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L’intégration des économies arabes : entre le rêve et la réalité,


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Abderrahmane MEBTOUL
Jeudi 3 Septembre 2009

L’intégration des économies arabes : entre  le rêve et la réalité,
Combien n’avons-nous pas vu  l’accueil en fanfare   et  les embrassades
entre les dirigeants arabes sous le slogan nous sommes tous frères. Dans tous leurs discours les dirigeants arabes parlent d’intégration,invoquant souvent un mot contraire à la pratique des affaires  ou n’existe pas de sentiments , un entrepreneur arabe ,  occidental ou chinois investissant  dans une espace et segment  donné  à l’ère de la  mondialisation là ou le taux de profit est maximum tenant compte des contraintes  politiques et socio- économiques.
Business, business comme  aiment à le dire franchement  les  Américains. Les dirigeants  Algériens privilégiant parfois le sentimentalisme pour des raisons historiques, ont eu  à le subir souvent à leurs dépens  comme le montre
d’ailleurs   la récente déclaration de l’ambassadeur chinois qui annonce
un montant dérisoire d’investissement   de 800 millions de dollars (fin 2008)
 et espérant un 1 milliard de dollars 2010, montant en décalage, tant par rapport aux investissements réalisés ans d’autres pays d’Afrique ( Angola , Soudan par exemple, pour ne parler  de l’Argentine ) que  par rapport aux nombreux  marchés accordés par le gouvernement algérien sur fonds publics se chiffrant à des dizaines  de milliards de dollars . D’ailleurs il serait
intéressant de calculer le solde de la balance entre   ce montant
d’investissement déclaré et la sortie des  bénéfices.  
 
 L’intégration des économies arabes : entre  le rêve et la réalité, tel est l’objet de cette modeste contribution.  
 
    
 1.-La superficie du monde  arabe  est de 15 434 156 km², soit presque 3,53 fois la superficie de l'Union européenne  et 3,02 % de la surface du monde. Le monde arabe couvre des musulmans, sunnites et chiites, qui suivent quatre écoles juridiques : malikite, shafîte, hanbalite et jafarite. Le monde arabe
se divise en pays   du Machrek et les pays  du Maghreb. La population a
évoluée de 92 millions en 1960 à 236  millions en 1994, et à 272 millions en 2000 et selon les statistiques récentes  qui ne sont pas  toujours fiables est évaluée  à plus de 380 millions d'habitants sur plus d'un  milliard et demi  et sur 1,5 milliard de musulmans, dont le nombre est surtout localisé  en Iran, Indonésie, Pakistan et le  BenglaDesh.  
 
    
 2.-Le PIB  des 22 pays  membres de la Ligue arabe  qui n'était en 1998  que de 531,2 milliards de dollars ( était inférieur à celui de l'Espagne)  de 1050 en 2005  dépasse pour la moyenne 2005/2006 1400 milliards de dollars .
Mais ,  sous réserve  d'un calcul correct du PIB qui omet souvent dans les
pays arabes    la sphère informelle prépondérante, le sous évaluant. Par
rapport au PIB  mondial qui approche moyenne 2007/2008 les 50.000 milliards de dollars, cela représente moins de 3% et si l'on soustrait les  hydrocarbures ce taux est moins de 1%. Cependant ce PIB global  voilent d'importantes disparités  avec à la fois  des richesses disparates ( pouvant les diviser entre ceux qui ont du pétrole et ceux  qui n'en ont pas ou très peu )  et des pays ayant une population élevée ( Soudan Egypte, Algérie, Maroc ) et des
micro- populations avec  700.000 à  2 millions d'habitants pas plus notamment certains pays  du Golfe.  
 
    
  3.-Mais l'indicateur PIB global même calculé par pays  peut voiler d'importantes  disparités socio- professionnelles et des déficiences en matière d'éducation, de santé  et  l'indice du développement humain
élaboré par le PNUD me semble plus fiable. Le rapport 2007  classe    les pays
arabes   à développement humain élevé Bahrein , Emirats Arabes Unis ; Koweit
, Libye et le  Qatar ; les pays arabes  à développement humain moyen  Arabie Saoudite , Algérie , Egypte, Irak ; Jordanie ,  Liban,  Maroc,  Oman ,  Syrie et Tunisie ; et  enfin les pays arabes  à faible développement humain Comores ; Djibouti Mauritanie ; Somalie ; Soudan et le  Yémen. Ainsi ce rapport, l'IDH par habitant établi en 2007 est le suivant pour les 42 premiers au classement :
1er. Islande ;  2ème . Norvège ;  3ème  Australie ;   4ème le  Canada ;  la
France 10ème et les USA 12ème. Pour les pays arabes  nous avons 33ème le Koweit ; 35ème le  Qatar ;  39ème les  Emirats Arabes Unis  et enfin 41ème le  Bahrein. Selon un communiqué publié  le 7 janvier 2008 à Tunis par l'Organisation pour l'éducation, la culture et la science de la Ligue arabe (ALECSO), le nombre d'analphabètes dans les pays arabes  est  de 99,5 millions de personnes, ce qui représente 29,7% de la population  du monde arabe et paradoxalement avec un exode de cerveaux de plus en plus élevé.  Ce sont les personnes âgées entre 15 et 45 ans qui sont les plus touchées par
l'analphabétisme (75 millions), selon  l'ALECSO,   que les femmes étant  le
plus  touchées par le taux d'analphabétisme  et sur  la moitié de cette
population,   les femmes  sont  maintenue à l'écart de la vie sociale. Par
ailleurs, la population urbaine, dépassera  400 millions d'individus vers l'année 2020, généralement pauvre (1 Arabe sur 5 vit avec moins de 2 dollars par jour) et souvent sous-employée (12 millions de chômeurs estimés en 1995, soit 15% de la population active, et cette urbanisation est  extrapolé à  25 millions en 2010 si les tendances actuelles se poursuivent.  
 
    
 4.- Dans ces conditions  peut-on parler d'une zone de libre échange  arabe ?
 La ligue arabe  a souvent abordé ce sujet  important  celui de la zone de libre-échange arabe  notamment  et notamment  l'homogénéité des accords
bilatéraux arabes   avec les dispositions de la zone de libre-échange arabe,
la coopération douanière arabe, le parachèvement du système de transit entre les pays de la région et la finalisation du processus de libéralisation du commerce ainsi  que les  retombées de la hausse des prix des produits de large consommation sur le niveau de vie du citoyen arabe . Lié à ces aspects non moins important l'examen du plan de développement de l'éducation, de l'enseignement et de la recherche scientifique dans le monde arabe, dans le cadre du suivi de l'application de la décision afférente du sommet arabe de Ryadh. Or force est de constater que ce sont des discours et qu'il n'y a pas de vision commune à l'instar  de ce qui se passe au Moyen Orient concernant la question du conflit israléo -palestinien  ou le conflit du Darfour.  
 
    
 5.-Aussi l’intégration des économies arabes pour le moment  n'est un
vœux    pieux dans la mesure où les échanges interarabes  représentant moins
de 9% de leurs échanges globaux, préférant selon leurs affinités politiques, les USA et la Grande Bretagne pour les  pays  du Moyen Orient, l'Europe pour les pays du Maghreb. Pour preuve, selon  les données d’avant la crise d’octobre 2008 environ  1200 milliards de dollars de capitaux arabes étaient  entreposés au niveau des banques se trouvant à l'étranger (et personne ne peut donner de leçon de nationalisme à l’autre au sein des pays arabes y compris l’Algérie qui a déposé une grande part de ses fonds à l’étranger, plus e 80% selon les déclarations  du Ministre des Finances algérien  fin décembre 2008 à l’APN ) et  que les premières estimations donnent une perte  de plus de 500 milliards de dollars. Un chiffre qui trouve son explication principalement par le fait que les pays arabes détiennent des
réserves importantes de pétrole et accessoirement   de gaz, comme le Qatar ,
plus de 10%  et 3% pour l’Algérie contre plus  de 55% l’Iran et  la Russie.

 
   
 6-Aussi, dans leur grande majorité,  les économies des pays arabes  ne sont
pas complémentaires mais souvent concurrentes, surtout dans le domaine du
pétrole, en reconnaissant que l’existence du cartel OPEP qui représente
actuellement moins de 40% de la production commercialisée mondiale (moyenne
2008/2009)  mais dont l’influence  entre 2015/2020 ira en déclinant, permet
d’atténuer pour le moment  le choc. Pour ma part, je pense  qu’il faille
commencer  par le  commencement, l’intégration   du Maghreb arabe, région
ayant les atouts d’une intégration économique ,  qui est au point mort,
malgré de beaux discours, pourrait être le prélude à une dynamisation  dans
une seconde phase des autres économies arabes.
 
 
 Docteur Abderrahmane MEBTOUL Expert international en management stratégique
(Algérie)
 



Jeudi 3 Septembre 2009


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