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La « Fédération » de la GMP entre les prébendes « haboussées » et les avantages laïques



Samir MEHALLA
Lundi 20 Novembre 2006

La « Fédération » de la GMP entre les prébendes « haboussées » et les avantages laïques
Une « fédération » de la GMP vient d’être laborieusement mise en place dans plusieurs villes de province par l’entourage de Dalil Boubakeur. Lors des interminables palabres et marchandages de l’Istichara, la GMP a eu le double titre de « Grande Mosquée » et de « Fédération » par lesquels A. Billon a pu amadouer le capricieux « recteur » pour le dissuader de boycotter cette « consultation ». La bande de la mosquée cherche à donner un sens à cette appellation flatteuse en créant un réseau pouvant rapporter un score moins dérisoire aux élections de 2007 afin d’éviter à Dalil le ridicule d’une troisième cooptation, que permettait le maintien à l’Elysée des personnalités auprès desquelles le CRIF recommande son seul « ami » musulman, l’« amitié » de Fouad Alaoui s’étant avérée douteuse.
Les membres de cette fédération n’ont pas tous adhéré subitement aux doctrines fumeuses de Dalil sur « l’Islam du milieu ».Ils auraient surtout cru aux promesses des manipulateurs du recteur d’élargir le cercle des bénéficiaires des rémunérations que la mosquée verse depuis une vingtaine d’années à une cinquantaine d’agents de renseignement et d’influence. Ces promesses sont prises au sérieux en raison de la politique des « micro-crédits » dans laquelle Ghlamallah a engagé le ministère des affaires religieuses, contre l’avis des fouqahas qui rappellent l’interdiction canonique d’investir dans le commerce les dons des fidèles. Ghlamallah ne fait que suivre le douteux exemple de Larbi Kéchat qui, sans jamais avoir eu d’activités rémunérées en France, détient 50% des parts de la CADPA, société commerciale au capital social de 4 millions créée par ses soins à la mosquée Dawa, et dont l’autre moitié des parts est détenue par l’association qui gère le lieu de culte, sans être une cultuelle de 1905. C’est cet islamo-affairisme qui tient lieu de ciment doctrinal à la nouvelle fédération de la GMP, dont la cohésion dépend des fluctuations du prix du baril de pétrole. Cette nouvelle clientèle de la mosquée est faite de gestionnaires de salles de prière qui se verraient bien à la tête de sociétés de taxis dans le Sersou, d’une chaîne de fast-food en Kabylie ou de centres artisanaux dans la région de Tlemcen, ouverts grâce à des prêts de la banque Al Baraka sans intérêts, et peut-être même non remboursables. Les plus optimistes parmi ces nouveaux soutiens de Dalil espèrent bien obtenir le bail des commerces de la mosquée, que Hafiz, grisé par le soutien de l’ambassade, a failli attribuer à un gros commerçant de sa famille.
Mais à peine a-t-elle été mise sur pied, que cette fédération divise l’entourage de Dalil. Se référant à un rapport de 2000, pour la rédaction duquel Ahmed Rouadjia a reçu 6000 francs versés à la demande de l’ambassade, Slimane Naddour (qui a rarement des idées personnelles et n’agit qu’à la demande de ses protecteurs) voudrait que cette fédération s’implique activement dans la campagne pour les élections présidentielles de 2007. Dalil approuve cette idée, à condition que ce soit au profit de la campagne de Jacques Chirac si celui-ci se représente. « C’est nous qui apprenons la laïcité aux autres », a déclaré un jour Dalil, que soutient Chirac pour qui « la laïcité n’est pas négociable ». Mais l’un et l’autre assouplissent très facilement leur conception de la sacro-sainte laïcité quand ils croient à l’utilité électorale des meetings dans les mosquées. Les membres des cabinets ministériels qui mettent en avant leur origine musulmane quand ils implorent la solidarité communautaire après avoir ressenti le mépris de leurs éphémères protecteurs laïques voudraient disposer des réseaux de cette fédération afin de remédier au cynisme des politiques à leur égard. Ces calculs ont été au centre du dîner qui a réuni à la mosquée : Zaïr Keddadouche qui est passé des Verts au PS, avant d’aller chez Raoult, puis à l’extrême-droite de l’UMP ; François-Aïssa Touazi, ex-protégé de Romani, puis de Toubon avant de finir chez Doust-Blazy ; Yazid Sabeg, ancien barriste désorienté par la retraite de R. Barre, rallié à la branche opportuniste du centrisme et incapable d’endiguer l’affluence des musulmans chez Bayrou ; Malika Belarbi, une sarkozyste de la 11° heure récompensée par un strapontin chez Brice Hortefeux ; le tonitruant Dahmane qui exige du faux inspecteur le soutien de la fédération à Sarkozy. Cet agitateur espère obtenir des avantages « laïques » supérieurs aux « saintes » prébendes de Ghlamallah.


Lundi 20 Novembre 2006

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