Politique Nationale/Internationale

La Bolivie d’Evo Morales, une année plus tard


Lundi, le 22 janvier dernier, La Paz fête le premier anniversaire de la prise du pouvoir par Evo Morales, premier président indigène de l’histoire de la Bolivie. Mais au moment même où se déroulent les festivités du premier anniversaire de l’investiture, un autre événement politique important se produit non loin de là. En effet, dans la villesatellite d’El Alto, près de La Paz, de population très majoritairement autochtone et reconnue pour son degré élevé de militantisme, des barricades sont dressées et des manifestations populaires ont lieu pour demander la démission du préfet de La Paz, élu au même moment que Morales, aux élections de décembre 2005. Ces deux faits illustrent de façon claire les tendances contradictoires qui traversent actuellement la scène politique bolivienne, à peine un an après la victoire porteuse d’espoir d’Evo Morales.


par Nancy Thede, Manuel De La Fuente


Nancy Thede, Manuel De La Fuente
Jeudi 15 Février 2007

Si le Mouvement vers le Socialisme (MAS), avec Morales à sa tête, a réussi à réunir une large coalition de paysans autochtones et de membres de la classe moyenne en faveur d’un changement politique nationaliste et une plus grande justice redistributive, il n’en demeure pas moins que cette mouvance est hétéroclite, voire instable et fragile, et ses dirigeants inexpérimentés dans l’exercice du ouvoir. Alors que certaines revendications populaires importantes ont rapidement été traduites en mesures concrètes, la haute direction du gouvernement, en butte à une droite en recomposition, a aussi commis plusieurs gaffes et erreurs de calcul politique. Dans un pays où les deux derniers présidents ont quitté le pouvoir avant la fin de leur mandat, sous la pression des mobilisations populaires, le niveau de tolérance face aux tergiversations du gouvernement est bas et l’instabilité guette le pays. Dans cette chronique, nous passerons en revue les réformes du nouveau gouvernement, pour ensuite analyser ses erreurs et repérer les contre tendances, afin de tracer une esquisse de ce qui prend les proportions d’une crise de gouvernance.

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Source : La Chronique des Amériques, février 2007, n°4, Observatoire des Amériques (www.ameriques.uqam.ca), Université du Québec à Montréal (UQAM).



Jeudi 15 Février 2007

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