Au moins 11 personnes ont été tuées dans un village de montagne près de Beyrouth dans de violents affrontements entre partisans et opposants au gouvernement, ont annoncé les secours libanais.
Plus de 20 autres personnes ont été blessées à Chouweifat, un village situé au sud-est de la capitale libanaise, selon ces responsables de secours qui ont requis l'anonymat.
Ces derniers morts portent à 49 le nombre de personnes tuées depuis el début des violences au Liban, mercredi.
L'armée se déploie en attendant les émissaires arabes
L'armée poursuivait son déploiement lundi dans les régions secouées par les combats meurtriers de la semaine dernière, alors que le pays encore paralysé attendait l'envoi d'émissaires de la Ligue arabe, divisée sur la gestion du conflit.
Selon un dernier bilan, les combats, qui ont éclaté notamment à Beyrouth ouest, à Tripoli (nord) et dans la montagne (sud-est de Beyrouth), ont fait 47 tués et 188 blessés depuis mercredi. Une grève générale ce jour-là a dégénéré en affrontements entre partisans de la majorité parlementaires et ceux de l'opposition.
Les ministres arabes des Affaires étrangères réunis dimanche au Caire ont rejeté "l'utilisation de la violence armée pour atteindre des objectifs politiques" et annoncé qu'ils enverraient une délégation ministérielle à Beyrouth pour des discussions avec les dirigeants libanais.
Une source diplomatique libanaise a déclaré à l'AFP lundi qu'"aucune date n'a encore été fixée pour la venue de la délégation", qui ne comprendra pas l'Egypte et l'Arabie saoudite.
Des désaccords sont apparus lors de la rédaction de la déclaration finale, une première mouture ayant été rejetée par certains Etats car jugée comme une condamnation implicite du Hezbollah.
Sur le terrain, si les combats se sont arrêtés, la tension est toujours palpable dans les zones qui ont été le théâtre d'affrontements.
Des heurts sporadiques éclataient entre les deux parties dans plusieurs régions du pays, sans faire de victimes, selon les correspondants de l'AFP.
A Tripoli, des groupes islamistes ont annoncé lors d'une réunion dimanche le lancement de "la résistance islamique sunnite et nationale libanaise pour défendre le Liban, son entité et ses institutions".
Lundi à l'aube, des inconnus ont tiré sur trois voitures portant une plaque d'immatriculation syrienne à El Minié, au nord-est de Tripoli.
Dans le district de Aley, au sud-est de la capitale, où se sont produits des affrontements qui ont fait au moins 6 tués, plusieurs maisons ont été incendiées et les vitres de magasins brisées, selon un journaliste de l'AFP. "Même les Israéliens ne nous avaient pas fait cela", a confié à l'AFP une habitante de la ville de Ech Choueifat, également au sud-est de Beyrouth.
Signe des tensions, le navire de guerre américain USS Cole, dont le déploiement en février au large du Liban avait notamment été critiqué par la Syrie, est de retour en Méditerranée, après avoir franchi le Canal de Suez, a annoncé dimanche un responsable de l'Autorité du canal.