Géopolitique et stratégie

LES DÉCLARATIONS ET PROVOCATIONS CONTRE L’IRAN CONTINUENT



Solidarité et progrès
Mercredi 31 Janvier 2007

LES DÉCLARATIONS ET PROVOCATIONS CONTRE L’IRAN CONTINUENT


Dans une interview accordée au quotidien israélien Ha’aretz (25 janvier) en marge de la conférence Herzliya, en Israël, le néo-conservateur américain Richard Perle déclarait :

« Je ne doute pas un instant que si le président Bush est convaincu que l’Iran parvienne à se doter d’armes nucléaires pendant son mandat, il n’hésitera pas à donner l’ordre d’attaquer ». Quant à savoir si Israël devrait attaquer au cas où les Etats-Unis ne le feraient pas, il estime que « le point de vue israélien est très semblable à celui des Américains. En principe, Israël devrait décider de manière indépendante, mais en réalité, il ne le fera pas. Si Israël décide d’attaquer, les Etats-Unis ne peuvent pas permettre qu’il échoue. Les Etats-Unis soutiennent une opération militaire israélienne et seraient même disposés à s’embarquer dans une action parallèle. »

Un co-penseur de Richard Perle, l’ancien directeur de la CIA James Woolsey, également présent à cette conférence, est cité ainsi dans le quotidien Yediot Ahronot du 26 janvier : « Si nous devons utiliser la force, nous devons le faire de manière décisive. Pas une simple attaque chirurgicale contre une, deux ou trois installations, mais une offensive qui détruise le régime des Mollahs. Il est dommage qu’Israël et les Etats-Unis n’aient pas aidé et participé à une offensive contre la Syrie l’été dernier, lorsque le Hezbollah nous en a donné l’occasion. Ne perdons pas l’occasion d’agir de manière décisive, si nous devons recourir à la force. »

La conférence Herzliya, qui s’est déroulée cette année du 22 au 24 janvier, est organisée par l’Institut pour la Politique et la Stratégie, dirigé par Dore Gold, un conseiller de Benjamin Netanyahou, secrétaire-général du parti Likoud. La conférence ainsi que l’Institut sont financés par le milliardaire américain Ronald Lauder, qui finance aussi Netanyahou. Présentant son message par satellite, le néo-conservateur Newt Gingrich s’en est lui aussi pris à l’Iran : « Israël confronte le plus grand danger pour sa survie depuis la victoire de 1967. (...) Trois armes nucléaires seraient un deuxième holocauste. » Quant à la question palestinienne, il estime que l’Occident doit distinguer entre « ceux qui veulent bien vivre avec nous, et ceux qui ne le veulent pas. Franchement parlant, beaucoup de ceux qui ne le veulent pas vont probablement devoir mourir ou passer le reste de leur vie en prison. »

Au milieu de ces déclarations totalement délirantes, quelques voix plus sensées se sont fait entendre malgré tout. Le Dr. Richard Haass, directeur du Conseil des relations extérieures de New York (CFR), a critiqué Israël pour son refus de négocier avec la Syrie, appelant les Etats-Unis à négocier directement avec l’Iran, d’une part sur son programme nucléaire et d’autre part, en vue de la stabilisation de la situation en Irak. Le Dr Gary Samore, vice-Président du CFR, déclarait le 26 janvier à Ha’aretz qu’il faudrait des années avant que l’Iran ne parvienne à produire des armes nucléaires. Au sujet du laboratoire nucléaire d’Ispahan, qu’il avait visité en mars 2006, « leurs capacités ne m’ont pas trop impressionné, a-t-il confié. Les Iraniens n’ont pas de moyens de production fiables. » Selon lui, Israël et l’administration Bush adoptent une attitude par trop alarmiste.



Mercredi 31 Janvier 2007

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