Géopolitique et stratégie

La Russie trouve un prétexte pour lâcher l'Iran (Nezavissimaïa gazeta)


A deux jours de l'expiration de l'ultimatum du Conseil de sécurité de l'ONU sommant l'Iran de geler son programme nucléaire, Moscou émet un signal qui témoigne d'un durcissement de son attitude à l'égard de Téhéran.


Nezavissimaïa gazeta
Mardi 20 Février 2007



On a appris lundi que les fournitures de combustible russe destiné à la centrale nucléaire de Bouchehr pourraient être suspendues pour une durée indéterminée face au refus de l'Iran de régler sa facture. Le prétexte ainsi trouvé permet à la Russie de se plier aux exigences des Etats-Unis et d'autres puissances et d'accepter des sanctions plus strictes à l'égard de la république islamique.

L'Iran a interdit les opérations en dollars américains, et sa Banque centrale est passée aux règlements en euros. Cependant, au moment de la signature du contrat avec la Russie, le schéma des règlements avait été établi en dollars. "La législation russe ne nous permet pas de passer à une autre devise sans conclure d'avenant au contrat", a expliqué Irina Essipova, porte-parole du constructeur nucléaire russe Atomstroyexport en charge du projet de Bouchehr.

Conformément à la version officielle des autorités russes, la réalisation du projet de Bouchehr pourrait subir quelques changements en raison des difficultés de financement des travaux. Toutefois, selon la Nezavissimaïa Gazeta, il s'agit plutôt d'un compromis intervenu entre la Russie et ses partenaires des "six" (Etats-Unis, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne), les difficultés de financement iraniennes n'étant qu'un prétexte.

Moscou garde en réserve "l'atout combustible" depuis presque deux ans: le taux de préparation du site de Bouchehr est invariablement de 80%, alors que les travaux continuent.

Des sources proches des négociations russo-iraniennes ont indiqué qu'en septembre dernier la Russie avait proposé au vice-président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Mahmoud Janatian, de s'acquitter elle-même de toutes les fournitures d'équipements connexes, mais l'Iran avait promis d'accélérer lui-même les fournitures.

"Nous estimons que l'Iran décidera de ne pas mener à leur terme les travaux de construction à Bouchehr", a déclaré lundi une source proche de l'Agence russe de l'énergie atomique (Rosatom). Selon elle, si Téhéran se trouve frappé d'une deuxième série de sanctions, il pourrait renoncer à sa collaboration avec l'AIEA, et la Russie sera dans l'impossibilité de poursuivre les travaux de construction à Bouchehr.



Mardi 20 Février 2007

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