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La Présidentielle afghane et un calendrier controversé


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Mercredi 4 Mars 2009

La Présidentielle afghane et un calendrier controversé
Pour une véritable polémique, c'en est une! Peut-être que le Président afghan, Hamid Karzaï, ne s'imaginait pas lui-même qu'en signant, samedi, un tout petit décret, il aurait soulevé une si grande polémique, et aux yeux d'aucuns, un choix qui aurait plongé l'Afghanistan dans un imbroglio politico-constitutionnel. Il s'agit d'un décret demandant à la Commission électorale d'avancer la date de la Présidentielle, prévue le 20 août, au nom du respect de la Constitution, qui prévoit qu'elle ait lieu un mois, au moins, avant la fin de son mandat qui survient le 21 mai.

Deux logiques concurrentes s'affrontent dans ce débat qui attise les passions dans les états-majors politiques à Kaboul. D'un côté, le Chef de l'Etat se prévaut du respect à la lettre de la Constitution. La Commission électorale, pour sa part, met en avant des considérations pratiques. Selon elle, les impératifs météorologiques - de nombreuses zones montagneuses demeurant enneigées - logistiques, financiers et sécuritaires, plaident en faveur d'une date plus tardive. La Commission électorale n'est pas la seule à persister sur l'option 20 août; les Américains la préfèrent, dans le souci d'un "environnement sécurisé".

L'ONU s'est, elle aussi, déclarée inquiète pour le déroulement de la présidentielle afghane, si elle devait avoir lieu en avril, comme le demande le Président Karzaï. "Une élection avant juillet serait, au moins, pour des questions de sécurité, mais aussi, sur les plans, logistique et technique, très difficile à organiser.", a affirmé le Secrétaire général adjoint de l'ONU pour les opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, au cours d'une conférence de presse. "Nous estimons très difficile, pour ne pas dire impossible, d'avoir une élection crédible, en avril.", a insisté Alain Le Roy.

Même son de cloche à l'OTAN. Son porte-parole, James Appathurai, a reconnu, lundi, que le choix de la date de scrutin revenait au gouvernement de Kaboul, mais il a plaidé pour le 20 août, en se basant sur des raisons de sécurité. L'opposition afghane a vigoureusement critiqué cette volonté de modifier le calendrier électoral, dénonçant une manœuvre politicienne, de la part de Hamid Karzaï, visant à conforter ses chances de réélection. Pour l'opposition, les candidats susceptibles de se dresser contre lui pourraient, en effet, manquer de temps, pour conforter leurs réseaux.

Le Front national de l'Afghanistan - un rassemblement d'opposition - est d'avis que Hamid Karzaï sait mieux que quiconque que la tenue des élections au printemps serait impossible; il cherche, toujours d'après le Front national, à créer la confusion, afin de justifier des mesures d'exception, et aussi, à trouver des ressorts, pour assurer sa survie politique. Sur le même registre, le sénat afghan a, de son côté, déclaré, au lendemain de la signature du décret présidentiel, impossible, la tenue d'un scrutin, au printemps, arguant les mêmes raisons, sécuritaire, logistique et technique. Quant à la Commission électorale, elle n'en a pas encore réagi officiellement, se réservant le droit de se prononcer plus tard. N'oublions pas, aussi, la presse de Kaboul où coule beaucoup d'encre sur le calendrier de la présidentielle et le décret controversé de Karzaï.

"Que l'Amérique cesse de s'ingérer dans les affaires afghanes.", c'est le titre de l'éditorial du journal Tcheragh (La lampe) qui accuse les Etats-Unis de chercher, ainsi, à "créer des opportunités" pour les candidats qui leur sont proches. Sur les mêmes longueurs d'ondes, le journal Anis juge "les réactions négatives" au décret de M. Karzaï, loin de la loi, arguant que si le Président reportait le calendrier des élections, la Constitution serait violée. Pourrait-on concilier la "realpolitik" et le solennel engagement à la Constitution? Telle va être la question maîtresse, durant les mois à venir, dans le paysage politique des hauts massifs de l'Hindou-Kouch.

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Mercredi 4 Mars 2009


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