Conflits et guerres actuelles

LETTRES D’ESPOIR, Damas pourquoi?


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Mercredi 7 Décembre 2016 - 15:38 OBAMA VEUT À TOUT PRIX LA GUERRE


La Syrie, une dictature ? Ce n’est pas la peine d’en faire un plat ! Nous le savons, vous le savez, tout le monde le sait. La Syrie, comme tous les pays arabes, est dirigée par une dynastie républicaine, un de ces clans indéboulonnables qui ne partiront pas de sitôt. Surtout, depuis que les véritables desseins des fameuses réformes démocratiques américaines sont apparus au grand jour.


Farid@evhr.net
Jeudi 27 Juillet 2006

Dans le cadre de son Grand Moyen- Orient, la nouvelle droite américaine insistait sur la nécessité d’introduire des mutations profondes dans les pays arabes. Ce «démocratisme» visait à donner une couverture aux véritables visées de l’opération : démanteler le nationalisme arabe, abandonner l’Islam comme soubassement civilisationnel, instaurer une paix durable avec Israël, faire main basse sur les réserves énergétiques de la région, raviver les tensions confessionnelles et ethniques afin d’aboutir à l’implosion de la Ligue arabe en créant une multitude de mini-Etats dont beaucoup ne se réclameront plus de l’arabité ! Ce plan, lancé concomitamment avec l’attaque de l’Irak, ne traitait pas spécifiquement de la Syrie qui devait être la seconde étape de sa concrétisation sur le terrain. Dans l’esprit des nouveaux missionnaires, le pays des Assad allait tomber comme un fruit mûr dès que l’aventure irakienne serait terminée. A ce moment-là, on pensait que la conquête de Baghdad allait être une promenade de santé et, déjà, on conseillait au frère ennemi d’abandonner le bateau baathiste s’il voulait échapper au naufrage qui a fait couler le voisin Saddam Hussein. Les plans de la nouvelle droite avaient prévu de mettre hors d’état de nuire Arafat, de s’attaquer au prince héritier Abdallah — qu’on présentait à ce moment-là comme un irréductible —, de renverser le régime de Moubarak et d’installer progressivement cette «anarchie constructive» qui devait placer de nouvelles directions, «démocratiquement » élues, avec cette particularité non dite qu’elles seraient constituées d’agents de la CIA ! Mais, comme les choses se sont compliquées en Mésopotamie où la randonnée s’est enfoncée dans un véritable bourbier, et comme ce GMO a fait réagir les peuples arabes qui sont devenus plus anti-américains qu’avant, les stratèges de Washington se sont rendu compte du véritable danger : des élections sans tricheries allaient tout simplement amener les islamistes radicaux au pouvoir. La victoire du Hamas aux législatives palestiniennes et la montée des Frères musulmans en Egypte en sont des exemples édifiants. Par ailleurs, les différents pouvoirs arabes se sont mis à faire la cour aux dirigeants américains, par l’octroi de concessions pétrolières au groupe Haliburton dont le vice-président Dick Cheney est un grand actionnaire ou par des revirements spectaculaires dans les positions idéologiques (cas de la Libye, par exemple). C’est alors que les Américains se sont dits : que gagnerons-nous dans la mise en œuvre de réelles reformes démocratiques dans le monde arabe ? Rien, si ce n’est une reproduction du Hamas en série et une vague contagieuse de Frères musulmans. Il fallait réviser les plans et revoir la copie. Le recentrage qui va s’opérer est empreint de pragmatisme. L’idée — lancée récemment — d’un Nouveau Moyen- Orient n’est, en fait, qu’une photocopie du GMO, revu et corrigé en fonction des évolutions géopolitiques. On va abandonner les belles idées de démocratie. Puisque les sociétés civiles sont à l’état primaire, que les élites sont de plus en plus arabisées et islamisées et que le courant intégriste est le plus fort politiquement, on va tout simplement abandonner l’idée de démocratie intégrale. Les Américains vont succomber aux arguments des régimes en place : pas de traitements choc, spécificités nationales, introduction de la démocratie par étapes, etc. La chanson est connue. Traduisez : laissez-nous tranquilles, laissez-nous au pouvoir, vous gagnerez avec nous et vous perdrez tout sans nous ! La nouvelle politique, abordée du bout des lèvres par la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, est un mélange de GMO, de vieilles constantes stratégiques, de réadaptations dictées par l’apparition de nouveaux dossiers urgents comme celui du nucléaire iranien, le tout sur fond de grandes remises en cause du plan initié en Irak. Et nous revenons à la Syrie ! Prolongement du casse-tête irakien, ce pays est un sérieux trouble-fête dans le dossier palestinien et, par extension, libanais. Et ce n’est pas tout : allié stratégique de l’Iran, le voilà encore qui apparaît dans un autre dossier classé «Urgent» déposé sur le bureau ovale. Pour Washington, tout désormais passe par Damas dont le chemin est assurément bien ardu, même pour ceux qui ne portent pas de croix ! Que faire ? L’idée de lancer une attaque du genre de celle menée en Irak ne fait plus l’unanimité. Déjà embourbé chez le voisin, l’Oncle Sam n’a aucun intérêt à aller s’enfoncer dans la gadoue syrienne. Et puis, comme nous l’expliquions hier, ce serait mettre Israël dans une situation instable. Fomenter des troubles, financer l’opposition, envoyer des kamikazes et des barbus armés, chercher des poux dans la tête du pauvre Assad, tout a été tenté par la CIA, mais le fils de son père tient le coup. Alors, il restait le Hezbollah : le coup est parfait. Washington a plus d’intérêt à créer des problèmes au parti de Nasrallah qu’Israël. Parce que, après tout, la paix a longtemps régné aux frontières entre Israël et le Liban et si ce n’était ce transbordement de la crise iranienne dans la zone, les choses auraient pu continuer sur le même rythme. D’ailleurs, de plus en plus d’hommes influents en Israël pensent que leur pays est en train de risquer gros en devenant la main armée de Washington. Et d’expliquer que l’actuelle guerre ne sert pas Israël, mais les intérêts américains ! La Syrie, une dictature ? Question à deux sous. Nous poserons plutôt cette autre interrogation à ceux qui se sont sentis «indignés» par nos positions vis-à-vis de ce pays courageux : les autres dirigeants arabes sont-ils des démocrates ? Revoyez-les un par un : depuis quand sont-ils au pouvoir, tolèrent-ils des oppositions crédibles ? Peut-on les contredire ? Demi-dieux apparaissant dans le faste de leurs olympes, ils décrètent, décident, nomment, donnent des ordres, gracient comme les rois de jadis. Alors, pourquoi la Syrie ? Parce que vos maîtres américains vous ont bien appris la leçon : celui-là, pas les autres ! Il est certain que nous sommes outrés par le fait que la succession se fasse entre père et fils dans une… république et nous avons dénoncé cette tendance ici-même ! Mais, au fond, Ce Bachar Al Assad, il aurait pu s’assurer respect et reconnaissance et continuer à mener la belle vie dans son pays en faisant comme les autres : s’il avait vendu la cause palestinienne, s’il avait noué des relations diplomatiques sans conditions avec Israël, s’il avait donné raison aux Américains en Irak, s’il avait trahi son allié iranien, pensez-vous que les Américains — et par ricochet, vous-mêmes — auraient continué de lui chercher des problèmes et à le désigner comme un tyran, un allié des terroristes, un obstacle à la paix, autant de qualificatifs appris par cœur auprès de la CIA ? Il aurait pu faire comme El Gueddafi, par exemple, qui, du jour au lendemain, n’est plus considéré comme un terroriste, mais plutôt comme un bon responsable avec lequel on peut faire des affaires. Sur le plan des droits de l’homme, la Syrie est-elle en retard par rapport à l’Arabie Saoudite et respecte-t-on mieux les droits des travailleurs à Dubaï qu’à Damas ? La Tunisie est-elle plus démocratique que la Syrie ? Les votes à près de 90% en Algérie sont-ils plus propres qu’en Syrie ? Saddam Hussein aurait pu accepter la proposition des Américains et aller terminer sa vie dans le faste d’un palais lointain. Au-delà des crimes qu’il a commis — comme tant d’autres —, il a préféré rester dans son pays et diriger la résistance. En fin de compte, c’est un tyran qui n’a pas été lâche ! Bachar El Assad peut passer, du jour au lendemain, dans le camp américain et s’assurer une véritable présidence à vie. Le paraphe en bas d’un document établissant des relations normales avec Israël changera tout. Il ne l’a pas fait. C’est un tyran qui n’est pas lâche ! Et les autres ? Le problème est que beaucoup voient la démocratie dans nos pays avec des lunettes mises à leur disposition par l’Oncle Sam. Tout est relatif, rien n’est absolu ! Quand on attaque la Syrie aujourd’hui, et elle seule sur le plan de la «démocratie », on fait le jeu des ennemis de la véritable démocratie. Parce que, quelque part, nous sommes manipulés ; nous agissons comme si la démocratie était le pain quotidien de tous les Arabes. L’idéal, c’est d’avoir la démocratie et la dignité. Le pire, c’est de ne pas les avoir les deux. Avec la Syrie, nous avons, au moins, la dignité intacte…


Par Maâmar FARAH
farahmaamar@yahoo.fr
Le Soir d'Algerie
LeSoirdAlgerie.com




Jeudi 27 Juillet 2006


Commentaires

1.Posté par oujjani said le 22/02/2008 13:03 | Alerter
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Si les regimes arabes ( sont des dictateurs) les regimes en europes sont des policiers et des xénophobes.Le regimes policier estplus dangereux qu'un regime dictatur.Les regimes policiers sont toujours sur place , c'est eux qui dirigent " l'action democratique" et monopolisent le champ polotique ds l'abscence du citoyen noye jusqu'a ses oreils ds la crise economique et sociale ,tandis que le regime dictateur est conjoncturel ds le temps et le lieu, et on peut citer des exemples téls le dictateur SALAZAR du portugal, le general FRAONCO de l'ESPAGNE,le génèral PINOUTCHI d'ARGENTINE,les génèraux de l'amèrique du sud et latines ,les colonels de la GRECE. Les amèricains qui ont étè derriere ces regimes n'ont pas hesiter de les abondonner lorsque leur ciel est devenu sombre .Chez les amèricains il y'a des intérèts pérmanent et pas une amitiè permanente .Le busness .

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