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La Couronne britannique s’attaque aux Commissions canadienne et australienne du blé pour s’arroger le contrôle mondial du grain


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Jeudi 15 Février 2007

La Couronne britannique s’attaque aux Commissions canadienne et australienne du blé pour s’arroger le contrôle mondial du grain

Par Rob Ainsworth et Jean-François Sauvé

Mouvement de Jeunes de LaRouche au Canada

Une version abrégée de ce rapport, tirée de l’original en anglais, a été publiée dans la revue Executive Intelligence Review du 26 janvier 2007.

Agissant par l’entremise de ses membres canadiens et australiens au Conseil privé, la Couronne britannique a lancé une attaque coordonnée dans le but de détruire la Commission canadienne et la Commission australienne du blé, au profit de ses actifs dans le cartel international du grain. Jumelés, le Canada et l’Australie réalisent de 30% à 35% des exportations mondiales du blé. Le contrôle de ces exportations procurerait à la Couronne et à son cartel agro-alimentaire une dominance mondiale incontestée sur les prix et l’offre de blé.

Tel que documenté dans cet article, et dans celui qui l’accompagne illustrant le cas de l’Australie, l’attaque contre les producteurs de blé canadiens et australiens est de plus en plus féroce. Dans chacune des deux nations, une Commission du blé à guichet unique de commercialisation (monopole d’exportation) a été établie au cours des années 1930, afin de protéger les agriculteurs et de garantir un approvisionnement agro-alimentaire national. En 1998, suite à des pressions d’agriculteurs insatisfaits, le gouvernement canadien a changé la composition de la Commission canadienne du blé (CCB), qui réalise en moyenne de 15% à 20% des exportations mondiales de blé, afin de permettre aux agriculteurs un meilleur contrôle de ses opérations, sans toutefois transmettre l’autonomie opérationnelle complète. Au début de l’année 2006, le gouvernement du Premier ministre Stephen Harper a tenté de passer une loi qui aurait dépouillé la CCB de son guichet unique de commercialisation. Puis, le 5 octobre, la gouverneure générale du Canada de la Reine Élizabeth II a fait une intervention publique presque sans précédent dans l’arène politique en émettant un « Décret du Conseil » visant à détruire la CCB. Pendant ce temps, en Australie, le gouvernement a, en 1999, transformé en corporation la Commission australienne du blé (CAB) comme étape préalable à sa privatisation (ce qui ne s’est pas encore produit officiellement), et, en décembre 2006, le gouvernement du Premier ministre John Howard a dépouillé la CAB de son guichet unique qui lui assurait un monopole d’exportation.

Stephen Harper, John Howard

Premier ministre du Canada. Premier ministre de l’Australie

Les enjeux stratégiques

Une étude de l’Executive Intelligence Review1 en 1994 documente comment l’oligarchie financière internationale, reposant sur les familles royales britannique et néerlandaise, connues sous le nom de « Club of the Isles » depuis leur établissement dans leur forme moderne au tournant du XXe siècle par le roi d’Angleterre, Édouard VII (« Lord of the Isles »), exercent un contrôle prépondérant sur bon nombre de multinationales, en particulier celles qui ont une emprise sur les matières premières (incluant l’exploitation minière, le pétrole et le secteur agro-alimentaire), la finance et les médias, entre autres. Les actifs du Club étaient estimés à 9 billions de dollars américains en 1997, et se sont accrus d’une façon phénoménale depuis. Voici quelques-unes des entreprises chapeautées par le Club :

Exploitation minière: Rio Tinto Zinc, BHP, CVRD, Anglo-American, De Beers, Lonrho, et Barrick Gold;

Pétrole: Royal Dutch Shell, British Petroleum;

Établissements bancaires: Banque d’Angleterre, HSBC, JP Morgan & Cie., Lazare Frères & Cie., N.M. Rothschild & Fils;

Secteur agro-alimentaire: Cargill, Archer Daniels Midland, Louis Dreyfus, et Bunge et Born.

1 The True Story Behind the Fall of the House of Windsor. EIR Special Report, 1994.

2

Coordonné par le Conseil privé de la reine Élizabeth II à Londres, ainsi que par ses cousins de la Maison d’Orange en Hollande, le Club s’inspire de la plus ancienne tradition impériale britannique d’intégrer son élite corporative avec les ministres gouvernementaux et les échelons supérieurs des services de renseignements britanniques.2 Cette entité anglo-hollandaise est la force principale promouvant la mondialisation, le néo-libéralisme et la fin des États-nations en tant qu’institutions politiques prééminentes sur la planète. L’Union européenne et l’Organisation mondiale du commerce servent uniquement de véhicules pour promouvoir les idées et les politiques du « gouvernement mondial ».

L’enjeu est le contrôle des matières premières stratégiques de la planète dans ce moment de crise financière mondiale. Le dollar américain faisant face à un effondrement imminent, les principales banques du monde se voient aux prises avec plusieurs billions de dollars d’actifs sans valeur, que ce soit par l’effondrement des marchés de l’immobilier aux États-Unis et en Grande-Bretagne, les $119 billions de la bulle des produits dérivés, ou les multibillions de dollars en bulle créée par cette folie de fusions et d’acquisitions à fort effet de levier. Pendant ce temps, l’aggravation de la violence en Asie du Sud-Ouest, orchestrée par les réseaux de l’autoproclamé agent britannique Henry A. Kissinger et de son élève, le vice-président Dick Cheney, menace le monde avec la sinistre perspective d’une guerre religieuse prolongée.

Une nouvelle architecture financière mondiale sera créée des cendres du système à taux de change flottant actuel. La question toujours non résolue demeure à savoir qui déterminera la nature du nouveau système, lequel consistera soit en un accord entre des États-nations souverains, ou en une imposition de la part de la puissance financière privée. L’État-nation demeure le plus puissant instrument pour le bien commun connu de l’humanité. Reconnaissant ce fait depuis longtemps, la Couronne britannique, par l’entremise de son « Club of the Isles », à l’aide de la subversion et du chantage vis-à-vis les États-nations, avec la mondialisation et le contrôle des matières premières stratégiques de la planète, espère devenir la puissance qui définira la nouvelle superstructure financière. C’est dans ce contexte que le Cabinet du Premier ministre et autres agents de la Couronne, tels que décrit ci-dessous, sont déployés contre la CCB. Quand la solidarité de la plus grande Coop canadienne sera détruite, le cartel international du grain (Cargill, Archer Daniels Midland, Louis Dreyfus et Bunge et Born) contrôlera les infrastructures de transport et de distribution, et sera libre d’écraser les agriculteurs indépendants de l’Ouest canadien et ainsi s’assurer le contrôle de deux des plus importants paniers de blé au monde, le Canada et l’Australie.

L’attaque contre la CCB

Le Premier ministre Conservateur du Canada, Stephen Harper, et le ministre de l’Agriculture, Chuck Strahl, ont proclamé tout haut leur tentative de démanteler la CCB, établie en 1935 et constituée de 75,000 agriculteurs dans l’Ouest canadien, et de la remplacer par une CCB II, qui offrirait un « choix du mode de commercialisation » aux producteurs de blé et d’orge canadiens. Actuellement, tous ces agriculteurs doivent, par la loi, vendre leur production à la CCB, sous le système de commercialisation à guichet unique. Le sophisme de la « libre entreprise » préconisé par le gouvernement fait abstention des justes profits que procure à ses membres le guichet unique de la Commission du blé, offrant en moyenne $350 à $400 millions en profits annuels additionnels grâce à un pouvoir de négociation accru et à la vente directe au consommateur final. Lorsque les profits indirects sont inclus, tels les plafonds sur le tarif de transport, le chiffre monte à $800 millions. Au lieu de cela, comme énoncé dans la plateforme du Parti conservateur de 2006, le gouvernement promet de « donner aux agriculteurs la liberté de prendre leurs propres décisions de commercialisation et de transport ainsi que de diriger et structurer les organisations de producteurs (telle la CCB – note de l’éditeur) et d’y participer volontairement».

En prétendant offrir aux agriculteurs la « liberté de choix », Harper laisse supposer que la Commission du blé va survivre à ses changements projetés. Il ment. Le professeur Murray Fulton de l’Université de la Saskatchewan a mené une étude, La CCB dans un marché ouvert, dans laquelle il examine l’impact potentiel de l’établissement d’un système de « marché à deux voies ». Dans le résumé de son rapport, il écrit:

L’impact le plus probable du retrait des pouvoirs du guichet unique de commercialisation est que la CCB va cesser d’exister. L’élimination de la CCB transformerait l’industrie canadienne du grain, et l’impact de ce changement se ferait ressentir dans pratiquement toutes les parties du système. Les changements qui accompagneraient la perte des pouvoirs monopolistiques de la CCB rendraient le système canadien de plus en plus similaire à celui des É.-U. …l’actuel plafond sur les revenus de transport de marchandises disparaîtrait et qu’une moindre valeur serait retournée aux agriculteurs. Lorsque ces changements sont accomplis, ils sont irréversibles. Ce serait pratiquement impossible de revenir en arrière et de restaurer le système à celui qui est actuellement en place [emphase ajoutée].3

Un sondage mené en 2005 par Ipsos-Reid indique que 48% des producteurs de blé préféraient leur relation actuelle avec la CCB, alors que 46% appuyaient la création d’un « marché à deux voies ». Cependant, le même sondage révélait que 64% des producteurs de blé appuyaient l’actuelle CCB par rapport à un marché ouvert dans lequel la CCB cesserait d’exister. Un autre sondage, celui du Alberta Beef Magazine, chiffre le support des agriculteurs envers la forme actuelle de la Commission du blé à plus de 90%4. Les implications de ces sondages mettent à jour les méthodes cyniques du gouvernement. En faisant la promotion du « marché à deux voies » et de la « liberté de choix » tout en proclamant de facto la continuité de l’existence d’une CCB, seulement aux pouvoirs réduits, Harper et Strahl se sont engagés dans une tentative flagrante de manipuler et d’écraser les agriculteurs de l’Ouest canadien.

Actuellement, le Canada produit 12% de l’offre mondiale du blé, et fournit jusqu’à 20% des exportations mondiales. Le guichet unique régulé de la CCB est une institution essentielle pour les agriculteurs de l’Ouest. Il fournit

2 Engdahl, F. William. A Century of War. Dr. Böttiger Verlags-GmbH, 1993. page 15.

3 http://www.kis.usask.ca

4 http://www.albertabeef.ca

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des services à haute valeur ajoutée et un puissant avantage de vente à ces agriculteurs, en les aidant à commercialiser leurs produits et à recevoir de justes recettes pour leurs récoltes. Tous les revenus de vente (de $4 à $6 milliards par année), moins les coûts d’exploitation (de 5% à 7%), sont redistribués directement aux agriculteurs. La méthode de la CCB, qui consiste à la commercialisation directe, c’est-à-dire à négocier directement avec l’acheteur final, et à priver le cartel du grain de profits immenses, est d’une grande importance. L’intention de la Couronne de démanteler la CCB au profit des financiers internationaux qui dominent l’offre mondiale du grain est un sujet de la plus haute importance pour la souveraineté de notre nation. Cela constitue une véritable menace à notre sécurité nationale.

La destruction de la CCB va exposer les agriculteurs canadiens au monde hobbesien du soi-disant « libre-marché » de plus en plus dominé par un cartel multinational dans lequel seulement quatre compagnies contrôlent 73% du commerce mondial du grain: Cargill, Archer Daniels Midland (ADM), Louis Dreyfus, et Bunge.5 Avec la nouvelle entente, les agriculteurs seraient forcés de négocier individuellement avec le cartel du grain et en même temps de se concurrencer mutuellement, annonçant ainsi la fin de la ferme familiale dans l’Ouest canadien. La politique du gouvernement déboucherait sur une consolidation majeure dans un petit nombre de fermes industrielles géantes et la destruction conséquente de la société de l’Ouest canadien, ou sur l’émission très peu probable de subventions massives pour soutenir nos fermes familiales alors que les multinationales font baisser les prix en dessous du coût de production.

L’histoire de la CCB

« Le Canada n’aurait jamais existé sans l’économie du blé de l’Ouest, » a écrit le Dr. John Herd Thompson en 1996, dans une étude sur l’histoire de la CCB.6 Cela était vrai à la naissance de notre nation, et c’est encore plus vrai de nos jours. Dû à l’importance stratégique de l’agriculture, le commerce du blé a longtemps été réglementé. L’institution précurseur de la CCB a été créée en 1917 afin d’alléger les difficultés auxquelles faisaient face les agriculteurs sous l’emprise, à l’époque, des intermédiaires et des spéculateurs commerciaux. La CCB actuelle est née plus tard, suite au désespoir engendré par la Grande Dépression et à l’expérience antérieure de mise en commun des récoltes et de la mise en marché dans les provinces de l’Ouest canadien.

Durant la majeure partie de son histoire, la CCB a opéré à titre d’agence gouvernementale. Cependant, en 1998, le gouvernement a changé la composition de la direction, permettant ainsi aux agriculteurs de gérer directement l’organisation, tout en assurant un certain degré de surveillance gouvernementale afin de protéger l’intérêt du public. Cette surveillance est maintenant utilisée de façon abusive pour détruire la CCB. Le gouvernement avait créé une commission constituée de quinze directeurs qui « assumait la responsabilité de diriger et gérer le commerce et les affaires de la CCB. » La direction de cette Commission va comme suit : dix directeurs sont élus par les agriculteurs, quatre sont nommés par Ottawa et « un membre occupant le poste de président-directeur général est nommé par le gouvernement en consultation avec le conseil d'administration. »7 Le rôle du gouvernement, outre de nommer ces cinq directeurs, est censé être limité à la révision et l’approbation de certains aspects financiers des opérations de la CCB, et à garantir aux agriculteurs les paiements anticipés de la récolte, leurs emprunts et leurs ventes à l’exportation;8 mais techniquement, tel que l’a observé l’ancien président-directeur général Adrian Measner, l’Acte de la Commission canadienne du blé de 1935 « donne aussi au gouvernement fédéral l’autorité, sous les auspices du Gouverneur général en conseil, de donner des directives à la CCB quant à la manière dont elle fonctionne. Cependant, cette disposition a rarement été utilisée. » Plus encore, il attire l’attention sur le fait « qu’à travers la longue histoire de la CCB, cette disposition n’a jamais, avant 2006, été utilisée contre les objections de la CCB [emphase ajoutée]. »9

Stephen Harper vs la CCB

En mai 2006, le projet de loi C-300 était déposé au Parlement fédéral dans l’intention de créer une brèche dans l’Acte de la Commission canadienne du blé de 1935, qui exige que tous les producteurs de blé et d’orge de l’Ouest canadien vendent leur grain par la CCB. La brèche aurait permis aux agriculteurs de vendre leur grain directement aux compagnies de manutention du grain telles Agricore United (controllée par ADM) et la Saskatchewan Wheat Pool (alliée avec Töpfer, la filiale d'ADM). Cette action de la part du gouvernement était illégale, tel qu’énoncé dans la section 47.1 de l’Acte, laquelle stipule que, par la loi, avant que le gouvernement ne puisse faire adopter des modifications législatives à l’Acte, il doit consulter la Commission du blé directement et les agriculteurs doivent approuver par un plébiscite les modifications proposées. Le gouvernement n’a respecté aucune de ces conditions. Heureusement, les partis de l’opposition se sont unis contre une injustice aussi flagrante et ont fait échouer le projet de loi.

Puis, seulement quelques semaines plus tard, le ministre Strahl a refusé d’approuver le plan annuel de la CCB parce que celui-ci était « basé sur une orientation stratégique qui envisageait le maintien du guichet unique. » Strahl a déclaré qu’avant qu’il approuve le plan, la CCB devra « effacer toute référence au… maintien du guichet unique, et toute activité en 2006-2007 qui… soient destinées au maintien du guichet unique. »10 Le ministre a fait ces demandes en toute connaissance de cause et complètement à l’encontre de la loi.

Aucunement ébranlés par l’opposition sérieuse des agriculteurs et de la majorité du Parlement, Harper et Strahl décident tout de même d’aller de l’avant avec l’agenda conservateur. Le 5 octobre 2006, la Gouverneure générale du Canada, « sur recommendation du ministre de l’Agriculture, » émettait un décret du Conseil, ordonnant à « la Commission canadienne du blé d’exercer de la manière ci-après les activités prévues par cette loi :

a) elle n’engagera aucuns fonds, de façon directe ou indirecte, notamment à des fins de publicité, de

5 http://www.cwb.ca/public/en/hot/judicial/pdf/affidavit_ameasner.pdf

6 http://www.cwb.ca/public/en/hot/judicial/pdf/measner/Tab_1.pdf

7 http://www.cwb.ca/public/en/hot/judicial/pdf/affidavit_ameasner.pdf

8 Les agriculteurs peuvent demander un paiement anticipé jusqu’à 85% de la valeur estimée de leur production.

9 http://www.cwb.ca/public/en/hot/judicial/pdf/affidavit_ameasner.pdf

10 http://www.cwb.ca/public/en/hot/judicial/pdf/measner/Tab_20.pdf

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publication ou d’étude de marché, pour prôner le maintien de ses pouvoirs monopolistiques;

b) elle ne versera aucuns fonds à quiconque – personne ou entité – pour lui permettre de prôner le maintien de ses pouvoirs monopolistiques. »

Ce décret a efficacement mis un bâillon à la CCB, l’empêchant de se défendre, bien que la CCB soit libre de promouvoir la position du gouvernement! Ce décret est une violation de facto de l’un des plus importants principes de notre Charte des droits et libertés : la liberté d’expression.

Ce despotique décret en Conseil est arrivé au même moment que les élections bisannuelles de la CCB, et a ainsi saboté la CCB à un stage critique de son histoire. Simultanément, le gouvernement a mené une campagne agressive en faveur de ses candidats favoris, en dépensant des dizaines de milliers de dollars, tandis que Strahl sillonnait les provinces de l’Ouest afin de gagner leur support. Parallèlement, Harper et Strahl déclenchaient une machination de plus. Le 17 octobre, six semaines après le déclenchement de la période électorale, Strahl a annoncé le retrait de 16,000 des 44,578 noms de la liste des électeurs sans consulter la CCB. Ces mesures, heureusement, n’ont pas produit le résultat espéré par le gouvernement; les agriculteurs ont choisi de façon écrasante des candidats qui appuyaient le guichet unique.

Entre temps, le gouvernement avait remplacé trois de ses propres directeurs par des individus qui s’affichaient ouvertement contre le guichet unique, dans l’espoir de déstabiliser la Coop et d’intimider les directeurs élus par les agriculteurs afin qu’ils acceptent les politiques de « libre-marché » du gouvernement. Le gouvernement a maintenant divisé efficacement la Commission du blé, avec huit directeurs qui appuient le guichet unique contre sept agents du gouvernement.

Le plus récent acte de sabotage de Strahl a été le congédiement sans précédent du président-directeur général, Adrian Measner, explicitement parce qu’il a refusé de soutenir la politique gouvernementale d’élimination du monopole de la Commission du blé. Lors d’une entrevue avec l’un des auteurs de cet article, un des directeurs actuels de la CCB a affirmé que « Adrian Measner a été congédié pour avoir fait observer la loi. »

La National Citizens Coalition

Certaines des attaques les plus féroces contre la CCB proviennent d’une organisation appelée la National Citizens Coalition (NCC), qui prétend être une organisation de citoyens, mais qui est en fait un « think tank » de l’extrême droite qui promeut la libre-entreprise et le libre-échange, et dont l’ancien président est nul autre que l’actuel Premier ministre Stephen Harper. Cette organisation est virulemment anti-syndicat, anti-réglementation, anti-« gouvernement fort », anti-santé publique, et ainsi de suite. Elle a été fondée à l’origine en 1967 par le millionnaire Colin M. Brown dans le but de prévenir la création du système de santé publique canadien, maintenant reconnu à travers le monde. Sur son site Internet, la NCC se vante d’avoir amené les politiciens à privatiser Air Canada et Pétro-Canada. Le président actuel de la NCC est Colin T. Brown, le fils du fondateur.

La NCC fait partie d’une couvée d’organisations de la droite au Canada (et en Australie) dans l’écurie de la Société du Mont Pèlerin, probablement le « think tank » de la Couronne britannique le mieux connu pour avoir conçu l’holocauste de la privatisation en Grande-Bretagne sous la Première ministre conservatrice Margaret Thatcher, et qui est « l’organisation mère » de tout le mouvement mondial de déréglemen-tation/privatisation, dans lequel les avoirs de l’État-nation sont vendus pour une bouchée de pain à « l’entreprise privée ». Le vice-président actuel de la NCC, Gerry Nichols, par exemple, est un co-conspirateur du Freedom Project au Canada avec le Dr. Steven Horwitz, un membre fanatique de la Société du Mont Pèlerin, alors que le récipiendaire en 1992 du NCC Colin M. Brown Freedom Award était Michael Walker, un membre du conseil d’administration de la Société du Mont Pèlerin et une étoile montante dans le néo-libéral Institut Fraser, joignant le groupe sélect de Conrad Black, Ralph Klein, Mike Harris et autres personnages illustres de l’extrême droite de la politique canadienne et internationale.

La NCC n’a jamais diffusé la liste des membres de son conseil d’administration ou de ses contributeurs; cependant, elle jouit d’une influence étendue et ses patrons, si l’on juge des politiques de la NCC, sont en effet très puissants.

La NCC a fondé et financé un groupe nommé « Ontarians for Responsible Government », un groupe de lobbyistes qui a joué un rôle important lors des élections de 1995 en élisant le gouvernement progressiste conservateur de Mike Harris en Ontario. Harris a saboté l’économie ontarienne par de colossales mesures d’austérité, en coupant brutalement les budgets et le financement, en attaquant les organisations ouvrières tels les enseignants de l’Ontario et les employés des services publiques et en causant de profonds dommages aux systèmes de santé et d’éducation. Harris est aussi en grande partie responsable de l’imminente crise des infrastructures ontariennes: le gouvernement libéral actuel fait face à des investissements inévitables à court terme surpassant les $100 milliards.

Le Premier ministre Harper a été président de la NCC de 1998 à 2001, mais sa relation avec la NCC a commencé bien avant. Harper a plaidé en faveur des politiques de la NCC aussi tôt qu’en 1993, alors qu’il était membre du Reform Party, un parti de droite. Lors d’une entrevue en 1997, Harper a dit, « l’ordre du jour de la NCC me servait de guide en tant que directeur des politiques de fond du Reform. » Quand Harper est devenu le dirigeant du Parti de l’Alliance canadienne (prédécesseur du Parti conservateur actuel), il a reçu le «Freedom Award » de la NCC, en 2002.

Un article du 31 octobre dans le Edmonton Sun, rédigé par un associé de la NCC, Neil Waugh, attaquait la Commission du blé en la qualifiant « d’empire du mal » et de « sinistre ». Un article du 21 décembre dans le Calgary Sun, écrit par un autre associé de la NCC, Licia Corbella, prétendait que la CCB rabaisse les agriculteurs au statut de « citoyens de second rang », soutenant également que l’idée de liberté guidait la lutte contre la CCB! Corbella dépeint la CCB littéralement comme une dictature, réduisant les agriculteurs de l’Ouest à un état de péonage misérable. Ces types d’attaques, tout comme les campagnes télé et radio coûtant des centaines de milliers de dollars, sont monnaie courante à la NCC.

L’influence de Mulroney

Les journaux anti-CCB Calgary Sun et le Edmonton Sun, en plus de quelques douzaines d’autres publications quotidiennes et hebdomadaires, appartiennent à Sun Media, filiale de Quebecor Inc., l’un des plus grands conglomérats dans le domaine des médias au Canada, affichant des revenus annuels de plus de $10 milliards. Les publications de Sun Media sont connues pour leur perspective de droite. Quebecor est contrôlée par la famille Péladeau. Brian Mulroney, le Premier ministre qui a apporté l’ALE et l’ALENA au Canada, est le président du conseil d’administration de Quebecor et de sa filiale Quebecor World, le deuxième plus grand imprimeur de la planète. Mulroney est aussi le mentor et le plus proche conseiller du président-directeur général de Quebecor, Pierre Karl Péladeau.

Brian Mulroney, P-K Péladeau, George P. Schultz, Paul Desmarais Sr.

Mulroney est l’un des hommes les plus puissants au Canada. Il siège sur de nombreux conseils d’administration très influents, dont entre autres, sur le Conseil consultatif international de JP Morgan Chase & Co. aux côtés d’Henry A. Kissinger et de George P. Schultz. Il siège également auprès du magnat des affaires Peter Munk sur le conseil d’administration de Barrick Gold, dont le conseil consultatif international met en vedette l’ancien président des États-Unis, George H.W. Bush. Mulroney est aussi un protégé et un compagnon d’affaires de Paul Desmarais Sr., actionnaire majoritaire de Power Corp., l’une des compagnies les plus dominantes du Canada, contrôlant des actifs de l’ordre de $280 milliards. Mulroney est aussi un associé du New York Council on Foreign Relations et un membre du Bilderberg Group. Finalement, il siège au conseil d’administration d’Archer Daniels Midland, l’une des compagnies qui bénéficieraient le plus de la destruction de la CCB.

Il faut noter aussi que durant l’élection fédérale de 1988 qui était disputée autour de la question du libre-échange, la National Citizens Coalition a dépensé $19 millions pour s’assurer que le Parti conservateur de Mulroney sorte vainqueur.

Le cas révélateur de Wendy Holm

Le 26 octobre 2006, devant le comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire (AGRI) de la chambre de communes, Wendy Holm, gagnante du prix du journaliste de l’Ouest canadien, économiste et agrologiste, a fait le témoignage suivant:

En tant qu’agrologiste, je suis allée à Saskatoon le 27 juillet aux côtés des agriculteurs en appui à la Commission canadienne du blé. Je sentais qu’ils avaient raison et que les professionnels devaient s’avancer et l’affirmer. Cet après-midi-là, je me suis assise dans une pièce bondée de gens et j’ai écouté les meilleurs agriculteurs d’à travers le Canada défendre la Commission du blé et l’influence que cette dernière leur procure. Plus tard ce même après-midi, Chuck Strahl a surgi des réunions sur invitation seulement, qu’il avait organisées de l’autre côté de la rue; il a tenu une conférence de presse en présence de ceux qui étaient d’accord avec les opinions du gouvernement Harper à l’égard de la Commission canadienne du blé.

J’y ai assisté en tant que chroniqueuse indépendante pour le Western Producer, et j’ai demandé au ministre si son gouvernement était prêt à mettre à exécution le marché à deux voies sans le vote d’appui des producteurs et en violation de la section 47.1 de l’Acte. Je suis ensuite retournée en Colombie-Britannique pour rédiger ma chronique.

Ce lundi-là, j’étais sur le point de déposer ma chronique du mois d’août pour le Western Producer quand j’ai reçu un appel téléphonique de mon éditrice … qui semblait secouée. Elle m’a dit qu’ils avaient reçu un appel du bureau de Chuck Strahl, et d’une autre personne également, laissant entendre que ma présence à la réunion avait témoigné d’un parti pris de la part du Western Producer. Le matin suivant, ma chronique mensuelle, qui paraissait dans l’éditorial du deuxième numéro de chaque mois depuis les 12 dernières années… a été supprimée de façon permanente.

Il s’avère que Western Producer appartient à une entreprise du nom de Glacier Ventures International (GVI), qui contrôle des douzaines de journaux communautaires à travers les provinces de l’ouest. Ce groupe a fait récemment l’acquisition de l’ensemble des médias canadiens de la compagnie Hollinger International de Conrad Black, un financier de la catégorie des néoconservateurs internationaux. GVI est devenue « la source principale d’information agricole essentielle pour les agriculteurs et propriétaires de ranch de l’Ouest canadien. » L’entreprise s’est spécialisée dans l’industrie agricole et, bien que ses revenus ne soient pas exceptionnellement élevés, l’influence exercée sur l’opinion publique dans l’ouest par pareille concentration médiatique est évidente. En fait, Holm révèle que plusieurs des journaux appartenant à GVI sont « la source principale d’information de la communauté qu’ils servent. »

La provenance du deuxième des deux appels qui ont mis un terme à la carrière de Wendy Holm au Western Producer remonte vraisemblablement au conseil d’administration de GVI, sur lequel siège nul autre que Brian Hayward, le président-directeur général d’Agricore United, le plus grand manutentionnaire de grain de l’Ouest canadien, contrôlé par Archer Daniels Midland.

L’agent impérial de Sa Majesté

Bien qu’il y ait plusieurs acteurs dans le commerce mondial du grain qui bénéficieraient de la destruction de la CCB, et malgré les fonds en provenance des gros joueurs qui se sont vraisemblablement frayés un chemin jusqu’aux coffres de la campagne de guerre de Stephen Harper, au cours de cette enquête, le nom d’une compagnie a refait surface continuellement : Archer Daniels Midland.

À la tête d’ADM se trouve G. Allen Andreas, qui détient le poste de président du conseil d’administration.

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Andreas a des relations particulièrement intéressantes dans le monde du pouvoir et de la haute finance, comme l’indique sa biographie sur le site Internet d’ADM :

Il est membre du conseil de supervision d’A.C. Töpfer International Group… et sur le conseil d’administration de... Agricore United au Canada. Il est aussi membre de la Commission Trilatérale... du Forum économique mondial et du G100. M. Andreas est membre du European Advisory Board du Carlyle Group, à travers lequel il a un rapport étroit avec Paul Desmarais Sr.

Des études antérieures d’EIR ont révélé ce qui suit. En 1974, dans le cadre du programme Food for Peace, ADM a pris part à une magouille de fixation de prix dans laquelle elle a chargé un excédent de $19 millions au gouvernement américain dans la vente de nourriture contenant du soja fortifié : ADM a été reconnue coupable. En 1976, la compagnie a plaidé sans contestation aux accusations fédérales d’avoir systématiquement pesé à la baisse et mal classé le grain subventionné par le fédéral et qui était expédié à l’étranger. ADM détient 80% des parts de A.C. Töpfer International, l’une des puissances intermédiaires dans le commerce du grain, et qui s’est alliée avec la Saskatchewan Wheat Pool.

ADM est aussi le plus gros joueur nord-américain dans la folie actuelle envers l’éthanol, qui menace d’enlever une immense quantité d’hectares de terres arables de la production d’aliments et de les consacrer à la production d’un combustible qui nécessite une plus grande quantité d’énergie à produire que ce qu’il en fournira. Ceci n’a pas, cependant, empêché le Premier ministre Harper d’exiger une production annuelle de quatre milliards de litres d’éthanol d’ici 2010. Ce plan non seulement enrichirait le cartel du grain, mais marginaliserait également l’importance de la CCB dans les Prairies étant donné que la moisson du blé diminuerait en quantité et en importance. S’il advenait que le monopole du guichet unique de la CCB soit démantelé, cet agent de la Couronne qu’est ADM, tout comme les autres multinationales, se trouverait à faire des centaines de millions, voire des milliards de dollars aux dépens des fermes familiales de notre nation. Ce n’est pas surprenant, par conséquent, que l’attaque coordonnée et tous azimuts, décrite ici, se produise; c’est une opération invisible d’en bas, mais en remontant la chaîne de commande, le tableau s’éclaircit. D’une certaine façon, Licia Corbella avait raison quand elle a déclaré que la liberté guidait la lutte contre la CCB; néanmoins, pas dans sa manière infantile. Plutôt, c’est une question de subversion de nos intérêts nationaux par l’institution même qui prétend être notre chef! C’est une question à savoir si les Canadiens seront libres d’aspirer à une vie satisfaisante et productive, en contribuant à la richesse et au bonheur des générations à venir.

Le vrai pouvoir : le Conseil privé de Sa Majesté

La très inhabituelle intervention par la Gouverneure générale du Canada en octobre dernier contre la CCB révèle la main cachée derrière le complot pour détruire celle-ci ainsi que la Commission australienne du blé. Le chef d’État du Canada et celui de l’Australie, tout comme pour toutes les autres nations du Commonwealth britannique (le nouveau nom de l’Empire britannique) est la reine Élisabeth II, qui règne par la voie de son Conseil privé à Londres. Que le pouvoir de Sa Majesté, comme celui des Gouverneurs généraux qui commandent respectivement le Canada et l’Australie en son nom, soit simplement une étrange relique cérémoniale des temps passés constitue une fiction. Lorsque les enjeux sont élevés, le poing dans le gant de velours vient écraser sans pitié, comme il l’a fait quand le Gouverneur général Sir John Kerr, en 1975, a congédié Gough Whitlam, le Premier ministre de l’Australie élu populairement, ou quand la Gouverneure générale du Canada a attaqué la CCB en octobre.

Les Premiers ministres de la plupart des pays du Commonwealth sont des conseillers privés, comme l’est le Premier ministre australien John Howard, qui vient juste d’écraser la Commission australienne du blé. Toutefois, le Canada, contrairement à l’Australie, a son propre Conseil privé, et par conséquent est, si cela se trouve, tenu dans un étau encore plus serré, reflétant le rôle historique du Canada comme bastion des tentatives impériales britanniques de détruire les États-Unis.11 Bien que minimisant l’importance, le site Internet du Conseil privé canadien décrit la structure :

« Le Bureau du Conseil privé (BCP) fournit des conseils et un soutien essentiels au Premier ministre et au Cabinet... Le Bureau du Conseil privé (BCP) est le principal centre d’activité à partir duquel la fonction publique soutient le Premier ministre ainsi que le Cabinet et ses structures décisionnelles. Sous la direction du greffier du Conseil privé, le BCP, par l’entremise de ses secrétariats, facilite le bon fonctionnement du Cabinet et du gouvernement du Canada. Le BCP aide à énoncer clairement et à mettre en oeuvre le programme stratégique du gouvernement, ainsi qu’à coordonner une réponse opportune aux enjeux qui se posent au gouvernement et au pays. »

Et l’un de ces « enjeux » pour lesquels le BCP fournit clairement des « réponses opportunes », à travers son Gouverneur général, est la destruction de la CCB. Et ainsi nous découvrons également que l’ancien Premier ministre Brian Mulroney, qui est directeur au conseil d’ADM, et président du conseil du conglomérat Quebecor, est l’un des conseillers privés de Sa Majesté.

Le Canada se doit d’être souverain

Alors que cet article est en rédaction, un profond changement de paradigme politique se déroule aux États-Unis, propulsé par le leadership de Lyndon LaRouche et de son Mouvement de Jeunes. Le Parti démocrate commence à répondre à la vague qui s’accentue parmi la population pour débarrasser le pays de la peste que représente l’administration Bush. Les implications de ce changement sont énormes, car sans la résurrection des principes qui sont le fondement de la République, ni les États-Unis, ni aucune autre nation avec des aspirations à la souveraineté n’aura un avenir. Tels sont les temps dans lesquels nous vivons.

Dans l’avènement d’une destitution de Dick Cheney et George Bush, le Canada sera confronté à l’opportunité de forger une nouvelle relation avec les États-Unis : une relation qui sera basée sur le respect mutuel et la collaboration au développement du continent, libre des magouilles de l’oligarchie. Cet avenir comportera de grands projets, tels des systèmes ferroviaires électriques à grande vitesse pour remplacer notre infrastructure

11 Chaitkin, Anton. Treason in America. Executive Intelligence Review, 1985.

ferroviaire vieillissante, et d’ambitieux projets de gestion des eaux, tel le NAWAPA, 12 afin d’étendre vastement notre production agricole déjà prodigieuse.

Lyndon H. LaRouche, Jr.

Avec les paiements usuraires de la dette effectués au cours des cinq dernières années ($254 milliards13), le Canada aurait pu financer presque entièrement la construction d’un nouveau système ferroviaire à grande vitesse, tout en récoltant les avantages d’un transport amélioré, de la création d’emplois, d’une augmentation de la productivité physique et ainsi de suite. Si la nation adoptait le NAWAPA, les Prairies pourraient voir leur production de grain prendre un essor avec l’accès à une abondance d’eau douce, acheminée par une série de canaux provenant des rivières Mackenzie et Yukon. Non seulement de grandes quantités d’eau douce seraient disponibles, mais aussi des milliers de mégawatts de puissance énergétique peu coûteuse seraient produits (peut-être pour alimenter le nouveau système ferroviaire!) pour toutes sortes d’usages industriels et productifs. Avec des projets semblables, les bases seraient établies pour un développement à long terme de l’ensemble de l’économie nord-américaine.

Quel est le rôle de l’agriculteur dans tout cela? En réfléchissant sur l’histoire de notre nation, il est clair que plusieurs de nos politiques des plus réussies et progressistes proviennent du secteur agricole ou s’orientent autour de lui. Pendant que de telles personnes ont un sens réel de leur propre contribution au bien-être et au progrès de la société, il y a, au même moment, souvent une tendance au sein de la population de s’embourber dans le régionalisme et les questions insignifiantes, plaçant l’intérêt personnel immédiat avant l’intérêt général de la nation, et avec pour résultat, la nation entière qui en souffre. La communauté agricole fait face au même défi que ce qui reste de notre secteur industriel en lambeaux : comment se tenir debout unifiés contre la puissance opprimante d’un système usuraire dominé par les cartels? L’une des causes vitales de l’actuel effondrement de la ferme familiale au Canada repose sur l’échec des agriculteurs à assumer pleinement l’étoffe du citoyen, et de mobiliser leurs concitoyens pour s’opposer à ces politiques qui ruinent la nation et les remplacer. La communauté agricole doit faire un choix : soit de se tenir d’aplomb sur les principes dans une lutte pour le bien commun, ou de périr, divisée à propos de questions locales ou régionales. Jusqu’à ce que le bien commun soit placé au plus haut niveau dans l’esprit, nos fermes familiales continueront de disparaître. D’un autre côté, ce qui peut sauver notre nation est notre sens de citoyenneté, du rôle de l’individu dans l’histoire, qui peut encore être trouvé chez plusieurs individus engagés dans une forme productive de travail : le sens de l’immortalité, que ce que nous faisons avec notre vie aura une certaine valeur durable pour les générations futures. Ainsi, en cette période tumultueuse, quand nos institutions nationales sont assiégées, quand le gouvernement est devenu une marionnette pour les riches, et que la règle de droit est remise en question, il en revient à ceux qui entretiennent une idée de l’avenir de rallier leurs concitoyens pas simplement pour s’opposer à une politique, mais aussi pour proposer une alternative réalisable à la logique désastreuse de la mondialisation. 7

C’est seulement dans le contexte d’une réorganisation et d’une affirmation de la souveraineté nationale, en partenariat avec des nations comme les États-Unis, la Russie, la Chine et l’Allemagne que les Canadiens pourront être en sécurité. L’ère des rois et des oligarches est révolue. Nous ne devons rien à cette cabale parasitaire; nous ne devons rien à la Couronne. La Couronne a été le pire ennemi et la peste éternelle à notre souveraineté, voyant le Canada simplement comme un territoire à piller de ses matières premières et utilisé comme un avoir géopolitique contre les États-Unis.

Durant le mois de décembre, la CCB a présenté la demande de récusation à la cour pour renverser l’intervention de la Gouverneure générale. Abandonnons, dans le même esprit, ce passé colonial et regardons vers l’avenir qui est rempli d’espérance de développement, de progrès et d’un déclenchement de notre vigueur industrielle autrefois remarquable; cependant, seulement si nous nous engageons dans la lutte de principe actuelle pour la liberté qui se déroule aux États-Unis, tout comme au Canada.

Le cartel du grain élimine la Commission australienne du blé

Par Robert Barwick

C’est en décembre 2006 que le gouvernement Libéral/National du Premier ministre australien John Howard retira le monopole sur les exportations du blé des mains de la Commission australienne du blé (CAB), connu sous le nom de « guichet unique de commercialisation ». Ainsi prirent fin six décennies de réglementation du marché du blé pour les agriculteurs australiens, qui produisent 15% des exportations mondiales de blé. Il existe environ 16 000 fermes agricoles en Australie, et 95% des fermes qui produisent à des fins d’exportation se situent dans l’État de l’Australie du Nord; 12 500 de ces 16 000 fermes sont des PME, qui représentent 50% des revenus totaux de l’industrie du grain, et qui s’achemineront assurément vers la faillite sans le soutien de base antérieurement assurée par la CAB, notamment l’assurance d’un bon prix de vente.

12 North American Water And Power Alliance.

13 http://www40.statcan.ca/l01/cst01/govt01b.htm?sdi=debt%20payments

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Alors que les effets seront dévastateurs pour l’industrie rurale australienne, et en particulier pour l’Ouest australien, la chute de la CAB représente un cadeau du ciel pour le cartel international du grain de la Couronne britannique, qui convoitait depuis longtemps l’important marché international du blé australien, en particulier les ventes effectuées par le gouvernement sans l’intermédiaire du cartel.

Un scandale monté de toutes pièces

La raison nominale utilisée par le conseiller privé de Sa Majesté, John Howard, afin de mettre un terme à la CAB, était le scandale irakien connu sous le nom de « Pétrole contre nourriture », qui fit les manchettes pour la première fois en 1999. À la demande du « Canada » (c’est-à-dire du Conseil privé qui dirige le pays), les Nations Unies entreprirent une enquête sur les pots-de-vin versés au gouvernement de Saddam Hussein par pratiquement tous ceux ayant des relations économiques avec l’Irak. L’enquête fut menée par Paul Volcker, membre de la Commission trilatérale, et ancien président de la Réserve fédérale américaine, l’homme qui détruisit une grande partie de l’économie américaine sous l’administration de Jimmy Carter en haussant, du jour au lendemain, les taux d’intérêt jusqu’à plus de 20%. Volcker identifia que la CAB était le plus grand des 2000 contrevenants; s’ensuit ainsi la disparition soudaine de l’énorme contrat de grain entre la CAB et l’Irak, au profit des « Américains », c’est-à-dire le cartel du grain international.

Howard mit sur pied une commission royale sous la direction du conseiller royal Terence Cole afin, prétend-on, d’enquêter sur le rôle de la CAB dans cette affaire. À la fin de novembre 2006, Cole remit son rapport de cinq volumes, totalisant 2065 pages, qui trouva la CAB coupable, et blanchit le gouvernement Howard. Le Département des affaires étrangères et du commerce (DFAT) supervisait l’entente de la CAB avec l’Irak, et il était hors de tout doute que des douzaines, voire des centaines de membres du gouvernement étaient pleinement au courant des pots-de-vin de $290 millions versés à Saddam. Howard, cependant, avait trafiqué les termes de « l’enquête » afin d’empêcher Cole d’enquêter sur le rôle du gouvernement. Même le quotidien national du néoconservateur Rupert Murdoch, The Australian, réagit devant la supercherie :

« Oubliez le ‘ spin journalistique ’, monsieur le Premier ministre. Le scandale des pots-de-vin de la CAB [...] restera comme une tache sombre noircissant la compétence de la Coalition (Parti libéral/national) malgré le fait que John Howard et ses ministres seniors nient toute implication ou connaissance de se qui se passait. La question centrale persiste : comment le gouvernement a-t-il pu rater près de $300 millions versés en pots-de-vin à l’ancien régime de Saddam Hussein? »

Howard hurla qu’il avait donné le droit à Cole d’étendre son investigation jusque dans les affaires du gouvernement, si cela semblait approprié pour celui-ci. Mais, oh! Surprise, ce laquais dûment choisi par Howard décida de ne pas le faire, malgré les témoignages fusant de partout, répétant que le gouvernement savait pertinemment ce qui se passait. De plus, certains documents pertinents se retrouvèrent mystérieuse-ment « manquants » des dossiers de la DFAT. Néanmoins, voilà une histoire de routine pour un pays du Commonwealth, où les commissions royales sont reconnues pour leur aspect frauduleux.

L’habituel prétexte du libre marché

Howard s’en prenait à la CAB depuis des années. Déjà en 1999, il tenta de transformer la CAB en corporation, de la mettre sous la supervision d’un trust bancaire, en vue de la privatiser (c’est-à-dire la revendre au cartel du grain à un prix ridiculement bas) par la suite. Ses arguments pour justifier cette transformation suivie d’une privatisation n’avaient rien de nouveau : « Le libre marché permettra aux agriculteurs de vendre à qui bon leur semblera et au prix le plus avantageux. » Il sait pourtant que cela est absurde, car les agriculteurs se font marteler sous les modestes « réformes » du libre marché effectuées jusqu’à maintenant dans l’industrie du grain. Par exemple, sous le système de la CAB, la coopérative agricole Cooperative Bulk Handling (CBH), possédait un réseau d’unités de stockage à travers le pays, dont la plupart sont maintenant fermés. Cette fermeture perturbe la récolte et oblige les agriculteurs à trouver d’autres moyens de transport, souvent plus coûteux (pour voir la récolte coincée dans un embouteillage de camions ou de trains) et à payer des frais de manutention plus élevés, frais qui ont grimpé si haut que le prix soumissionné à 215$ par tonne de blé chute à seulement 180$ après que la CBH ait pris sa part, forcée de payer plus de frais. Et naturellement, la CBH et les compagnies du cartel ne sélectionneront que les meilleures récoltes de blé provenant des grands producteurs, laissant le reste des agriculteurs à leur sort, alors que sous la production du système de la CAB, les profits étaient répartis également à travers toute la récolte, en se basant seulement sur la quantité de blé vendu.

Après que Cole ait rendu son verdict préétabli, Howard se débarrassa immédiatement du guichet unique de commercialisation qui assurait à la CAB un monopole du marché, même si cela n’avait rien à voir avec les charges de corruption. Deux autres permis d’exportation de grain ont déjà été émis, dont l’un à un consortium incluant la multinationale Cargill. Une source provenant du gouvernement de coalition d’Howard informa un supporter de Lyndon LaRouche que « la CAB devait partir, afin de faciliter la destruction de la Commission canadienne du blé (CCB). »

Pour rejoindre le Mouvement Jeunesse de LaRouche,

appelez au 514-855-0907 ou écrivez à montreal@wlym.com

Visitez également les sites Internet : www.larouchemontreal.ca

www.larouchepub.com



Jeudi 15 Février 2007

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