MONDE

LA RENAISSANCE AFRICAINE DANS LA TOURMENTE



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Jeudi 29 Mai 2008

Depuis les indépendances jusqu’à ce jour l’Afrique traîne ses vieux démons. C’était prévisible pour certains comme René Dumont, qui tout en analysant l’impasse des théories du "rattrapage" qui ne faisaient que déplacer les logiques de la domination politique, avertissait l’Afrique dans son ouvrage canonique « L’Afrique noire est mal partie » (1962). Une stratégie s’imposait donc aux leaders africains s’ils voulaient voir le continent africain amorcer son développement. Pour Nyerere, « Sans unité, les peuples d’Afrique n’ont pas de futur, sauf comme perpétuelles et faibles victimes de l’impérialisme et de l’exploitation. ». L’un des goulots d’étranglements qui retarderait l’avenir de l’Afrique était et demeure le manque d’unité. D’ailleurs cela est mis en exergue par le brillantissime professeur Ki-Zerbo en ces termes : « Ce qui frappe dans ce pays des Noirs, c’est sa grande diversité, qui ne doit pas cependant nous masquer une profonde unité, en grande partie sur la relative homogénéité des conditions géographiques" . L’idée ayant peu ou prou été acceptée, il était donc question de créer une Organisation de l’Unité Africaine (OUA) pour construire les Etats-Unis d’Afrique. Peine perdue car il fallait compter avec les pantins que la occidentaux maniaient à volonté. De nos jours, l’idée est revisitée sans connaître une avancée notable. De plus en plus, on parle de renaissance africaine. Au regard de ce qui se passe en REPUBLIQUE SUD-AFRICAINE, il nous faut dire quelque mots d’une conséquence de ce que nous avons vu. La renaissance africaine est depuis des années un mot sur les lèvres des politiques et citoyens africains. La définition de ce concept diffère avec les auteurs. Renaître, c’est naître de nouveau, revenir à son état premier. La renaissance serait naturellement l’action de retrouver sa position originelle. La renaissance africaine peut donc être appréhendée comme le retour de l’Afrique à ses propres sources, à sa position glorieuse où ses fils et filles étaient unis et riches. Certainement illuminé par les travaux du savant africain Cheikh Anta Diop et d'autres grands Africains qui ont établi imparablement la réalité scientifique de "l'unité culturelle de l'Afrique noire" et de ses origines, le président Thabo Mbeki de l’Afrique du Sud s’est même positionné comme l’égérie de ce nouveau combat. Mais voila que pendant que les esprits se « convertissent » peu à peu à cette nouvelle donne, les sud-africains montrent d’abord à l’Afrique Noire et ensuite au monde entier, l’image d’un pays xénophobe, barbare et ingrat. Cette réflexion que je soumets à votre intelligence sonne comme la prédiction d’un échec de la renaissance africaine si les politiques n’associent pas la base, c’est-à-dire les populations.

La renaissance africaine éprouvée

Pour le lecteur pressé et peu attentif, l’Afrique ne bouge pas. Mais ceux qui regardent l’Afrique sans préjugé, le bonheur leur a été donné de voir une Afrique qui sort de son immobilisme pour s’approprier sa place dans le concert des nations. Désormais, les africains sont décidés à prendre leur destin en main, refusant qu’on parle et qu’on réfléchisse à sa place. C’est le sentiment que l’Afrique a donné en tout cas au monde entier ces dernières années. C’est ainsi qu’après plusieurs tentatives, le conflit ivoirien a trouvé la solution en terre africaine. C’est ainsi que les angolais ont fait la paix en 2002 pour vivre dignement sur leur continent. Enfin, les organisations régionales s’activent pour renforcer les liens afin de tendre à terme vers les Etats-Unis D’AFRIQUE. Ce mouvement très perceptible en Afrique et dans la diaspora est mis à l’épreuve par les sorties honteuse des sud-africains depuis le 11 Mai 2008. on dit souvent que Dieu a voulu que le temps qui coule dans la mémoire des hommes use lentement les souvenirs ; et c'est la raison pour laquelle les hommes perdent la mémoire. Comment comprendre que des frères noirs qui, hier souffraient de l’apartheid retournent les armes de leurs geôliers contre leurs frères ? À cette question, j’aimerais avoir une réponse. Les sud-africains ont-ils oublié le soutien sans faille de tous les Etats d’Afrique noirs dans cette lutte historique contre les colons blancs ? Ont-ils oublié que la Zambie était la base arrière de l’ANC ? Ont-ils oublié qu’il y a seulement 17 ans qu’ils peuvent affirmer leur humanité ? Prétextant le vol de leur travail, les sud-africains se sont livrés à des attaques xénophobes qui ont fait au moins 50 victimes et plus de 35 000 déplacés à Johannesburg, la plus grande ville sud-africaine. Au regard de l’ampleur de la sauvagerie, le président Thabo Mbeki a décidé le mercredi 21 Mai de faire appel à l’armée pour enrayer la vague de violence contre les étrangers que connaît l’Afrique du Sud. Selon le directeur adjoint pour l’immigration, Leonardo Boby, 10.047 ressortissants mozambicains ont été rapatriés à bord d'autocars affrétés par leur gouvernement (mozambicain). Bien sûr que le Mouvement de Libération de l’Afrique Noire (MLAN), joint sa voix à celle des dignes fils de l’Afrique, pour condamner cette honteuse xénophobie qui montre l’image d’un continent désuni. Je puis dire sans contredit que la renaissance africaine est éprouvée. N’oublions pas que les immigrés maliens en Libye sont devenus des indésirables au pays du frère Guide Mouammar El Kadhafi. Régulièrement, l’aéroport de Bamako-Sénou reçoit des Maliens chassés de la Libye. Le Guide libyen, considéré depuis un certain temps comme le chantre de l’unité africaine, allant jusqu’à faire broder une carte de l’Afrique sur ses chemises fait la peau à des Africains vivant sur son territoire. Que dire aussi de la difficile cohabitation entre les ivoiriens et les ressortissants burkinabés à l’Ouest de la Côte d’Ivoire ? Que dire aussi des nigériens qui s’opposent qu’un ivoirien soit conducteur de taxi dans leur pays ? Il est temps que les africains enterrent leur nationalisme fantoche pour un nationalisme africain que promettait Kwame Nkrumah « Le nationalisme africain ne se limite pas seulement à la Côte d’Or, aujourd’hui le Ghana. Dès maintenant il doit être un nationalisme panafricain et il faut que l’idéologie d’une conscience politique parmi les Africains, ainsi que leur émancipation, se répandent partout dans le continent. »
L’échec de l’élite africaine

Habitués à attendre les problèmes sans les anticiper pour les prévenir, les africains sont toujours pris au dépourvu. Les uns crient en ces termes « Les Zoulous ont instigué ces attaques, affirme Lydia Makhoba, une Venda qui habite Alexandra, le township où les violences ont commencé. Le régime d’apartheid nous a tous élevés dans l’idée que les autres ethnies représentaient une menace. Chacun devait vivre dans son quartier, dans son bantoustan. C’est très triste de voir que cette mentalité n’a pas disparu ! ».
Les gestionnaires se contentent d’administrer le quotidien. Les visionnaires pressentent à l’avance les mutations nécessaires et se projettent dans l’avenir. C’est en vérité, les visionnaires qui manquent à notre continent. Il y avait des valeureux fils comme Thomas Sankara, Patrice Lumumba, de Kwame Nkrumah, Cheik Anta Diop, Sékou Touré, Modibo Kéita, Julius Nyerere, Jomo Kenyatta, Nelson Mandela, qui n’ont pas été écoutés. Les intellectuels tarés, pour reprendre à mon aise le terme de l’ex-président du Bénin, Mathieu Kérékou, s’empressent à dilapider les richesses de notre continent sans songer à l’avenir les populations. Toutes les tentatives d’unifier le continent ont échoué par leur faute. Citons l’exemple de quelques fédérations « Sénégal-Gambie » (ou Sénégambie) des années 1982-1989, et « Sénégal-Mali » des années 1959-1960 ainsi que les actuelles fédérations de Tanzanie (i.e : Tanganyika-Zanzibar) depuis 1964, du Nigeria (rénovée en 1999), d’Ethiopie (rénovée en 1994-1995) et d’Afrique du sud (rénovée en 1994-1997). Hier, Chaque puissance coloniale visait à modeler la mentalité des Africains à travers l’école et la religion pour en faire des auxiliaires dociles et faciliter l’exploitation systématique du continent comme en témoigne la doctrine des trois «C»: Civilisation, Christianisme et Commerce ou la doctrine des trois «M»: Militaires, Missionnaires et Marchands. Aujourd’hui plus qu’hier le néocolonialisme a pour facilitateur les satrapes et marionnettes des occidentaux en Afrique. Au lieu de travailler à l’unité de notre continent, ils remplissent le « grenier » des occidentaux. Ne perdons rien du passé. Ce n'est qu'avec le passé qu'on fait l'avenir.

L’histoire nous regarde

Aucune révolution n’a aboutie sans les masses populaires, c’est pourquoi, il est plus que jamais temps d’associer les populations africaines au projet des Etats-Unis d’Afrique et de la renaissance africaine. L’expérience sud-africaine montre bien le décalage entre l’élite et la base. A l’origine, le panafricanisme était une simple manifestation de solidarité fraternelle entre les Noirs d’ascendance africaine des Antilles britanniques et des Etats-Unis d’Amérique. S’il a évolué pour designer aujourd’hui l’unité du continent africain, la solidarité doit rester toujours le socle. L’évolution du panafricanisme se retrouve dans les œuvres diverses dont ceux de William Dubois, Marcus Garvey, Georges Pandore, Cheik Anta Diop, etc. L’époque ou la période où l’histoire était encore exclusivement écrite par les vainqueurs, comme le disait Jules César, et où les préjugés raciaux, vis-à-vis de l’Afrique faisaient office de dogme scientifique, (« Les nègres ont une intelligence héréditaire inférieure », dixit Sir Julian Sorell Huxley, premier secrétaire général de l’UNESCO…) est révolue. Le savant africain Cheikh Anta Diop a donné à l’Afrique le cheminement à suivre pour atteindre l’unité. Il faut enseigner notre histoire aux populations africaines afin qu’elles s’approprient le combat de l’unité africaine. L’homme a partout commencé à interpréter les événements du monde extérieur d’après sa propre image comme s’ils étaient animés par un esprit semblable au sien. La philosophie et l’histoire africaines présentées respectivement comme inexistantes et statiques dans l’historiographie coloniale ont fini par alimenter en nous le dégoût de l’Afrique et le refus de l’autre (son frère). Il faut arriver par l’histoire et la passerelle culturelle petit à petit à la désaliénation mentale et forger une identité africaine.

Enfants d’Afrique, où que nous soyons, quoique nous fassions, méditons sur ces propos de Nkrumah : « Divisés nous sommes faibles. Unie, l’Afrique pourrait devenir, et pour de bon, une des plus grandes forces de ce monde. Je suis profondément et sincèrement persuadé qu’avec notre sagesse ancestrale et notre dignité, notre respect inné pour la vie humaine, l’intense humanité qui est notre héritage, la race Africaine, unie sous un gouvernement fédéral, émergera non pas comme un énième bloc prompt à étaler sa richesse et sa force, mais comme une Grande Force dont la Grandeur est indestructible parce qu’elle est bâtie non pas sur la terreur, l’envie et la suspicion, ni gagnée aux dépends des autres, mais basée sur l’espoir, la confiance, l’amitié, et dirigée pour le bien de toute l’Humanité ».

Dieu bénisse l’Afrique !

Vive l’Afrique Unie et Libre !
Le président du MLAN
Prao Yao Séraphin

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Jeudi 29 Mai 2008

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