement stable avec cette croissance massive de crédit non-productif aux États-Unis ? Les milliers de milliards d’augmentation de la dette publique parviendront-ils à ressusciter le marché privé du crédit - ou auront-ils tout simplement pour résultat de détruire la crédibilité de l’ensemble de l’économie ? Nous sommes désormais confrontés à des déficits chiffrés en trillions de dollars.(contreinfo.info du 06/03/09, par Doug Noland, Prudent Bear le 26 février 2009).

Pour Nouriel Roubini, les Américains ont vécu dans une économie de la bulle à la Madoff et Ponzi depuis une décennie, voire plus. Madoff est le reflet de l’économie américaine et de ses agents endettés à l’excès : un château de cartes bâti à coup d’effet de levier sur effet de levier par les ménages, le secteur de la finance et les entreprises, et qui s’écroule, désormais. Lorsqu’on a aucun apport initial lors de l’achat d’une maison, que le capital investi est nul, l’effet de levier est littéralement infini. C’est un jeu semblable aux pyramides de Ponzi. Et la banque qui a accordé sans apport initial à un NINJA (une personne sans revenu, sans emploi et sans apport) un prêt sans aucun remboursement du principal pendant un certain temps, avec un amortissement négatif et un taux initial incitatif, jouait elle aussi un jeu à la Ponzi. Et les fonds d’investissement qui ont réalisé pour plus de 1000 milliards d’opérations de Leverage Buy Out durant ces dernières années avec un ratio dette sur bénéfice de 10 ou plus étaient également des entreprises Ponzi jouant un jeu à la Ponzi. Un gouvernement qui émet des milliers de milliards de dollars de nouvelles dettes pour régler la facture de cette grave récession et pour socialiser les pertes du privé peut risquer de devenir un gouvernement à la Ponzi s’il ne revient pas à moyen terme à la discipline budgétaire et à un niveau de dette soutenable. Un pays qui a depuis plus de 25 ans dépensé plus que ses revenus, qui a connu une litanie sans fin d’années de déficit de sa balance courante, qui est de la sorte devenu le plus grand pays débiteur envers l’étranger au monde (avec une dette extérieure nette pour l’année qui pourrait dépasser les 3000 milliards) est également un pays à la Ponzi, qui pourrait en fin de compte faire défaut sur sa dette extérieure, s’il ne se serre pas la ceinture avec le temps et ne commence pas à réduire les déficits de la balance courante et ne dégage pas des excédents commerciaux réels.

A chaque fois que l’on persiste à consommer plus que son revenu, année après année (tel un ménage avec une épargne négative, un gouvernement avec un déficit budgétaire, une entreprise ou un établissement financier faisant des pertes répétées, un pays avec un déficit de sa balance extérieure), on s’adonne à ce jeu à la Ponzi. Dans le jargon de l’économie on dit qu’on échoue à satisfaire aux contraintes budgétaires inter-temporelles quand on emprunte pour financer le remboursement des intérêts sur la dette antérieure. On est alors entré dans une dynamique de dette insoutenable qui conduit finalement à la faillite pure et simple. Selon Minsky et selon la théorie économique les agents de type Ponzi (ménages, entreprises, banques) sont ceux qui doivent emprunter encore pour pouvoir rembourser tant le principal que les intérêts de leur dette. Ceux que Minsky appelle les « emprunteurs Ponzi » ne peuvent honorer ni leurs intérêts ni le principal. Ils sont surnommés ainsi car ils ont besoin d’une augmentation continue des prix des actifs dans lesquels ils ont investi pour être à même de continuer à refinancer leur dette. Selon cette norme les ménages américains moyens dont le pourcentage d’endettement par rapport au revenu est passé de 65% il y a 15 ans à 100% en 2000 puis à 135% aujourd’hui, jouaient un jeu à la Ponzi. Et une économie où la dette totale par rapport au PIB (des ménages, et des entreprises y compris financières) est de 350% est une économie folle à la « Made-Off » et Ponzi. Aujourd’hui où le prix des biens immobiliers a baissé de 20% et tombera encore de 20% avant d’atteindre son point bas et que le cours des actions a chuté de plus de 50% (et pourrait encore diminuer) espérer transformer les maisons des distributeurs automatique de billet et emprunter pour financer une consommation à la Ponzi n’est désormais plus possible.

La fête est finie pour les ménages, les banques et les sociétés pratiquant un fort effet de levier. L’éclatement de la bulle immobilière, de la bulle des actions, de la bulle des hedge funds et de la bulle des fonds d’investissement montre que la plupart de la « richesse » qui soutenait ces effets de levier massifs et la surconsommation des agents économique n’était qu’une fausse richesse basée sur des bulles ; maintenant que ces bulles ont éclaté, il est clair que le roi est nu et que nous sommes ce roi nu. La marée montante des bulles dissimulait le fait que la plupart des américains et de leurs banques nageaient nu. L’éclatement de la bulle, avec la marée basse, révèle quels sont ceux qui étaient nus. Les ménages américains, les entreprises - de la finance ou non- et le gouvernement passeront la prochaine génération dans cette prison qu’est l’endettement et avoir à se serrer la ceinture pour régler les pertes causées par une décennie ou plus d’effet de levier insouciant, de surconsommation et de prise de risques. (contreinfo.info du 12/03/09).

L'encours total des prêts revolving aux particuliers a plus que doublé aux Etats-Unis depuis 1996, pour atteindre près de 1 000 milliards de dollars, mais dans le même temps, leurs revenus ont stagné. Le salaire moyen n’a progressé que de 4% depuis 1999. Entre 2001 et 2006, la hausse de 80% du prix de la pierre a permis aux ménages américains de souscrire pour 250 milliards de dollars de crédits revolving supplémentaires. Mais lorsque l’immobilier s’est retourné en juin 2006, le système s’est écroulé comme un château de cartes. Avec la crise, les taux de défaut de paiement sur les cartes de crédits explosent : 25 milliards de dollars en 2007, le double en 2008 et au moins 100 milliards en 2009. Avec la crise, les taux de défaut de paiement sur les cartes de crédits explosent : 25 milliards de dollars en 2007, le double en 2008 et au moins 100 milliards cette année. L’indice Fitch Credit Card publié mardi 17 mars 2009 fait apparaître un taux d’impayés au bout de 60 jours qui a atteint 4,04%, après 3,75% en décembre 2008. Cet indice a bondi de près d’un quart de janvier à mars 2009. A elles seules, JPMorgan Chase, Bank of America et Citigroup totaliseraient 330 milliards d’encours. Bank of America a annoncé, le 6 octobre 2008, une perte de 2,1 milliards d’euros sur cette division. Même American Express, un prêteur pourtant réputé élitiste, a annoncé un chiffre de 8,7% en février 2009, contre 8,3% en janvier 2009.

Citigroup, l’un des plus grands émetteurs de cartes MasterCard, a vu son taux de défaut de paiement bondir à 9,33% en février 2009, contre 6,95% en janvier 2009. Les banques ont titrisé pour la majeure partie cette dette (70% selon le cabinet d’étude Innovest). Et sentant le vent tourner, elles ont durci les conditions d’accès au crédit. Et de plus en plus de dettes de consommateurs ont été passées dans la catégorie des créances douteuses. Le chômage constitue le principal facteur d’augmentation des défauts de paiement. De plus, si les ménages ne peuvent plus payer, ils risquent d’être placés en faillite personnelle. Selon le professeur Manning plus de 20% des ménages américains frôlent le surendettement. American Express (AMEX) a vu la part de son encours de crédit non remboursée au bout de 60 jours monter de 4,7% au 31 décembre 2008 à 5,1% au 31 janvier 2009, et 5,3% au 28 février 2009. Les sommes provisionnées pour faire face à cette évolution sont passées en deux mois de 7,5% à 8,7% de l'encours. L'encours a lui-même chuté de 9,8% sur ces deux mois, passant de 32,7 milliards de dollars à 29,5 milliards. (jdf.com du 18/03/09, fr.news.yahoo.com du 17/03/09).

Les origines de la théorie

La Relativité économique générale est une théorie évolutive qui se fond dans la masse, toujours reliée à sa source d'inspiration, elle est donc complètée par diverses analyses concordantes :

L'origine réelle de l'Etat

Le cycle de vie des entités

L'apparition, une énigme

Le relativisme économique

La pensée perverse inopportune

Le grand chambardement

Un syndrôme puissant ignoré

La force de frappe de Washington

La crise économique ouverte au début des années soixante-dix a été l'élément révélateur, et le début de la remise en cause des politiques macro-conjoncturelles d'inspiration keynésienne, les "grands" économistes fustigeant cette théorie en lui faisant porter le fardeau de l'échec des politiques économiques. Le bouc émissaire idéal. Un pouvoir consensuel aux Etats-Unis, détenu par certains organismes internationaux en accord avec les moeurs politiques et économiques locales, installées à Washington s'empara du pouvoir économique, pour régler semble-t-il les difficultés économiques qui s'imposaient. Ils prirent des mesures qui selon eux, devaient conduire vers une croissance saine, créatrice d'emplois, sans inflation ; et pour y parvenir, il fallait opter pour une nouvelle organisation de l'économie en instituant un marché purement concurrentiel, tout en minorant à sa plus simple expression l'action de l'Etat au détriment de la plus grande masse des populations et de la pauvreté galopante.

La raison invoquée était que cette intervention atypique était nécessaire pour résoudre plutard les difficultés de la plus grande majorité aux Etats-Unis et sur la planète. C'est l'instant crucial qu'attendaient impatiemment certaines forces du marché pour agir, et c'est à ce moment là que le monétarisme se fraya une brèche pour s'engouffrer et occuper un terrain vacant, d'abord dans les domaines des relations monétaires internationales avec le flottement des monnaies, ensuite par la politique monétaire interne. Cette dernière soutenait qu'un pays pouvait tirer sa croissance en spéculant sur sa monnaie, laissant à la traîne les investissements productifs du système économique réel, c'est pendant cette même période qu'on a poussé au développement rapide des banques jusqu'à leur internationalisation. La monnaie et le taux d'intérêt devenant alors des armes secrètes, efficaces dans la maîtrise complète des aléas engendrés par l'interpénétration et l'interconnection des économies nationales, en somme, la mondialisation. Le piège de la dette est que l'argent prêté à des taux d'intérêt excessifs n'est souvent pas rémunérateur à l'intérieur des nations emprunteuses, compte tenu du mode de développement et du type de production engagés dans ces dernières. Les pays emprunteurs étaient obligés de payer leurs charges financières non pas sur leur survaleur créée, mais sur les valeurs possédées semi-reproductibles qui se réduisent en peau de chagrin chaque fois qu'elles se consument à petit feu, c'est la raison pour laquelle ils interrompent le calendrier de paiement et s'arrêtent d'honorer leurs engagements, et il devenait impossible de payer rien que les intérêts des dettes contractées. Le vice est poussé plus loin même dans les structures internationales sophistiquées de l'économie mondiale, où des mécanismes d'appoint ont été mises en place pour destructurer les économies émergentes. L'exemple précis des krachs boursiers ayant fait vaciller les monnaies des économies asiatiques, de la Russie et du Brésil en fin de millénaire a montré que la mondialisation avantageait certains types d'économies, et qu'à tout moment le plus fort pouvait faire flancher ou vaciller le plus faible selon ses désirs par marché interposé. Cette arme est redoutable pour les pays du tiers monde ou d'autres économies en instance de restructuration.

Sous prétexte d'assainissement et de redressement économique, on a institué dans toutes les parties du monde la mondialisation de tous les actes économiques et monétaires. Ensuite, une discipline de fer sur les lignes budgétaires et fiscales qui avaient paraît-on pour objectif principal une grande cure pour purifier le marché des démons qui l'ensorcelaient, ce qui nécessita une réduction drastique des dépenses publiques, une libéralisation des échanges et des marchés financiers et des privatisations à un rythme effréné. Donc un renforcement de la déréglementation et de la dérégulation qui prit à contre courant les précépts keynésiens "caducs". Le résultat obtenu laisse perplexe et déboussole tout observateur honnête et avisé. Non seulement que l'économie bénéficiaire par excellence de cette aventure insidueuse est celle du pays leader qui semble-t-il volait de succès en succès, mais les autres éblouis par cette subite reprise en main avaient à leur tour emboîter le pas pour réaliser le "rêve", alors que les pays emprunteurs dans leur grande majorité piaffaient.

Ultralibéralisme stratégique !

Le libéralisme Reaganien avait pour support théorique un mélange savamment orchestré de monétarisme Friedmanien, de précepts hayékiens, et de la théorie de l'offre. Il avait pour but de réduire totalement le rôle de l'Etat. Sa mise en oeuvre permit aux Etats-Unis dans un premier temps entre 1983 et 1984 d'accélérer fortement sa croissance économique, de réduire le chômage, d'avoir nettement fait reculer l'inflation, d'avoir ramener l'espérance de relance auprès des agents économiques et une transformation en profondeur s'amorça sous la houlette et l'impulsion de l'Etat. C'est l'ultime tentative de donner au "marché pur" un nouveau souffle sous le regard complice de l'Etat, mais contrairement aux attentes, les résultats obtenus furent inversés, la facture collective s'alourdie, et la politique se solda par des augmentations vertigineuses des déficit commercial et budgétaire, de la dette publique et de sa charge. La dette extérieure s'accrut davantage, dépassant celle des pays du tiers monde réunie. Au début des années 80, la dette extérieure de la nation américaine n'existait pas, puis en 1998, elle avait atteint deux milliards de dollars et a dépassé les onze milliards de dollars en 2009. C'est la période où les Etats-Unis n'ont pas respecté le paiement des cotisations aux organismes internationaux. Et la fracture sociale s'accrut davantage.

Les Etats-Unis sortaient d'une torpeur, la perte du leadership qualitatif et technologique détenu depuis des lustres et des décennies, en découvrant que le Japon avait escaladé une à une les marches qui conduisaient à la pointe du progrès sans trébucher ; le Japon détenait de fait la première place dans le domaine de la gestion, la productivité, la qualité et la maîtrise des procès et coûts de production. Cette situation fit dire aux spécialistes américains que leur nation courait un danger mortel à se laisser distancer. Si bien qu'au plus fort de la crise, ils cogitèrent laborieusement pour trouver une parade. Ainsi, au lieu d'attaquer de manière frontale comme le font les grandes armées, pour ne pas éveiller la suspicion et susciter une contre-contre-attaque ouverte en bonne et due forme, les Etats-Unis retinrent une des leçons de la maîtrise technologique par l'Union Soviétique, ils préférèrent adopter la stratégie de la mue, plus feutrée, mais efficace à l'échelle nationale et fédérale en ne dévoilant pas aussitôt ses plans, utilisant la méthode d'attaques ciblées empruntées à la guérilla, repérées, conquises et intériorisées lors de multiples interventions militaires dans le monde, pour ne pas être repéré, fauché ou pris de court par l'ennemi, c'est-à-dire placer et mener le combat sur tous les fronts avec une extrême mobilité, simultanément dans les industries traditionnelles, les industries de pointe et les services, la conquête du terrain perdu sur tous les secteurs de la vie économique. Ce combat de géant fut mené avec le clin d'oeil de toute la nation, sans déclaration de guerre, de façon concertées entre les villes, les régions, les Etats et le gouvernement fédéral, regroupant chaque fois les partenaires économiques, sociaux, culturels et politiques pour définir des actions ponctuelles.

Malgré les faiblesses managériales de l'équipe Reaganienne habituée aux actions de grande envergure, quelques résultats ne se firent pas attendre : ralentissement du rythme de fermeture d'usines et des délocalisations, relance de la recherche et de l'investissement et localisation des marchés spécifiques à conquérir. Pour ne pas se laisser surprendre par les événements lors des grands changements prévus, les multinationales adoptèrent la tactique du caméléon, celle de prendre les couleurs de l'environnement immédiat. Elles expédièrent des équipes d'observation et d'études dans les pays concurrents, ce qui leur permit de conclure que toutes les technologies exploitées ailleurs se trouvaient aux Etats-Unis, et que le mal-être américain se situait au niveau des méthodes d'organisation du travail, de gestion de la production et du personnel, ainsi qu'au sein des relations entre l'ensemble des acteurs générant la survaleur. Ils ont donc par déduction recommandé la généralisation de l'automatisation qui favoriserait le développement des systèmes flexibles et programmables et l'introduction de nouvelles relations sociales qui induiraient l'instauration de relations flexibles entre la hiérarchie et le corps social au sein des entités économiques.

Cette stratégie de réveil sortant d'un profond sommeil, initia la contre-attaque américaine contre l'économie japonaise privilégiant les mutations en profondeur dans les méthodes de conception, de production et de gestion en utilisant des technologies avancées et une main d'oeuvre mieux formée, plus flexible, sophistiquée et participative, dont l'objectif annoncé était de créer des espaces ouverts d'innovativité, de perfectibilité, d'adaptabilité, de rétroactivité et de fertilité immaginationnelle, afin de pousser le système à devenir plus compétitif, offensif, excellent et leader par le biais de la communication et des nouvelles technologies, des marchés financiers et boursiers et de la mondialisation absolue. Cependant, les pesanteurs des conservatismes de l'époque s'appuyant sur la culture politique traditionnelle et universitaire dominantes, n'avaient pas permis le dépassement de soi et la mise en route parfaite de la mécanique enclenchée.

Une nouvelle vision stratégique ?

Sous Georges Bush (père), la poursuite des choix stratégiques précédents sans une vision claire malgré quelques succès timorés ici et là, fit quelques temps encore brouiller le tableau de bord de la navette lunaire, il aura fallu attendre l'arrivée de Bill Clinton, à la tête des Etats-Unis pour débloquer les commandes du système de pilotage encombré de contradictions de toutes sortes, et que la machine économique s'engraisse, se déverrouille et s'emballe. Cela fut possible grâce à une mobilisation exceptionnelle de tous les acteurs et activistes de la société et à un volontarisme étatique sans faille, tant au niveau local que fédéral, inégalé jusqu'alors dans une Amérique "ultra-capitaliste" regorgée de théoriciens du marché pur et dur, qui ne se génèrent pas de regarder l'Etat donner un coup de fouet conséquent au mécanisme de fonctionnement du marché pur et de l'activité.

Dès le début de son mandat, Clinton octroya aux entreprises des aides multiples à l'embauche pour pousser les indécis à s'activer. Le taux de chômage fut ramené dès juillet 1996 à 5,3%, un peu plus de neuf millions d'emplois furent créés pendant cette période, l'inflation ramenée à près de 3%, le taux d'intérêt virevolta autour de 7% et le déficit fut réduit de moitié et ramené à moins de 2% du PIB. Clinton bénéficia certes d'un avantage de taille, un contexte politique et militaire favorable au détriment d'autres puissances planétaires, d'un lit de stratégies dévoyées, mais à son actif, il sut réveiller les forces commerciales et économiques plongées dans un état de somnolence endémique, aidé par Alan Greenspan. Cette embellie fut aussi rendue possible grâce à une monnaie faible qui dopa les exportations et permis la création de nouvelles entreprises, et avec un taux d'intérêt attrayant qui favorisa le drainage en masse des capitaux étrangers, et la relance des investissements fut au rendez-vous, ce qui eut pour effet, des gains de productivité élevés, une compétitivité accrue et la rentabilité fut retrouvée, on est loin des ambitions monétaires démesurées de l'époque reaganienne.

En même temps Clinton veilla à ce que l'appareil d'Etat ne soit pas enroué ou grippé et ne perturbe pas la réalisation des objectifs visés. C'est donc ainsi qu'il eut préventivement "extrait" au sein des services de l'Etat cent soixante mille fonctionnaires et supprima deux mille services administratifs afin de désengorger les canalisations de la lourdeur administrative et de contenir la torpeur étatique. Les Etats-Unis ayant les moyens financiers d'éxécuter une telle politique et de compenser financièrement la reconversion économique des individus choisis. Malgré ces résultats encourageants, nous essaierons avec minutie d'analyser les arrogances engendrées par cette subite croissance, car les promesses faites en 1992 par le candidat Clinton pour une amélioration des conditions sanitaires et sociales n'ont pas été tenues en conformité des promesses électorales ; au contraire pour des besoins de politique intérieure, pour ratisser large et permettre sa réelection, ce dernier épousa certaines thèses républicaines conservatrices qui s'opposaient à ses propositions initiales. Le congrès réclamait toujours une importante réduction d'impôts à la place de la correction d'inégalités sociales ou de réduction de déficit, real-politic oblige.

Dans un premier temps, Clinton s'était couché devant la fronde de Kenneth Starr, venu au secours des républicains malmenés dans les sondages par la popularité du président, l'affaire Monica battant son plein. L'Amerique au lieu de continuer à résoudre dans la séreinité les problèmes de la nation, s'est vu enfermer un moment dans un étau judiciaire improductif, qui pouvait pousser son président à prendre des décisions importantes engageant la vie de la nation un peu à-la-va-vite, pour desserer intempestivement cet étau qui empoisonnait la vie politique et le liait "mains" et "pieds", alors qu'il y avait encore du travail à réaliser efficacement dans le chantier de la réforme. De toute évidence l'activité ne manquait pas, la faillite du système éducatif est un des éléments visibles de l'iceberg qui représentait l'envers du décors, et reflétait la très certaine fracture sociale. La société américaine contenait en son sein près de quatre-vingt-dix millions d'illéttrés en 1997, et parmi eux, beaucoup se vantaient d'avoir été diplômés dans une école publique ; comment ? mystère. Une telle situation dévalorisait automatiquement les titres scolaires ou universitaires issus du secteur public, donnant une prééminence aux diplômes d'établissements privés.

Cette tare était due à l'absence de programme nationaux cohérents et de bonne qualité, une mauvaise formation des professeurs, une pédagogie timorée et inadaptée, un abandon de la puissance publique de ses missions traditionnelles, ce qui provoqua l'inefficacité du système engendré par un laxisme cynique et un modèle de gestion décentralisé qui plaça les régions les plus pauvres dans une situation de faiblesse endémique et embarrassante, ce qui a rongé inéluctablement l'appareil éducatif. Clinton a certes déjà injecté des fonds pour des raisons électorales, il aurait fallu engager des actions correctives de grandes envergure et en profondeur, tant au niveau des services qu'à celui de l'appareil d'Etat, dont la tâche principale aurait pu être de dégager les causes principales de dysfonctionnement afin de cibler les actions correctives et chirurgicales à effectuer. Pourtant le budget affecté à ce secteur aux Etats-Unis était parmi les plus élevés du monde rapporté au revenu national, il représentait 6,5% du PIB en 1981 et 7,6% en 1995. Pendant cette période, 15% de la population américaine n'avait pas de couverture sociale.

Le programme de Clinton sur le desserrement de la pression exercée sur la contrainte sociale était urgent, compte tenu de l'augmentation nette des inégalités sociales, car l'écart du niveau de vie entre les différentes couches sociales s'était davantage creusé. Environ 1,5% d'adultes américains moisissaient en prison et le taux de chômage de la jeunesse noire était deux fois plus élevé que celui des blancs. En outre, la croissance économique non stabilisée accroissait les risques de précarité de l'emploi, les catégories sociales bénéficiaient de l'embellie de façon inégale, la plupart des emplois créés étaient soit des missions d'intérim, soit des contrats à durée déterminée. Les couches sociales les plus touchés étaient les ouvriers, les employés, et les cadres. Seules 20% des familles les plus riches des Etats-Unis ont trinqué à grande pompe, car 97% des 10% d'augmentation du revenu des ménages entre 1979 et 1994 sont tombés directement dans leur bourse.

D'après les informations trouvées sur le site internet alterinfo.net le douze mars 2009, la dernière étude du Pew Center montre qu'un résident états-unien sur 31 est actuellement sous probation judiciaire ou incarcéré. C'est le plus fort taux de population pénale dans le monde, loin devant les États que Washington qualifie de dictatures. Une situation qui a commencé à se développer au début des années 80, sous la présidence de Ronald Reagan. Depuis cette période, la population pénale a triplé en 25 ans. Elle représente 1 femme sur 89 et 1 homme sur 18 dont 1 blanc sur 45, 1 hispanique sur 27 et 1 noir sur 11. Comme au Goulag soviétique, le système pénal états-unien est devenu un pilier de l’économie. Le service pénal représente une dépense publique importante (répartie entre les différents échelons administratifs), mais la plupart des établissements pénitentiaires sont gérés par de prospères sociétés privées, cotées en bourse, qui exploitent les détenus en tant que main d’œuvre servile, au sens où ce terme est défini par les conventions internationales.

Les stratégies fagocitantes

La période Reaganienne se distingue aussi foncièrement de celle de Clinton au niveau de la détermination du taux d'imposition, car avant la prise du pouvoir avant Reagan, il eut une différence notoire entre l'imposition des riches et des pauvres. Sous Nixon et Richard Ford, les taux d'imposition en Amérique furent faibles pour les pauvres et un peu plus élevé pour les riches et ceux des entreprises étaient fonction des bénéfices dégagés par leur activité, l'impôt fut donc relativement fonction du revenu. Reagan annula cette disposition parce qu'il était fanatique de la thérorie de l'ultralibéralisme, à cause surtout de Jimmy Carter, il ramena l'imposition à un taux unique.

Ce choix fut fatal à l'économie américaine, car il entraîna l'explosion des dettes extérieure et intérieure, le déficit budgétaire s'accrut aussi à cause d'une baisse sensible des recettes fiscales : la réduction du taux d'imposition des personnes physiques fut de 23%, et les entreprises bénéficièrent d'une réduction substantielle de l'impôt sur les sociétés ; on prédit alors une diminution des recettes fédérales au détriment d'une augmentation des dépenses militaires ; on instaura un vaste programme de déréglementation et on restaura un dollar fort, mais le ralentissement des dépenses sociales prévu furent plus difficile à mette en oeuvre, et à cause de l'augmentation des taux d'intérêt, la charge de la dette publique fut encore plus lourde à supporter, ce qui fit que les dépenses fédérales dépassèrent les limites prévues et les recettes ne vinrent pas au rendez-vous fixé.

La montée très importantes du dollar contre les autres monnaies, fit logiquement faiblir la compétitivité américaine en déprimant le volume des exportations, et le déficit du commerce extérieur se creusa massivement ; des pans entiers de l'économie se trouvèrent ruinés ; la conséquence immédiate fut la réduction de l'effort individuel et collectif ; l'agent économique prenant moins de risques, et les décideurs ne recherchèrent plus l'efficacité ou l'amélioration de la qualité, ils se contentèrent de gains faciles issus de la réduction d'impôts et choisirent d'investir en bourse, ce qui déprima encore plus l'activité et entraîna la morosité sociale pendant longtemps.

Ce choix fut aussi motivé par le fait que Reagan ne supporta pas la perte de crédit de la puissance américaine, qui lors de la guerre du Vietnam et d'une expédition en Iran pour délivrer les otages américains sous Carter échouèrent. Pour éviter le déclin et semble-t-il la dérision, il fallut lancer des actions d'envergure afin de redorer le blason et l'honneur. Il choisit donc d'engager plusieurs combats en même temps sur les plans politique, économique et militaire. Certains connurent le succès que l'on sait, d'autres plus économiques, préparèrent le terrain, mais ne fournirent pas les résultats escomptés. L'action sociale n'avait point de valeur à ses yeux, l'ultra-libéralisme et le monétarisme ayant conconcté les ingrédients nécessaires pour l'éviter au maximum. A son actif, Reagan a tout au moins appris au monde qu'une action offensive est payante politiquement si l'on sait placer des leurres aux bons endroits.

Le Japon est la deuxième puissance économique mondiale, son PIB équivalait à cette époque à la réunion de ceux de l'Allemagne, la Grande Bretagne et la France, et son revenu moyen par habitant avait effectué un bon foudroyant en progressant de 56% entre 1989 et 1996 dépassant de 30% celui des Etats-Unis. Le pays détenait plus d'un tiers de l'épargne mondiale et les plus importantes reserves de devises mondiales, estimées à deux cent milliards de dollars. C'était le premier créditeur de la planète avec des actifs avoisinant les neuf cent milliards de dollars. Malgré ces nombreux atouts, des erreurs stratégiques furent commises dans la foulée de la poursuite de l'euphorie économique du miracle japonais. Car l'excès de confiance poussa les banques dans les années quatre-vingt à prêter excessivement. L'abondance du crédit provoqua l'envolée de la bourse et des prix de l'immobilier, et encouragea les ménages et les entreprises à accroître leurs besoins monétaires en s'endettant exagérément. La conséquence immédiate fut l'apparition des bulles financière et immobilière, ce qui poussa la Banque centrale à réagir brutalement au début des années quatre-vingt-dix en augmentant ses taux directeurs, les bulles explosèrent, ce qui fit perdre à la bourse la moitié de sa valeur, le secteur immobilier perdit en moyennne 70% de sa valeur.

Ainsi, cette situation poussa les banques à recadrer drastiquement leurs politiques de crédit, ce qui entraîna en cascade une multitude de faillites de petites et moyennes entreprises. Pendant cette période le Japon n'a pas baissé les bras, le pays a dépensé plus de cinq cent soixante-quinze milliards de dollars et conçu au moins une dizaine de plans de redressement pour relancer la machine économique. Les populations ont goûté à l'époque l'angoisse que connaissent les autres pays en temps de crise, la confiance en l'avenir s'était envolée, elles épargnaient plus et consommaient peu. Vu son poids économique et son rôle au niveau planétaire, les effets se répandirent comme une trainée de poudre dans le reste du monde à cause de l'intrepénétration et de l'internationalisation des marchés financiers et de la mondialisation désordonnée des économies.

D'autres acteurs économiques ont entre temps émergé, en septembre 2008, la Chine qui devient désormais le numéro trois en termes de PIB, a détrôné le Japon en occupant le rang de premier créancier des Etats-Unis et en décembre 2008, elle poddédait 696 milliards de dollars de bons du Trésor.

L'ultralibéralisme, un non gage

Clinton ne rompit pas totalement avec cette pratique risquée mais s'en éloigna considérablement, parce qu'elle fut inéluctablement destructrice d'emplois et inexorablement réductrice d'activité et de richesse. Clinton a bénéficié de conditions politiques favorables laissées par ses prédécesseurs et a renforcé le rôle éclairé de l'Etat : la disparition de l'Union Soviétique qui a permis de diriger les efforts humains, financiers et matériels ailleurs que dans l'armement stratégique, le développement fulgurant de la Bourse de Wall Street, dont la valeur boursière aura été multipliée par deux entre 1996 et 1999, et dont les gains ont totalement bénéficié à certaines couches privilégiées de la population américaine et aux fonds de pension, les autres ayant recueilli quelques retombées.

Le revenu des ménages s'étant accru de quarante pour cent, malgré la persistance de distorsions d'affectation et de répartition observées depuis son premier mandat, et les riches devenant encore plus riches ; l'Amérique ayant acquis une avance technologique et industrielle de taille, occasionnée par le génie créateur de ses cadres et scientifiques, une politique volontariste d'acceuil des cerveaux venus d'ailleurs plus offensive que celle de la France par exemple, et l'espionnage économique, scientifique et technologique auprès de pays alliés, un dynamisme commercial offensif taillé sur mesure, ce qui fait que tout en protégeant ses concepts, inventions, et découvertes scientifiques et technologiques, il a accès aux technologies des autres nations ; autre raison, la mondialisation de l'économie à très grande vitesse profite aux rentiers américains, à cause de l'emprise que leur pays a sur l'économie mondiale, domination qui ressemble étrangement à un hégémonisme cadencé et rythmé à la musique yankee. Les nouvelles technologies de l'information et de la communication ont permis aux américains de faire des gains substantiels, avec au départ de faibles investissements, ce qui a accru bien sûr le niveau de vie et le bien être général. La participation des technologies de l'information à la croissance nationale est de 40% alors que son poids dans l'économie à l'époque n'est que de 10%.

C'est la première fois que les Etats-Unis prévoient un excédent budgétaire immense sur de très longues périodes. Cette subite réussite qui a commencé au début des années quatre-vingt-dix, s'étalant sur plus de neuf ans a accru l'hégémonie à partir de la culture, des moeurs politiques et du mode de vie sur le reste du monde qu'ils exportent facilement, imprimant leurs marques et leur modèle de développement dans le subconscient collectif mondial, imposant ses vues et ses méthodes de gestion dans un fatalisme ambiant asceptisé. Certains pays épatés et éblouis par cette embellie économique et financière ont même adopté le dollar comme monnaie locale, abandonnant du même coup leurs prérogatives nationales de battage et d'émission de monnaie. En fait une fuite en avant qui ne peut être efficace et éternelle. En quelque sorte, ils ont cherché à contourner une difficculté au lieu de déployer tous les talents pour trouver des remèdes adaptés. Or, toute situation dont on évite de rechercher immédiatement la solution, à cause des barrières et des embûches qui se sont présentées se complique toujours, et la difficulté à trouver remède s'accroît encore plus. Nous disons donc que la difficulté est un mutant qui fortifie sa carapace au fur et à mesure que le temps s'égrenne. Ces pays ont sans doute été attirés par la relative vigueur du taux de change du dollar et sa relative résistance aux attaques, car le dollar se portait assez bien, même l'euro qui était récemment créé n'était pas encore de taille à faire le poids, se dépréciant et fluctuant beaucoup par rapport au dollar. La dépréciation de l'euro dopait les exportations de l'Union européenne, mais réduisait en même temps l'image de marque de la nouvelle monnaie, dont l'objectif était de stabiliser les économies des pays membres.

En réalité, une nouvelle monnaie ne pouvait pas se permettre d'avoir à ses portes une guerre, parce que si elle perdurait, elle était susceptible de ruiner les espoirs portés sur elle, et donc de rompre inopinément la poursuite des efforts engagés depuis de nombreuses années. A l'époque, Romano Prodi avait sous entendu sortir l'Italie de la zone euro, même si aussitôt, il avait rectifié ses propos. La plupart des Banques centrales mondiales cherchaient des monnaies refuges en faisant des réserves dans les monnaies les plus sûres, c'est-à-dire celles dont la valeur des marchés influait sur les cours, gonflait les gains et gageait l'avenir ; pendant la première moitié de l'année 1999 au moins la moitié des réserves en devises des banques centrales se sont faits en dollar. Le deuxième mandat de Clinton a été porteur d'espoirs, car à son début, le taux de chômage était de 4,2% de la population active, soit un gain de plus d'un point depuis 1997. C'était le niveau le plus bas depuis 1969 et l'inflation n'était pas agressive, ce qui avait à l'époque déjoué les prévisions énoncées par la courbe de Philips qui lie les variations des taux de chômage et d'inflation de façon inverse, c'est-à-dire quand l'un augmente, l'autre diminue. Les experts avaient prévu une croissance supérieure à 4% en fin d'année 1999, alors qu'elle était en moyenne de 3,8% les trois dernières années. Cependant, l'absence de précautions a induit un risque de surchauffe au sein de la bulle financière qui ne cessait de grossir pour atteindre plus tard le point le plus culminant. L'alerte avait été donnée en juillet 1999 quand les marchés financiers s'étaient affolés, le taux de croissance avait baissé à 2,3%. A l'époque nous écrivions ceci dans la relativité économique : si l'Amérique n'y prend garde du fait des revenus trop importants obtenus grâce au loyer de l'argent et l'avance pris sur les technologies de l'information, et à cause de la faiblesse des capitaux propres aux entreprises, provoquée par l'endettement accéléré des ménages qui ont sacrifié leur épargne de précaution pour une consommation effrenée, le système courait un risque de disjonction. Car l'avantage selon nous, dont bénéficiait les Etats-Unis était circonstanciel quelque soit le temps que durerait l'aventure. Cet avantage ne reposait pas essentiellement sur des facteurs probants, et nettement irréversibles, et n'étaient pas assises sur le secteur productif proprement dit, même si ce dernier paraissait de plus en plus incisif, la majeure partie de l'emploi créé était précaire, dans le secteur des technologies de l'information, un secteur où le pays dominait encore avec insolence, aidé par le secteur financier pour se structurer en profondeur.

Cependant, la supériorité technologique ou militaire d'un pays leader ne suffit pas pour provoquer le développement économique des nations, dans un monde où chaque individu aspire à plus d'aisance, où les barrières s'amenuisent ou tendent à s'estomper, elle ne pouvait constituer une solution pérenne de conduite des affaires politiques et économiques au niveau mondial. Car dans un premier temps la frilosité induirait la peur de l'affrontement, mais il arriverait un moment où elle s'estomperait lorsque les individus ou les Etats comprendront qu'il vaut mieux lutter pour leur survie que de mourir affamés. L'exploitation de cet avantage ne ferait qu'envénimer un terrain déjà miné, elle ne ferait qu'entraîner des coûts supplémentaires, de l'incompréhension et des dysfonctionnements croissants, à cause des interférences croissantes et coûteuses des affaires politiques dans le fonctionnement de l'économie, dispersant ainsi les énergies et éclatant les synergies potentielles. Les autorités doivent intervenir sur le fonctionnement de l'économie pour corriger les dysfonctionnements du marché, mais elles ne doivent pas insérer des dysfonctionnements aux dysfonctionnements. Qu'elles soient nationales, régionales, supranationales ou mondiales. Il vaut mieux développer des mécanismes de coopération et de gouvernement commun au niveau global et initier une concurrence saine et moins vicieuse que de chercher unilatéralement à occuper éternellement une place dont on est pas certain qu'elle sera gardée. Il est temps pour l'humanité de dépasser les situations mesquines infructueuses conduisant à des confrontations.

Nous soutenions à l'époque qu'il était trop facile et simplificateur d'enterrer des pays comme la Russie et la Chine, même s'il apparaissait que des difficultés sérieuses étaient apparues dans la conduite des équilibres macroéconomiques et dans l'instauration de la croissance. Il était plus prudent d'aider au mieux ces grands pays à maîtriser leurs difficultés que de leur lancer des défis éternels. Car à force de vouloir jouer sur la peur des autres, en faisant valoir la puissance de la force comme moyen de dissuasion, on créerait forcément des frustrations qui devraient resurgir un jour dans le sentiment d'orgueil national, ce qui induirait une prise de conscience, et l'on se heurterait à des résistances collectives farouches de la part des peuples en situation d'oppresion relative. Un avantage technologique est un élément relatif et dissuasif. Pourrait-on parier en 1960 que l'Inde ou le Pakistan maîtriseront la technologie nucléaire ? Pour les êtres humains, rien n'est éternel, toute situation n'est que relative. Il est utile que les nations utilisent les règles de la démocratie sur l'échelle de la planète pour protéger les libertés individuelles, et non à chercher à avilir ou asservir les autres peuples et nations. Cette remarque est valable pour tous les individus et pays tentés par l'ambition de puissance éffreinée, car toute vélléité de puissance qui ignore la raison est vouée à l'échec et entraîne inévitablement la perdition de l'entité qui le drague. Comme l'excès de puissance dérègle les commandes de la sagesse et de la raison, l'on perd en même temps le contrôle et la maîtrise des mécanismes qui la gouvernent ; il est donc recommandé de laisser aux vestiaires l'arrogance et utiliser les règles honnêtes de la concurrence pour conquérir les marchés.

Il faut refuser tout avantage ne provenant pas de l'effort personnel, offrir de sérieuses chances de développement au reste du monde et aider à créer les conditions incitatives au développement pour un partage équitable des ressources productives, scientifiques et technologiques mondiales. Il n'est pas sain d'agir par le biais de la bourse ou des organismes internationaux pour affaiblir les économies concurrentes. Il faut que la justice soit également saine et transparente au niveau local ou global et exploiter toutes les chances existantes de résolution pacifique des conflits. Certes les époques diffèrent les unes des autres, mais l'histoire abonde d'exemples où par des événements subits, imparables, imprévisibles et impromptus, les plus grandes puissances de la terre ont perdu le pouvoir par leur faute. Car toute poursuite du gigantisme atteint nécessairement son seuil critique au point culminant où, la mémoire, l'intelligence, la raison et la sagesse échappent au contrôle de la personne morale ou physique ; ce n'est pas le degré du niveau technologique ou la puissance civile ou militaire qui pérennise les entités, c'est la capacité qu'elles ont à gérer avec discernement la vérité, à démêler le vrai du faux, le bien du mal et à soupeser correctement les effets des actes nécessitant une interdépendance entre elles. C'est en respectant ces précepts que tout pays, hyper-puissant soit-il saura se mettre à l'abri de la foudre des forces économiques originelles.

L'ultralibéralisme tentaculaire

La perte de crédit des puissances planétaires

Les vertues budgétaires

L'ultralibéralisme : politique minimale, irréalisme et incohérence de Hayek

1. La politique minimale

Un autre courant influent est celui qui se situe aux antipodes droitières du libéralisme, dont l'un des pères est Friedrich Von Hayek. Ce dernier a fait de l'anti-'Etat une arme absolue de combat économique, et aussi en quelque sorte sa "religion" sociale, car il défend avec force, pugnacité et tenacité la thèse de la politique minimale de l'Etat, qui selon leurs auteurs est la potion magique qui apporterait des remèdes aux difficultés économiques qui étranglent souvent les nations. Selon eux, l'Etat doit aller hors des circuits et mécanismes économiques pour que l'action bienfaitrice des forces du marché ait le temps et les moyens de dégager des résultats nettement et hautement significatifs.

Le marché n'a pas besoin de parain, le minimum d'intervention et de présence est l'unique moyen de libérer les énergies afin d'atteindre l'optimum économique. Hayek a férocement par ces thèses combattu Keynes, ayant lié étroitement "les libertés fondamentales du citoyen à la propriété privée des capitaux, à la liberté de l'entrepreneur et à la société toute entière". Ses propositions prennent en quelque sorte la société en otage, puisqu'elles la ligotent et ne lui permettent de s'exprimer que dans des salons extra-économiques. Or déjà l'économique ne s'exprime pleinement que sur un terrain pacifié, et Hayek n'est pas sensé ignorer l'autre face cachée de l'iceberg déjà soulevée et présentée par de nombreux auteurs que sont les imperfections multiples du marché. Le marché n'étant pas en mesure de réguler, juguler ou corriger les vicissitudes et les turpitudes qui l'innondent et le noient, en étouffant ou en anésthésiant ses tares "génétiques" qui sont à l'origine de nombreux incohérences et dysfonctionnements.

Ainsi soutient Hayek, l'Etat en essayant de planifier certaines activités même avec une extrême modération, serait entrainé et emporté par un tourbillon qui libérerait une énergie intense, irrésistible, entrainant des conséquences vastes et irréversibles. Et cela va inévitablement et irrémédiablement le projeter avec vigueur et une force inouie dans un engrenage implacable dont il perdrait tout moyen de contrôle, l'obligeant dans la panique à prendre des mesures de plus en plus nombreuses et autoritaires pour tenter de se soustraire ou de rétablir l'ordre. Cette situation le propulserait inévitablement au coeur même du totalitarisme. Pour Hayek, puisque l'objectif que recherche la société est d'assurer la flexibilité du coût du travail, l'Etat doit se soumettre à la rigueur en effaçant son déficit, qui en fait, est une gangrène pour l'économie qu'il faut enrayer de toute urgence, en renonçant du même coup aux dépenses extravagantes qui n'ont aucun lien avec les dépenses du marché. La déflation budgétaire est un des éléments clés de dérégulation et une pièce maîtresse pour libérer le travail "que l'Etat détournait". En fait pour lui, la dérégulation réduirait en même temps le pouvoir des syndicats, et annihilerait leur force de revendication qui est un frein au développement de l'activité ; la conséquence immédiate est l'augmentation du fond du capital qui manque cruellement aux entreprises pour des investissements nouveaux, ce qui par la suite occasionnerait une sortie rapide de l'austérité économique.

Or Hayek oublie de souligner que dans la réalité, l'incertitude tant que l'horizon est encore brumeux, associé à la poursuite ininterrompue de la productivité du travail, contribue au ralentissement de l'investissement dans le secteur productif et rend négatif le différentiel du volume de l'emploi, et donc accroît le chômage. Certaines délocalisations en sont un exemple patent. Un autre exemple, est celui de l'usage et la gestion de la machinerie automatique. Ce sont des machines qui exercent jours et nuits les fonctions qu'occuperait un humain, que ce soit par exemple dans la grande distribution, la SNCF ou la RATP, pourtant, elles ne payent pas de charges sociales. Immaginons qu'un tel système soit reproduit à l'infini, il n'y aurait plus de salaires, et les systèmes de sécurité sociale rencontreraient des difficultés encore plus grandes. Et à ce rythme, comme tout le monde ne sera jamais riche au même moment, et que les dividendes sont concentrées sur une minorité de personnes, les plus pauvres paieront toujours les frais de la fracture sociale. De plus l'emploi créé pour fabriquer ces machines est souvent inférieur en volume à celui détruit pour la réorganisation et le changement de système, puisque les bénéficiaires de la création d'emplois sont quelques personnes à haute qualification ayant une formation de haut niveau.

Or comme toutes les entreprises courent derrière la productivité absolue, comment s'étonner que la société soit prise en tenaille ? Pour les entreprises, c'est en quelque sorte l'antipode du risque minimum à prendre, puisqu'en période de crise grave les décideurs économiques perdent confiance en eux et en l'avenir et tendent à se prémunir des aléas du marché en spéculant sur le marché financier ou en épargnant, dans l'espoir d'acquérir des gains substantiels moins risqués. La diminution du budget de l'Etat désserre sans doute dans le court terme l'étau de la contrainte étatique sur les potentialités du marché jusque là voilées ou couvertes par les actions "incontrôlées" de l'Etat, et donne des marges de manoeuvre aux entrepreneurs pour se prémunir des turbulences futures du marché, afin de se mettre à l'abri, et pourtant au delà de la vue de l'esprit, l'expérience a montré que les gains obtenus sont immédiatement accaparés par les entrepreneurs pour se prémunir des turbulences futures du marché, afin de se mettre à l'abri du besoin et de conserver les chances de pérenniser leur capital.

Ainsi, ce que Hayek doit savoir, c'est que si selon lui le tout Etat est polluant, envahissant et asphyxie le marché, le tout marché selon la théorie économique relativiste dévore le marché, dénature l'action de l'Etat et corrompt les rouages des mécanismes qui assurent leurs fonctionnements. Tout excès comme tout déficit est nuisible. Il faudrait plutôt une présence concommittante du marché et de l'Etat pour accroître le bien être de la société et satisfaire les besoins des individus qui la composent. Le dosage de leur action ne peut être systématiquement réalisé par decret conceptuel absolutiste, c'est selon l'ampleur des problèmes posés et la teneur des questions à résoudre que la tendance irait vers le moins ou le plus d'intervention ou de participation directe.

2. Irréalisme et incohérence

La théorie du capital de Hayek est parfaitement résumée dans son orthodoxie budgétaire, Keynes l'avait critiqué avec véhémence en soulignant l'nefficacité de tels précepts qui selon lui, "au lieu de soigner le mal l'aggraverait". Car Keynes craignait que la flexibilité du coût salarial que soutenait Hayek ne viennent amplifier les effets de la crise au lieu de la réduire, ce qui rendrait encore plus difficile l'investissement productif. Car selon lui, la réduction du coût du travail translaterait la redistribution vers les rentiers, et l'augmentation des taux d'intérêt se conjuguerait avec la flexibilité à la baisse des coûts salariaux. Cette situation permettrait aux entrepreneurs et aux rentiers d'anticiper la hausse de la marge des profits en spéculant sur la hausse des cours des actions, au lieu d'investir dans les secteurs créateurs d'emplois.

Hayek qui soutenait l'utilisation des forces de la concurrence pure pour coordonner les efforts de l'homme, était conscient néanmoins de la nécessité d'une certaine forme de planification ou de présence de l'Etat, afin de créer et de soutenir les institutions favorisant le fonctionnement d'un bon système concurrentiel. Il admet donc que l'Etat contrôle la création de la monnaie, le système d'information que les entreprises privées n'ont pas les moyens de produire et tout un ensemble de lois appropriées. Or, malgré cette concession mineure, en réclamant la liberté totale dans les affaires, Hayek n'a pas compris qu'en matière de liberté, il existe un point où cette dernière atteint un seuil critique en devenant nocive par la suite, aussi bien pour l'individu que pour la société. Quand l'individu en recherchant la réalisation de ses intérêts, omet de se placer dans l'essentiel du dispositif de régulation, ou que la société absolutiste l'ait autorisé à le faire, ce dernier s'affuble du droit de tout entreprendre sans se préoccuper du droit ou du bien être d'autrui ou de la société. Car la tendance de l'être humain ou des groupes de pression se penche toujours vers la recherche de plus de liberté, sans s'apercevoir que cette volonté affichée se fait souvent au détriment de la bienséance de la totalité.

En fait la liberté est un instrument qui aide à l'épanouissement de l'être humain, dans le respect des lois saines, de l'ordre et de l'organisation des structures communes de vie. Les droits humains sont fondamentalement liés aux droits de la société à se protéger contre les agressions de toutes sortes tendant à rompre l'équilibre des conditions d'existence, et à nuire à la survie et à la pérennité de l'espèce humaine et à la dégradation de son environnement. Si Hayek accepte un minimum d'Etat, c'est parce qu'il souhaite que ce dernier trouve les moyens de résoudre les problèmes liés à la pollution atmosphérique, et également un substitut à la régulation par le mécanisme des prix. Il a renforcé son soutient à une dose de planification étatique minorée permettant de créer les conditions favorables à la réalisation des objectifs du marché. Gunnard Myrdal a d'ailleurs rejeté cette vision hayékienne, car d'après lui, le marché que décrit la théorie "libérale" est un système idéal, qui utilise des notions comme la concurrence pure et parfaite, dont l'impact n'existe en réalité que dans leur pureté théorique. Myrdal ajoute que le libéralisme pur se soucie peu de la pauvreté de masse, et favorise une très grande rigidité sociale et une grande inégalité des opportunités, car tout le monde ne peut être riche au même moment.

Selon Myrdal, des facteurs exogènes indépendants de la volonté humaine, ont contribué à l'échec de la réalisation des plans libéraux. Il s'appuie sur des facteurs historiques comme les guerres, la grande crise des années trente, la fin du système de l'étalon-or, les changements technologiques qui favorisent les économies d'échelle. A celà, il ajoutera que les agents économiques deviennent de plus en plus rationnels, ils s'unissent, se regroupent avec d'autres pour influer sur les décisions du marché (les associations de consommateurs par exemple). Ainsi, c'est la conjugaison de tous ces faits selon lui, qui a fait que les courbes d'offre, de demande et les prix ont perdu leur efficacité théorique initiale. L'Etat n'est donc en rien responsable de la fin des marchés purs. Au contraire pour éviter l'anarchie, afin de mieux protéger l'ordre et l'équité, l'Etat a l'obligation d'intervenir. Il est le sauveur ultime pour promouvoir un développement acceptable et plus harmonieux de tous les marchés. Il évite l'installation du chaos provoqué par les interventions non coordonnées et désorganisées de l'Etat qui laissait le marché s'exprimer seul.

De même Keynes considérait que l'Etat faisait partie intégrante du fonctionnement de l'économie, car il assure les activités que lui confie le corps social, donc il est impossible de les supprimer comme le préconise Hayek, ce serait le meilleur moyen d'appauvrir la société, donc de la conduire lentement, mais sûrement vers le suicide ou l'asservissement. Pour lui, la rigueur et l'austérité ne contribue en aucune façon au triomphe de l'initiative privée, elles associent au contraire la bureaucratie et la finance pour soumettre la société à la rareté. Pour sortir l'économie de l'impasse, il faut abolir les avantages des rentiers et de l'Etat bureaucratique. D'ailleurs, Hayek finit par reconnaître une impossibilité logique d'effacement de l'Etat dans les actes économiques. Car dit-il, il ne peut y avoir absence complète de coercition et la menace d'y recourir est la manière la plus efficace de l'éviter. Et donc, l'Etat "libéral" peut légitimement faire usage de la contrainte lorsqu'il s'agit de garantir le respect des règles de "juste conduite". Pour Hayek, l'Etat peut rendre aussi d'autres services, car certaines missions qu'il remplit sont compatibles avec le libéralisme. Cependant, il rejette les "interventions discriminatoires" de l'Etat sur le marché, car selon lui, il n'est pas possible de corriger les injustices du marché dans le but d'accroître la valeur de la liberté des plus défavorisés. Car toute intervention étatique dans ce sens réduit la liberté de tous, et perturbe la croissance économique en limitant l'auto-déploiement du marché. Comme le marché est par essence non coercitif, il n'affecte pas la liberté individuelle, ses résultats sont justes et les situations individuelles particulières sont le fruit du libre jeu du marché et sont inintentionnelles et imprévisibles.

Ainsi, aucun individu ou aucune entité ne doit influer de façon significative sur le marché pour ne pas rendre ses résultats prévisibles. Les mécanismes du marché sont à eux seuls capables de garantir la croissance économique, la justice et la liberté. Et aucun idéal de justice sociale ne peut être poursuivi sans entrer en conflit avec la liberté individuelle et l'égalité des individus en droit. Toute reconnaissance de droits sociaux, est une entorse faite automatiquement "aux droits-libertés". Une des causes selon Hayek de l'accroissement de l'interventionnisme étatique, se situe dans la grande confusion que l'on fait sur les notions de démocratie et de souveraineté. La démocratie concerne le mode de sélection des détenteurs du pouvoir, pour que les hommes politiques aient des pouvoirs à étendue limitée, qui est la soumission de la démocratie au libéralisme, ce qui rend impossible tout empiètement sur la liberté individuelle. La démocratie est un moyen et la véritable souveraineté n'est pas celle du peuple, ni du parlement, mais celle du droit au service des prérogatives du marché. Quelle escroquerie ! Car c'est le plus sûr moyen de confier le pouvoir à Madoff, à Enron, Satyam et les autres.

En effet, nous soutenons que la valeur de la vie humaine est au dessus des valeurs économiques, elle n'a pas de prix commensurable. L'existence, les conditions d'existence, l'état d'apparition, la pérennisation et les conditions de pérennisation n'ont pas le même ordre dans la chaîne des primautés, c'est la raison pour laquelle nous retorquons à cette école que les droits universels d'apparition ou de pré-apparition et d'existence de l'humain sont au dessus des droits économiques et judiciaires qui sont des conditions nécessaires à la pérennisation de l'existence, mais non suffisantes. Les plans d'ajustements structurels n'ont pas encore apporté à de nombreux pays les effets bénéfiques annoncés, au contraire ils ont introduit des restrictions sévères éternelles à la majorité des populations, et aggravé les difficultés économiques, sans qu'à la pointe de l'horizon n'apparaisse une ombre de liberté et d'espoir. Seuls quelques individus dans les grandes nations ont goûté aux délices de l'hayékisme, en baillonnant leur quart-monde en souffrance, les Etats-Unis en tête du classement.

Nous affirmons également que la démocratie relative est au dessus de l'économique, car l'expression de l'économique nécessite au préalable l'existence d'acteurs économiques, une atmosphère favorisant la paix des âmes, des coeurs et des esprits sur laquelle se greffent les libertés. La vie elle même n'a pas de valeur mesurable. Car si l'oxigène venait à manquer, il n'y aurait pas d'homoéconomicus riche ou pauvre, ce qui prouve l'existence de valeurs universelles non assujetties à l'échange, mais très importantes sinon vitales pour constituer avec les valeurs échangeables pour constituer avec les valeurs échangeables les conditions nécessaires et suffisantes pour la pérennisation des espèces, et permettre l'apparition de la vie et du cosmos majestueusement infini. Toute absence de paix et de relative démocratie bloque les progrès et ruine les espoirs. Le règlement des questions politiques est l'ultime condition pour pouvoir remettre en fonction les plans d'ajustements structurels chers aux investisseurs et aux libéraux ultras. Quand Hayek formule la primauté de l'économie sur toute autre valeur, il fait abstraction de certaines conditions primordiales pour que l'économie s'exprime, c'est aussi un des aspects litigieux de sa démonstration.

Il est certain que dans plusieurs régions du monde la tentative de mise en place du libéralisme pur s'est toujours faite avec l'appui d'un régime étatique fort, capable d'imposer à toutes les couches sociales les "potions magiques" du libéralisme salvateur. Les thèses ultralibérales du marché salvateur "sans Etat" ont justifié le comportement politique de certains Etats, c'est à dire comme eux, la société marchande pure n'a pas pu apparaître, se maintenir, ni se construire sans un appui réel de l'Etat dictatorial, que l'on s'efforce pourtant d'interdire à d'autres systèmes politiques. Il n'est pas possible de combattre la dictature au nom des droits de l'homme et de la démocratie, pour par la suite s'en approprier en les bafouant soi-même.

La démocratie n'est pas un moyen découvert pour éliminer physiquement les éléments gênants, elle est une attitude, un comportement, un mode de vie, un outil que l'on adopte pour gèrer pacifiquement les affaires de la cité et pour délivrer définitivement l'humanité de l'oppression des systèmes totalitaires. Et pour y arriver, il faut une période transitoire de construction adaptée aux réalités locales.

Le néoclassicisme

L'automaticité monétaire : M V = P Y

La théorie de la politique automatique a été aussi au coeur d'un autre débat anti-interventionniste soutenue et défendue avec acharnement par Milton Friedman, à une époque où les recettes keynésiennes commencèrent à troubler les esprits, notamment pendant les années soixante-dix, lorsque la crise économique de l'époque commença à se propager, à étrangler et à étouffer les grandes économies mondiales.

A partir du moment où la "dèche" s'installe durablement, l'incertitude s'impose comme arbitre, les spécialistes de l'économie et de la politique procédant alors par tâtonnement sans trop y croire, tous les acteurs de la vie économique paniquent, et c'est dans ce tohu-bohu que Friedman interviendra pour soutenir que l'économie possède une propriété intrinsèque, celle de tendre spontanément vers un équilibre dynamique correspondant au taux de croissance naturel, il est conscient que personne ne détient la solution salvatrice, et en homme averti, il sait aussi que lorsque le doute s'installe, l'instinct de faiblesse resurgit pour s'accrocher même à ce qui est futile, il décide donc d'amuser la galérie. Partant de ce constat simple, il enfourche son cheval et se met à véhiculer la thèse selon laquelle, la politique économique de l'Etat doit être naturellement réduite à son expression singulière, c'est-à-dire, laisser les mécanismes économiques s'exprimer de façon autonome sinon indépendante, à travers les forces bienfaitrices du marché. L'Etat se limitera à empêcher l'apparition des effets pertubateurs, dont d'ailleurs l'origine serait une politique trop active de sa part par une émission trop forte de la masse monétaire, qui se situerait au dessus du taux de progression de l'économie réelle.

Ainsi donc, dans son article de 1956 intitulé "the quantity theory of money", Friedman indexe la masse monétaire comme étant la variable perturbatrice qui tel un produit pharmaceutique est exogène à l'organisme, mais est susceptible de soigner le mal si la dose prescrite par le médécin est respectée. Dans le cas où elle serait dépassée, le sujet se confronterait à une situation nouvelle qui entrainerait soit des symptômes nouveaux, soit la mort clinique du patient. Donc en suivant le raisonnement de Friedman, ses perturbations peuvent être évitées en contrôlant les évolutions du taux de croissance de la masse monétaire par le biais des règles d'automaticité. Or Friedman oublie de mener les investigations du côté du malade lui même qui, par exemple dans le cas où il oublierait ou refuserait de voir le médecin ou de prendre ses médicaments, ou encore s'il ne consomme qu'une infime partie des produits pharmaceutiques prescrits, peut empirer le mal et aggraver son état de santé.

Pour soutenir sa thèse Friedman s'appuiera sur une théorie du moyen âge nommée la théorie quantitative de la monnaie. Cette théorie soutient que le niveau général des prix dépend directement de la quantité de monnaie circulant dans l'économie (M V = P Y). Friedman va trouver dans cette théorie un allié idéal de poids pour attaquer Keynes, et il en fait l'élément principal de lutte anti-Keynésien pour la défense du libéralisme le plus dur et le plus pur. Il soutient donc que la masse monétaire est la variable clef et centrale de l'activité économique, parce qu'elle influe directement sur le niveau général des prix et détermine le niveau des revenus, de la production et de l'emploi. D'après lui, la crise des années 30 n'était pas issue du dysfonctionnement du système capitaliste, elle est au contraire l'oeuvre et le résultat d'un mauvais choix effectué par un dirigeant de la Banque Centrale Américaine (the Federal Reserve), qui n'adapta pas dans la bonne mesure l'offre de monnaie aux besoins réels de l'économie et diminua le volume dans des proportions trop grandes, ce qui suscita un manque de liquidités. Cette structuration l'amena à conclure que c'est un exemple type des méfaits de l'Etat. Kaldor refuta catégoriquement ses allégations, parce qu'il pensa que Friedman avait truqué ses statistiques.

Pour Friedman, un gouvernement doit être une forme de coopération volontaire, un moyen pour certains individus de parvenir à certaines fins par le truchement de certaines entités gouvernementales qui créent les conditions de leur avènement. Il considère le gouvernement comme une instance dotée du monopole de la force, en tant que moyen pour certaines personnes d'imposer de façon légitime des contraintes à d'autres. Friedman est donc un de ceux qui ont bâti le durcissement contemporain de la politique du bâton américaine dans le monde où le règlement des conflits se font par la force. Mais cette attitude renforce aussi celle des dictateurs qui justifient la nécessité de s'emparer du pouvoir d'Etat pour bénéficier de certains avantages. C'est aussi ce genre de conception qui a donné naissance au monstre de l'unicité de la pensée et de l'unilatéralisme, celui qui détient absolument la vérité de toute chose. Cela a empêché de distinguer le bon grain de l'ivraie, et a permis de confondre un bon nationaliste aimant profondément sa nation et son peuple, d'un vampire, les poussant inéxorablement dans leur dernier retranchement pour leur survie. Afin de conforter ce choix, Friedman a dû s'appuyer sur Adam Smith qui avait en son temps soutenu que les systèmes de privilèges ou de contraintes doivent être écartés, car le système évident et simple de la liberté naturelle s'établit de lui même. Et que tout individu qui respecte les lois et la justice, est libre de poursuivre ses buts comme il l'entend au sein des lois de la libre concurrence.

A partir de là, la mission du souverain n'est pas de contrôler les activités des personnes privées ou de les orienter vers des directions qu'il juge plus favorables à l'intérêt de la société, car il se heurterait à des ecueils qui le dépassent. Pour Adam Smith, aucune sagesse, aucune science humaine n'est apte à lui fournir les moyens de réussir cette mission. Au contraire, le souverain doit s'atteler à trois tâches : protéger la société de la violence et de l'invasion d'autres sociétés indépendantes ; protéger les individus contre l'injustice ou l'oppression émanant d'autres individus ; ériger et entretenir certains ouvrages publics et certaines institutions publiques dont la construction dépasse les moyens de l'individu.

C'est en s'appuyant vraisemblablement sur cette thèse incomplète, limitée, et discutable en certains endroits, que Friedman conclut que si les programmes sociaux n'existaient pas, la plupart des gens qui ne vivent que de ces aides auraient trouvé une solution à leurs problèmes par l'obtention d'un emploi, ce qui est pour le long terme la meilleure alternative pour toute société. Cette présentation est expressément restrictive, platonnique et honteusement cynique, car elle soutient la thèse déjà infirmée par l'expérience des économies nationales, du chômage volontaire, excluant celles des privilèges parfois frauduleux et de l'inégale répartition des richesses au sein de la société. La crise des subprimes a définitivement démontré l'incompétence ou l'insuffisance de ces théoriciens en herbe et cloué leurs thèses au pilori.

La vision pragmatique de Keynes

Il est de plus en plus clair que contrairement à certains académiciens de renom, qui préfèrent s'installer dans l'univers dense et étendu de la théorie purement absolutiste, le soucis premier de Keynes n'était pas de faire de la théorie proprement dite. Pour lui, seul comptait la recherche ou la résolution d'un problème de politique économique donné, et sa théorie ne pouvait être conçue en dehors de l'action. Cette façon d'appréhender les évènements n'implique pas nécessairement la fausseté absolue des autres points de vue, même si plusieurs d'entre elles restent très souvent éloignées des préoccupations immédiates de la société, car elles recherchent la pureté théorique dans un monde aspirant à converger vers la perfection et qui se situe encore au niveau des balbutiements.

Keynes proposera donc pour éviter un saut dans l'inconnue absolue, que la vérification d'une théorie se fasse dans le champ réel des humains, pendant leur période de vie afin d'éviter une période d'attente trop longue, parce qu'à "long terme nous serons tous morts". Tout être humain a besoin de vivre décemment afin de préparer avec séreinité l'avenir de sa progéniture, il ne doit pas attendre la fin de son cycle de vie pour être en mesure de prouver post-scriptum la validité des précepts issus de sa cogitation intellectuelle, et si le fruit de sa pensée aura des effets bénéfiques ou positifs sur la survie et la pérennité des espèces. Il s'agit de vérifier dans un temps très court les résultats des politiques annoncées ou éxécutées. A l'époque actuelle, la traduction de cette inquiétude de Keynes selon la relativité économique générale, serait le bannissement des programmes d'ajustements structurels qui ne véhiculent que pauvreté, maladies, ethnicisme, tribalisme, mesquinerie, escroquerie, famine, et assistance éternelle, et la mise en place de programmes de développement plus réalistes.

En réalité, ces plans sont destinés à dépouiller les interlocuteurs démunis des moyens de leurs politiques, tout en ne favorisant qu'une frange "élue" des sociétés concernées. Les auteurs de ces plans ont espéré doté la minorité "choisie" de grands moyens en leur conférant la tâche collective de la génération de l'abondance pour les générations futures, en prenant le soin de mettre entre parenthèse les intérêts de la grande majorité des générations actuelles, qui elles, se sacrifieraient pour les générations futures. Malheureusement, un tel processus s'est avéré reproductible à l'infini, car la voie ouverte par la mondialisation désorganisée et désordonnée, dotée d'actifs toxiques, a consacré le déroulement à l'infini du cycle de l'endettement.

La science et les faits

La sous-estimation des effets

Les erreurs étatiques fatales

Les facettes du marxisme

La nécessité et l'importance de l'Etat

L'impact des détournements de fonds dans l'économie nationale

Mise en service du Grand collisionneur des hadrons, plus grand accélérateur de particules au monde

La mise en service du Grand collisionneur des hadrons, plus grand accélérateur de particules au monde, est prévue le 10 septembre. Photo AP

Le LHC est accusé de pouvoir provoquer la fin du monde. [CERN]

Le Grand collisionneur des hadrons (LHC), plus grand accélérateur de particules au monde dont la mise en service est prévue le 10 septembre 2008 à la frontière franco-suisse, ne représente pas une menace pour la survie de l'humanité, selon un rapport publié vendredi 5 septembre 2008. Certains physiciens ont en effet émis la crainte que les collisions de protons dans le LHC, qui vont recréer sur Terre les conditions de l'univers immédiatement après le Big Bang, provoquent l'apparition de minuscules trous noirs, qui, en grandissant, absorberaient toute la matière qui les entoure et finirait par engloutir notre planète. Des chercheurs européens réunis autour du théoricien allemand du chaos Otto Rössler avaient déposé une plainte sur ce qu'ils considèrent comme un risque de fin du monde devant la Cour européenne des droits de l'Homme, qui les a déboutés le 29 août 2008. «Si des particules en collision au LHC avaient le pouvoir de détruire la Terre, nous n'aurions jamais eu la chance d'exister», selon le rapport des physiciens du CERN (Centre européen pour la recherche nucléaire) présenté par l'Institute of Physics (IOP) britannique.

Le rapport a été réalisé par le Groupe d'évaluation sur la sécurité du LHC, un anneau d'une circonférence de 27 km refroidi à -271,3°C qui doit détecter la brique ultime de la structure fondamentale de la matière, une particule appelée boson de Higgs, dont l'existence est prédite par la théorie physique depuis plus de 40 ans sans avoir jamais pu être observée. Une première évaluation effectuée en 2003 par le même groupe concluait déjà à l'inocuité des expériences qui doivent être réalisées au LHC, au cours desquelles des températures 100 000 fois supérieures à celle du soleil seront ponctuellement générées. Selon le Groupe d'évaluation, «chaque collision d'une paire de protons dans le LHC dégagera une énergie comparable à celle de deux moustiques qui se télescopent, si bien que chaque trou noir ainsi produit serait bien plus petit que ceux connus des astrophysiciens» et ne pourraient pas se mettre à croître dangereusement. (cyberpresse.ca du 04/09/08).

Un accélérateur de particules doit tenter de remonter aux conditions qui ont prévalu juste après le "Big Bang".

Grand collisionneur de hadrons: le deuxième faisceau de protons circule en sens inverse. Les chercheurs du Centre Européen pour la Recherche Nucléaire (CERN) ont lancé le deuxième faisceau de protons dans le sens inverse des aiguilles d'une montre dans le Grand collisionneur de hadrons (LHC), rapporte le correspondant de RIA Novosti à Genève. Le premier faisceau injecté dans le LHC, le plus grand accélérateur de particules du monde, avait fait mercredi un tour complet en sens horaire dans l'anneau de 27 km enfoui à 100 mètres sous terre de part et d'autre de la frontière franco-suisse.

Le Grand collisionneur de hadrons est un accélérateur circulaire d'environ 27 km de circonférence.

Le Grand collisionneur de hadrons (LHC) est un accélérateur de protons et d'ions lourds.

En à peine une seconde, plus d'un milliard de collisions auront lieu, produisant une très grande quantité d'énergie.

L'objectif de l'expérience du laboratoire européen consiste à recréer les conditions de l'Univers juste après le Big Bang.

Si les chercheurs y parviennent, il sera possible de trouver des réponses à de nombreuses questions concernant la création de l'Univers, qui n'ont jusqu'à présent été examinées que d'un point de vue théorique.

Selon certains scientifiques, il existe une infime probabilité que, lors de ces processus, une réaction en chaîne incontrôlable se produise, qui entraînerait la formation de petits trous noirs capables d'engloutir la Terre.

Les sceptiques craignent que les trous noirs microscopiques qui apparaitront lors de l'expérience ne puissent par la suite amorcer l'accrétion de matière.

Pour sa part, le Laboratoire européen pour la physique des particules (autre nom du CERN) a assuré que la future expérience ne présentait aucun danger.

Les scientifiques ont même publié un rapport spécial analysant les éventuelles conséquences de l'expérience. Les auteurs du document ne nient pas que la mise en route du collisionneur puisse entraîner la création de trous noirs microscopiques. Cependant, le temps d'existence de ces trous sera infime. Ria Novosti.

Le collisioneur de particules du Cern (AFP).

Le collisioneur de particules du Cern (AFP).

Le Grand collisionneur de hadrons (en anglais, Large Hadron Collider), conçu par le CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) avec la participation de plusieurs milliers de scientifiques de 85 pays, permet d'accélérer des protons, ces particules entrant dans la composition du noyau des atomes, jusqu'à une énergie de 7 TeV (téraélectronvolts), soit sept fois plus que le Tevatron (ou synchrotron), le plus puissant accélérateur de particules construit jusque-là, qui se trouve aux Etats-Unis, près de Chicago.

Après une période de rodage, le travail va pouvoir commencer en régime normal, les faisceaux de protons vont entrer en collision en quatre points de l'anneau, libérant quantité de particules et émettant des rayonnements qui seront fixés par des détecteurs. Deux d'entre eux - ATLAS et CMS - sont des détecteurs "à destination générale"...

...et deux autres - ALICE et LHCb - sont des détecteurs "spécialisés".

Le détecteur ATLAS est le plus grand appareil de ce type jamais construit.

C'est lui qui, avec le CMS, aidera les scientifiques à rechercher les traces du boson de Higgs, une particule dont l'existence n'est encore que théorique, mais qui pourrait expliquer pourquoi les particules élémentaires ont une masse. La recherche de cette particule est l'un des objectifs principaux du projet LHC.

Comme l'a expliqué dans une interview à RIA Novosti le coordinateur de la participation des scientifiques russes au projet LHC Viktor Savrin, après son apparition à la suite d'une collision de protons, le boson de Higgs devrait se désintégrer en plusieurs autres particules, il pourrait notamment se séparer en deux particules gamma.

Le détecteur ALICE doit fixer les résultats d'une autre expérience, à savoir la collision de noyaux d'atomes de plomb accélérés dans le LHC.

Ces collisions, comme le supposent les scientifiques, permettront d'en savoir plus sur le plasma quark-gluon, un état de la matière qui devrait avoir été présent dans l'Univers juste après le Big Bang.

Le LHCb va servir à étudier l'asymétrie entre la matière et l'antimatière, par le biais de l'étude de l'interaction entre les particules contenant des quark b. Les scientifiques comptent sur cette expérience pour expliquer l'absence d'antimatière dans l'Univers observable.

Les scientifiques ont vérifié consciencieusement tous les secteurs de l'accélérateur, notamment le fonctionnement des puissants aimants supraconducteurs destinés à diriger le faisceau, ainsi que celui des détecteurs et des autres systèmes. (source : fr.rian.ru, CERN).

L'Intelligence et l'Innovation au sens propre du terme.

Que doit-on faire pour éviter les surprises de mauvais goût ? L'alerte permanente, la vigilance, la veille stratégique, la protection, l'anticipation et la stratégie.

L'anticipation

L'anticipation est la capacité inhérente aux humains ou aux autres entités, politiques, militaires, économiques, financières, associatives, gouvernementales, administratives ou non gouvernementales, à déployer dans un laps de temps et le plus rapidement possible des stratégies gagnantes avant les autres. Son effet dépend du temps mis pour agir ou réagir et du degré de justesse de l'orientation stratégique empruntée. Le rôle de l'anticipation est essentiel pour la réalisation des objectifs des organisations, car elle permet de déterminer et de déployer les moyens les plus adaptés pour atteindre ou dépasser les cibles visées en fonction de l'évolution des paramètres environnementaux internes ou externes, sans attendre les effets de l'action ou de la réaction des autres ou de l'environnement extérieur, elle fait prendre une longueur d'avance et installe un écart stratégique entre l'anticipant et le(s) subissant(s). L'anticipant fonde sa conviction après décryptage d'un certain nombre de signaux d'alerte.

L'anticipation possède en elle deux parties complémentaires, la partie objective ou réelle qui s'appuie sur des connaissances scientifiques, encore appellée anticipation rationnelle, et la partie subjective ou imaginaire qui repose sur l'intuition, que nous nommons anticipation irrationnelle ou imaginaire. Le degré de rationnalité ou d'irrationnalité dépend des conditionnalités d'existence, de l'inné et de l'acquis. L'absence de rationnalité ou d'irrationnalité biaise la qualité de l'anticipation et conduit à des prises de décisions dont le résultat attendu est soit en partie réalisable mais insuffisant, soit erronné ou inexistant. L'absence d'anticipation au sein des entités est une des causes essentielles de la multiplication des problèmes à résoudre et de l'amplification des difficultés à surmonter. Qu'en est-il de nos acteurs financiers ? (...).

MIESC Consulting : l'Intelligence et l'Innovation au sens propre du terme.

http://www.miesc-consulting.com/anticipation_relativite.html http://www.miesc-consulting.com/anticipation_relativite.html



Mardi 24 Mars 2009


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1.Posté par Pierre le 23/03/2009 16:38 | Alerter
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Ces imbéciles n'ont pas la moindre idées de ce qu'est la matière !
Leur Egos surdimentionnés les pousse à risquer nos vies pour une
expérience bidon ! Sans doute pour créer une nouvelle bombe !
si ils ne connaissent pas les résultats de l'expérience ils n'ont aucun
moyen de savoir si ça va pas nous péter à la gueule !
Psychopathes !!!
Le peuple pourrait-il au moins donner son avis avent d'exploser ?

2.Posté par DURANDUPONT le 24/03/2009 00:34 | Alerter
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L'ORGUEIL DE CETAINS HOMMES SEMBLE EN FASCINER TELLEMENT D'AUTRES QUE CELA CONTITUE LA PREMIERE DES MENACES POUR TOUS CEUX QUI RESTENT..

3.Posté par Ambre le 24/03/2009 11:02 | Alerter
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Devant les impunités terrestres et célestes pour les religieux parmi ceux qui scellent les destins de tous les hommes, une chose s'impose : il faudrait les arrêter afin de stopper les dégats déjà commis sur la planète ! Oui, mais comment ? puisqu'il n'existe pas de communauté populiste mondiale !

4.Posté par Tigre noir le 31/03/2009 07:56 | Alerter
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Un texte qui représente un courant de pensée englobant le début et le début d'une fin ou la fin d’un cycle. Alpha et Oméga et non Alpha ou Oméga. Texte multidimensionnelle, générant une réflexion profonde et stimulante.

Ce texte démontre une large conscience et vise la prise de conscience.

Deux théorie s'affronte au texte 1-celle ou l'humanité colonisé par l'homme l'exploite et cette domination est réservé à une élite ou 2- l'humanité ne fait qu'une expérience de vie, dans les deux cas ses l'équivalent d'une énergie.

Est elle libre ou suit t'elle un schème cette énergie!

L'anticipation = la capacité inné de ressentir, cette capacité n'est qu'une expérience énergétique.

L'attente de se messager qui permettra aux uns et aux autres de voir, est le libre arbitre!

L'énergie est par nature en constante mutation, ce changement s'opère dans des conditions qui sont eux mêmes relié aux conditions dans laquelle l'énergie se déplace en regard des lois du milieu.

Pour gardé un concept économique- financières, l’énergie développé par la perte de ces milliards perdues crée et engendre de l’activité économique, pour certains la perte d’un rêve de vie pour d’autres la continuité d’un plan bien huilée depuis longtemps.

À qui la faute, comment cela est’ il arrivé, enfin on est arrivé à nos plans!

Keynes proposera donc pour éviter un saut dans l'inconnue absolue, que la vérification d'une théorie se fasse dans le champ réel des humains, pendant leur période de vie afin d'éviter une période d'attente trop longue, parce qu'à "long terme nous serons tous morts".

Une prémisse non négligeable à se schème rien n’est linéaire et cette anticipation ne peut venir d’un individu mais d’une conscience et cette réalité est la notre, donc vivons la à plein.

Pour nos survivant ils diront que nous avons fait l’histoire ou les anthropologues de demain diront ils n’étaient qu’une histoire, à l’échelle de l’ensemble des univers nous sommes une parcelle de lumière qui est et était.

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