Géopolitique et stratégie

La Géorgie, poudrière de la Russie


"Alors que le monde est témoin d'une guerre militaire sanglante et bien entendu inégale entre la Russie et la Géorgie, même les acteurs principaux de cette guerre sont bel et bien surpris par la transformation rapide de petits conflits sur les frontalières communes de la Russie avec la Géorgie en guerre totale entre les deux pays.


Mardi 19 Août 2008

La Géorgie, poudrière de la Russie
Le quotidien américain, New York Times, a publié en plein les affrontements de 6 jours entre la Russie et la Géorgie une analyse le quel se penche sur la situation de la guerre depuis les premiers jours, les raisons historiques de ces affrontements et enfin les répercussions des ces conflits.

Selon le reportage du "New York Times", ajoute l'agence de presse ISNA, des responsables américains et géorgiens déclarent que contrairement aux attaques russes contre l'Afghanistan en 1979, opération sur laquelle les forces de l'ex URSS se sont focalisées, personne ne pensait que ces dernières peuvent lancer une attaque surprise contre la Géorgie. Ils annoncent que même jusqu'au jour de l'intervention de la Russie en Géorgie, elle tentait de persuader la Géorgie et l'Ossétie du Sud de s'asseoir à la table de négociations.

L'Ossétie du Sud est la région séparatiste de la Géorgie qui après l'effondrement de l'Union Soviétique en 1990, a entré en guerre avec la Géorgie, l'une des Républiques de l'ex-URSS pour obtenir son indépendance. Bien qu'aucun pays du monde ne reconnaisse pas cette République, cette région et l'Abkhazie gèrent indépendamment leurs affaires. Lors de cette guerre, Tbilissi a accepté reconnaître partiellement l'autonomie de ces deux régions que la Géorgie qualifiait de rebelles. Mais ces deux Républiques n'ont pas renoncé à leur objectif et leurs combats contre les forces géorgiennes ne cessent de continuer.

" Il ne semble pas qu'avant le déclenchement de la guerre, les deux côtés aient pensé même un instant à ce sujet. Jusqu'à la nuit du commencement des affrontements, la Russie semblait jouer un rôle constructif", a déclaré un haut responsable américain.
Bien que l'occident et la Géorgie n'attendissent pas l'attaque surprise de la Russie, il y a des indices, prouvant que ces deux pays se préparaient théoriquement et d'une manière calme pour une guerre.

Certes, il existe d'autres facteurs qui ont rendu le terrain propice à une guerre: les succès militaires de la Russie en Tchétchène et les soutiens sans merci des Etats-Unis au président géorgien, Michael Saakachvili.

" Les victoires qu'a obtenu la Russie lors de la guerre en République autonome tchétchène était le garant de la sécurité interne de la Fédération de Russie. Dès lors, elle a pu déployer ses forces militaires au-delà de ses frontières. En ce même temps-là, les Etats-Unis entraînaient les soldats géorgiens pour une présence militaire en Irak, les entraînements qui les ont rendu plus audacieux que jamais de sorte qu'ils ont osé entrer maintenant en guerre contre le pays qu'il ne pouvait absolument pas vaincre. Les responsables militaires américains qui ont entraîné les soldats géorgiens, ont déclaré que les conséquences de cette guerre pourraient être une catastrophe pour la politique étrangère américaine, car cela pourrait mettre en cause la compétence des Etats-Unis, notamment après que l'Amérique se montrerait incapable de venir en aide à la Géorgie et de mettre sous pression le Kremlin. Et ce, alors que l'armée russe multiplie ses attaques.

L'infrastructure militaire et bureaucrate de la Russie a été fondée même avant que Saakachvili, critique farouche du Kremlin, soit nommé en 2004 en tant que président géorgien. A l'époque de la présidence de Vladimir Poutine, la Russie avait procédé à l'octroi de la citoyenneté aux habitants adultes de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie et à la distribution des passeports russes parmi eux. L'Abkhazie est la plus grande région sécessionniste de la Géorgie où la Russie avait ces dernières semaines déployé ses effectifs. Entre temps, l'occident s'est également montré réticent à l'égard de la décision russe d'octroyer des milliers de passeports russes aux citoyens d'un autre pays.

Quand la Russie avait élargi en 2004 ce programme, un diplomate américain avait déclaré que celui qui dispose d'un passeport russe, ne pouvait pas compter au nombre de citoyens russes. Mais, cela a donné le prétexte nécessaire aux Russes pour attaquer la Géorgie." L'armée et les citoyens russes courent des risques d'une attaque étrangère", ont déclaré les responsables russes.
"Malgré les avertissements de la Russie, Saakachvili a osé outrepasser ses limites. Porté au pouvoir par un mouvement de contestation populaire surnommé Révolution de la rose fin 2003, M. Saakachvili avait organisé en 2004 une mini-révolution en Adjarie, une des trois républiques séparatistes et en 2006, il a reconquis la vallée de Kodori. Ces victoires l'ont rendu plus audacieux et il s'est avant tout focalisé sur la défense de l'unité nationale. Cela a provoqué le sentiment de vengeance auprès de la Russie. Dans la foulée, elle a tout d'abord suspendu les services aériens et de poste entre les deux pays, fermé ses frontières communes avec la Géorgie et a refusé les exportations de ce pays. Par ailleurs, la Russie a renforcé son influence en Tchétchénie, avant que la Géorgie reprenne le contrôle de la vallée de Kodori. Maintenant, pro-russe Ramzan Kadyrov, aux côtés des forces tchétchènes, soutenues par les maîtres du Kremlin, a pris le contrôle de cette République toujours agitée", écrit le "New York Times".

Selon le journal américain, les forces terrestres russes se concentraient pour quelques années sur la question de la Tchétchénie, mais l'autorité de Kadyrov leur a permis de se focaliser sur un autre dossier. La rivalité s'est peu à peu accentuée parmi la Géorgie et la Russie. Simultanément, les Etats-Unis ont augmenté leur soutien à Saakachvili, ce qui a suscité les protestations internes.

Certains diplomates croient qu'il est une personnalité bizarre, celui qui pourrait rétablir une démocratie occidentale en Géorgie et être pris pour modèle par les Républiques de l'ancien Union Soviétique qui sont en passe d'éclatement.
Saakachvili s'efforce de se présenter comme la tête pensante qui dirige les mouvements partisans de la démocratie dans la région.

Au demeurant, l'absence des soutiens américains à la démocratie de la Géorgie et les tentatives d'armer ce pays faible a attisé ces dangers. A son arrivée au pouvoir, Saakachvili a fermement soutenu les missions américaines en Afghanistan et en Irak, alors qu'il n'avait tout d'abord rien pour proposer, car l'armée géorgienne n'avait pas assez d'équipements. Mais les soutiens de Saakachvili à l'intervention militaire américaine en Irak étaient en concert avec le besoin des Etats-Unis des soutiens politiques à son expédition en Irak. Sa proposition pour déployer les soldats géorgiens en Irak s'adaptait aux efforts du Pentagone pour reconstituer l'armée géorgienne. Aux hauts niveaux, les Etats-Unis étaient impliqués dans la réforme de la doctrine militaire de la Géorgie et l'entraînement des commandants et des officiers de l'armée géorgienne. Aux niveaux des brigades, les marines et les soldats américains ont préparé les soldats géorgiens pour les affrontements éventuels.
Dans le même temps, la Géorgie a commencé de se munir d'armements, de drones, d'équipements de télécommunication, de véhicules blindés et de munitions israéliennes et américaines. L'objectif de ces démarches était de pousser la Géorgie vers les normes militaires de l'OTAN. Les responsables géorgiens ont salué les équipements militaires et ont explicitement annoncé que la participation des forces géorgiennes en Irak était la méthode appropriée, permettant à l'armée géorgienne de se préparer à une autre unité nationale.
" Saakachvili a agi illogiquement et a donné le prétexte nécessaire à la Russie pour attaquer la Géorgie", a indiqué un responsable américain, expert des affaires de la Géorgie, sous couvert d'anonymat. Il déclare que cette attaque est effrayante et inappropriée, ...ramenant la communauté internationale à condamner la guerre de la Géorgie.

"Que fera entre temps la Russie pour punir la Géorgie?" Voilà une question qui vient à l'esprit.
Il n'existe aucun signe de la volonté du Kremlin de négocier avec la partie géorgienne.
Ce responsable a déclaré que les Géorgiens ont perdu tout ce qu'ils avaient. Nous leur avons déconseillé de faire face à la Russie, car les objectifs des Russes ne sont pas limites.

http://french.irib.ir http://french.irib.ir



Mardi 19 Août 2008


Commentaires

1.Posté par Guy le 19/08/2008 13:31 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Et comme par hasard, tout par d'une erreur de calcul!
On croit et on agit !

Le monde virtuel n'est pas réel, c'est la fiction de la réalité.

Tant que l'on ne reprend pas le contact avec le réel, toutes les analyses seront faussées...

C'est le problème de l'Occident...le rêve, le rêve, le rêve...

Guy

2.Posté par Laïcus le 19/08/2008 14:09 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

voilà que la propagande envahit alterinfo Que fait MODERATION?

3.Posté par modération le 19/08/2008 14:17 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Ce texte reflète le conflit vu par les USA et les médias occidentaux, la propagande habituelle de la presse marchande... rien de plus !

A chacun de faire la part des choses

4.Posté par khir le 19/08/2008 15:21 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

message supprimé
Pas d'attaque personnelle

Géopolitique et stratégie | Diplomatie et relation internationale

Publicité

Brèves



Commentaires