Conflits et guerres actuelles

La Russie et la Turquie à deux doigts d'un conflit douanier (Nezavissimaïa gazeta)



Mercredi 3 Septembre 2008


Une véritable guerre douanière a failli éclater entre la Russie et la Turquie: selon les informations des médias turcs, un millier de camions turcs sont retenus à la frontière russe depuis la fin de la semaine dernière, lit-on mercredi dans le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Cela s'est produit dans le cadre du durcissement par Moscou du régime douanier à la suite de l'autorisation donnée par Ankara aux navires militaires américains de passer par le Bosphore et ainsi d'accéder à la mer Noire. Des appels à examiner plus minutieusement les cargaisons en provenance de Russie ont retenti en Turquie. Mais les parties ont échangé ces jours-ci des déclarations témoignant du refus des deux Etats d'aggraver leurs rapports.

De l'avis des experts, en cas d'aggravation du conflit, qui pourrait conduire à une véritable guerre commerciale, c'est la Turquie qui essuiera les pertes les plus graves. Les matières premières prévalent dans les exportations russes vers la Turquie: ainsi, la Russie fournit 29% de tout le pétrole consommé en Turquie et 63% du gaz. La majeure partie de ces produits n'exige pas de procédures douanières particulières à la frontière et, par ailleurs, les consommateurs turcs auraient du mal à s'en passer. Dans le même temps, la Turquie fournit à la Russie des produits ayant un niveau de transformation plus élevé: du tissu et des produits textiles, des machines et des moyens de transport, des produits chimiques et alimentaires. Il est bien plus difficile de trouver des marchés alternatifs pour ces produits que pour les matières premières que la Russie livre à la Turquie.

En outre, plus de 150 firmes turques du bâtiment travaillent en Russie. Elles ont construit environ 800 ouvrages depuis la fin des années 80. La crise russo-géorgienne s'est répercutée douloureusement sur elles. Par exemple, dans l'attente d'un refroidissement dans les rapports entre la Russie et la Turquie et d'éventuelles pertes sur le marché russe, depuis le 8 août (date du début du conflit russo-géorgien), la grande compagnie turque du bâtiment Enka Insaat ve Sanayi a perdu plus de 20% de sa capitalisation. Le fait est que plus de la moitié de ses actifs et de ses commandes se trouvent en Russie et dans d'autres pays de la CEI (Communauté des Etats indépendants). Après l'annonce du gel des rapports entre la Russie et l'OTAN, les investisseurs ont retiré précipitamment leur argent de cette compagnie.

"La complication des rapports commerciaux n'est avantageuse pour aucune des parties, estime Alexandre Chtok, directeur du département Due Diligence de la compagnie 2K Audit - Delovye konsoultatsiï. La Turquie est, pour la Russie, un corridor avantageux pour le développement de ses rapports commerciaux avec d'autres pays, avant tout avec les pays d'Afrique du Nord et l'Iran. Par conséquent, perdre ses rapports de bon voisinage avec la Turquie ne serait pas du tout souhaitable pour la Russie". Mais des complications dans les relations avec Moscou seraient encore plus désavantageuses pour Ankara, la Russie étant l'un de ses principaux partenaires commerciaux, estime l'analyste.

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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Mercredi 3 Septembre 2008

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