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LA NOMINATION DE BOLTON TOUJOURS BLOQUÉE AU SÉNAT


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Pour la deuxième fois en moins d’un mois, la minorité démocrate au Sénat, rejointe par des républicains rationnels, tient tête à l’administration Bush-Cheney sur une question de principe constitutionnel. Le mois dernier, il s’agissait de déjouer le « putsch » du gouvernement qui aurait privé le Sénat de son droit de bloquer le vote sur une nomination présidentielle au moyen d’un filibuster (putsch que ses architectes avaient baptisé l’« option nucléaire »). Cette fois-ci, les sénateurs en question s’élèvent contre l’abus par la Maison Blanche de son « privilège exécutif » ; en l’occurrence, elle persiste dans son refus de fournir au Sénat des informations concernant la nomination de John Bolton comme ambassadeur américain aux Nations unies.


Mardi 14 Juin 2005




La demande des démocrates de la commission des Affaires étrangères - Chris Dodd et Joe Biden - n’a pourtant rien d’exceptionnel : ils veulent obtenir des informations concernant les agissements de Bolton lorsqu’il était sous-secrétaire d’Etat chargé du désarmement, notamment ses tentatives de faire espionner ses collègues et de supprimer tout renseignement sur le programme syrien d’armes de destruction massive, allant à l’encontre de sa propre position.

La Maison Blanche, apparemment sur ordre direct de Dick Cheney, a répondu par un non catégorique, ordonnant au directeur national du renseignement John Negroponte de refuser tout compromis proposé par le sénateur Chris Dodd, y compris le simple fait de communiquer les noms des membres du gouvernement espionnés.

Dans une lettre envoyée à Negroponte, le sénateur Dodd écrivait le 6 juin : « Je n’ai pas l’intention d’empêcher un vote sur la nomination de Bolton. (...) Je me tiens prêt à collaborer avec vous en vue de trouver le moyen de répondre aux nécessités légitimes du Sénat tout en respectant l’inquiétude du gouvernement quant au caractère sensible de l’information recherchée. » Une solution possible, ajoute Dodd, serait que la commission des Affaires étrangères soumette au bureau de Negroponte « une liste des noms qui l’intéressent plus spécialement » ; il s’agit de personnes pour qui Bolton aurait demandé à la NSA (le service de renseignement du Pentagone) de lui fournir des renseignements confidentiels obtenus par mises sur écoute. Si aucun de ces noms ne figure sur la liste des individus espionnés par Bolton, Dodd serait d’accord pour passer au vote sur sa nomination, explique-t-il dans sa lettre.

D’après des sources de l’EIR, cette liste comporterait notamment les noms du secrétaire d’Etat Colin Powell, de son numéro deux, Richard Armitage, et de l’ancien ambassadeur à l’ONU Bill Richardson - tous plutôt opposés à la politique de guerre des néo-conservateurs.

Lyndon LaRouche, qui était, dès le départ, hostile à la nomination de Bolton, commenta ainsi la lettre de Dodd : « Très habile. Si Negroponte refuse de donner suite, il sera piégé. (...) On va dire : s’il ne remet pas les informations, c’est que cela doit être vrai ! »

Pour mettre fin au débat et passer au vote dans l’hémicycle, il faut réunir soixante voix et il semblerait que le président du groupe républicain, Bill Frist, ne puisse en rassembler que cinquante-huit (les républicains disposent de cinquante-cinq sièges sur cent). Faute d’y arriver selon la procédure en règle, Frist a vaguement menacé de sortir une nouvelle « option nucléaire », consistant à demander au vice-président Cheney, en sa qualité de président du Sénat, de décréter un changement des règles, permettant de clore le débat par un vote à la majorité simple. Mais comme les dirigeants démocrates ont respecté de leur côté le compromis du 23 mai préservant le fonctionnement constitutionnel du Sénat, nombre de sénateurs républicains risquent de refuser une nouvelle offensive de Frist et de Cheney.

Le 10 juin, Frist a annoncé qu’il voulait faire voter la confirmation de Bolton en séance plénière, dans la troisième semaine de juin. Mais son homologue démocrate Harry REID répondit : « Cette Maison Blanche ne croit pas en la doctrine des institutions « séparées mais égales » [exécutive et législative] prévue dans notre Constitution. Elle veut passer outre le Sénat, mais cela ne peut se faire. S’ils veulent Bolton comme ambassadeur à l’ONU, qu’ils nous donnent les informations. Sinon, pas de Bolton ! »

[source)url:http://solidariteetprogres.org/spip/sp_article.php3?id_article=1781


Mardi 14 Juin 2005


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