Néolibéralisme et conséquences

LA DÉMOCRATIE ET LE LIBÉRALISME ÉCONOMIQUE EN AMÉRIQUE LATINE


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LA DÉMOCRATIE EST LE MOT MAGIQUE QU'UTILISENT NOS GOUVERNANTS DE L'OCCIDENT CHRÉTIEN POUR JUSTIFIER, FACE À L'OPINION PUBLIQUE NATIONALE ET INTERNATIONALE, LEURS AVENTURES INTERVENTIONNISTES EN IRAK, EN AFGHANISTAN ET UN PEU PARTOUT DANS LE MONDE. MAIS VOILÀ QU'EN AMÉRIQUE LATINE ILS S'EN PRENNENT, PAR DES ACTIONS SUBVERSIVES, AUX GOUVERNEMENTS DÉMOCRATIQUES QUI NE LEUR LAISSENT PAS LA PREMIÈRE PLACE.


oscarfortin@hotmail.com
Jeudi 7 Août 2008

LA DÉMOCRATIE ET LE LIBÉRALISME ÉCONOMIQUE EN AMÉRIQUE LATINE
La DÉMOCRATIE, celle pour laquelle nous envoyons nos soldats combattre un peu partout dans le monde, rencontre de sérieux problèmes dans plusieurs pays de l’Amérique latine. Cette fois, ses ennemis ne sont plus les « communistes » ou ces « révolutionnaires armées », mais les anciensmaîtres et leurs alliés qui ont perdu leurs pouvoirs et privilèges dans le cadre d’élections démocratiques. Ainsi, par la volonté du peuple, leur emprise sur les institutions politiques, économiques et judiciaires, leur échappe. Là se termine leur foi dans la DÉMOCRATIE, celle qui n’arrive plus à les maintenir au pouvoir et à servir leurs intérêts oligarchiques. Il faut donc récupérer par d’autres voies ce pouvoir perdu.

La perte de contrôle sur les institutions ne les laisse toutefois pas complètement démunis. Ils ont encore de bons amis, nommés par eux, qui occupent des fonctions importantes dans les divers ministères, au sein des forces armées et dans les Cours de justice. Les moyens de communication sont, pour la grande majorité, entre les mains d’alliés fidèles ainsi que les moyens pour assurer l’approvisionnement et le transport des biens essentiels. Leur revanche sur la DÉMOCRATIE, si ingrate à leur endroit, consistera donc à discréditer et à faire disparaître, autant faire se peut et par tous les moyens, les nouveaux élus du peuple, ceux-là même qui leur ont été préférés.

Lorsqu’au Chili, en 1969, la DÉMOCRATIE a rendu possible l’arrivée d’une nouvelle catégorie d’hommes et de femmes politiques pour diriger le destin de la nation ce fut pour bien des peuples une grande victoire. Elle rendait possible l’espoir de véritables changements. Moins heureux, toutefois, furent ceux qui y ont vu leurs privilèges menacés. Les plus vieux se souviennent, mais pour les plus jeunes il n’est pas superflu de rappeler bien rapidement ce qui s’est passé.

À cette époque, les grands démocrates d’hier sont vite devenus des clandestins que chapeautait, entre autres, une organisation terroriste, nommée PATRIE ET LIBERTÉ. Tout devenait permis : des lignes électriques mises hors services, des routes coupées, des grèves de propriétaires de camion privant des millions de familles de biens essentiels à la vie quotidienne. On forçait ainsi les personnes à faire la file pendant des heures pour avoir un peu de riz, du pain, une ration de viande etc. Cette instabilité et ce chao visaient, évidemment, à discréditer le gouvernement que l’on rendait responsable de tous ces maux. Tâche d’autant plus facile que l’ensemble des moyens de communication était entre les mains d’alliés inconditionnels. Tous s’accordent, aujourd’hui, pour dire que cela n’eût pas été possible sans un soutien économique et logistique du GRAND FRÈRE ÉTASUNIEN et, d’une certaine manière, d’un silence calculé des autorités de L’ÉGLISE. La suite nous la connaissons tous : le coup d’état militaire du 11 septembre 1973, la mort d’Allende lors du bombardement du Parlement, Pinochet qui arrête, emprisonne, torture et tue par milliers pendant ses 18 ans de règne absolu sur le Chili. Tout cela sous le regard complaisant des grands défenseurs de la DÉMOCRATIE de nos pays OCCIDENTAUX. En 1976, l’Argentine suivra un scénario semblable avec la Junte militaire et le Plan Condor qui s’étendra à l’ensemble de l’Amérique latine. Ce sont des dizaines de milliers de personnes qui ont tout simplement disparues de la carte du monde.

Ce scénario réapparaît actuellement avec encore plus de subtilité, mais toujours avec les mêmes objectifs : discréditer, renverser ou tout simplement éliminer physiquement les leaders des nouveaux gouvernements qui ne répondent pas aux intérêts du libéralisme économique tel que conçu par les oligarchies qui préfèrent les monopoles privés à tout autre monopole y incluant celui du peuple. Ce fut et c’est toujours le cas au Venezuela où le gouvernement et son Président, Hugo Chavez, font l’objet de toutes les intrigues inimaginables pour les discréditer tant au niveau national qu’international. Élu Président, en 1999, selon nos règles démocratiques, Hugo Chavez a de nouveau soumis son leadership à un référendum en 2003 et à des élections en 2006. Chaque fois il a vu sa majorité augmenter. En dépit de cette volonté ferme du peuple à soutenir son Président et ses politiques, ses adversaires, les anciens maîtres de la DÉMOCRATIE, ne veulent plus rien savoir de celle-ci. Il y a eu ce Coup d’état avorté en ce 11 avril 2002, les plans BALBOA, TENAZA et de nombreuses complicités dont celle de la participation de hauts dignitaires étasuniens et canadien à une rencontre clandestine, à Prague, visant le renversement du Président Hugo Chavez.

Au moment d’écrire ces lignes, le gouvernement bolivien d’Évo Morales est la cible, comme jamais auparavant, de toutes les astuces inimaginables pour le discréditer et le renverser. Les oligarchies locales, la hiérarchie ecclésiale, les médias et des hommes de mains sont mis à contribution pour mener à bien cette mission. Dans un discours, repris par le Monde diplomatique, Évo Morales fait état de la situation dans laquelle ses adversaires le placent. Il fait particulièrement état de l’implication de l’Administration Bush dans toutes ces initiatives.

Il en va de même avec Rafael Correa, Président de l’Équateur. Les efforts pour le discréditer ne manquent pas. On a fait campagne pour le lier aux Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC), aux trafiquants de drogues et, tout dernièrement, ses adversaires ont mis à contribution les autorités ecclésiales pour dénoncer la nouvelle constitution qui sera soumise au vote populaire en septembre prochain. La grande majorité des moyens de communication, sous contrôle des oligarchies nationales, jouent à plein la carte de la désinformation, de la manipulation et des affrontements.

Ce matin, c’est au tour du nouvel élu à la Présidence du Paraguay, Antonio Lugo, de relever des initiatives qui ont pour but de l’éliminer. Dans un article, publié en ce 6 août, La Jornada relève les propos de ce dernier dont je me permets d’en traduire quelques extraits.

« Asunción, 5 août 2008. Le président élu du Paraguay, Fernando Lugo, déclare qu’il a de sérieux indices relatifs à la préparation d’un complot visant à renverser son gouvernement qui entrera en fonction le 15 août prochain. Ces indices font actuellement l’objet d’enquêtes approfondies.

Le plan aurait pour objectif de créer une rareté de combustible, de ciment et de médicaments dans les hôpitaux publics, ainsi que de laisser les institutions de l’état dans des conditions pitoyables et sans budget de manière à affaiblir les nouvelles autorités dès le début de sa gestion.

Lugo a déclaré que des membres de sa coalition disposent d’informations sur le présumé boycottage qui serait mis de l’avant par les secteurs qui se sentent menacés par les nouvelles orientations politiques annoncées par le gouvernement.

Le futur chef de cabinet, Miguel Lopez Perito, interprète ces initiatives comme une ‘tentative pour créer un climat d’incertitude et d’instabilité, ainsi que susciter des demandes et des critiques à l’endroit du nouveau gouvernement.


Rosario Riveros, leader du Parti Colorado, allégeance de l’ancien président Duarte, a prédit la semaine passée que “Lugo ne durera pas six mois”. »


Nous pourrions également relever tous les scénarios mis en place pour déstabiliser le gouvernement de Cristina Fernandez, cette femme qui vient de prendre les commandes du Gouvernement Argentin. Les masques tombent, les vrais visages apparaissent, la grande tromperie tire à sa fin.


À QUOI PEUT DONC SERVIR LA DÉMOCRATIE SI ELLE NE PERMET PAS AUX PEUPLES DE PRENDRE LE CONTRÔLE DE LEURS DESTINÉES ET QUE DIRE DE CES APÔTRES QUI, UNE FOIS ÉCARTÉS, FONT TOUT POUR LA RENDRE INOPÉRANTE ?
Oscar Fortin
6 août 2008

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