Politique Nationale/Internationale

LAZARD LORGNE SUR L’INDUSTRIE ALLEMANDE


Le nouveau directeur de la branche allemande du groupe Lazard, Eric Fellhauer, est un spécialiste en fusions et acquisitions tout frais émoulu du Carlyle Group, qui orientera sans doute la société vers le secteur des biens d’équipement. Carlyle est déjà actif dans l’achat d’actions d’équipementiers du secteur automobile allemand et l’on peut s’attendre à ce que Lazard adopte la même stratégie.


Mardi 27 Juin 2006






Dans ce contexte, il est utile de rappeler le rôle des experts de Lazard dans la transformation de Preussag AG, l’un des fleurons traditionnels de l’industrie allemande (acier, chantier naval, grues, etc.), il y a quelques années, en une société de tourisme et de loisirs baptisée TUI. Au cours de la dernière phase de ce processus, qui a commencé en 1997 avec le retrait de Preussag de Salzgitter Stahl, le Crédit agricole Lazard Financial Products Bank a acheté, en novembre 2001, 8,5 % des actions de Preussag dans le plus grand chantier naval allemand, le Howaldtwerke-Deutsche Werft (HDW). A l’époque, les actions de HDW étaient convoitées à l’échelle internationale, à cause de son rôle dans la production de vaisseaux de la Marine allemande. HDW avait en particulier une avance technologique dans les systèmes de sous-marins non nucléaires, notamment le modèle de la classe 212, qui peut rester immergé pendant deux semaines sans interruption et dont les capacités de manœuvre dans les régions côtières et les zones littorales sont inégalées. Lazard a non seulement acheté des actions de HDW pour lui-même, mais en a aussi conseillé la vente à d’autres investisseurs.

En même temps, Babcock-Borsing, autre actionnaire majeur de HDW, s’est vu obligé de vendre une partie de ses actions dans HDW qui, mystérieusement, se sont toutes retrouvées dans les mains de One Equity Partners. Ce fonds américain spécialisé dans les acquisitions pour le compte d’autres sociétés et banques américaines, gérait par exemple un trésor de guerre de 3,5 milliards de dollars de JP Morgan-Chase. En mars 2002, One Equity a annoncé qu’il détenait déjà 75 % des actions de HDW. Il existait donc une menace réelle de voir le chantier-naval passer sous le contrôle d’intérêts financiers et militaro-industriels américains (Northrop-Grumann a été mentionné dans ce contexte). La levée de boucliers fut si forte en Allemagne que le gouvernement dut intervenir en invoquant l’« intérêt national ». Il a d’abord tenté de réaliser une option franco-allemande en collaboration avec le chantier naval français Thales en 2002 et 2003. Puis, en 2004, il a trouvé une solution allemande par le biais d’une fusion entre HDW et Thyssen-Krupp Marine Systems. L’accord a été officialisé en janvier 2005. Cependant, là encore, on retrouve Lazard, puisque l’ancien ambassadeur américain en Allemagne, John Kornblum, qui dirige Lazard Allemagne depuis janvier 2001, siège aussi au conseil d’administration de Thyssen-Krupp Technologies.

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Mardi 27 Juin 2006


Tags : finance

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