Politique Nationale/Internationale

LE TROUBLANT PERSONNAGE Ahmed BOUKHARI


Quatre décennies après l’enlèvement à Paris de Mehdi Ben Barka, la France décide de mettre à la disposition de la justice tous les documents classés jusque-là secret défense mais il ne faut pas se leurrer, tout n’a pas été déclassifié, surtout avec l’amnésie des pouvoirs publics qui n’identifient pas et ne précisent pas les personnalités politiques françaises qui sont impliquées jusqu’au plus haut degré du crime qui allait être perpétré contre l’intégrité physique du leader marocain en 1965 et cela, le juge Ramaël n’est pas censé l’ignorer tout comme nul n’est censé ignorer les lois .


SEDDIKALI2007@YAHOO.FR
Dimanche 28 Octobre 2007

- LE TROUBLANT PERSONNAGE Ahmed BOUKHARI





Où, quand, et pour qui est née l’idée du témoignage BOUKHARI ?. Ces revelations qui ont fait l’effet d’une bombe ne conduisent pourtant pas à établir la pleine verité sur le crime perpétré contre Ben Barka. L’homme a fournit moult détails sur l’affaire Ben Barka quand bien meme le fil de ses declarations sont le fruit d’une réflexion longuement réfléchie avec des accusations insuffisemment étayées. Il sent bon le scoop. La question, certes qui ne cesse de nous tarauder l’esprit est que, comment BOUKHARI, ex-agent des services secrets marocains a–t-il pu connaître les moindres agissements de ses collègues qu’il accusent d’avoir participé, ou tout simplement assisté en tant que témoin dans la disparition et la mort de Ben Barka, les jours fatidiques du 29, 30 et 31 Octobre 1965 (31: rapatriement du corps de Ben Barka mort dans la nuit du 30 au 31 Octobre à 3 h du matin) sans que lui-même n’ait été informé des moindres details et incorporé au grand secret portant le non de code “Bouya-Bachir"? .


On en est réduit à beaucoup de conjectures puique, selon Ali Boureqat, celui-ci affirme dans un entretien publié par Maroc-Hebdo que le corps décapité de l’opposant Mehdi Ben Barka, assassiné en 1965, a bien été enterré en région parisienne (tout comme le soutient Antoine LOPEZ, ancient agent du SDECE et chef d’escale à ORLY) ce qui est loin de conforté les theses de Boukhari qui lui apporte une toute autre version. Selon Ali Bouraquat, la tête du cadavre a été remise au général Mohamed Oufkir, alors ministre de l’Intérieur et ce sont deux agents des services secrets français qui ont enterré le corps, coulé dans une dalle de ciment, à Montigny-sur-Loing.

Selon ses adversaires, les aberrations du témoignage de BOUKHARI font état de l’attentat contre Ben Barka qui n’a jamais eu lieu à Alger, La séance de torture à Fontenay-le-Vicomte qui n’a jamais été établie judiciairement. De plus, il apparaîtrait que BOUKHARI se serait inspiré des dires du mythomane Figon, l’un des truands de la bande, connu déjà à l’époque pour ses nombreux séjours en hôpital psychiatrique. Quant à la perquisition à Fontenay-le-Vicomte chez Boucheseiche, lieu où disparaîtra Ben Barka, les hommes du commissaire Bouvier n’y ont rien trouvé, contrairement à ce qu’affirme BOUKHARI.

Trente cinq ans après l’enlèvement à Paris le 29 octobre 1965 et l’assassinat du leader marocain, un homme des services spéciaux marocains (CAB1), adjoint de Mohamed ACHAACHI, d’Ahmed DLIMI et de Mohamed OUFKIR, a décidé spontanément de parler et d’apporter des précisions sur l’élimination de Mehdi BEN BARKA. En octobre 1965, Ahmed Boukhari, agent des Services spéciaux marocains, était de permanence au siège de la police parallèle. Heure après heure, coup de fil après coup de fil, il a suivi en direct l'enlèvement à Paris de Mehdi Ben Barka, l'implacable adversaire du régime chérifien. Trente-sept ans plus tard, il raconte l'interminable traque du célèbre opposant, sa capture et sa mort dans une villa de Fontenay-le-Vicomte, avant le sinistre retour au Maroc. Plusieurs observateurs contesteront la version donnée par BOUKHARI, version faite au fil des mois, contestée en raison des aberrations, approximations de l’espion qui sera qualifiée d’hypermnésique. Doit-il être tari d’éloges pour ses révélations tardives empreints de confusion ou alors est-il sorti d’un long sommeil léthargique pour la postérité et la sommité ?

Pourquoi Ahmed BOUKHARI qui est impliqué au même titre que les autres, peut-être de façon indirecte dans l’opération échafaudée par les cinq ressortissants marocains, y compris le frère de Abdelhak Achachi, Mohamed décédé en 2003 ne fait l’objet d’aucune instruction judiciaire en apportant des faits assez précis dont certains lui étaient censés être ignorés ou alors dictés par une tierce personne ? Au moment où la justice marocaine devait enquêter et poursuivre l’ex agent secret Ahmed Boukhari ainsi que ses ex-collègues du Cab1, pour crime, disparition forcée, assistance passive devant un crime, non assistance à personne en danger, disparition d’un cadavre, co-participation et complicité aux crimes, etc…, le tribunal de Casablanca a condamné à l’époque des faits Boukhari à un an de prison pour émission de chèques sans provisions.
A noter que c’est lui qui a « démantelé » l’organisation et la restructuration des services secrets marocains avec des témoignages fracassants. Les révélations qu’il y fait font effectivement l’effet d'une bombe mais comment BOUKHARI demeure-t-il intouchable sur le plan du droit pénal français ? D’ailleurs, il apporte de nouveaux éléments notamment par rapport à l’organisation et la restructuration des services secrets marocains et aux événements de la période sanglante 1956-1960. Comment peut-il affirmer sereinement que les Marocains doivent être informés sur les assassinats de nature politique, les enlèvements, les disparitions forcés et sur la manipulation des responsables politiques qui sont les leurs, alors que lui-même qui exerçait la fonction d’ex-agent des services secrets marocains en fait partie ou en faisait partie pour s’adonner à la sale besogne (le sale boulot) et porte une responsabilité patente dans l’élimination de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka ? Si Boukhari se réjouit d’avoir publié un livre ayant trait à la justice marocaine et française et surtout à la nouvelle classe politique qui doit savoir jusqu’où étaient mouillés les acteurs politiques des années de plomb, il ne fait pas mention de ses activités ou visiblement il est impliqué. Si son témoignage en dit long et reflète la vérité, pourquoi BOUKHARI, l’homme clé de l’affaire Ben Barka qui s’est retranché dans l’omerta a décidé de rompre le silence ?


On peut conclure alors que tout ce déballage ou BOUKHARI a vendu tous ses acolytes étaient motivés exclusivement pour sauver sa peau et effectivement, en faisant son méa-culpa et amende honorable, il reçoit d’une certaine façon l’absolution et concomitamment la rédemption du juge Patrick Ramël, chargé d’instruire l’affaire Ben Barka. S’il est vrai que la parution de son livre-brûlot a vraiment secoué la classe politique marocaine, ses adversaires auront eux aussi de quoi le mouiller et le discréditer. Les services spéciaux, la DST (Direction de la sûreté du territoire) et la DGED (services extérieurs), notamment n’avaient aucun intérêt a ce que cet ouvrage voit le jour. Boukhari soutient que M. Achâachi et ses deux compères, Abdelkader Sacca et Mohamed Mesnaoui qui prétendent qu’ils n’ont ni torturé ni enlevé qui que ce soit ont bel et bien torturé des milliers de personnes selon les aveux propres de BOUKHARI. À son sens, ils sont les auteurs de ces crimes, du moment que M. Achaâchi reconnaît qu’il a dirigé le service de contre-subversion pendant 34 ans. Pourquoi Boukhari ne cite pas le degré de responsabilité et de compromission de sa personne dans l’opération du rapt et de la mort de Ben Barka ou il a été partie prenante puisqu’il a assisté en direct des moindres péripéties de l’assassinat de Ben Barka ?. Il est curieux aussi que Boukhari qui dit agir de son propre chef sans être manipulé par qui que ce soit affirme péremptoirement avoir quitté les services secrets marocains en 1977 et ait continué à collaborer avec eux jusqu’en 1990 dans le domaine du renseignement en refusant de préciser de quelle nature. Comment peut-on accorder un crédit à toutes ces révélations sans tenir compte de la nature que cet ancien de la boite a entretenu avec ses anciens collègues ?

Le témoignage des responsables qu’il incrime en portant de graves accusations peut-il conforter ses révélations pour la manifestation de la vérité ou bien, tout au contraire, est-il destiné à accréditer la thèse d’un règlement de comptes entre des ex-agent des services secrets marocains dont lui-même en faisait partie intégrante et qu’il ait décidé de sortir de son mutisme pour soulager sa conscience, tel qu’il le dit lui-même”. ? En l’absence de faits convaincants, on en est réduit aux hypothèses et aux conjectures. Les thèses, elles, sont aussi nombreuses que contradictoires. Sommes-nous face à un montage sorti tout droit de l’imagination de Ahmed Boukhari pour ne pas dire un bidonnage ? S’agit-il d’une opération de bidonnage soigneusement confectionnée ? Celui-ci possède-t-il les preuves de ce qu’il avance ? Autant de questions auxquelles on n’a pas le moindre début de réponse ou d’éléments d’information venus étoffer ses dires. La vérité, elle, se perd dans les méandres des dénégations des uns et des affirmations des autres.


Face aux accusations portées à l’encontre de Mohamed Achachi, celui-ci rétorque qu’il n’aurait jamais mis les pieds en France et qu’il ne serait impliqué à quelque degré que ce soit dans l’opération d’élimination du leader marocain et certifie que Boukhari est ni plus, ni moins qu’un affabulateur. Boukhari verse-t-il dans la duplicité lorsqu’il affirme que trois truands français « protégées par les Marocains » (Boucheseiche, Palisse et Julien Le Ny) ont été exécutés au PF2 (Dar Mokri à Rabat). Un autre témoin/ homme de main a réussi à échapper aux griffes des agents du CAB1 : Dubail. Mehdi Ben Barka, a été assassiné par Ahmed Dlimi et Mohamed Oufkir après avoir été torturé dans la villa de l’ex-agent de la Gestapo Georges Boucheseiche dit « Bonnebouche » à Fontenay-le-Vicomte. Son corps a été « transporté » au Maroc au PF2 (Dar el Mokri) et « dissous dans une cuve remplie d’acide.
Et pourtant Ahmed Dlimi sera acquitté dans une procédure judiciaire, lui, Ahmed qui avait déjà tenté de tuer Mehdi en décembre 1963 au Maroc (entre Casa et Rabat) et à Alger en novembre 1964.

D’ailleurs, il ne fait aucun doute que le général Mohamed Oufkir, ministre marocain de l’Intérieur, Ahmed Dlimi, directeur de la sûreté nationale marocaine, et un certain Chtouki, chef des brigades spéciales marocaines, se trouvaient à Paris à ce moment-là. Le verdict du 5 juin 1967 acquitte Dlimi et les protagonistes français, à l’exception de Lopez et Souchon, condamnés respectivement à huit et six ans de prison. Mohamed Oufkir, désigné par la justice comme le grand responsable de la disparition de Ben Barka, est condamné par contumace à la réclusion à perpétuité.

Il est expédient de souligner que le complot orchestré contre Mehdi Ben Barka a été décidé au plus haut niveau dès le 25 mars 1965, deux jours après les émeutes de Casablanca, réprimées violemment et écrasées dans le sang par Oufkir.
De toute évidence, Mohamed Achaâchi, Abdelkader Saka et Mohammed Mesnaoui, qui ont été cités nommément par Ahmed Boukhari, leur ancien collègue du Cab1 nient toute participation dans l’attentat fomenté contre Ben Barka et rejettent en bloc les accusations portées à leur encontre. Les mis en cause se défendent bec et ongle d’avoir eu un quelconque rôle dans l’affaire Ben Barka et ont déposé plainte pour diffamation tout en soulignant le passé peu reluisant de celui qui aujourd’hui tire à boulets rouges sur leurs collègues du Cab1. Les mis en cause s’insurgent contre ces éléments faux et basés sur le témoignage d’un usurpateur.

La question, certes qui ne cesse de nous tarauder l’esprit est que, comment BOUKHARI, ex-agent des services secrets marocains a–t-il pu connaître les moindres agissements de ses collègues qu’il accusent d’avoir participé, ou tout simplement assisté en tant que témoin dans la disparition et la mort de Ben Barka, les jours fatidiques du 29, 30 et du 31 Octobre 1965 (rapatriement du corps de Ben Barka mort dans la nuit du 30 au 31 Octobre à 3 h du matin) sans que lui-même n’ait été incorporé au grand secret portant le non de code “Bouya-Bachir"? .
Et en donnant des précisions sur une cuve magique qu’il aurait acheté lui-même et en donnant toutes sortes de détails qui laisseraient penser que lui-même était présent sur les lieux du crime, il se discrédite à moins que toutes ces révélations lui aient été dictées par une tierce personne.
Et puis comment la fuite des coupables fut couverte par l’administration française qui a apporté et son appui et les hommes de main venus prêter main forte aux tortionnaires marocains.
Selon Ahmed Boukhari, le corps de Ben Barka arrive en effet à l'aéroport de Rabat dans la nuit du 31 octobre. Il est alors emmené dans un centre de torture, Dar El-Mokri, où, sur les indications d’un certain colonel Martin, chef de l’antenne de la CIA au Maroc et qui avait accès directement au roi Hassan II, le corps du défunt leader marocain aurait été dissous dans une cuve remplie d’acide. Il est fait état d'un film existant de l'opération, dont une copie aurait été remise par le commandant Dlimi au roi Hassan II. Le colonel Martin aurait appris cet usage très particulier de l'acide pour faire disparaître les corps dans son précédent poste sous le régime du Shah d'Iran, après le renversement en 1953 de Mossadegh. Les services secrets américains ont formé les services de sécurité marocains de la même manière que ceux qui ont été formés en Amérique latine. On voit dans quels buts ils ont été formés.


Ceux qui réfutent la thèse de l’implication du Maroc et de Feu Hassan II dans l’opération d’élimination de l’opposant marocain se retranchent sur de drôles de mobiles, voire des palliatifs en arguant qu’en 1965 les services secrets du Maroc étaient incapable, ni par des compétences qui lui manquaient sûrement car le pays était à peine sortie du régime coloniale. Ces mêmes voix soulignent que ses services n’avaient même pas les moyens ni l’expérience dans le domaine car le service secret du Maroc se basait dans le temps sur une simple politique, celle du batton et la carotte (sans autre compétence, et ses agents agissaient dans l’impunité totale) alors ils étaient tout simplement incapables de mener une assez grande opération en Françe ARCHI FAUX. Si le Maroc a très bien su mobiliser ses forces militaires pour agresser l’Algérie en 1963 (pour remettre en question l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation) qui venait tout juste de sortir de 132 ans d’une colonisation sanglante et que les français ont laissé derrière eux un pays exsangue, il leur aurait été d’une facilité déconcertante d’élaborer une opération de cette envergure pour peaufiner cette opération macabre, se lancer à une traque, filature, rapt, bref une chasse à l’homme. agression motivée et pour un litige frontalier, .Le contrat décidé à l’encontre d’un homme de la trempe de Ben Barka ne requiert pas que l’on soit sorti de St-Cyr, que l’on soit bourré de diplômes ou que l’on ait attendu la providence en comptant sur l’assistance étrangère.


Le roi Hassan II, érigeant la répression en système de gouvernement. décédé en 1999, pour faire taire toutes voies discordantes affirmait qu’il s’agissait d’une affaire franco-française. Il est vrai que la bête noire de l’ancien souverain marocain incarnait une icône pour l’opposition de gauche marocaine et demeure parmi l’un des milliers de marocains qui ont disparu durant son règne et plus précisément durant la décennie des années de plomb. Malgré que son fils Mohamed VI, qui lui a succédé, a installé en 2004 la commission équité et réconciliation (IER), une commission chargé de faire la vérité sur les violations des droits de l’homme commises entre 1956 et 1999 mais qui restera obsolète dans l’affaire de la disparition de Ben Barka. Quatre décennies après l’enlèvement à Paris de Mehdi Ben Barka, la France décide de mettre à la disposition de la justice tous les documents classés jusque-là secret défense mais il ne faut pas se leurrer, tout n’a pas été déclassifié, surtout avec l’amnésie des pouvoirs publics qui n’identifient pas et ne précisent pas les personnalités politiques françaises qui sont impliquées jusqu’au plus haut degré du crime qui allait être perpétré contre l’intégrité physique du leader marocain en 1965 et cela, le juge Ramaël n’est pas censé l’ignorer tout comme nul n’est censé ignorer les lois .


Minou99
Militant des droits
De l’homme
Le 28 Octobre 2007



Dimanche 28 Octobre 2007

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