Politique Nationale/Internationale

LE MARCHÉ AMÉRICAIN DE L’IMMOBILIER S’EFFONDRE


Comme Lyndon LaRouche le soulignait le 20 août dernier, le monde est aujourd’hui confronté à la menace grandissante d’une rupture du système économique et financier, se combinant à une guerre asymétrique généralisée. L’aspect essentiel de la catastrophe économique et financière qui se profile est la bulle immobilière américaine, dont les composants sont la construction immobilière en tant que telle, le financement massif par les prêts hypothécaires et les ventes d’immobilier à des prix exorbitants. La convergence des faillites à chaque étape de ce processus conduit la bulle immobilière vers son implosion.


Solidarité et progrès
Mercredi 23 Août 2006

  LE MARCHÉ AMÉRICAIN DE L’IMMOBILIER S’EFFONDRE


Le 15 août, l’Association Nationale des Agents Immobiliers rapportait que dans vingt-huit Etats, ainsi que dans le district de Columbia, les ventes de maisons avaient chuté entre le mois d’avril et le mois de juin de cette année par rapport à la même période de 2005. À l’échelle nationale, et comparativement à la même période de 2005, les ventes ont chuté de 7 % au second trimestre. L’enquête montre que la chute la plus importante s’est produite dans les Etats qui avaient connu une explosion des ventes ces cinq dernières années, dont deux des plus grands marchés hypothécaires en Amérique : la Californie et la Floride. Les Etats qui ont enregistré les chutes les plus importantes ce printemps, en comparaison avec le printemps précédant, sont : l’Arizona, moins 26,9 % ; la Floride, moins 26,7 % ; la Californie, moins 25,3 % ; la Virginie, moins 23,9 % ; et le Nevada, moins 23,5 %.

La transformation du marché immobilier américain est également mise en évidence par une étude faite sur l’évolution des prix dans 151 zones urbaines. L’Association nationale des agents immobiliers rapporte que 26 zones urbaines ont connu une violente chute des prix.

Selon le département du Commerce américain, en juillet, les emménagements ont chuté à travers tous les États-Unis : l’année dernière, moins 18,9 % dans le Nord-est, moins 16,6 % dans le Midwest, moins 13,9 % dans l’Ouest et moins 10,7 % dans le Sud. Cela fut encore pire pour les constructions de maisons, qui ont baissé de 26,3 % dans le Nord-est, de 25,8 % dans l’Ouest, de 18,9 % dans le Midwest, et de 9,1 % dans le Sud.

Dans le même temps, les saisies immobilières ont fortement augmenté. Le 14 août dernier, le service de contrôle foreclosure.com rapportait que 28130 saisies immobilières aux particuliers ont eu lieu à l’échelle nationale en juillet de cette année, soit un accroissement de 5 % par rapport au mois de juin et de 10 % par rapport à juillet 2005. « Les saisies immobilières aux particuliers se sont accrues cette année à l’échelle nationale, du fait notamment de l’accroissement des hypothèques à taux variables », a déclaré Brad Geisen , le PDG de foreclosure.com. Le plus fort accroissement mensuel de saisies immobilières aux particuliers concerne l’Illinois, plus 11,6 %, suivi du Colorado, plus 12,9 %, de l’Ohio, avec plus 14,3 %, l’Alabama, plus 21,3 %, Minnesota, plus 31,1 %, Michigan, plus 38 %, et Missouri, plus 48,2 %.

EXPLOSION DES RACHATS PAR EFFET DE LEVIER



Après l’effondrement de la « nouvelle économie » et l’implosion du marché de l’immobilier aux États-Unis, les capitaux privés semblent être le dernier recours sur le Titanic financier. Les fonds de pension, sociétés d’assurances et autres investisseurs sont en train d’investir de gigantesques sommes d’argent dans les fonds « criquets » qui rachètent les sociétés par le biais du « leveraged buy-outs » (LBO, ou reprise avec effet de levier). Ces LBO sont financés par des crédits bancaires à court terme, qui sont ensuite attachés à l’entreprise nouvellement acquise sous forme de dette. Une fois « restructurée », l’entreprise est revendue au plus tôt à un autre fonds de capitaux privés ou à un hedge fund, ou encore cédée de force au domaine public.

Les opérations récemment conclues par KKR, Blackstone ou d’autres groupes de capitaux privés sont les plus grosses jamais réalisées, atteignant des sommes de 15 milliards de dollars, voire plus. En lançant des actions concertées et en utilisant un effet de levier de 3 pour 1 (c’est-à-dire 3 dollars empruntés pour chaque dollar de capital disponible), ces groupes de capitaux privés sont aujourd’hui en position de prendre le contrôle de toutes les sociétés du monde, même les plus grosses. Il y a quelques semaines le pionnier des LBO des années 80, KKR, rejoint par d’autres groupes, a racheté la chaîne hospitalière américaine HCA pour 33 milliards de dollars, la plus grande transaction par LBO jamais réalisée, dépassant le spectaculaire rachat de Nabisco par KKR en 1989 pour 31 milliards de dollars.

Chaque jour ou presque, on annonce une autre de ces méga-transactions. Le 17 août, on apprenait que KKR, Carlyle et CVC Asia Pacific préparaient une offre conjointe de 12 milliards de dollars pour Coles Myer, le deuxième plus grand détaillant d’Australie. La veille, on révélait une offre conjointe de KKR, Blackstone et Cinven de 14,8 milliard d’euro pour la société britannique NTV, ce qui représenterait la plus importante transaction de capitaux privés jamais réalisée en Europe.

Même le Financial Times de Londres a tiré la sonnette d’alarme au sujet du volume insoutenable de dettes nouvelles générées par ces LBO. Dans un éditorial du 18 août intitulé « la mode des recapitalisations à effet de levier rappelle la folie des .com », l’éditorialiste du FT, Gillian Tett, écrit : « Lors de la folie de la bulle internet à la fin des années 90, un groupe de Cassandre (...) se plaignait régulièrement que les marchés étaient devenus fous (...). Un écho de cela émerge à nouveau dans le monde des capitaux privés. »

Tett s’attaque à la « recapitalisation par effet de levier », pratique par laquelle un groupe de capitaux privés rachète une entreprise par voie d’endettement et se paye ensuite grassement sur le dos de l’entreprise acquise. Comme des hordes de criquets qui s’abattent sur leur cible, les firmes de capitaux privés en ressortent avec d’énormes profits et les entreprises victimes avec des dettes impayables. Un exemple caractéristique est celui de Burger King, qui fut conjointement racheté par trois firmes - Texas Pacific Group, une filiale de Goldman Sachs et Bain Capital - à la fin de 2002. Après trois ans de restructuration, les trois firmes ont annoncé, en février 2006, leur intention de vendre certaines de leurs participations dans Burger King. Trois mois auparavant, elles s’étaient allouées 367 millions de dollars de dividendes sur le dos de Burger King.

Selon Tett, « cette pratique était exceptionnelle il y a encore peu de temps. (...) Mais cette année les recapitalisations par effet de levier se sont répandues comme une traînée de poudre. Lundi, un rapport de l’agence de notation Standard & Poor’s indiquait que 63 recapitalisations par effet de levier avaient eu lieu aux États-Unis et en Europe cette année, financées par une dette de 25 milliards de dollars, pour la plupart des prêts bancaires. Pas besoin d’une agence de notation pour comprendre que cela peut mener à une vague de faillites. »

http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article.php3?id_article=2359 http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article.php3?id_article=2359



Jeudi 24 Août 2006


Commentaires

1.Posté par david le 23/08/2006 16:17 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

bonne nouvelle:)

VIDEOS | Politique Nationale/Internationale | Propagande médiatique, politique, idéologique | Société | Histoire et repères | Conflits et guerres actuelles | Néolibéralisme et conséquences

Publicité

Brèves



Commentaires