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La Solution à la façon des Rabbins


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Abdel-Bari Atwan
Mercredi 18 Juillet 2007

La Solution à la façon des Rabbins

Par Abdel-Bari Atwan

Al-Quds Al-Arabi

16/07/2007

Il y a une anecdote répandue dans le patrimoine populaire du peuple Juif et qui raconte l’histoire d’un homme juif pauvre qui vit dans des conditions difficiles. Il habite avec sa femme et huit enfants dans une petite chambre, il va donc frapper aux portes du Maire, du chef de la police et du député du coin au parlement en espérant que ces conditions s’amélioreraient et qu’il trouverait une maison plus grande, mais en vain. Il décide alors d’aller voir le rabbin comme son dernier recours.

Le rabbin accepte de l’aider et de lui trouver une solution à condition qu’il obéisse à ces consignes sans protestation ni question. Le pauvre Juif accepte contraint mais optimiste. Le rabbin lui dit que la première chose à faire est d’aller au marché pour acheter une chèvre. L’homme proteste : mais où je vais la mettre, il n’y a que cette chambre ? Le rabbin lui rappelle l’accord et lui demande de s’exécuter et de revenir dans une semaine.

Une semaine plus tard il revient avec les signes de colère et de désespoir sur son visage. Il commence à se plaindre de ses conditions qui se sont aggravées. La chèvre urine par terre, elle donne des coups de pied aux enfants et elle marche dessus et les empêche de dormir avec ses bêlements. Le rabbin lui recommande alors d’en acheter une deuxième et de revenir dans une semaine. Il lui demande de ne pas poser de question ni de se plaindre en lui rappelant l’accord.

En début de troisième semaine le rabbin lui demande comment ça va et l’homme répond : c’est encore pire, nous étions avec une chèvre et nous voici avec deux, ça pue à la maison et personne n’arrive à dormir. Le rabbin lui demande d’acheter une troisième chèvre.

La quatrième semaine l’homme revient fou de rage. Le rabbin ne lui demande pas comment il va mais dit d’emblée qu’il comprend sa souffrance et veut l’aider. Il lui demande alors de vendre une chèvre et de revenir la semaine suivante. L’homme soupire. La cinquième semaine, le rabbin lui demande de vendre une deuxième chèvre et la sixième semaine il lui demande de vendre la dernière chèvre. Une semaine plus tard il lui demande comment vont-ils maintenant. Il lui répond : un grand bienfait de Dieu. Maintenant nous arrivons à bien dormir, pas de chèvre, pas de coups de pied, pas d’urine et pas de déjections non plus. Dieu merci, la situation est bien meilleure. C’est comme ça que vie doit être et pas autrement.

Le rabbin israélien Ehud Olmert, soutenu par le Président étasunien George Bush et son envoyé spécial pour les affaires du Moyen Orient Tony Blaire, veulent solutionner le problème de l’homme palestinien de la même manière qu’on a utilisée pour résoudre le problème de ce pauvre Juif. Le problème palestinien est maintenant ces cinq cents barrages qui étranglent les Palestiniens de la Cisjordanie, l’embargo économique étouffant et les pourchassés des brigades des Martyrs de l’Aqsa.

Le Président palestinien Mahmoud Abbas va rencontrer aujourd’hui Ehud Olmert à Jérusalem occupé où ce dernier va s’employer à l’aider et à alléger la souffrance des Palestiniens en Cisjordanie. Les demandes portées par Monsieur Abbas se résument à libérer l’argent palestinien gelé chez le gouvernement israélien, alléger la souffrance des palestiniens aux points de passage, libérer 250 prisonniers palestiniens qui ont accompli la quasi-totalité de leurs peines et demander aux USA et l’Europe de poursuivre leurs aides financières à l’autorité.

Ce qui réunit Olmert et Abbas maintenant c’est un ennemi commun qui s’appelle Hamas Gaza, il faut alors rassembler tous les efforts et les unir pour l’affronter, ceci en améliorant les conditions de vie des habitants de la Cisjordanie et en renforçant l’encerclement d’un million et demi de Palestiniens dans la bande [de Gaza], ça veut dire de les transformer en un otage et de leur imposer des sanctions collectives communes palestinienne et israélienne, car le destin les a mis sous le pouvoir de Hamas et non pas du Président Abbas.

Le Président Abbas ne place plus la question du mur de l’apartheid, l’agrandissement des colonies, l’étranglement de Jérusalem et les pénétrations israéliennes et les massacres qui les accompagnent dans la bande de Gaza, sur la tête de ses priorités et de son agenda avec Olmert, mais c’est plutôt la suppression de l’état de Hamas à la bande de Gaza et la fin de la résistance armée palestinienne. Comme si l’état palestinien indépendant et viable est tout proche et que le seul obstacle devant lui est ce minuscule état hamsaoui [de Hamas].

Car les brigades des Martyrs de l’Aqsa qui ont redonné à Fatah sa dignité et l’ont remis sur la bonne voie après la déviation d’Oslo, avec une planification stratégique visionnaire de la part de son fondateur, le martyr Yasser Arafat, ces brigades qui ont offert des dizaines voire des centaines de martyrs dans des opérations commando remarquables, elles sont en train d’être démontées et dissoutes, elles sont vendues à un prix extrêmement ridicule qui ne dépasse la garantie de sécurité de deux cents de ses membres pourchassés.

Les enfants de Fatah qui étaient les pionniers de ces brigades ne se sont pas enrôlés dans la résistance pour rendre leurs armes en échange d’un bon de sécurité d’Olmert ou du Shabak, mais pour obtenir le rang des martyrs dans la défense de leur juste question nationale. S’ils avaient voulu leur sécurité personnelle et de rejoindre la police de Abbas et ses forces de sécurité, ils n’auraient pas suivi cette voie, ils auraient resté chez eux au sein de leurs familles ou ils auraient intégré les institutions de l’Autorité comme les cinquante milles inscrits actuellement sur ses registres.

Les comportements du Président de l’Autorité et ceux autour de lui laissent penser que c’est lui qui œuvre actuellement pour la division et son renforcement, et pour la séparation définitive entre la Cisjordanie et la bande de Gaza, car tout le souci du Président Abbas, qui est censé être le Président de tous les enfants du peuple palestinien, est limité à la Cisjordanie uniquement et à rendre plus difficile la vie des enfants de la bande de gaza autant que possible, non pas pour une erreur qu’ils ont commise mais parce qu’un jour ils se sont réveillés pour se retrouver sous le règne de ce mouvement islamique, après que les chefs de sécurité de l’Autorité se soient enfuis avec leurs familles et leurs biens en Egypte par la mer, ou à Ramallah par le pont de Carny, avec des facilitations israéliennes dans les deux cas.

Il y a six milles Palestiniens qui affrontent la faim et la mort de l’autre côté des frontières avec l’Egypte, ils vivent de l’aumône, nous n’avons pas entendu que le Président Abbas avait déployé des vrais efforts avec ses alliés étasuniens et israéliens pour les retourner à leurs familles, et tout ce que nous avons entendu était qu’il avait accepté une demande israélienne pour leur retour à travers le passage israélien de Karm Salem, ce qui signifie la suppression définitive des frontières entre la bande [de Gaza] et l’Egypte, et fait du rabbin Olmert le responsable du premier et du dernier mot concernant qui pourrait quitter la bande [de Gaza] ou y revenir, ce qui implique l’arrestation de tout Palestinien accusé d’avoir commis le péché de résistance.

La route du Président Abbas devient à sens unique, c.à.d. en direction des Etats-Unis et Israël, et la Jordanie dans la meilleure des situations. L’homme ne cherche plus la profondeur arabe et travaille à couper ces liens avec, ce qui nous rappelle les derniers jours du Président Sadate, bien que nous ne lui souhaitions pas la même fin et nous le disons en toute sincérité.

Le peuple palestinien n’a pas fourni des milliers de martyrs durant soixante-dix ans pour diminuer le nombre de barrages en Cisjordanie, pour que les salaires des fonctionnaires de l’Autorité soient régulièrement payés, pour garantir la sécurité de quelques pourchassés, et pour libérer 250 prisonniers des organisations comme le Fatah, le Front Populaire ou le Front Démocratique tout en imposant une arrestation collective de plus d’un million et demi de personnes dans la bande de Gaza.

Le peuple palestinien a offert tous ces martyrs, les blessés et les prisonniers pour récupérer la Palestine, et nous espérons que Monsieur Abbas n’oubliera pas cette vérité alors qu’il sera en train d’embrasser Olmert aujourd’hui dans la Jérusalem occupée.

Traduit par I.A. pour Alter Info


Mercredi 18 Juillet 2007

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