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La "Menace" Du Nucléaire Iranien Exagérée Selon Plusieurs Rapports



Dimanche 24 Mai 2009

La "Menace" Du Nucléaire Iranien Exagérée Selon Plusieurs Rapports
Alors que le gouvernement sioniste extrémiste de Netanyahou n'arrête pas de tenir des propos hystériques, relayés par le CRIF et consort, sur la "menace existentielle" posée à Israël par le programme nucléaire iranien pour justifier une attaque militaire préventive de l'armée israélienne, plusieurs rapports récemment publiés font ressortir que tout ceci est très exagéré.

Deux rapports publiés mardi par des boîtes à penser de renom minimisent l'importance des dangers potentiels présentés par le programme nucléaire de l'Iran, concluant que même si Téhéran pouvait - en supposant que cela soit leur but, ce que les Iraniens ont à maintes reprises réfuté, leurs installations nucléaires étant en permanence sous supervision de l'AIEA - fabriquer une arme nucléaire en deux ou trois ans, cela leur prendrait jusqu'à 15 ans pour développer la technologie nécessaire pour la véhiculer. Ils affirment également que la capacité de l'Iran à provoquer le chaos au Moyen Orient via ses "supplétifs" - Hezbollah et Hamas accusés d'agir pour le compte de l'Iran alors que ces mouvements sont d'abord et avant tout des mouvements de résistance à l'occupation colonisation sioniste en Palestine et au Liban - est elle aussi exagérée.

Un rapport établi par un groupe de scientifiques russes et américains et d'ingénieurs de l'EastWest Institute conclut que bien que l'Iran pourrait construire une arme nucléaire d'ici un à trois ans à partir du moment où ils le décident, ils ne seraient pas capables de la véhiculer sur une longue distance et ce pendant de longues années. Les scientifiques ont également dit que le système de défense anti missile US que Washington veut installer aux portes de Moscou sur le territoire de la Pologne et de la République Tchèque, nouveaux vassaux des US, serait inutile contre une arme nucléaire de l'Iran.

D'autre part, un autre rapport de 230 pages de la Rand Corp, résultant d'une étude politique et militaire de l'US Air force démarrée en 2007, a conclu que l'Iran est un adversaire bien moins redoutable que certains voudraient le faire croire. Le rapport fait état de "barrières et d'obstacles significatifs" aux ambitions de l'Iran à cause des réalités politiques ethniques et religieuses régionales et de sa " capacité militaire conventionnelle limitée, son isolement diplomatique, et ses erreurs stratégiques passées".

Le rapport de la Rand affirme également que l'Iran cherche " à éviter d'alimenter les désaccords existants en maintenant le statu quo, tout particulièrement avec le Monde Arabe" plutôt que d'activer des agents pour provoquer des troubles.

Ceci va à l'encontre des accusations récentes de l'Egypte, allié et collaborateur d'Israël, de l'existence d'un réseau Hezbollah/Iran agissant pour déstabiliser l'Egypte. Ces accusations, qui ont reçu une grande couverture médiatique à quelques semaines des élections au Liban et en Iran, sont très vite apparues pour ce qu'elles sont véritablement : une campagne de dénigrement menée par les services de renseignements israéliens et égyptiens pour s'ingérer dans les affaires internes du Liban et de l'Iran. Le secrétaire général du Hezbollah, Nasrallah, a effectivement reconnu que l'une des personnes arrêtées était membre de l'organisation mais a assuré que son action visait à fournir une aide logistique à la résistance du Hamas à Gaza dans sa lutte contre l'armée d'occupation israélienne, et rien d'autre. Le gouvernement Moubarak collaborateur des Sionistes ne cache pas son opposition aux mouvement de résistance arabes à la colonisation sioniste au Moyen Orient.

Le rapport du Rand préconise d'ignorer les déclarations des responsables politiques iraniens qui sont souvent destinées à avoir un impact sur la politique intérieure du pays, notamment au moment d'élections comme c'est le cas actuellement, et de se concentrer plutôt sur les actions d' lran. L'Iran a agi positivement pour stabiliser l'Irak et l'Afghanistan, et ce pour se protéger, puisque l'Iran partage avec ces deux pays de très longues frontières mais aussi des minorités ethniques pouvant parfois être manipulées dans le cadre d'opérations clandestines de déstabilisation notamment par la CIA/Mossad. D'autre part, l'Iran cherche aussi à entretenir de bonnes relations politiques de voisinage avec l'Irak et l'Afghanistan mais également à développer ses relations commerciales et économiques avec ces deux voisins pour asseoir son rôle de puissance régionale. L'Iran, est -il nécessaire de le rappeler, n'a attaqué aucun pays depuis très longtemps, la guerre Iran Irak a été lancée à l'instigation de Saddam Hussein soutenu et armé par les puissances occidentales dont les US et la France.

Selon le rapport de la Rand, la politique étrangère iranienne est principalement axée sur ce que les auteurs du rapport qualifie de nationalisme " vieux jeu", d'une volonté de maintenir son intégrité territoriale et d'assurer la survie du régime islamique plutôt que sur des velléités d'étendre l'idéologie révolutionnaire islamique à d'autres pays. Pour Rand, l'Iran est militairement un Tigre de Papier et Téhéran exerce moins de contrôle sur des groupes comme le Hezbollah, le Hamas et ses alliés en Irak que ce qu'on voudrait nous faire croire. Le rapport affirme que " l'Iran a un pouvoir limité sur ces soit disant groupes proxy et dans le cas d'un conflit entre les Etats Unis et l'Iran, la volonté de ces groupes de mener des représailles purement au service de Téhéran ne doit pas être envisagé comme automatique".

Selon le rapport du EastWest Institute, dont la rédaction s'est étalée sur un an, cela pourrait prendre jusqu'à 15 ans à l'Iran pour acquérir la technologie de fabrication de missiles longue portée pouvant poser une menace à l'Europe et à l'Amérique du Nord. Seuls les US, l'Europe, la Russie et la Chine possèdent cette technologie. Le rapport préconise que les US et la Russie se penchent ensemble sur les ambitions de l'Iran.

Mais, compte tenu des tensions entretenues aux portes de la Russie par les forces US/OTAN, dont les récents exercices militaires de l'OTAN menés en Georgie au grand dam de Moscou, il est fort peu probable qu'une telle démarche ne voit le jour, tout du moins dans un futur proche. Pour l'heure, l' Administration Obama semble plus intéressée à maintenir les projets d'expansion de l'OTAN à l' Est en incorporant les anciennes républiques de l'ex Union Soviétique dans l'OTAN et en les faisant intégrer dans l' UE, avec comme objectif de former un bloc dominateur Amérique du Nord + UE élargie à l'Est pour servir ses intérêts hégémoniques.

Sources de certaines informations : www.latimes.com


Mireille Delamarre


Dimanche 24 Mai 2009


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