Proche et Moyen-Orient

LETTRE D’UNE LIBANAISE À JACQUES CHIRAC


Rim Al-Khatib dénonce "l’amour empoisonné de Chirac pour le Liban", et souligne le caractère criminel de la politique française au Proche-Orient qui aboutit, entre autres, au soutien de l’assassin notoire qu’est Samir Geagea, à la présidence du Liban.


Rim al-Khatib
Jeudi 22 Mars 2007


Chirac et le Liban : un amour empoisonné

Il nous arrive, en diffusant les informations sur la Palestine, l’Irak, le Liban ou ailleurs dans le monde, que des "citoyens bien français" ou voulant se fondre dans la peau des "bien français" nous disent : c’est loin, ici c’est la France, il faut vous occuper de la France.

Ils ont raison, finalement, à condition que la France ne s’occupe pas de nous, nous les peuples d’ailleurs. Il faut que la France retire son soutien à Israël, il faut que les ministres et les ambassadeurs français nous "lâchent", qu’ils s’occupent de leur pays où il y a tant à faire, qu’ils cessent de fomenter des coups d’Etat, de susciter des guerres civiles, et de nous aimer avec du poison.

L’amour du Chirac pour le Liban est mortel. Il vient de recevoir le chef des Forces Libanaises, le tueur et assassin, Samir Geagea qui est actuellement mis en accusation dans son pays pour avoir livré au moins 5 Libanais au régime sioniste qui sévit en Palestine occupée, après les avoir kidnappés au célèbre barrage "al barbara". Samir Geagea est actuellement accusé dans son propre pays d’avoir été de connivence avec l’ennemi. Samir Geagea est l’assassin de Rashid Karamé, ancien premier ministre du Liban.

Mais le président de la république française le reçoit à L’Elysée, au nom de tous les Français.

Il le reçoit parce qu’il veut et souhaite, avant son départ, lui donner l’investiture française pour devenir président du Liban. Samir Geagea, président du Liban ??!! L’assassin des Palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila, en 1982, l’assassin de plusieurs personnalités politiques libanaises, le responsable de la disparition de centaines de jeunes Libanais, Palestiniens et autres Arabes, kidnappés aux barrages de la guerre civile, et notamment à al-barbara. C’est ce personnage sinistre que le président de la république française appuie et bénit pour devenir président, dans sa "république bananière".

C’est une honte, non seulement pour Chirac, duquel il ne faut pas attendre autre chose, mais pour les Français. Des commentaires de la part de Libanais ou autres, relatifs à cette nouvelle, s’étonnent du niveau de bassesse atteint par la politique française au Liban et dans la région. Ce qui ne fait plus aucun doute, c’est que la France, jadis auréolée dans ce pays, est devenue l’ennemi. De larges couches de la population, et notamment parmi les chrétiens, prennent de plus en plus leur distance vis-à-vis de ce pays, devenu celui qui empêche l’accord national, celui qui suscite la guerre civile, celui qui soutient les assassins et pourquoi pas, celui qui se tient derrière plusieurs attentats ?

Chirac veut que le Liban soit sa république bananière, comme l’a écrit une fois le regretté et grand journaliste, Joseph Samaha, dans al-Akhbar. Par le biais de son ambassadeur, il veut faire la pluie et le beau temps, ne craignant pas de plonger un pays dans la guerre civile, pourvu qu’il maintienne son pouvoir de décision dans les affaires internes libanaises. Il est vrai que ceux qui mourront ne seront pas Français, à la rigueur, certains seront des demi-français, qui pourront être sacrifiés pour la gloire de Chirac.

Mais Le président de la république française, Chirac, fait encore plus. Selon Maariv, le quotidien sioniste qui défie d’ailleurs quiconque de nier l’information, Chirac a demandé aux dirigeants israéliens, lors de la guerre de juillet-août 2006 contre le Liban, d’envahir la Syrie jusqu’à Damas et de changer le pouvoir, en contrepartie du soutien inconditionnel de la France à l’agression et la politique sionistes. Bien sûr, une nouvelle de ce genre n’est pas reprise par les médias français, alors qu’elle concerne leur président, parce qu’il s’agit d’une défaite et de la France, et d’Israël.

La France a perdu, et Chirac, en premier. La résistance armée libanaise, la résistance et l’opposition populaires au Liban font face, non à des pions comme Geagea, Jumblatt et consorts, mais à des puissances comme les Etats-Unis, la France et Israël. C’est cette valeureuse résistance armée et populaire au cours de l’agression américano-sioniste et française contre le Liban qui a mis en échec les souhaits de Chirac, de Rice et Bush, mais aussi de Javier Solana, représentant de la politique étrangère de l’Union européenne.

Et la résistance est toujours là, avec toutes ses armes ! Aucune puissance au monde ne pourra désarmer la résistance ! Ni celle de Chirac, ni celle de Bush, ni celle de leur colonie sioniste installée dans la Palestine occupée !

Rim al-Khatib

CAPJPO-EuroPlaestine


Jeudi 22 Mars 2007


Commentaires

1.Posté par Aristip le 22/03/2007 18:21 | Alerter
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C'est vrai qu'avant le planqué Chirac et sa sinistre présidence la France était le pays symbole de LA RESISTANCE pour ses actions contre l'occupant allemand en 1940-1944,le symbole des DROITS DE L'HOMME pour son rôle historique dans la génèse et la propagation de cette révolution idéologique fondamentale notamment en assumant pleinement une politque arabe depuis De Gaulle...et qu'en 2007 ce témoignage sur l'alignement de Chirac sur la politique d'Israël n'est qu'un élement d'un trés lourd dossier à charge concernant celui qui va redevenir citoyen avec pour seule immunité: son sionisme certifié à Tel Aviv !

2.Posté par gjfjj le 26/04/2007 15:24 | Alerter
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