Politique Nationale/Internationale

LE LIVRE DE JIMMY CARTER SUR LA PALESTINE FAIT SENSATION


Le nouveau livre de l’ancien président américain James Carter a provoqué un choc salutaire dans le monde politique et parmi la population, aux Etats-Unis et à l’étranger. Dans ce livre, fortement attaqué pour son titre : Palestine : Peace, not Apartheid, Carter estime que la politique israélienne est comparable à celle de l’apartheid imposée naguère en Afrique du Sud.


Mercredi 20 Décembre 2006

  LE LIVRE DE JIMMY CARTER SUR LA PALESTINE FAIT SENSATION
Dans une déclaration en date du 10 décembre, Lyndon LaRouche est venu à la défense de Carter : « Si j’interviens aujourd’hui pour défendre l’ancien président Jimmy Carter, c’est pour deux raisons. D’abord, il a raison sur la question du titre de son livre. Ce qu’appliquent les Israéliens et d’autres à l’égard des Palestiniens ne diffère pas, en pratique, de l’apartheid. Tout politicien lucide et intelligent, à ma connaissance, est d’accord là-dessus, même si très peu d’entre eux, qui se comportent en "bête politique", l’avouent en public.

« Deuxièmement, en tant qu’ancien Président, Jimmy Carter adopte à son tour le rôle joué par John Quincy Adams et Dwight Eisenhower. (...) L’ancien président Carter a eu le grand malheur d’être élu à une époque (1970-1981) où la destruction de l’économie américaine était la politique dominante imposée à tout Président (...) sous l’influence hégémonique d’institutions comme la Commission trilatérale. Il est sorti de cette expérience amer et bouleversé, mais depuis, il a contribué, parfois en cavalier seul, à faire revivre le rôle du président Eisenhower pour ce qui est des services rendus après avoir quitté la Maison Blanche. L’héritage Eisenhower-Carter transparaît dans la question de la politique américaine au Moyen-Orient. »

« Avec ce titre franchement honnête pour son livre, notre nation et la civilisation y trouveront probablement quelque chose de positif à gagner. Le travail de la Commission Baker-Hamilton n’est pas parfait, mais il peut servir de rampe de lancement pour adopter de toute urgence les changements politiques nécessaires afin de sauver notre nation des odieuses folies de l’administration actuelle.

« Faute d’une solution pacifique au conflit arabo-israélien, il n’y a plus aucun espoir pour la survie même d’Israël, ni pour le "Moyen-Orient" dans son ensemble. Si le "Moyen-Orient" est perdu - et la politique de Bush-Cheney est l’assurance d’une catastrophe effective sur place d’ici peu - on risque de voir toute la planète s’embraser dans des crises politico-stratégiques. Jimmy Carter a raison. »

De son côté, l’ancien Président a riposté contre la cabale de néo-conservateurs et de sionistes qui ont attaqué son livre. Dans le Los Angeles Times du 8 décembre, il observe : « Les nombreuses questions controversées concernant la Palestine et la voie vers la paix pour Israël sont intensément débattues entre Israéliens et dans d’autres nations - mais pas aux Etats-Unis », où il déplore « la sévère restriction de toute discussion libre et équilibrée des faits » en raison du lobbying de l’AIPAC (Comité d’action politique israélo-américain) et de l’absence de réelle contestation. « Il serait pratiquement suicidaire sur le plan politique, poursuit-il, pour les membres du Congrès d’adopter une position équilibrée entre Israël et la Palestine, de proposer qu’Israël se conforme au droit international ou de plaider en défense de la justice et des droits humains pour les Palestiniens. (...) Ce qui est encore plus difficile à comprendre, c’est pourquoi les pages de la rédaction des grands journaux et magazines aux Etats-Unis pratiquent une telle restriction, contrairement aux évaluations privées exprimées avec force par leurs correspondants en Terre sainte. »

Reprenant les critiques lancées contre son livre par les médias ainsi que par deux membres du Congrès, il ajouta que « dans le monde réel, la réponse a été, en majorité, extrêmement positive », décrivant les réactions lors de séances de dédicace en librairies. Pour ne citer qu’un exemple, dans une librairie de Los Angeles, les 1500 exemplaires de son livre avaient été vendus en totalité deux heures avant l’événement. « J’ai reçu les plus vifs encouragements d’éminents citoyens juifs et de membres du Congrès, qui m’ont remercié en privé d’avoir présenté les faits et quelques idées nouvelles. »

Parmi ces réponses positives, citons l’intervention du rabbin Michael Lerner : la paix, dit-il, « est entravée par les puissantes voix de l’AIPAC et du courant majoritaire de la communauté juive organisée, qui parviennent à terrifier même les élus les plus libéraux pour qu’ils soutiennent aveuglément toute politique défendue par le gouvernement israélien actuel. (...) Les jeunes Juifs ne peuvent exprimer en sûreté leurs critiques de la politique israélienne sans qu’on leur dise qu’ils sont déloyaux ou "se détestent". Des élus me disent en privé qu’ils sont d’accord avec la "voie médiane progressive" de Tikkun, plus équilibrée, qui est à la fois pro-Israël et pro-Palestine. »

Par ailleurs, l’Anti-Defamation League a commencé, la semaine dernière, à publier des annonces critiquant Carter dans de grands journaux comme le New York Times, le Washington Post, le Los Angeles Times et l’Atlanta Journal-Constitution. Paru dans le New York Times du 11 décembre sous le titre : « Il n’y a qu’une chose honnête à propos du nouveau livre du président Carter : les critiques », le texte reprend les dénonciations du député John Conyers, de la nouvelle présidente de la Chambre Nancy Pelosi et de l’ancien directeur du Carter Center. On peut y lire que Carter n’a pas tenu compte de l’offre de créer un Etat palestinien, faite par Israël au sommet de Camp David en 2000, ni de l’élection du Hamas, et qu’il met la crise au Moyen-Orient sur le dos « de mythes comme le contrôle juif du gouvernement et des médias ».

Le quotidien new-yorkais cite par ailleurs le directeur de l’ADL, Abe Foxman : « La raison qu’il invoque pour avoir écrit ce livre, c’est le canular éhonté selon lequel les Juifs contrôlent le débat dans ce pays, surtout en matière de médias. C’est sérieux, parce qu’il ne s’agit pas d’un quelconque observateur ou analyste. C’est un ancien Président des Etats-Unis. »

http://www.solidariteetprogres.org/ http://www.solidariteetprogres.org/



Mercredi 20 Décembre 2006

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