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LIBAN: La dérive de la presse française


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Volontairement ou inconsciemment, mais automatiquement, on cherche à rattacher le dossier libanais à un conflit régional voire international qui va du conflit historique arabo-israélien au Grand Proche Orient de l’administration Bush.


ericfery@orange.fr
Samedi 7 Juin 2008

Bernard Mikael (rplfrance.com)

A lire ou regarder la presse française, la crise libanaise se trouve simplifiée, voire ridiculisée en un conflit entre « L’opposition prosyrienne » et « La majorité antisyrienne ». Ainsi, nous pouvons lire dans l’AFP : l’opposition prosyrienne menée par le Hezbollah, le Président sortant prosyrien Emile Lahoud, le gouvernement pro occidental… De même, on entend parler de la division des chrétiens entre la majorité anti-syrienne et l’opposition amenée par le pro iranien Hezbollah…

Dans la presse écrite, on distingue deux types d’information :
L’information écrite par les agences de presse comme l’AFP, Reuters ou aussi l’Associated Press… dans lesquelles on attend lire des dépêches reflétant l’actualité. Ces informations sont censées être neutres et transparentes. Or, ces agences de presse sont loin de leur devoir d’information et effectuent une sorte d’automatisation de l’information utilisant des termes devenus génériques et standard, mais surtout, qui contiennent des raccourcis néfastes, même humiliantes pour le passé et le combat de l’opposition libanaise
L’autre source de la presse écrite est celui des quotidiens : Le Monde, Le Figaro, Libération… qui ont le devoir de l’analyse de l’information, basée sur la recherche et mettant l’information dans son contexte local, régional et international. Or, les analyses des quotidiens français, on cherche à représenter un seul point de vue, celui du pouvoir en place.
Cette dérive de la presse française frôle aujourd’hui le ridicule, voire l’insulte au peuple français, en recherche continue de la vérité.

Quelles peuvent être les raisons de ce dérapage ? Plusieurs réponses sont possibles :
• Un point noir dans l’histoire de la diplomatie française, celle du dossier libanais durant tout le mandat du président Chirac. Pendant douze ans à la présidence, M. Chirac a directement géré le dossier libanais à travers sa grande amitié avec feu le premier ministre Rafic Hariri, lui-même au centre du conflit libanais. Les sources de l’information et les déclarations du Quai d’Orsay sur les douze ans, n'ont reflété que le point de vue Chiraco-Haririen, et ainsi dérouté les journalistes et leurs esprits critiques.
• Une deuxième raison peut expliquer cette dérive journalistique et souvent repris par les grands journalistes français : le manque de budget. Il n’y a plus, ou très peu de reporters détachés dans les pays en conflit, on s’appuie alors sur des sources locales, souvent peu neutres. On s’appuie aussi sur les dépêches des agences de presse, en rajoutant quelques analyses basées sur la maigre connaissance des dossiers internationaux.
• L’argent politique jouera tout au long un rôle des plus importants. Ce sujet tabou est très peu évoqué, mais, cherchant à éclaircir un passé sombre de collaboration avec les forces d’occupation syriennes au Liban, et ayant fait fortune lors de 12 ans de gouvernance, le Courant du Future des Hariri peut se permettre de déployer les grands moyens pour se racheter une conscience, et influencer ainsi une significative partie de la presse étrangère.

Dans les qualifications : Prosyrien, antisyrien ou l’opposition menée par le Hezbollah pro iranien… le seul dénominateur commun est l’axe irano syrien.
Volontairement ou inconsciemment, mais automatiquement, on cherche à rattacher le dossier libanais à un conflit régional voire international qui va du conflit historique arabo-israélien au Grand Proche Orient de l’administration Bush.

Certes, tous les partis politiques –sauf le Courant Patriotique Libre du Général Aoun- ont des liens avec une ou plusieurs forces régionales, mais, la résolution de la crise libanaise se trouve au Liban même. Il suffit d’analyser ces réclamations pour comprendre que la crise libanaise est simplement libanaise : une nouvelle loi électorale qui rend les droits à toutes les factions du cocktail libanais et un gouvernement d’union nationale pour ainsi appliquer la Constitution libanaise. Les accords de Doha sont les meilleures preuves à cette théorie.
Une petite piqûre d’histoire permet de distinguer les prosyriens des antisyriens :
A la fin du mandat du Président Amine Gemayel en 1988, le Parlement Libanais était incapable de se réunir pour élire un nouveau président. En effet, le pays des cèdres était occupé, au Sud par les forces israéliennes, à l’Est, au Nord et une partie de Beyrouth par les forces d’occupation syrienne. Le président Gemayel forma alors un gouvernement transitoire, selon la Constitution, ayant pour mission l’élection d’un nouveau Président, le chef du gouvernement fut alors le Général Michel Aoun.

Incapable de réunir le Parlement à cause des pressions syriennes exercées sur les députés se trouvant dans les zones occupées, et Général Aoun entame une guerre de Libération pour « internationaliser » le dossier libanais et sortir le pays de l’impasse en évitant la prolongation du vide constitutionnel. Ce fut un certain 14 mars 1988.
Le milliardaire libano saoudien Rafic Hariri montra alors ses premières ambitions politiques, prépara et imposa les accords de Taëf, en collaboration avec les syriens et les saoudiens. Il s’agissait d’un premier transfert des pouvoirs des chrétiens vers les sunnites.
Le 13 octobre 1990, les forces d'occupation syriennes envahissaient la dernière zone libre du Liban. Ces forces furent aidées par le chef druze Walid Joumblatt et le chef chrétien de la milice des Forces Libanaises, Samir Geagea. Depuis, et durant 15 ans, le Général Aoun et à travers son Courant Patriotique Libre, n’a cessé de demander la libération du pays des cèdres. Depuis, il y a eu plus 18.000 arrestations dans ses rangs, ayant toutes eu lieu sous les gouvernements successifs de Rafic Hariri.

Entre 1992 et 2004, le Liban était gouverné par des gouvernements dont la plupart furent présidés par feu le premier ministre Rafic Hariri ; Walid Joumblatt et Fouad Siniora faisant systématiquement partie des gouvernements Hariri, marqués par leurs intimes collaboration avec l’occupant syrien. Ainsi le Liban fut plongé sous des dettes colossales, alors que les fortunes personnelles des leaders libanais au pouvoir et des syriens ne cessèrent de gonfler. A titre d’exemple, la fortune Hariri estimée à 6 milliards de dollars en 1992, a grimpé à plus de 16 milliards aujourd’hui.
A partir de 1998, le Liban commence à connaître le début de la pire crise économique de son histoire moderne.
Le 14 février 2005, le premier ministre Rafic Hariri fut assassiné dans une explosion à la voiture piégée. La Syrie accusée, les communautés sunnite et druze rejoignent alors le Courant Patriotique Libre du Général Aoun et demandent le retrait des troupes syriennes du Liban, ce fut le fameux 14 mars 2005.

Le milliardaire Rafic Hariri voulait étendre le règne des sunnites vers la Syrie -sous dictature Alaouite- en préparant un coup d’état contre le régime de Bachar Al Assad, en s’appuyant sur les hommes forts sunnites du régime syrien : Abdel Halim Khddam, vice-président et responsable du dossier libanais, Moustafa Tlas, Chef des armées syriennes et Ghazi Kanaan, ministre syrien de l’intérieur et architecte de la loi électorale de l’an 2000, dite aussi la "loi Kanaan" faite à la taille électorale de Hariri et pour servir ses intérêts.

Ceux, que la presse française appelle anti-syriens, sont simplement anti-régime alaouite des Assad.
Jusqu’au 13 février 2005, la veille de son assassinat, Rafic Hariri avait toujours dit que la « présence (jamais occupation) syrienne est nécessaire et temporaire », et ce, sur les 12 ans de sa règne.
Après l’assassinat de Rafic Hariri, Walid Joumblatt a simplement demandé le « redéploiement des forces syriennes dans le Bekaa, en application des accords de Taëf ».
Quant au chef chrétien extrémiste Samir Geagea, il ne voit pas au-delà de son … rêve d’un canton chrétien.


Samedi 7 Juin 2008


Commentaires

1.Posté par nada le 07/06/2008 10:57 | Alerter
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.....Et ajourd'hui, Monsieur Le Président Sarkosy est accompagné de toute sa galerie: SP/PCF/MODEM/UDF, un seul mot d'ordre pour leur dire:
Chers Amis Libanais, nous sommes venus à la rencontre de tous les partis ici présents, de deux côtés de la méditérannée, pour dire Amen à la machine civilisée Israëlienne, sa porte parole au Liban est confiée à la France, soyez sûrs de notre devouement et de notre bonté, à votre égard, notre vieille amitié renouvelée, pour terminer le 13 je dois rendre personnellement, un rapport complet vous concernant au président Américain en discutant de votre sort, et Mme. Ruffet rejoindra les manifestants dans les rues parisiennes pour dire 'Non' à mon rapport, et Monsieur Hollande argumentra mes propos sur les chaînes de télévisions, et Monsieur Bayrou en homme de lettre fera des recherches sur ses ancêtres le pourquoi de ce nom? Qui ressemble fort à votre Beyrouth, et Monsieur Raffarin accompagnera vos Chrétins en une messe rassemblante la communauté chrétienne pour reprendre ses ésprits en restant Unie,c'est ça la démocratie.Cependant, nous sommes tous d'accord sur un point majeur qui règle la moitié des maux occidentaux, Monsieur 'Mor' l'idée Amère venant de la part de l'institution Américaine, cet homme lui sera confié le portefeuille ministérielle de la défence, où il prendra ses ordres directement de Pentagone, et plus jamais n'aura affaire à traiter des sujets chauds à nos sujets par l'intermédiaire de la Syrie, où je me suis expliqué avec le dirigeant de ce pays que nous avons des intérêts communs, et où ce dernier est tout à fait d'accord et nous avons sa totale bénédiction.

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