Politique Nationale/Internationale

La France prétend avoir mandat de Washington pour résoudre la crise libanaise


L’attentisme règne en maître au Liban où sont arrivés deux émissaires de Nicolas Sarkozy porteurs, selon la presse, d’un mandat états-unien et syrien pour tenter de faciliter l’élection d’un président consensuel. Cette lueur d’espoir n’empêche pas les Libanais d’être inquiets pour l’avenir, surtout que les intentions de Washington ne sont pas très claires. En attendant le compromis, la séance de l’élection présidentielle du 12 novembre va probablement être reportée de quelques jours.


Samedi 10 Novembre 2007

Tendances et événements internationaux

La grave détérioration de la situation au Pakistan et en Géorgie et les changements intervenus dans plusieurs République d’Asie centrale, où des arrangements accordant des facilités militaires aux États-Unis ont été annulés, prouvent que l’ordre établi par Washington aux frontières de la Chine et au cœur même de l’espace russe est en train de s’effondrer.
Les troubles au Pakistan vont probablement s’aggraver. Malgré la violente répression exercée par le président Pervez Mousharraf, il lui sera difficile de contrôler la situation en raison des profondes contradictions à l’intérieur de l’institution militaire, et ceci en dépit du soutien sans limite apporté par les États-uniens. Même si un accord intervient entre Mousharraf et l’ex-Premier ministre Benazir Butho —dont le retour a été organisé par Washington— une forte opposition au régime existe désormais au sein des forces tribales et du mouvement islamiste pakistanais. Cette mouvance est accusée par Mousharraf et les États-uniens de sympathiser avec Al-Qaida et les talibans en Afghanistan, où l’Otan rencontre une résistance de plus en plus grande et efficace. La semaine dernière, les talibans ont occupé, pour la première fois depuis 2001, des régions proches de leur ancienne capitale Kandahar.
Toutes les guerres lancées ou provoquées par l’Administration Bush ont pour espace une région extrêmement riche en hydrocarbure et se déroulent dans une arène ou trois États sont présents : la Chine, la Russie et l’Iran.
Presse et agences internationales

YEDIOT AHARONOT (QUOTIDIEN ISRAELIEN)
- Ronin Bergmann
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a annoncé la mise en ligne de 3 000 centrifugeuses. Mais les services de renseignement israéliens doutent du sérieux de cette information et pensent qu’en raison d’une série de défaillances, il s’écoulera un long moment avant que l’Iran soit en mesure d’enrichir de l’uranium en quantités suffisantes pour fabriquer une bombe atomique.
Certes, l’Iran enregistre des progrès constants. Mais lorsque les chaînes de centrifugeuses entreront en fonction, il faudra beaucoup de temps avant qu’elles ne produisent la matière nécessaire pour faire une bombe. Téhéran est encore très loin du point de non-retour annoncé par Ahmadinejad. Mais il y a une convergence des discours en Iran, en Israël et au sein de l’AIEA : toutes ces parties s’accordent à surévaluer ce programme nucléaire.
Mohammad el-Baradéi, le directeur de l’AIEA qui n’est pas apprécié en Israël, fait des déclarations contradictoires à ce sujet. Il prétend qu’il faudra à l’Iran entre 3 et 8 ans avant de pouvoir fabriquer une bombe, et qu’il n’est plus possible d’arrêter le programme iranien. D’un autre côté, il affirme qu’il n’existe pas de preuves sur l’existence d’un effort iranien visant à fabriquer l’arme nucléaire. Il ne dit pas que l’Iran se livre à des activités interdites, mais il appelle en même temps à une solution diplomatique rapide. Selon sa logique, Téhéran a atteint le point de non-retour, aussi faut-il que les États-Unis abandonnent leur revendication de la suspension de l’enrichissement de l’uranium comme préalable à toute négociation.
L’Iran, Israël et l’AIEI ont donc tous les trois intérêt à dire que le programme de Téhéran est plus avancé qu’il ne l’est dans les faits.

WASHINGTON TIMES (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
- Mikeal Kraleef
Gamal Moubarak, considéré comme le prochain président de l’Égypte, adopte un ton de plus en plus critique à l’égard des États-Unis et affirme que l’influence de Washington dans la région est en recul d’une manière significative en raison des politiques de l’Administration Bush au Moyen-Orient. _ Dans une allocution prononcée lors du congrès du Parti national au pouvoir —qui s’inscrit, selon des observateurs, dans le cadre des efforts pour assurer la succession de Hosni Moubarak par son fils—, Gamal Moubarak a déclaré que les États-Unis avaient adopté une « mauvaise vision » après les attentats du 11-Septembre. « L’Amérique a imposé une vision particulière de la démocratie et des élections, en pensant qu’il s’agissait de la meilleure voie pour marginaliser les extrémistes, a-t-il dit. Elle a commis une erreur stratégique, car il est difficile d’ignorer les sentiments d’injustice et d’humiliation provoqués dans le monde arabe par les agissements israéliens contre les Palestiniens. Pendant six ans, les États-Unis ont ignoré le processus de paix israélo-palestinien. Résultats : le recul de l’influence américaine dans la région ».

WASHINGTON TIMES (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIS)
- Jakson Diel
Le discours courageux du Premier ministre israélien à la télévision nationale, dimanche soir, dément les allégations israéliennes des sept dernières années. Ehud Olmert a assuré qu’Israël considérait l’Autorité palestinienne comme un partenaire sûr pour la négociation, et a fait état de la possibilité d’accomplir de « véritables réalisations » avant le départ de George Bush de la Maison-Blanche. Il a déclaré que l’État hébreu « ne se déroberait pas à ses engagements, comme le démantèlement des colonies en Cisjordanie, quelles que soient les difficultés ».
Le processus de paix affronte de sérieux obstacles dressés par l’extrême droite israélienne ou la Hamas, qui n’a pas été invité à la conférence d’Annapolis. L’incapacité de Mahmoud Abbas de contrôler ses milices armées et les coups politiques des adversaires d’Olmert constituent autant de difficultés. À cause d’eux, le Premier ministre pourrait ne pas être capable de prendre des mesures rapides et décisives dans le dossier des colonies.

NOROUZ (HEBDOMADAIRE IRANIEN)
Le flou reste total sur l’issue, pacifique ou violente, que pourrait emprunter le dossier du nucléaire iranien. Pendant ce temps, la presse a fait état, cette semaine, de dangers de nature économique, provoqués par les agissements du président Mahmoud Ahmadinejad. Celui-ci a noyé le pays de liquidité monétaire (de gigantesques aides à des proches et des personnalités influentes), ce qui pourrait conduire à un effondrement économique en cas de climat de guerre directe ou indirecte.
Après la fin du dernier round de négociations avec l’AIEA, Téhéran a affirmé avoir fourni à l’agence tous les éclaircissements demandés concernant les centrifugeuses P1 et P2 et le plutonium 210. Il estime que le dossier du nucléaire est clos définitivement.
Audiovisuel international

AL-JAZEERA (CHAINE QATARI)
Émission : Au-delà de l’événement
- Azmi Bechara, ancien député à la Knesset, intellectuel arabe
Ni la Russie, ni l’Iran ni les pays musulmans ne possèdent autant d’armes atomiques que les États-Unis.
Israël veut que la communauté internationale attaque l’Iran à cause de son idéologie.
Le directeur de l’AIEA, Mohammad el-Baradéi, a assuré qu’il n’a aucun preuve que l’Iran cherche à fabriquer l’arme atomique.
Tendances et événements au Liban

La phase la plus importante dans la recherche d’une entente inter-libanaise, qualifiée de tentative de la dernière chance, commence ce vendredi, avec l’arrivée à Beyrouth du secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, accompagné de Boris Boilon, un des responsables du Proche-Orient à la cellule diplomatique de la présidence. Ce dernier pourrait rester au Liban plusieurs jours. Les informations véhiculées par la presse précisent que les émissaires français vont évoquer les noms de candidats consensuels potentiels et contribuer à mettre en place un mécanisme de sélection pour faciliter ensuite l’élection. Les informations qui circulent permettre de noter les points suivants :
- 1. Au lendemain du sommet Bush-Sarkozy, au cours duquel le président français aurait convaincu son interlocuteur de la nécessité d’encourager une solution consensuelle au Liban, des responsables US ont repris leur discours de provocation. Le secrétaire d’État adjoint, David Welch, a défendu à nouveau l’élection d’un président à la majorité simple (une mesure anticonstitutionnelle), ce qui a laissé perplexe les observateurs sur les réelles intentions de Washington, et sur l’efficacité et le sérieux du « mandat » obtenu par Sarkozy pour gérer la crise libanaise. D’autres analystes estiment que les propos de Welch visent à faire monter la pression pour obtenir de meilleures conditions dans le compromis en gestation.
- 2. Le ferme soutien de la Syrie et de l’Iran à l’entente inter-libanaise constitue un appui de taille pour l’initiative française. La presse fait également état d’une couverture européenne et d’un feu vert égypto-saoudien, mais qui tarde à se cristalliser. Dans ce cadre, les milieux français assurent que la position exprimée par les États-uniens dans les cercles restreints est de loin plus flexible que celle qu’ils expriment en public.
- 3. Des milieux politiques libanais s’attendent à une accélération de l’activité politique dans les prochaines heures. Ces milieux font état de divergences au sein du 14-mars et d’une grande confusion chez les candidats de cette coalition qui vont probablement être exclus de la course à la présidentielle. Le chef de l’opposition chrétienne, le général Michel Aoun, va, lui, conserver une position privilégiée, car même s’il n’est pas élu président, il sera inévitablement le principal partenaire chrétien dans le régime en raison de son poids populaire.
- 4. En cas d’échec de l’élection et de l’initiative française, toutes les options restent ouvertes. Aussi bien le 14-mars que l’opposition ont réaffirmé qu’ils restent prêts à toutes les éventualités. C’est-à-dire pour le 14-mars une élection à la majorité simple et pour l’opposition le défi d’empêcher le coup d’État constitutionnel.
- 5. Les Européens et les Arabes sondent l’opposition, loin des feux de la rampe, sur la possibilité du maintien du gouvernement de Fouad Siniora en cas d’échec de l’élection, en contrepartie d’engagements précis.
Presse libanaise

AS-SAFIR (QUOTIDIEN PROCHE DE L’OPPOSITION)
Le report de la séance de l’élection du 12 novembre est quasiment sûr. La prolongation du mandat états-unien accordé à la France a relancé une dynamique qui a dépassé pour la première fois les généralités pour entrer dans le vif du sujet présidentiel. Certains milieux s’attendent à des « trahisons réciproques » dans les camps du 14-mars et de l’opposition pour éviter le vide constitutionnel et la confrontation.
Le général Michel Aoun affirme que son slogan n’est pas « moi ou personne d’autre » mais « la solution avec n’importe qui ».

AL-AKHBAR (QUOTIDIEN PROCHE DE L’OPPOSITION)
Les chrétiens du 14-mars appréhendent un compromis qui disperseraient leurs rangs.
Le secrétaire d’État adjoint, David Welch, menace d’inclure le général Michel Aoun à la liste des personnalités frappées de sanctions par l’administration Bush.

http://www.voltairenet.org/article152873.html http://www.voltairenet.org/article152873.html



Samedi 10 Novembre 2007


Commentaires

1.Posté par waheb le 11/11/2007 10:38 | Alerter
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avent d'avoire la prétention de reglée les problémes des autres pays,et de joué le caniche des etats unis,que l'administration sarko s'occupe des problemes de france ou vie plus d'un millions de pauvres en atente de reglement de leurs soufrances!!

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