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LA MONDIALISATION EST-ELLE UNE FATALITÉ ?


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Dès que l’on s’attaque à la question du sionisme pour dévoiler son programme et ses visées expansionnistes, dès que l’on s’attelle à démontrer que l’Etat hébreu est une théocratie qui n’a rien à voir avec la démocratie puisqu’elle est fondée sur le religieux et qu’elle s’appuie sur une politique de conquêtes territoriales, de domination et de discrimination, on est tout de suite taxé d’anti-sémite.


Farid@evhr.net
Jeudi 30 Mars 2006

2. Les forts et les faibles
Par Maâmar FARAH
farahmaamar@yahoo.fr




Dès que l’on s’attaque à la question du sionisme pour dévoiler son programme et ses visées expansionnistes, dès que l’on s’attelle à démontrer que l’Etat hébreu est une théocratie qui n’a rien à voir avec la démocratie puisqu’elle est fondée sur le religieux et qu’elle s’appuie sur une politique de conquêtes territoriales, de domination et de discrimination, on est tout de suite taxé d’anti-sémite.


De nombreux penseurs européens et américains ont fait les frais des campagnes orchestrées toujours par les mêmes milieux. Par la culpabilisation, ces véritables lobbies exercent une pression intolérable sur les hommes politiques et les médias en vue de les empêcher de dire ce qu’ils pensent du fascisme israélien. En fait, c’est parce que cet élément greffé par l’impérialisme dans le corps meurtri du monde arabe a toujours été la base avancée du capitalisme occidental, et notamment de son chef de file, les Etats-Unis d’Amérique, qu’il fait l’objet de tant d’attentions. Les rares voix progressistes européennes qui avaient parlé d’impérialisme américano-sioniste avaient entièrement raison. L’histoire contemporaine — et même l’actualité — regorge de faits et gestes qui démontrent clairement que le seul allié militaire des USA dans toute cette région demeure Israël, les autres pays étant soit des ennemis, soit des «amis» dominés. Mais, dans cette ligne stratégique américaine, il ne faut pas voir seulement l’expression d’intérêts électoraux liés à la présence, aux Etats-Unis, d’un puissant lobby sioniste, ou une situation simplement conjoncturelle. Il s’agit d’un axe fondamental de la politique américaine qui vient d’être conforté par le soutien des néo-conservateurs. M. Robert Anciaux, professeur à l’Université libre de Bruxelles, n’avait pas tort de souligner que : «Les Etats- Unis sont en fait le seul allié de l'Etat hébreu. Ils ont la mainmise sur les productions énergétiques locales et surtout le pétrole et le gaz qu'ils utilisent pour leurs propres besoins. En contrepartie, ils versent à Israël une aide de 9 milliards de dollars». En attaquant l’Irak, Bush s’en foutait éperdument de la démocratie. Son objectif principal, outre le contrôle des richesses pétrolières de ce pays, était de détruire tout le potentiel militaro- industriel bâti par Saddam. A voir l’état actuel de l’Irak et de sa société, on peut considérer que, d’une certaine manière, l’un des objectifs principaux de l’agression a été atteint. L’Irak devenait une menace sérieuse pour les plans américano-sionistes, non pas que l’on avait peur d’une attaque de Saddam, mais il fallait maintenir coûte que coûte le déséquilibre caractérisant les forces en présence. Or, en développant une base scientifique unique dans le monde arabe, en renforçant la recherche scientifique en toute indépendance et en faisant de l’équipement et la modernisation de son armée une priorité nationale, Saddam risquait de rattraper ce retard, d’autant plus que des informations circulaient sur la possibilité, pour ce pays, de produire, tôt ou tard, son arme nucléaire ! On ne pouvait attendre plus longtemps. La légalité internationale, les résolutions de l’ONU et la morale sont convoquées pour justifier une invasion qui n’avait pour objectif que de maintenir l’avancée d’Israël dans le domaine des armes nucléaires et de destruction massive. Evidemment, s’agissant de l’Etat hébreu, il ne viendrait pas à l’idée des dirigeants et des hommes de médias occidentaux de demander une stricte application des décisions de l’ONU et de l’autre machin dirigé par El Bradai. Cet organisme n’a pas inscrit dans son agenda de visiter les installations israéliennes, ni de demander à ce pays de se conformer à la «légalité» internationale ! Il attend, pour cela, de recevoir l’ordre des Etats-Unis, mais l’administration américaine ne veut pas que l’on cherche des histoires à Israël. Bush et ses amis ne veulent pas d’un monde arabe fort. Ils veulent le maintenir sous la domination technologique de l’Occident et de son allié stratégique : Israël. Dans les plans de ces nouveaux maîtres, nous ne sommes bons qu’à leur livrer du pétrole, à accueillir leurs bases militaires et leurs GI’s et si nous sommes bien gentils, ils nous enverraient quelques touristes que nous devons chouchouter. Tout Arabe qui veut sortir de ce cadre, qui refuse d’être le boy des GI’s ou des touristes, et qui a la prétention de vouloir acquérir la science et la technologie pour développer ses propres moyens de défense, cultiver l’amour de la patrie et les valeurs civilisationnelles qui lui sont propres, devient un danger qu’il faut éliminer. Au-delà du fait qu’il n’échappait pas, lui aussi, à la règle générale dans le monde arabe, qui veut que nous soyons dirigés à vie par des dictateurs à la férocité variable, Saddam Hussein était un danger pour Israël et c’est à ce titre qu’il a été éliminé. Les nouveaux maîtres veulent être les seuls forts. Nous devons nous contenter de notre statut de faibles et nous serons récompensés comme des petits enfants bien sages. Ils ont un tas de gadgets et de jeux pour nous récompenser. Selon notre docilité, nous serons classés bons ou mauvais dans la liste des droits de l’homme, des libertés et j’en passe. Mais, les forts oublient qu’ils mènent le même jeu avec leurs propres peuples en leur faisant croire qu’ils vivent dans de véritables démocraties. Or, la démocratie ne peut pas enfanter la guerre agressive ! Toute la stratégie bâtie pour manipuler l’opinion publique américaine à la veille de l’invasion de l’Irak reposait sur les images répétées à l’infini de la tragédie du 11 septembre 2001. Mais, on avait «oublié» de dire au peuple américain que cette catastrophe n’était pas l’œuvre de Saddam. On ne voulait pas souligner que ce dernier n’établissait aucun contact avec El Qaïda et qu’il avait assez de problèmes pour risquer le pire en envoyant des avions se fracasser contre les tours jumelles. Par contre, et a posteriori, on remarquera que l’unique bénéficiaire de cette tragédie est la nouvelle droite au pouvoir à Washington. C’est grâce aux événements du 11 septembre qu’elle a pu mettre en branle son plan effrayant de domination du monde, avec le concours des multinationales, et qui apparaîtra dans le futur comme le point de départ du troisième conflit mondial. Ce dernier ne sera pas limité dans le temps, mais s’étendra peut-être sur plusieurs décennies. Mais, il a commencé en Irak et touchera probablement l’Iran et d’autres régions où des régimes — pas toujours sans reproches — continuent de résister au prix d’une authentique politique d’indépendance nationale. Etre faible, n’est pas un problème, puisque c’est notre situation objective et il ne sert à rien de vouloir jouer aux forts quand on n’en a pas les moyens. Mais, on peut être faible et avoir de l’ambition, on peut être faible et rester digne, on peut être faible et continuer de se battre pour arracher sa place au soleil. Etre faible et dominé, tout brader, faire payer aux plus démunis le prix d’une transformation économique qui ne sera profitable qu’aux plus riches, n’est pas la voie souverainement choisie par les peuples du Tiers- Monde qui ont souvent payé le prix fort pour se débarrasser de l’exploitation et de l’esclavage.

M. F.
A suivre
Le Soir d'Algerie (leSoirdAlgerie.com)




Jeudi 30 Mars 2006

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