Propagande médiatique, politique, idéologique

LES “PREUVES” DE LA BOMBE IRANIENNE ONT ETE FABRIQUEES PAR LES MOUDJAHIDINES DU PEUPLE (ET LE MOSSAD)



Vendredi 7 Mars 2008

Le journal français “Le Monde” s’est récemment fait  l’écho d’un rapport de l’AIEA qui contiendrait des preuves que l’Iran a poursuivi son projet de nucléaire militaire après 2003. Mais le journal oublie de mentionner la source des informations de ce rapport. En effet, comme l’ont montré les services secrets U.S. et allemands, l’ordinateur portable qui contenait soi-disant les preuves du programme militaire nucléaire iranien a été fourni par un groupe paramilitaire iranien collaborant avec la CIA et le Pentagone.

[Gareth Porter - IPS Washington - 29/02/2008 - Trad. Grégoire Seither]

L’Administration Bush s’est longtemps appuyé sur “des documents trouvés sur un ordinateur portable” — 1 000 pages de documents techniques prétendument volés sur un ordinateur portable iranien — comme preuves de la volonté iranienne de se doter de l’arme nucléaire. Aujourd’hui les questions et accusations relatives à ces documents sont les seuls obstacles restants à une reconnaissance par l’Agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA) que l’Iran a répondu à toutes les questions concernant son programme nucléaire.

Mais ces documents ont été considérés dès leur “découverte” avec beaucoup de suspicion tant par les services secrets U.S. que étrangers. En novembre 2004, les services secrets allemands ont identifié la source de ces documents comme étant l’organisation politico-militaire Mujahideen e Khalq (MEK), bras armé du Conseil National de la Résistance en Iran (CNRI). Ces deux organisations sont inscrites sur la liste des organisations terroristes du Département d’Etat U.S. mais collaborent néanmoins étroitement avec le Pentagone et la CIA, notamment via des bases en Irak. Le MEK avait combattu aux côtés des soldats de Saddam Hussein lors de la guerre Iran-Irak.

[Note de L&I : Le MEK mène depuis deux ans une campagne médiatique pour être retiré de la liste des organisations terroristes, s’appuyant sur un jugement rendu en Grande-Bretagne. Récemment encore il a publié des pleines pages de publicité en ce sens dans les principaux quotidiens européens. Le MEK et le CNRI utilisent par ailleurs une multitude d’organisations paravent pour mener des opérations de propagande et de manipulation, en vue de préparer l’opinion à une action militaire américano-israélienne contre l’Iran. En Iran, les militants armés du MEK lançent des attaques contre l’armée et la police et mènent des opérations d’espionnage au profit de la CIA et du Pentagone.]

Par ailleurs, selons certaines sources, le MEK aurait obtenu ces documents non pas, comme il le prétend, d’une source iranienne, mais de la part du Mossad, le service secret israélien.

Dans son dernier rapport sur l’Iran, publié le 22 février 2008, l’AEIA - soumise à une très forte pression par l’administration Bush - a inclus des documents attestant d’un projet de construction d’une usine de production de ’sel vert’ (Tetrafluorure d’uranium - UF4) ainsi que des spécifications techniques pour des essais d’explosifs de grande puissance. Le rapport mentionne également des plans schématiques d’un missile balistique qui pourrait être capable de transporter un charge nucléaire. L’AIEA a demandé à l’Iran de s’expliquer sur ces activités supposées et Washington ainsi que l’Union Européenne se sont appuyés sur ces documents pour renforcer encore les sanctions vis à vis de l’Iran auprès du Conseil de Sécurité.

Téhéran a dénoncé les documents sur lesquels s’appuient ces accusations comme étant des faux, fabriqués par le MEK, et a demandé qu’on lui en fournisse des copies afin qu’il puisse les analyser. Mais les Etats-unis ont refusé de les fournir et nient que le MEK soit à l’origine de ces révélations.

Les dénégations iraniennes sont renforcées par les autorités allemandes. Quelques jours après que le secrétaire d’état Colin Powell ait révélé les “documents trouvés sur un portable”, Karsten Voight, le coordinateur des relations germano-américaines au Ministère allemand des affaires étrangères a déclaré au Wall Street Journal (édition du 22/11/2004) que l’information avait été “fournie par un groupe iranien dissident”.

Un membre haut placé des services secrets allemands a confirmé à l’auteur de cet article que le Conseil national de la résistance iranienne était la source des documents . “Je peux vous garantir que ces informations nous ont été fournies par l’organisation de résistance iranienne,” a déclaré l’officier des services secrets allemands.

Les allemands sont lourdement impliqués dans l’opération de collecte et d’analyse d’informations sur le programme militaire iranien. Selon un article du Washington Post paru après la révélation des documents en 2004 par Powell, les services secrets U.S. auraient affirmé que les documents auraient été volés par un iranien travaillant sur le programme nucléaire et que les services secrets allemands auraient recruté. L’iranien aurait remis les documents à des agents des services secrets lors d’un voyage en Turquie.

Le récit allemand de l’origine de ces documents contredit totalement la version diffusée avec insistance par les autorités U.S. - par exemple dans un interview de novembre 2005 avec les journalistes William J. Broad et David Sanger. L’administration US et les services secrets ont toujours affirmé avec insistance que l’origine de ces documents n’avait aucun lien avec des groupes de la résistance iranienne.

La suite : http://www.ipsnews.net/news.asp?idnews=41416

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Vendredi 7 Mars 2008

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