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LE PEUPLE A LA BOUCHE FERMEE MAIS IL A BEAUCOUP A DIRE


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Dr Séraphin Prao
Samedi 12 Juin 2010

LE PEUPLE A LA BOUCHE FERMEE MAIS IL A BEAUCOUP A DIRE
Peut-on construire la paix sans la justice sociale ? La question est posée mais la réponse n’est pas simple à donner. Ce qui est certain c’est que sans la justice sociale, la paix est compromise. Si l’on s’accorde donc à dire que la paix est indispensable au développement économique d’un pays alors, la justice sociale devient une condition importante.  
 Fort est de constater aujourd’hui en Côte d’Ivoire que l’injustice est devenue la règle d’Or de gouvernance et pourtant, le pays est à la recherche de la paix. Sur la route de la paix, on trouve encore des spectateurs médisants dont l’injustice sociale en est le leader. Il nous semble important qu’on en parle, pendant qu’on peut encore avertir, afin de mettre fin à certaines pratiques compromettantes pour la paix.  
 
 LA CÔTE D’IVOIRE EST DEVENUE LE NID DE L’INJUSTICE SOCIALE  Les ivoiriens souffrent : les élections sont régulièrement reportées et leur niveau de vie régresse de façon géométrique. L’école qui est l’ascenseur social est en panne. Toutes les portes sont fermées sauf pour quelques privilégiés.  
 Autrefois, sous l’ancien régime, nous les accusions de gouvernement affairiste mais aujourd’hui, on est passé à une élite qui s’est disqualifiée en s’appropriant le patrimoine génétique de la corruption. La guerre a le dos large puisqu’elle justifie pour certain, le pillage systématique des richesses de notre pays par des gloutons inconscients. L’on s’est installé dans l’hypocrisie, le mensonge et la duplicité et dans tout ce ballet, le peuple est pris en otage, victime et souffrant.  
 Un jour, le président Laurent Gbagbo lui-même, peut-être dépassé par les événements se lâchait en ces termes : "Les gens détournent par-ci, détournent par-là, ils font des rackets par-ci, des rackets par-là. Les policiers ont " gâté " leur nom parce que tout le monde les voit. Mais ils ne sont pas les seuls à racketter. Quand tu vas dans un bureau et qu'on te prend l'argent pour faire un papier auquel tu as droit, c'est du racket. On voit tout et on entend.... On entend ici, un tel vole dans la direction qu'on lui a confiée, un tel vole sur la route, mais quand nous volons, c'est nous-mêmes que nous volons...". Cette présentation sommaire des maux qui minent la Côte d’Ivoire suffit de comprendre la profondeur de la question de l’injustice dans le pays. La corruption a gangréné toutes les structures de la Côte d'Ivoire, de l'école jusqu'au concours en passant par l'hôpital, les ennemis de la justice sociale ne démordent pas. La corruption s'est institutionnalisée de sorte qu'aucun concours n'est accessible sans une contrepartie financière versée. Ainsi, la prestigieuse Ecole Nationale d'Administration(ENA), l'Ecole Nationale de Police (ENP), l'Ecole Nationale de la Gendarmerie (ENG), l'Ecole Normale Supérieure (ENS) sont devenues le lieu où se fait la promotion des nuls. Nous constatons sous nos yeux l'enrichissement illicite d'une certaine élite ivoirienne au nez et à la barbe du peuple. Du coup, le fossé séparant la tranche socialement intégrée de la population (les riches) des autres (les pauvres, les exclus) s'agrandit.

 A tous ces maux, il faudra ajouter le tribalisme, le régionalisme, le népotisme, le sectarisme, ces facteurs qui mettent à mal la construction de la nation ivoirienne. La démocratie est donc en danger.
 
 SANS LE DROIT, LA DEMOCRATIE EST IMPOSSIBLE
 
 Commençons par définir ce qui fonde la justice : les lois. Elles sont des règles établies conventionnellement en vue de réguler la coexistence des individus. Elles ont pour fin le bien de la communauté. Les lois existent parce que, de fait, les hommes ne peuvent spontanément s’entendre. Telle est définie, par Kant, « l’insociable sociabilité de l’homme ». On sait également que le droit n’est rien d’autre que l’ensemble des lois conventionnellement établies. Le positivisme juridique nous renseigne aussi qu’il serait vain de rechercher ailleurs que dans la légalité l’idée de justice. Ce qui est juste c’est d’accepter l’arbitrage de la loi, non pas l’arbitrage juste, mais l’arbitrage. Si les lois sont appliquées à tous sans exception et de la même manière, nous sommes alors prémunis contre les injustices possibles. Or en Côte d’Ivoire, aujourd’hui, l’injustice sociale a atteint son paroxysme. Les ivoiriens n’arrivent plus à se vêtir, à manger, à se soigner pendant qu’une poignée vit dans une richesse la plus insolente et injurieuse.  
 Or, est juste ce qui se conforme à l’exigence éthique d’une double égalité : égalité commutative, d’abord, qui repose sur la réciprocité, et selon laquelle la justice recommande de donner autant de droits et de devoirs à chacun. C’est la première exigence du contrat social dont dépeint Rousseau : pour que la justice soit instaurée, nul ne doit être au-dessus des lois et celles-ci doivent garantir la liberté et l’intégrité de chaque citoyen.  
 Sur le plan social, la justice concerne le problème de la distribution des richesses, et fait alors appel à la seconde égalité qui doit être respectée, l’égalité distributive : on doit donner à chacun selon son mérite. C’est ainsi qu’on arrivera à sauver notre pays et construire une nation.  
 
 IL FAUT SAUVER LA CÔTE D’IVOIRE  
 
 Pour sauver la Côte d’ivoire, la solution n’est pas miraculeuse : il faut d’abord aller aux élections très vite, ensuite engager des reformes profondes pour stabiliser notre économie et enfin, accélérer la construction de la nation ivoirienne.  
 Dieu aime la Côte d’Ivoire puisqu’il y a des intellectuels honnêtes qui travaillent pour la paix et le développement de ce pays. Nous pouvons citer le président de l’Assemblée Nationale, le professeur Mamadou Koulibaly, qui a des prises de position sans équivoque : il défend toujours le peuple.  
 Le 2 juin dernier, à la rotonde de l’hémicycle, il a pris position pour son peuple : « Après trois ans d’Apo et une multitude de deniers publics gaspillés dans les voyages entre Abidjan-Ouaga, Abidjan-Paris, Abidjan-New York, la pauvreté s’est accrue, la fuite des capitaux s’est accélérée, le chômage a augmenté, les infrastructures n’ont pas été entretenues et la fracture sociale s’est creusée. L’Apo s’est embourbé dans ses contradictions congénitales…. Le racket, la tricherie aux examens et concours, les pots-de-vin, les trafics d’influence, l’enrichissement rapide injustifié, se déchaînent et se réinstallent comme au temps du parti unique ».
 Ce monsieur aime son pays et son continent, il sait qu’on ne vient pas à la politique pour s'enrichir mais pour servir et changer positivement la vie de son peuple. La Côte d’Ivoire a besoin d’une rédemption. Aujourd’hui le Ghana brille non pas parce que la providence l’a élu parmi tous les pays de la région, mais en raison de la bonne gouvernance et le courage de ses enfants au travail.  
 Puisque la corruption des devenue « le sida de l’économie », il faudra créer un Haut Commissariat pour la Lutte contre la Corruption (HCLC). C’est ce que nous proposons au Mouvement de Libération de l’Afrique Noire (MLAN).
Ce sera une sorte de ministère qui aura pour seule tâche de démanteler sociologiquement et activement les réseaux de corruption dans le pays. Ce ministère fera de la prévention, de l'information mais sanctionnera également en partenariat avec les instances judiciaires du pays. En ce qui concerne la vie publique, nous réitérons notre ancienne idée de la création d'un Comité National de Moralisation de la Vie Publique (CNMVP) qui serait sous la coupole du conseil économique et social. Ce comité aura la tâche de veiller au bon fonctionnement de la lutte que mène le HCLC. Au surplus, le CNMVP veillera à ce que les hommes politiques, leaders d'opinion etc, aient une vie exemplaire, c'est-à-dire établir l'équilibre politico-social entre le peuple et la sphère politique. C’est ainsi que la Côte d'Ivoire donnera un signal fort quant à l'espérance qu'attendent les ivoiriens et tous ceux qui y vivent car notre devoir sera d’être un modèle, l’espérance promise à l’humanité.
 
 Tout comme Aimé Césaire, « ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche ; ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir (...) car un homme qui écrit n'est pas un ours qui danse».
 Dieu bénisse et garde la Côte d’Ivoire.
 
 Dr Séraphin Prao
 Economiste et président du MLAN
www.mlan.fr
 contact@mlan.fr
 01118760



Samedi 12 Juin 2010


Commentaires

1.Posté par pistache le 13/06/2010 08:10 | Alerter
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ce qui me fait bouillir de rage , c'est de savoir qu'une minuscule poignée d'individus cupides et pourris jusqu'à la moëlle sont responsables de la térrible misère qui sévit dans ce beau pays et ce à l'encontre de millions de gens ; si j'étais magicien je ferai en sorte que cette population soit armés pour se défendre contre cette dictature elle même protégés par des armes ;

2.Posté par abeilles le 13/06/2010 12:47 | Alerter
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OH pourquoi nous n'agissons pas ,nous sommes dans les mêmes conditions,nous nous sommes laissés plumer ,nous sommes pires que les Africains car eux ont encore un sol riche,nous plus rien tout est pollué,ou stérile BRAVO les Gros Bonnets

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