Politique Nationale/Internationale

LOPEZ OBRADOR ÉLARGIT LE COMBAT


Après la décision frauduleuse de la cour fédérale mexicaine de ne recompter que 9% des voix dans un scrutin présidentiel entaché d’une fraude électorale massive, les forces du candidat du PRD, Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO), ont maintenu, avec calme mais détermination, leur offensive politique.


Solidarité et progrès
Jeudi 17 Août 2006

  LOPEZ OBRADOR ÉLARGIT LE COMBAT




Le 7 août, des milliers de militants ont délaissé leurs campements du centre ville de Mexico pour tenir à 19h l’habituelle « Assemblée Informative » devant la Cour fédérale électorale du sud de la ville, mobilisant un grand nombre de manifestants dans les rues adjacentes.

Les déclarations de Lopez Obrador devant cette foule ont rendu furieux « l’ancien régime » mexicain, car il a dit que la résistance civile n’accepterait rien d’autre qu’une transformation du Mexique pour garantir la justice au peuple.

Faisant valoir l’intérêt général dans son allocution - que des témoins oculaires estiment être la plus passionnée de sa carrière politique - Lopez Obrador en a appelé aux sens de responsabilité des juges pour qu’ils reviennent sur leur décision de n’autoriser qu’un recompte partiel. Bien sûr, les juges doivent faire respecter la Constitution, dit-il, mais ils doivent se souvenir que cette Constitution a été le résultat d’un combat de mouvements sociaux : la constitution de 1824 était le produit d’un mouvement pour l’indépendance ; celle de 1856 le résultat du mouvement libéral qui exigeait la mise en œuvre de réformes de base ; celle de 1917, le fruit du combat du peuple mexicain pour satisfaire deux demandes essentielles : le suffrage universel et la justice sociale. Les juges doivent donc prendre en compte les processus historiques dans lesquels ils prennent leurs décisions. Ils ne peuvent pas se contenter de consulter les sondages, mais « ils doivent lever les yeux et répondre à l’exigence de démocratie » et mettre leurs décisions en accord avec l’intérêt général.

« Il n’est pas possible pour les institutions de notre pays de continuer à être subordonnées au pouvoir de l’argent ; (...) à ceux qui se considèrent les propriétaires et les seigneurs du Mexique. Nous vivons ici un moment historique spécifique parce qu’il est de notre responsabilité de résoudre définitivement cette affaire. Ce que nous voulons c’est une démocratie avec des dimensions sociales » (...) « ce n’est pas une simple question électorale. Derrière chaque voix exprimée, il y a un citoyen, un être humain qui porte en lui l’espérance que la justice existera dans notre pays. Voilà ce que nous défendons... »

« Nous poursuivrons les actes de résistance civile aussi longtemps que nécessaire, et désormais ce ne sera plus une simple demande pour un recompte des voix. Nous allons lancer un mouvement pour transformer les institutions de ce pays... Nous n’admettrons pas que l’argent triomphe sur la moralité et la dignité de notre peuple. Cela est terminé. Nous sommes engagés pour la transformation du pays, et ceci se fera d’une façon ou d’une autre. Nous allons changer l’état d’injustice et d’oppression qui a tant fait de tort à notre pays... Nous allons purifier la vie publique. Nous ferons une rénovation décisive, une véritable transformation du Mexique. Sommes nous d’accord sur cela ? Nous ne capitulerons pas. Nos adversaires parient - et ils se trompent en cela lourdement - ils parient sur notre découragement... »

En rappelant que les gens ne devaient pas céder à des provocations et qu’il s’agit d’un mouvement non-violent et pacifique, Lopez Obrador poursuivit : ils ne permettront pas l’instauration d’un président illégitime, parce que « le Mexique a besoin d’un président doté de l’autorité morale et politique pour transformer le pays. »

Le 11 août, il présenta ses vues à l’opinion mondiale dans une tribune libre du New York Times sous le titre « Recomptant notre chemin vers la démocratie ». Il y disait que « jamais depuis 1910, année où une autre élection controversée avait provoqué une révolution, l’atmosphère du Mexique n’avait été aussi lourde de tension politique. » Passant en revue les différents aspects de la fraude électorale, Lopez Obrador y dénonçait l’absurdité d’un recompte partiel dans une élection où « quelques voix de différence par bureau pouvaient faire la différence. »

« Un sentiment d’injustice s’est maintenant accumulé dans la conscience nationale, et cette fois-ci nous n’esquiverons pas le problème... Trop c’est trop. Dans l’esprit de Gandhi et du Révérend Martin Luther King, Jr., nous cherchons à faire entendre nos voix... Nous avons besoin de la bonne volonté et du soutien de ceux qui, dans la communauté internationale, ont un intérêt personnel, philosophique ou commercial pour le Mexique, afin d’encourager notre gouvernement à faire ce qui est juste : accepter un recompte complet des voix qui montrera, une fois pour toutes, que la démocratie se porte bien dans cette République. »

http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article.php3?id_article=2352 http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article.php3?id_article=2352



Jeudi 17 Août 2006

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