Politique Nationale/Internationale

LA RUSSIE DIT NON À CONDOLEEZZA RICE



Mercredi 11 Octobre 2006




Lors de son voyage dans le golfe Persique et au Moyen-Orient, la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice n’a pas réussi à consolider une coalition contre l’Iran. En Arabie saoudite comme au Caire, où elle a rencontré les ministres des Affaires étrangères du Conseil de coopération du Golfe (ccg), ainsi que leurs homologues d’Egypte et de Jordanie, on lui a clairement fait comprendre que le problème central à résoudre dans la région est le conflit israélo-arabe et que, pour stabiliser l’Irak et le Liban, les Etats-Unis devraient relancer sans tarder un processus de paix entre Israël et la Palestine.

La secrétaire d’Etat s’est ensuite rendue à Londres pour une réunion du groupe des 5+1 sur l’Iran. Ce fut un véritable Waterloo pour Rice et son alliée britannique, Margaret Beckett, qui n’avait que des sanctions en tête. Il semble que le refus catégorique du ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov d’entrer dans le jeu anglo-américain fût décisif.

Si les médias ont propagé le bruit que les six allaient prendre des mesures plus rigoureuses contre l’Iran, les citations officielles donnent un tout autre son de cloche. La déclaration finale rendue publique par le groupe parle d’une « déception profonde » devant le refus iranien d’arrêter l’enrichissement, sans pour autant qualifier d’« échec » les entretiens UE-Iran, ni réclamer de mesure punitive auprès de l’ONU. La prochaine étape devrait être une vidéo-conférence des directeurs politiques des ministères des Affaires étrangères, suivie par une réunion des ambassadeurs des Nations unies. Cela signifie que, sauf fuite en avant de Cheney et de sa clique, on a encore cette semaine une chance de repousser une attaque militaire.

Les Russes n’ont pas mâché leurs mots en rejetant toute action onusienne allant dans le sens de sanctions ou d’une action militaire. Faisant référence à la décision américaine d’imposer des sanctions unilatérales à tout pays tiers ayant des relations avec l’Iran - c’est-à-dire la Russie -Lavrov a déclaré que cela n’inciterait certainement pas l’Iran à chercher un compromis. « Je dois dire que la prise de sanctions unilatérales contre [les pays coopérant avec l’Iran] va bien au-delà des accords passés entre les six, à la fois sur le plan du contenu et par rapport au fait que nous avons décidé de travailler ensemble, et pas de façon unilatérale ». La Russie a bien précisé qu’elle ne s’opposait pas à « des mesures supplémentaires » pour convaincre l’Iran de suspendre l’enrichissement d’uranium, mais comme l’a déclaré un adjoint à Lavrov, la Russie et la Chine trouvent « absolument inacceptable » l’utilisation de la force contre l’Iran.

Le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement iranien, Alaeddin Boroujerdi, a pour sa part commenté ironiquement : « Le ministre chinois des Affaires étrangères n’a pas assisté à la réunion, le ministre russe des Affaires étrangères a dû s’éclipser rapidement, et Condi Rice est arrivée en retard ; on peut en conclure que cette réunion n’était pas très sérieuse. »

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Mercredi 11 Octobre 2006

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