Politique Nationale/Internationale

LA MONDIALISATION EST-ELLE UNE FATALITE ? Les mediamensonges


Il y a longtemps que l’information a cessé d’exister dans les médias traditionnels. Appartenant aux grands lobbies liés aux systèmes de gouvernement et aux multinationales, les networks et les grands groupes de presse ont abandonné leur mission première pour faire dans la propagande pure et simple. Bien sûr, cela ne se fait pas avec la même légèreté et le même mépris du téléspectateur ou du lecteur qu’on connaissait sous les régimes du parti unique.


soirsat@yahoo.fr
Jeudi 4 Mai 2006

Il y a longtemps que l’information a cessé d’exister dans les médias traditionnels. Appartenant aux grands lobbies liés aux systèmes de gouvernement et aux multinationales, les networks et les grands groupes de presse ont abandonné leur mission première pour faire dans la propagande pure et simple. Bien sûr, cela ne se fait pas avec la même légèreté et le même mépris du téléspectateur ou du lecteur qu’on connaissait sous les régimes du parti unique.
Des cabinets sophistiqués préparent, à un niveau secret, les grandes orientations qui servent de base aux grosses manipulations des temps modernes. Avant la guerre d’Irak, la nouvelle droite américaine qui entoure Bush, consciente de l’importance de la manipulation de l’opinion publique, avait confié au cabinet Benador le soin de préparer la population à l’invasion du pays de Saddam. L’idée était toute simple : partir des événements du 11 septembre pour ancrer dans les têtes blondes la nécessité de se prémunir contre une nouvelle menace, beaucoup plus dangereuse. L’honneur de l’Amérique était en jeu. Il fallait attaquer rapidement l’un des axes du mal… Pendant plusieurs mois, presse et télévision vont relayer émissions, reportages et fausses informations désignant sans ambages l’homme qui fait peser les plus graves dangers sur les Etats-Unis. C’était la tâche de Benador. Ce dernier fait partie d’un groupe de cabinets où se rejoignent les intérêts des intégristes de l’extrême droite américaine, représentés par Bush et sa secte, et ceux du sionisme international. Il s’inspire de méthodes qui rappellent à la fois les procédés des sectes et la propagande hitlérienne. Le réseau Voltaire, à la pointe du combat contre la mystification, relève dans l’une de ses études que le cabinet Benador avait assuré, avant la guerre, les plans médias de 37 personnalités qui devaient systématiquement assister aux plateaux télévisés, publier des tribunes libres dans les grands quotidiens, signer des livres, etc. «Depuis le début de la crise, précise le réseau, les personnalités représentées par Benador Associates sont les sources d'information quasi exclusives des médias et des institutions publiques du monde entier sur l'arsenal dont disposerait l'Irak, sur le génocide qui aurait été commis par le régime de Saddam Hussein et sur ses liens avec Al Qaïda. Avant même que le secrétaire d'Etat, Colin Powell, ne prenne la parole devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, le séminaire de Benador Associates entendait révéler à la presse le «dessous des cartes». Elena Benador est une jeune «attachée de presse» d'origine péruvienne. Les «clients» de son cabinet forment un groupe homogène de personnalités promouvant l'attaque de l'Irak, le renversement du prince régent d'Arabie saoudite, le remodelage des frontières au Proche-Orient et la déportation des Palestiniens. La plupart de ces «clients» sont états-uniens ou israéliens.» Et de signaler qu’une enquête du magazine The American Prospect révèle ainsi «la puissance de ces cabinets noirs qui “fabriquent” de l’information pour servir les desseins de Dick Cheney, qui est le véritable boss de l’équipe au pouvoir». Ce que l’on nous présente comme la presse et la télévision les plus libres du monde ont recours en fait aux mêmes méthodes sordides en vigueur sous les pires régimes coloniaux, comme de présenter ceux qui luttent contre l’occupation sous l’appellation de « terroristes », censurer les séquences montrant leurs attaques, monopoliser l’information, empêcher le débat, occulter les intérêts économiques, présenter l’agression comme une œuvre civilisatrice (ici amener la démocratie), interdire la publication des images des soldats morts ou de l’arrivée de leurs corps, focaliser l’attention sur les méfaits d’un tyran capturé, comme on le faisait pour les chefs des guérilleros, les juger dans de véritables procès fleuves qui visent à détourner l’attention sur la fragilité des troupes… Tout y est : l’Amérique et la Grande-Bretagne ont bien appris la leçon et se comportent comme les pires dictatures du XXe siècle !
Lorsque la guerre a commencé, les grands médias ont continué à propager leur venin, cachant la triste vérité d’une agression unique dans les annales des guerres, par le nombre de morts, les intérêts sales qu’elle cachait et l’incroyable silence de la communauté internationale ! La manipulation continue jusqu’à aujourd’hui alors que la guerre s’enlise et qu’aucune perspective ne s’offre à Bush et consort pour sortir du bourbier. Malgré la mobilisation de près de 150.000 hommes et d’une armée composée de plus de 200.000 collaborateurs, la résistance continue de porter des coups sévères à la puissante armée américaine. La manipulation, la fausse information, s’appuyant sur des actions commanditées par les services secrets (à Bassorah, on a arrêté des agents britanniques avec un équipement destiné à commettre des attentats qui furent d’ailleurs libérés de force par l’armée de Sa Majesté), visent à créer une situation de chaos dans le pays car, contrairement à ce qu’ils avancent, une guerre civile ferait l’affaire des agresseurs ! N’oublions pas que l’objectif premier de ce conflit était, en plus de faire empocher beaucoup d’argent aux compagnies pétrolières — dont celle du vice-président Dick Cheney — et aux industriels de l’armement, de détruire totalement l’Irak, considéré comme un danger potentiel pesant sur Israël.
L’actuel scénario dirigé contre l’Iran rappelle, en tous points, celui concocté pour l’Irak par les cabinets noirs représentant les intérêts de l’impérialisme américano- sioniste. Et c’est mieux fait cette fois-ci parce que l’Europe occidentale, qui avait laissé montrer une certaine contradiction au projet irakien de Bush, est en pleine campagne, avec ses grands journaux et ses télévisions. Ni Le Monde, ni Libération, ni TF1, ni France 2 ne soufflent mot sur l’impressionnant arsenal militaire israélien et ses centaines de têtes nucléaires. En face, nos démocrates, qui, comme toujours, ne savent pas souvent discerner ce qui est fondamental de ce qui ne l’est pas, s’embarquent souvent dans le mauvais train et je les vois s’indigner de ce que l’on parle encore d’impérialisme ! Non, il n’existe que dans notre imagination, le monstre hideux qui tue les peuples, veut renverser Chavez, Castro et El Hraoui, El Assad et tous ceux qui lui opposent une quelconque résistance. Il est dans nos têtes, et pas ailleurs, l’impérialisme qui affame les peuples, encourage les régimes dictatoriaux du Tiers- Monde — acquis à sa cause — à réprimer davantage les peuples, érige la corruption en système de gouvernance, salit le climat, développe les pires scénarios pour instaurer un nouveau Moyen-Age dans lequel nos travailleurs seraient des esclaves commodes pour son projet de domination de la planète ! Il n’existe que dans nos papiers nostalgiques l’ultralibéralisme qui donne beaucoup à très peu d’hommes et des miettes à la majorité ! Regardez autour de vous : par l’amnésie, l’abandon, le reniement ; bref, toute la panoplie de la manipulation, n’est-on pas en train de gommer les pages les plus glorieuses des peuples pour qu’un seul modèle s’impose, pour que l’héroïsme, les valeurs positives restent l’apanage de ces Rambo, ridiculisés pourtant par les résistants irakiens ! Nous lutterons contre les médiamensonges en faisant savoir à tous, en rappelant chaque jour à nos enfants, que l’héroïsme n’a jamais quitté leur terre : en Palestine et en Irak, mais aussi en Algérie où chaque femme qui a refusé de mettre le hidjab sous la contrainte était une héroïne ! Chaque cheminot qui a conduit un train par les nuits obscures dans les gorges des montagnes lointaines était un héros ! Chaque soldat, chaque policier, chaque gendarme, chaque patriote qui ont veillé sur notre sécurité étaient des héros! Vous pouvez compter sur nous pour le rappeler ici et partout où nous pourrons opposer la vérité des peuples aux mystifications de leurs exploiteurs !


Article de Maâmar Farah (Le soir d’Algérie)


Jeudi 4 Mai 2006

VIDEOS | Politique Nationale/Internationale | Propagande médiatique, politique, idéologique | Société | Histoire et repères | Conflits et guerres actuelles | Néolibéralisme et conséquences

Publicité

Brèves



Commentaires