MONDE

LA POSITION DU MLAN DANS LA CRISE KENYANE



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Samedi 5 Janvier 2008

Depuis le 27 Décembre 2007, le Kenya connaît une grave crise pour cause d’élection truquée. En effet, les trente cinq millions de kenyans se sont prononcés sur le devenir de leur pays en choisissant leur guide, le président de la république. Les kényans n’iront pas de main morte car ils voteront massivement pour départager le président Mwai Kibaki, candidat à sa réélection, et Raila Odinga, son ancien allié devenu son principal rival. Le 30 Décembre 2007, alors que la commission électorale annonce la victoire de M. Kibaki avec un peu plus de 200.000 voix d'avance, M. Raila accuse le président sortant de fraude sur "300.000 voix". Dans la foulée, M. Kibaki, 76 ans, a prêté serment (dimanche en fin de journée) au palais présidentiel, lors d'une cérémonie organisée moins d'une heure après la proclamation des résultats et retransmise en direct par les télévisions kényanes. Quelques minutes après, des émeutes éclatent dans les fiefs de M. Odinga, à Kibera, plus grand bidonville de Nairobi, et dans plusieurs villes de l'ouest. Le bilan est lourd : plus de 350 morts en moins de dix jours. Voici présenté de façon panoramique la situation de ce beau pays qu’est le Kenya. Le Mouvement de Libération de l’Afrique Noire (MLAN), porte-parole de la Nouvelle Jeunesse Africaine (NJA), interpelle à travers ces lignes, les Kényans, l’Union Africaine et la communauté internationale quant à la gravité de la situation.

« La démocratie, c'est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » disait Abraham Lincoln. Mais voilà qu’en dépit de la volonté des africains de choisir librement et sans contrainte ceux qui président à leur destinée, il faut se résoudre à compter avec des strapontins au pouvoir. L’héritage reçu de la colonisation c’est-à-dire la balkanisation de l’Afrique ne milite pas en faveur des politiques injustes, discriminatoires voire d’exclusion. La pacification de l’Afrique passera sans doute par une justice sociale et la démocratie car l'amour de la démocratie est celui de l'égalité. En la matière, les dernières élections kényanes ne sont que le reflet d’un dictateur qui manœuvre pour s’éterniser au pouvoir au détriment de la volonté populaire. D’ailleurs pour la première fois, la communauté internationale reste divisée sur les conditions de cette élection. Le 2 Janvier 2008, sur une radio française, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner dénonçait des élections calamiteuses. Mieux, la mission d'observation de l'Union européenne, a exprimé «des doutes sur la justesse du résultat de l'élection». Et d'ajouter : «Nous regrettons qu'il n'ait pas été possible de traiter d'irrégularités dont l'UE et l'ECK (la Commission électorale Kenyane) avaient des preuves». L'UE cite l'exemple d'une des 210 circonscriptions du pays où le résultat de la présidentielle a été gonflé en faveur d'un candidat entre son annonce dans le centre de vote et celle faite par l'ECK à Nairobi. A rebours des Etats-Unis qui ont félicité Kibaki pour sa réélection, sans doute pour soutenir la Grande Bretagne (ancien pays colonisateur du Kenya), le monde entier est solidaire du peuple kenyan qui a massivement voté pour le changement. Dans le plus ancien quotidien du pays "The Standard", le président de la Commission électorale Samuel Kivuitu a déclaré ne pas savoir "si Kibaki a gagné l'élection". Il indique également avoir fait l'objet de pression pour annoncer rapidement les résultats.

En conséquence, le MLAN condamne cette fourberie électorale d’une autre époque et appelle les hommes politiques kenyans à la retenue et la sagesse. Le MLAN regrette cette manière doctorale de M Kibaki d’abjurer la démocratie. Pour notre part, nous ne reconnaitrons pas un président élu dans la fraude et la suspicion.
L’Union Africaine, a une responsabilité historique de mettre fin à cette crise qui enténèbre la stabilité politique qu’a connue le Kenya. Toutefois, il ne s’agit pas de rendre les honneurs à un équilibriste de la démocratie mais de rendre à César ce qui lui revient de droit. Il est temps que les présidents africains apprennent à quitter le pouvoir dans la dignité. La médiation du président John Kufuor et du chef de la mission du Commonwealth, Ahmed Tejan Kabbah, ancien président de la Sierra-Leone et de l'archevêque sud-africain et prix Nobel de la paix, Desmond Tutu, ne sera utile que si elle réhabilite la démocratie, c’est-à-dire la volonté du peuple. La médiation africaine ne doit pas consister à œuvrer pour asseoir au pouvoir la marionnette de l’occident mais celui que le peuple Kenyan a choisi. A la limite, la proposition de l’opposition, « Mouvement orange démocratique-Kenya » (ODM-K) de participer à de nouvelles élections dans trois mois, nous paraît sage et empreinte d’intelligence.
La communauté internationale doit agir de façon accommodante en validant le choix du peuple. C’est dans ce cadre que les pressions diplomatiques du Premier ministre britannique Gordon Brown et de la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, peuvent se comprendre. Il est certes juste d’inviter tous les dirigeants politiques kényans à adopter une position plus conciliante, face à cette grave crise politique qui s’est aggravée par des affrontements ethniques d’une grande intensité. Mais ces pays occidentaux, pyromanes la nuit et pompiers le jour doivent apprendre à vivre sans exploiter les africains. L’Afrique a changé, ses enfants aussi. L’esclavage et la colonisation sont révolus, autant que cette stratégie de diviser pour règner. Nous, africains avons choisi l’espoir plutôt que la peur, l’unité plutôt que la division. Nous nous battrons pour que notre continent infecté par les ingérences étrangères soit totalement libre et prospère. La jeunesse africaine ne supporte plus ce complexe de supériorité qui nous rappelle des souvenirs oblitérés par le temps. Entre la subtilité de la communauté internationale de ne pas donner l’impression d’imposer M Kibaki et leur volonté de voir une cogestion du pays, la séparation n’est pas étanche. Aux Etats-Unis, en 2000, entre Al Gore et Bush, il a fallu un décompte des voix pour départager les deux candidats et non un arrangement politique. L’Afrique aspire à une véritable démocratie et non à un simulacre voire un appendice de démocratie car comme le disait Winston Churchill, la démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes.
Enfin, le MLAN compatit à la douleur des familles de ceux qui sont tombés en martyr devant la bêtise humaine et appelle les africains à se mobiliser pour leur liberté car « tant que l’injustice et l’inégalité perdureront, aucun d’entre nous ne pourra prendre du repos (Nelson Mandela).

Dieu bénisse le Kenya !
Le Président du MLAN
Prao Yao Séraphin
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Samedi 5 Janvier 2008

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