FRANCE

L’oligarchie politico-technocratique et sa violence haineuse contre les Gilets jaunes


L’oligarchie politico-technocratique a réussi à enrayer la dynamique du weekend d’anniversaire qu’ont organisé les Gilets jaunes.


Scandre Hachem
Mercredi 20 Novembre 2019

L’oligarchie politico-technocratique a réussi à enrayer la dynamique du weekend d’anniversaire qu’ont organisé les Gilets jaunes. Comme d’habitude, utilisant avec maestro la stratégie de la violence, Macron et ses acolytes Castaner et le préfet Lallemand, ont réussi à briser dans l’œuf la symbolique recherchée par les Gilets jaunes et à désorganiser profondément le déroulement des rassemblements projetés. Et il a suffi pour cela d’interdire une manifestation autorisée au moment même où elle avait commencé à se dérouler. Et pour donner une prétendue légitimité à cette interdiction, elle est annoncée par Monsieur Lallemand lui-même, préfet de son état. Car il ne s’agissait pas pour le pouvoir de briser uniquement la mobilisation du samedi, mais bien de casser l’organisation de l’ensemble du week-end avec ce que cela portait en termes de rencontres, débats, échanges divers tant humains, psychologiques, moraux. C’est bien cette richesse, avec la maturation et l’encouragement qu’elle est susceptible de développer, que le pouvoir a cherché à briser.

Et de se demander alors, pourquoi une telle obsession hargneuse contre les Gilets jaunes qui, pourtant, ne représentent aucun danger immédiat et traversent une érosion certaine de leurs capacités de mobilisation ? Surtout lorsque ce même pouvoir rabâche à qui veut l’entendre l’extinction de ce mouvement ?

Warren Buffet, célèbre milliardaire américain, proclamait il y a quelques années « La lutte des classes existe, nous l’avons gagné ». Une des qualités de certaines puissances, personnes physiques ou morales, est de nommer clairement les choses, sans fioritures.

Depuis près de deux décennies, les oligarchies financières et politico-technocratiques ont cherché à effacer la notion même de classes sociales, diluant le terme de classe dans des entités diverses, réduites, circonscrites à différents objets d’une part, dénoncer la prétendue existence des classes sociales en tant que telles, les discréditant en les présentant comme des outils politiques destinés à semer la division au sein de la nation au dépend de la nécessaire lutte contre la concurrence étrangère déclinée sous toutes ses formes, des plus politiquement correctes aux plus abjectes.

Une telle politique, articulée avec de puissants moyens de corruption et/ou de coercition des consciences, qu’ils soient économiques, politiques ou idéologiques, a réussi à anesthésier quasiment toute conscience de classe laborieuse, et à infliger à celle-ci défaite après défaite la plongeant dans un découragement profond. La démocratie avait cessé d’être « le pire système après tous les autres » pour devenir » le chien aboie, la caravane passe » ou plus trivialement « cause toujours, tu m’intéresses ».

Cette belle mécanique, mise en place et huilée à merveille par des esprits brillants, produits en masse dans les grandes écoles et instituts parmi les mieux côtés. Ces serviteurs brillants, seconds couteaux à l’ombre des politiques, hauts fonctionnaires ou cadres supérieurs, ont pris goût à la politique, appris à se pousser des coudes pour gagner une position supérieure, ou la conserver face aux nouveaux arrivants toujours plus nombreux et formés maintenant à être ambitieux dans leur cursus, vont aspirer à plus de pouvoir, jusqu’à conquérir le pouvoir politique lui-même, tel Iznogoud qui voulait être calife à la place du calife. Mais contrairement à ce dernier, nos jeunes cadres brillants, vont devenir califes.

Formés dans le même moule, dans les mêmes écoles, s’insérant dans les mêmes réseaux d’échanges et de solidarité, se faisant les uns les autres la courte échelle, ils vont se constituer progressivement en oligarchie politico-technocratique et se développer par cooptation, bien conscients de leurs intérêts corporatistes qu’ils se représentent de plus en plus fusionnels de ceux de la classe dominante représentée aujourd’hui essentiellement par les oligarchies financières.

Cette belle mécanique, bien huilée, subit, avec l’irruption des Gilets jaunes, l’introduction intempestive de ce fameux grain de sable qui, contre toute attente, enraye les plus belles machines.

Ce grain de sable est, cette fois, d’autant plus efficace et déstabilisateur, qu’il est justement l’inattendu, l’imprévisible de l’histoire qui se met en mouvement, ce contre quoi on n’avait donc prévu aucun antidote. Imprévu et imprévisible ni par nos brillants stratèges, ni dans un quelconque think tank, ni dans les meilleurs instituts de recherche, de communication ou de propagande, ni dans les meilleurs services de renseignements…

Face à l’absence d’antidote, ne restent plus que le discrédit tous azimuts et la répression hargneuse, massive, systématique, jusqu’à y voir un peu plus clair, et se rendre compte que le danger est bien plus énorme que prévu. Et ce danger est tout simplement la résurgence potentielle de la conscience de classe par la classe laborieuse, ces déshérités des temps nouveaux, ceux à qui les oligarchies ont réussi à détricoter lentement mais inexorablement tous les acquis économiques, sociaux et politiques qu’ils avaient réussi à constituer grâce à des décennies de luttes et de sacrifices, cette conscience de classe qu’on avait cru avoir définitivement enterrée.

Oui, monsieur Buffet, la lutte des classes existe, mais vous n’aviez fait que gagner une bataille. Certes une bataille de plus, pourriez-vous dire, en attendant la prochaine. Il est sûr que vous avez des forces puissantes pour l’affronter, depuis les jeux de séduction jusqu’aux jeux de massacres les plus hideux. Et vous saurez les combiner savamment, n’en doutons pas. Vous avez une cartographie des plus détaillée et réactualisée en temps réel de toutes les situations humaines, économiques, politiques et idéologiques que vous manipulez depuis des décennies, et que vous pourrez manipuler et mettre en œuvre encore et toujours avec plus de perfection, pour arriver à vos fins.

À celles et ceux qui n’entendent pas se soumettre et signer d’avance leur reddition d’en tirer les conséquences.





Mercredi 20 Novembre 2019


Commentaires

1.Posté par jjehaislescookies le 20/11/2019 16:38 | Alerter
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en fait il y aune lutte des classes mondiale, en france ce sont les gilets jaunes, ailleurs parfois ça ressemble trs fort, les gilets jaunes ont d'ailleurs lancé un appel international, voici la version française :


DÉDICACE DES GILETS JAUNES DE FRANCE AUX PEUPLES EN RÉVOLTE DANS LE MONDE

Nous, gilets jaunes de toute la France, nous adressons à tous les peuples en révolte !
À l’occasion de l’anniversaire de notre mouvement le 16 &17 novembre, nous dédions notre fête à tous les soulèvements populaires dans le monde.
Depuis un an, nous, gilets jaunes, nous sommes soulevés pour la justice sociale, la justice fiscale, la justice écologique, la démocratie directe, la liberté et la dignité, pour devenir maîtres de notre avenir.
Un an après, de nombreux soulèvements ont lieu partout dans le monde, Chili, Irak, Catalogne, Liban, Hong-Kong, Algérie, Équateur, Soudan, Colombie, Haïti, Guinée-Conakry, etc.
Nous nous sentons frères et sœurs et alliés de ces mouvements partout dans le monde. Nous exigeons la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et l’arrêt de la répression étatique.
Nous vivons dans un système globalisé et impérialiste. Pour changer les choses, nous devons agir tous ensemble. En s’alliant, les peuples en révolte pourront transformer leurs conditions de vie. Nous appelons, dans un premier temps, à agir en commun sur le week-end du 16 & 17 novembre et à créer et renforcer des jonctions entre les peuples en lutte.
Le 16 & le 17 novembre, nous fêterons l’anniversaire de notre soulèvement. Nous le dédions à toutes les révoltes en cours dans le monde, à tous nos alliés dans le soulèvement planétaire en cours. Nous serions heureux de le célébrer en solidarité et le partager avec les peuples en révolte partout dans le monde.
Nous vous invitons à fêter cet anniversaire par de premières actions communes, notamment des banderoles conjointes reprenant les hashtags :

#RevolutionEverywhere #QueSeVayanTodos الشعب يريد سقوط النظام#

Les peuples du monde entier veulent la chute du système !

revolutioneverywhere@riseup.net

vidéo : https://vimeo.com/371684270

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