Politique Nationale/Internationale

LA CRISE IRANIENNE ET LA RÉUNION DU 30 JANVIER À LONDRES


Selon de nombreuses sources, le durcissement du conflit avec l’Iran a été préparé le 30 janvier, lors d’un dîner réunissant les ministres des Affaires étrangères des cinq membres permanents du Conseil de sécurité et de l’Allemagne, à la résidence de Jack Straw à Londres. On ne connaît pas les détails de la discussion, mais le ministre britannique aurait mis la question des sanctions sur la table, avant de se poser comme médiateur entre les positions « extrêmes » défendues d’un côté par Washington et de l’autre par Moscou et Pékin, qui voulaient que l’AIEA reste saisi du dossier pendant tout le mois de mars et que les négociations entre la Russie et l’Iran se poursuivent. En fin de compte, la position britannique a été adoptée : transmission du dossier au Conseil de sécurité, mais aucune mesure concrète avant le 6 mars - comme l’ont voté les trente-cinq membres du conseil de l’AIEA réunis à Vienne le 4 février.


Mercredi 8 Février 2006

Le compte à rebours a donc commencé jusqu’à la session du 6 mars de l’AIEA, au cours de laquelle Mohammed El Baradei doit présenter son rapport sur le programme nucléaire iranien. Cependant, le vote du 4 février rend pratiquement certain que le Conseil de sécurité sera saisi du dossier, ce qui risque d’être suivi de sanctions, voire même de frappes militaires.

Les éléments essentiels de la confrontation Washington/Téhéran étaient déjà en place dès août 2005, au moment où Lyndon LaRouche a fait circuler son communiqué sur les « Canons d’août ». A l’époque, pour empêcher une attaque préemptive possiblement nucléaire, certaines institutions militaires américaines ont laissé filtrer les plans du Commandement stratégique prévoyant justement ce genre de frappes contre des cibles « blindées ». Leurs interventions conjointes avaient alors permis d’éviter le pire.

La question iranienne domine la conférence de la Wehrkunde

La Conférence sur la sécurité (anciennement baptisée Wehrkunde), qui s’est déroulée du 2 au 5 février à Munich, a été largement dominée par la crise iranienne. Etaient présents la chancelière Angel Merkel, trente-cinq ministres des Affaires étrangères et de la Défense, dont ceux des Etats-Unis (Donald Rumsfeld et ses prédécesseurs William Cohen et William Perry), de Grande-Bretagne, de France et de Russie, quatre sénateurs américains et nombre de parlementaires et experts en matière de sécurité. Y participaient aussi deux hauts diplomates iraniens, le vice-ministre des Affaires étrangères Abbas Aragchi et l’adjoint au négociateur de la politique nucléaire à l’AIEA, Javed Vaedi.

Si Donald Rumsfeld et le sénateur Joseph Lieberman n’ont pas manqué de lancer des attaques au vitriol contre l’Iran, ils furent cependant éclipsés par le sénateur John McCain, dont la phraséologie rappelait ses divagations à la même conférence de 2002, où il appelait à attaquer l’Irak.

« De nombreux esprits pensent avant tout, bien entendu, à l’Iran, dit-il. Le principal parrain du terrorisme international, le régime iranien, se définit par son hostilité aux Etats-Unis et à Israël. (...) Téhéran a maintes fois utilisé la violence pour saper le processus de paix au Proche-Orient, ainsi que les gouvernements amis des Etats-Unis, et il a commandité au moins une attaque directe contre les Etats-Unis. L’effort continu de Téhéran pour se doter de l’arme nucléaire pose clairement un risque inacceptable à la communauté internationale. Protégé par la dissuasion nucléaire, l’Iran se sentirait entièrement libre de parrainer des attaques terroristes contre tout ce qu’il percevrait comme un ennemi. Son flagrant mépris du Traité de non prolifération nucléaire rendrait ce régime [du TNP] caduc et pourrait amener la Turquie, l’Egypte, Israël, l’Arabie saoudite et d’autres à revoir leur politique en matière de défense et leurs arsenaux. Et le monde vivrait indéfiniment avec la possibilité que Téhéran puisse remettre du matériel ou des armes nucléaires à l’un de ses réseaux terroristes alliés. L’Iran possède déjà des missiles balistiques capables d’atteindre des grandes capitales européennes. La menace contre l’Europe, les Etats-Unis et au-delà est claire. (...) Toutes les options doivent rester sur la table. Il n’y a qu’une chose pire que l’option militaire, c’est un Iran doté d’armes nucléaires. »

Si la Russie et la Chine ne veulent pas coopérer au sein du Conseil de sécurité, lança McCain, les Etats-Unis « chercheront des partenaires volontaires pour imposer les sanctions en dehors du cadre de l’ONU. Les pays d’Europe, qui ont des liens économiques étroits avec l’Iran et un leadership diplomatique sur la question nucléaire, auront une responsabilité spéciale à cet égard. »

McCain s’en prit ensuite au président Vladimir Poutine : « Tout ce que nous voyons aujourd’hui indique que le gouvernement russe a choisi sa voie, et elle n’est pas la nôtre. Le Kremlin préfère la poursuite de l’autocratie à l’intérieur et à l’étranger, et cherche à bloquer une action concertée contre des Etats voyous et à affaiblir ses adversaires démocrates. Il s’agit d’un état d’esprit soviétique, non de post-Guerre froide. Sous M. Poutine, la Russie d’aujourd’hui n’est ni une démocratie, ni une grande économie mondiale, et je me demande sérieusement si les dirigeants du G-8 devraient participer au sommet de Saint-Pétersbourg. »



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Mercredi 8 Février 2006

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