Palestine occupée

La Prusse en Méditerranée?


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Presque tous les intellectuels libéraux américains reconnaissent que l'occupation israélienne est répressive et odieuse, et qu’Israël est un Etat totalement démocratique, libre avec une presse active, argumentée et très libre.
Loin de moi cette pensée. Après avoir passé trois mois en Israël, je peux dire que presque tous les membres de l'intelligentsia libérale israélienne à qui j'ai parlé m’ont raconté des choses très différentes: les médias de leur pays sont gravement malades, ils ne fournissent pas un niveau minimum de reportages corrects et des investigations critiques sérieuses qui sont les bases indispensables d'une société libre.

Par Roane Carey


Samedi 30 Mai 2009

Les Américains qui ne savent pas lire l'hébreu ou ne regardent pas les informations télévisées israéliennes pourraient avoir une fausse opinion de ses médias, en supposant qu’Ha'aretz, le quotidien au plus petit tirage lu principalement par des intellectuels et la classe politique - et les étrangers qui dévorent son édition en ligne en anglais - est représentatif, et que dans tous les médias israéliens, il existe des chroniqueurs et des reporters critiques comme Gideon Levy, Akiva Eldar et Amira Hass. Ce n'est pas le cas et ils ne le sont pas.

Les quotidiens au plus grand tirage, le Yediot et le Ma'ariv, ainsi que le Jerusalem Post et le journal télévisé, penchent beaucoup plus à droite - tout comme les grands médias américains, qui n'ont certainement rien à apprendre d'Israël dans ce domaine.

Et quant à l’État totalement démocratique et libre, la plupart des gens que j’ai rencontrés parlent d'un attiédissement de l'opposition au cours des dernières années, en parallèle avec l'élection de gouvernements de plus en plus à droite. Le fond a été touché lors de la récente "guerre" de Gaza. J'en ai eu un aperçu ici, à Beer-Sheva, à l'Université Ben-Gourion.

Il y a quelques jours, Noah Slor, qui est inscrite au programme d'études supérieures du Département des Etudes sur le Moyen-Orient de l'Université Ben-Gourion, a été arrêtée par la police à la demande de la sécurité du campus et détenue pendant plusieurs heures parce qu’elle distribuait discrètement des tracts s'opposant au projet de loi présenté actuellement devant la Knesset qui transformera en délit toute commémoration de la Nakba (le jour de Mai où les Palestiniens pleurent la catastrophe de leur dépossession et de leur expulsion, qui est pour les Juifs la Fête de l’Indépendance).

Elle le faisait dans un endroit à l'extérieur de la porte principale du campus, où les étudiants distribuent, traditionnellement, un peu tout, allant des annonces des partis aux informations sur les rassemblements politiques, sans jamais être inquiétés par la sécurité.

Des militants étudiants et des professeurs parlent d'un exemple de harcèlement politique de la part de la sécurité du campus. En effet, Slor, une militante de Darom le Shalom (le Sud pour la paix), un nouveau groupe composé d'Arabes et de Juifs de la région de Beer-Sheva, qui "lutte contre le racisme et pour l'égalité et la coexistence entre Juifs et Arabes», m'a raconté qu’au moment de son arrestation, un agent de sécurité lui a dit: «Ecoute, ne prétends pas que tu es naïve – Je t’ai déjà vu dans des manifestations par le passé. Tout est enregistré et écrit, tout est documenté."
Elle ne peut pas le prouver, mais elle est convaincue que la sécurité s’en est prise à elle parce qu’elle protestait contre la loi sur la Journée de la Nakba. "C’était le message", dit-elle.


Les étudiants n’allaient pas se laisser démonter par ça. Cette nuit-là, une soixantaine d’entre eux ont manifesté pour protester contre l'arrestation, en allant à une cérémonie de l'université à laquelle assistaient le conseil d’établissement et d'autres dignitaires.

Les étudiants s’étaient mis du sparadrap sur la bouche et tenaient des pancartes disant: «Le Département de la Sécurité dirige l'Université» et «Département de la Sécurité = Police Secrète". (Dans une réponse à des questions au sujet de l'incident, le porte-parole de l'université, Amir Rozenblit, a déclaré que les étudiants n’étaient pas autorisés à distribuer des tracts sur le campus et que Noah les distribuait "dans une zone considérée comme faisant partie du campus "- même si elle se trouvait à l'extérieur de la porte principale. Il a également affirmé qu’un garde de sécurité avait été arrêté tout comme Noah.)

La répression de la dissidence a été omniprésente au cours de la campagne de Gaza. Nitza Berkovitch, une sociologue de l'Université Ben-Gourion, a déclaré: «Je pense que les médias ont été complètement et véritablement mobilisés. Il y avait un total soutien à la guerre."

Quelques jours après le début de la guerre, fin Décembre, un groupe d'étudiants juifs et arabes a organisé une manifestation pacifique contre la guerre. La police est rapidement arrivée rapidement et leur a demandé de se disperser. Ils ont accepté, mais alors qu’ils pliaient leurs pancartes, plusieurs ont été abordés par la police, embarqués dans les voitures et détenus pendant des heures, accusés d'être des "émeutiers."

Il y a eu une autre manifestation mi-janvier, celle-ci encore plus modérée, avec des personnes portant des pancartes appelant à la paix et à la fin des violences des deux côtés. Encore une fois, il s’est produit la même chose: des dizaines de policiers sont arrivés, ont tabassé la foule et arrêté plusieurs d’entre eux. Un étudiant de l'Université Ben-Gourion, Ran Tzoref, a été placé en résidence surveillée pendant un mois.

La dure répression des citoyens palestiniens est une pratique profondément enracinée en Israël. Les récents incidents montrent qu’il y a peut-être aussi un relâchement de la contrainte sur la répression de la dissidence juive. Des centaines d'Israéliens ont été arrêtés alors qu’ils protestaient contre la campagne de Gaza, probablement la plupart des Palestiniens, mais aussi de nombreux Juifs.

Tzoref m'a dit: «J'ai été dans des protestations dans les territoires occupés, et ils ont agi de la même façon ici. Pour moi, c’était choquant de voir la police anti-émeute venir à l’université et nous attaquer. Cela n'avait jamais été fait avant, et pas de cette ampleur."

Berkovitch dit : «C’était comme dans une dictature d'Amérique du Sud. C'est comme si un ordre arbitraire avait été donné au niveau national d’arrêter un certain nombre de personnes - c'était juste pour intimider».

Certes, la campagne de Gaza a mis en évidence le pire dans l'appareil de répression, qui était alimenté par un esprit de vengeance du public et la haine des Palestiniens, qui avait été elle-même renforcée par les pluies de roquettes du Hamas. (Berkovitch m'a dit que, lors de la manifestation de janvier, de nombreux passants criaient des insultes aux manifestants, en les qualifiant de traîtres et en disant des choses comme «les Juifs devraient tuer plus d’Arabes". "Donc, une telle haine que je n’avais jamais vue de ma vie», dit-elle.)

La tendance est préoccupante, mais il convient de souligner qu'en général, les Juifs israéliens, à la différence des Palestiniens, jouissent encore d'un remarquable degré de liberté d’expression sur presque n'importe quel sujet.

Avec un gouvernement d’extrême-droite qui est non seulement déterminé à éviter toute négociation sérieuse avec les Palestiniens, mais encourage activement l’expansion de la colonisation, qui montre tous les signes de préparatifs de guerre contre l'Iran et entretient activement la paranoïa du public sur ce front, qui voit de plus en plus les citoyens palestiniens comme une menace, comme un ennemi de l'intérieur, les contradictions d'une nation qui prétend être à la fois juive et démocratique battent de l’aile.

Comment un Etat qui emprisonne 4 millions de Palestiniens derrière des murs de ghettos, des routes de contournement et un blocus, et qui traite 1,5 millions de personnes comme des citoyens de seconde zone, peut-il être démocratique?

Le professeur de géographie de l'Université Ben-Gourion, Oren Yiftachel qualifie Israël d’ethnocratie (le titre de son récent livre), le défunt sociologue de l'Université hébraïque, Baruch Kimmerling le qualifiait de "démocratie Herrenvolk".

Peu importe la façon dont vous l’appelez, si Israël continue sur cette voie, la répression s'intensifiera obligatoirement, et la liberté d'expression deviendra de plus en plus limitée.

La vieille plaisanterie au sujet de la Prusse était que c’était une armée qui se faisait passer pour un État. Israël est-il appelé à devenir la Prusse de la Méditerranée?

Source :  http://www.thenation.com/ Traduction : MG pour ISM


Samedi 30 Mai 2009


Commentaires

1.Posté par VIRGILE le 30/05/2009 23:19 | Alerter
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Prétendre que l'Etat hébreux est une démocratie, c'est possible sur le papier. Les Illuminati et autres rotschildiens rigolent !. Cependant cette démocratie vote allègrement et conduit les pires crimes de guerre et contre l'humanité. Donc la démocratie n'est pas un critère de justice, d'équité et de fraternité internationale, tout comme "les Républiques" dont le caractère Jupitérien est porté sur l'impérialisme, ce colonialisme sauvage qui justifie tous les crimes au nom de la Civilisation (des barbares !). Fait remarquable, ce micro état a le record mondial de violation des Résolutions de l'ONU ! Démocratie donc !

On ne peut plus arrêter cet Etat criminel, c'est trop tard, Dieu l'aurait déjà fait. Ils raidissent la nuque et c'est pour leur perdition. Tout est imposture, du Talmud à la politique familiale totalitariste israélienne, sous la férule des "barbus". Ils haïssent l'humanité, exècrent et pillent les "goyim", etc. Que faire devant cet hydre sans foi ni loi ? Ils sont irrécuparables. Le malheur c'est qu'ils entraînent l'humanité à leur sort final. "Seul un reste sera sauvé" dit l'Evangile. Au-delà dee pires crimes de cet Etat, Dieu reste bon.

2.Posté par Arthur Gohin le 31/05/2009 19:54 | Alerter
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Je crois que la seule solution pour un juif Israélien de sauver son âme est d'émigrer. Il ne peut pas être inconscient d'être criminel par sa citoyenneté même.

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