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La DCA russe: un argument pour les lobbies occidentaux


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Les experts militaires du centre d'analyse Air Power Australia ont publié une étude affirmant que l'aviation occidentale contemporaine n'avait aucune chance de percer les systèmes russes de défense antimissile de nouvelle génération. L'étude avance que les nouveaux missiles S-300 et S-400, ne laissent aucune chance de survie aux chasseurs de quatrième génération F-15, F-16, F/A-18 et même au tout nouveau chasseur léger de cinquième génération F-35. Seul le F-22, dont le poids au décollage dépasse considérablement celui du F-35 et dont les équipements sont beaucoup plus sophistiqués et plus coûteux, a quelques chances de l'emporter sur les missiles sol-air de la famille S-300, selon les analystes australiens.


Jeudi 12 Février 2009

La DCA russe: un argument pour les lobbies occidentaux
Par Ilia Kramnik, RIA Novosti

En se penchant sur cette étude, il faut avoir à l'esprit que des documents mettant en garde contre le retard des pays occidentaux dans tel ou tel domaine militaire par rapport à l'URSS/la Russie paraissent assez régulièrement, principalement quand l'avenir de différents programmes militaires coûteux fait débat. Dans les années 1950, les experts miliaires occidentaux effrayaient leurs lecteurs en brandissant la menace croissante émanant des bombardiers soviétiques, dans les années 1960, avec la menace sous-marine; dans les années 1970, ils évoquaient les chars de l'URSS, avant d'évoquer ses missiles dans les années 1980, et ainsi de suite.

Les causes de ce comportement sont tout à fait claires et résident dans le mécanisme parlementaire des pays occidentaux: maintenir la puissance militaire à un niveau voulu entraîne des dépenses considérables, et les parlementaires qui doivent approuver les dépenses budgétaires nécessaires doivent entendre d'abord des arguments convaincants fournis par des experts. C'est pour cette même raison que les lobbyistes parlementaires sont des gens très aisés: ils n'ont jamais pâti du manque de financement de la part des militaires et du complexe militaro-industriel.

D'autre part, ces études ne peuvent pas être considérées comme une sorte de "publicité" destinée exclusivement à intimider les philistins. Elles recèlent en effet une bonne part de vérité, même si elles ne sont pas tout à fait véridiques. Le document en question, publié par les chercheurs australiens, fait ressortir à juste titre la puissance des missiles sol-air modernes de fabrication russe, qui surpassent en puissance leurs analogues occidentaux, aussi bien ceux qui existent déjà que ceux qui seront prochainement mis en service. Cependant, ces études passent sous silence le fait que pour pouvoir faire face à une armée de l'air performante, il faut posséder non seulement un système de défense antiaérienne performant, avec des missiles sol-air modernes et des moyens de détection précoce, mais aussi des chasseurs et des avions d'attaque capables de contre-attaquer l'adversaire dans son espace aérien et dans ses bases. A défaut, la neutralisation de la défense antiaérienne n'est qu'une question de temps.

Etant donné la situation géographique de l'Australie, l'armée de l'air australienne n'aura sans doute pas à combattre un adversaire doté d'un tel système de défense antiaérienne, c'est pourquoi des études de ce genre n'ont pas beaucoup d'importance pour ce pays, de même que les récentes déclarations d'experts affirmant que les chasseurs russes modernes sont plus performants que le F-35, en cours de développement. Elles pourraient seulement l'aider à obtenir un rabais sur l'achat de ces avions. Or, ce débat s'avère être beaucoup plus important pour Washington, car une discussion sur le sort du programme le plus ambitieux de ces dernières décennies, celui des F-22 est aujourd'hui en cours aux Etats-Unis.

Les commandes pour les chasseurs les plus chers du monde pourraient être suspendues, ce qui priverait de bénéfices juteux bon nombre de "gens respectables". Tout rapport d'expert démontrant la nécessité de continuer à acheter des F-22 est donc très demandé.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.


Jeudi 12 Février 2009


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