Politique Nationale/Internationale

LE « VICE-PRÉSIDENT DE LA TORTURE » ET LES « VOLS DE LA CIA »


Dans plusieurs chancelleries européennes, on a ouvert une enquête sur les vols d’avions transportant, pour le compte de la CIA, des « terroristes » présumés vers des « sites noirs » (prisons et centres d’interrogatoire secrets) en dehors du territoire américain. Il s’agit de personnes kidnappées dans des pays européens, puis emmenées par avion vers des pays tiers pour être « interrogées » (c’est-à-dire torturées) en violation du droit international. Selon des spécialistes de la sécurité, ces rapports sur les « sites noirs » en Pologne, Roumanie et dans d’autres pays d’Europe de l’Est et des Balkans, « sont crédibles », malgré les démentis véhéments des gouvernements concernés. Jusqu’à présent, l’administration Bush-Cheney s’est refusée à confirmer ou à démentir ces rapports.


Mercredi 7 Décembre 2005






En Europe, par contre, ces accusations ont provoqué un tollé. Le 29 novembre, le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw, actuellement président du conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE, s’est senti obligé d’envoyer une lettre officielle à Washington pour demander des « clarifications ». De son côté, le Conseil de l’Europe a nommé un enquêteur spécial. Dans différents pays européens, les Parlements ont déposé des résolutions sur les « vols de la CIA » et les éventuels « black sites » en Europe.

Se basant sur les journaux de bord en possession de la Federal Aviation Administration (FAA) et sur des sources dans les centres européens de contrôle des vols, le Guardian rapportait qu’on avait enregistré plus de 300 vols affrétés par la CIA, dont la plupart en direction ou en provenance d’Allemagne et de Grande-Bretagne. Le 3 décembre, le Spiegel rapportait qu’en 2002 et 2003, plus de 400 vols avaient été enregistrés rien qu’en Allemagne. La prudence du gouvernement allemand en la matière s’explique en partie par la crainte que ces « vols de la CIA » puissent provoquer un débat sur le statut des bases militaires américaines en Allemagne.

Pour Lyndon LaRouche, le tollé provoqué en Europe est compréhensible. Ce scandale ne fait que souligner l’importance de chasser de son poste le « vice-président de la torture », Dick Cheney. Alors que le Congrès a récemment voté, par 90 voix contre 9, qu’« aucun individu détenu par le gouvernement américain ou sous son contrôle physique, quels que soit sa nationalité ou son lieu de détention, ne doit subir de traitement ou de punition cruels, inhumains ou dégradants », Cheney avait personnellement exigé que la CIA soit exemptée de l’interdiction de la torture.

Solidarité et progrès


Mercredi 7 Décembre 2005

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