Conflits et guerres actuelles

L’implication de la CIA dans le trafic de drogue a menacé la vie d’un sénateur



Madsen
Samedi 7 Août 2010

L’implication de la CIA dans le trafic de drogue a menacé la vie d’un sénateur
Des sources du FBI aujourd’hui retraitées avaient signalé au Bureau fédéral d’investigation que l’implication de la Central Intelligence Agency dans le trafic de drogue est une opération très lucrative pour l'agence d'espionnage, qui a déjà menacé autrefois la vie d'un membre du Comité sénatorial sur le renseignement, l'un des deux comités de supervision de la CIA du Congrès. Selon ces sources du FBI, Dennis DeConcini, sénateur démocrate d’Arizona, avait aussi peur pour la vie des membres de sa famille. De 1987 jusqu’à sa retraite en 1995, DeConcini a siégé au Comité du Sénat sur le renseignement. Le président Bill Clinton lui aurait offert le poste de tzar de la drogue de la Maison Blanche, mais il aurait refusé ce poste à cause des menaces contre lui et sa famille.

Wayne Madsen Report, 12 février 2010






      Dans le sillage de l'effondrement du bloc soviétique, en tant que président du Comité sénatorial sur le renseignement de 1993 à 1995, DeConcini a tenté de réduire de façon drastique le budget de la communauté du renseignement, mais il a constamment essuyé un refus de la part des Républicains et du directeur de la CIA, James Woolsey.


      DeConcini s’était attiré les foudres de la CIA pour avoir découvert la profondeur de l’implication de cet organisme dans la contrebande de drogues vers la Zunie, en particulier lors du scandale de l’Iran-Contra.


      Nos sources du FBI — qui travaillaient en étroite collaboration avec la commission du président Ronald Reagan sur le trafic de drogue, présidée par George HW Bush alors vice-président — ont affirmé que Bush s’était en fait servi de sa position pour ouvrir en Zunie certaines lignes aériennes d'Amérique latine à un transit de drogue autorisé au préalable, en lien avec l'opération contra* de la CIA, concernant des fournitures en Amérique centrale.
[* Ndt : Un contra est un guérilléro du Nicaragua.]


      Les principales routes de la drogue d'Amérique centrale, à l’origine du Panama vers la Zunie, ont vu les contrats des vols de la CIA effectués par des entreprises de particuliers, comme Southern Air Transport et Evergreen Aviation. Pour les contras du Nicaragua, ces firmes affrétaient des avions pleins à raz bord d'armes et de munitions de Zunie, parachutaient tout ça sur des bases de contras en Amérique centrale, atterrissaient au Panama pour charger des stupéfiants fournis par le cartel de Medellin, revenaient par des itinéraires aériens approuvés au préalable au-dessus de la frontière zuno-mexicaine, et parachutaient la drogue sur des exploitations bovines précises, au Texas, au Nouveau-Mexique et en Arizona. Les vols d’Evergreen Aviation, selon nos sources du FBI, étaient basés à l’extérieur des installations de l'entreprise, au Pinal Air Park de Marana, en Arizona. Les vols de Southern Air Transport étaient basés à Mena, en Arkansas, et sur d'autres aérodromes de Floride, d'Alabama et de Louisiane.


      Une fois que la drogue du cartel de Medellin avait été larguée sur les ranchs, elle était chargée dans des remorques et transportée aux points de distribution à travers la Zunie. Nos sources du FBI ont affirmé que la contrebande et la distribution étaient aidées et encouragées par certains des plus riches éleveurs de bétail et cadres du secteur du camionnage, tous grands donateurs politiques du Parti républicain et de la famille Bush.


      DeConcini était parfaitement au courant des opérations et de la manière dont elles impliquaient son État natal d'Arizona. Après que, par l'intermédiaire du cartel de Medellin, lui et sa famille ont été menacés de mort par la CIA, DeConcini, selon nos sources bien placées, s’est mis à porter un gilet pare-balles quand il apparaissait en public, et il a pu se faire nommer sky-marshal* afin de pouvoir porter un 357 magnum sur les vols commerciaux entre Washington et Phoenix.
[* Ndt : Un sky-marshal est un officier armé embarqué sur avions de ligne.]


      Ne parvenant pas à éliminer physiquement DeConcini, la CIA s’est arrangée pour qu’il soit compromis dans une affaire politique d'argent sale. DeConcini a été désigné comme l'un des sénateurs de l’affaire des « Keating Five, » qui ont accepté des espèces de Charles H. Keating, Jr., propriétaire de la compagnie en faillite, Lincoln Savings & Loan. Bien que Robert Bennett, conseiller spécial du Comité d'éthique du Sénat et « homme de blanchissage » de la CIA, ait tenté d’épingler DeConcini sur sa connaissance de marchés entre lui et Keating, nous avons appris du FBI que le ministère de la Justice n'a trouvé aucune preuve impliquant DeConcini dans quelque chose de délictueux. L’une de nos sources du FBI avait contacté le président du Comité d'éthique, le sénateur démocrate d’Alabama Howell Heflin, et lui avait parlé de la campagne de DeConcini contre la CIA et son trafic de drogue.


      Heflin avait suspendu les audiences après avoir été informé de la situation unique de DeConcini, et les avait reprises seulement après que le ministère de la Justice lui a assuré qu'il n'avait aucun projet visant à inculper DeConcini. En fait, DeConcini avait été impliqué dans le scandale des Keating Five parce que trois de ses proches collaborateurs — son chef de collecte de fonds Earl Katz, son directeur de campagne Ron Ober, et son adjoint administratif Gene Karp — avaient convenu de faire des offres favorables à Keating et ont de cette manière empêtré DeConcini dans le scandale. Nos sources du FBI ont révélé que les trois assistants étaient tous « profondément impliqués » avec Keating et, quand le scandale a éclaté, ils ont aidé à mettre faussement en cause DeConcini dans le scandale.


      Malgré cela, le scandale des Keating Five a fait que DeConcini a décidé de ne pas postuler un autre mandat en 1994. Selon nos sources du FBI, un collègue de l'Arizona de DeConcini, le sénateur républicain John McCain, également l'un des Keating Five, avait été profondément impliqué, non seulement dans le scandale des Keating Five, mais aussi dans les opérations de trafic de drogue de la CIA.


      Nos sources du FBI ont également confirmé que l'officier supérieur de la CIA officiellement investi dans la tâche de lutter contre le trafic international de stupéfiants, était activement impliqué dans l’initiative des propres opérations de trafic de drogue de la CIA. Cet individu a également servi au ministère des Finances, où il veillait à ce que les bases de données de surveillance des flux financiers suspects du Financial Crimes Enforcement Network (FINCEN) soient débarrassées de toute information pouvant montrer l'implication de la CIA dans le blanchiment de l'argent de la drogue.


      Nous avons aussi appris qu’un cousin de l'officier de la CIA, qui avait découvert son implication dans le blanchissage de l’argent des stupéfiants, avait été arrêté dernièrement en Arizona, et incarcérés au pénitencier fédéral de Florence pour avoir menacé la vie des agents fédéraux, une infraction grave dans le cadre des nouvelles lois sur l’antiterrorisme. Bien que l'individu en question ait été diagnostiqué « délirant » par un psychiatre désigné par le tribunal, les procureurs fédéraux cherchent un accord permettant d'assurer qu'aucune mention ne soit jamais faite de l’officier (qui est à présent un partisan bien connu d'Israël), de la CIA, du FBI et de la famille Bush. Le dénonciateur emprisonné a aussi allégué que le trafic de drogue de la CIA continue de prospérer et qu'il implique des Juifs latino-américains, des agents du Mossad et tout une structure de couverture, de guichets et d’entrepôts en Floride, en Géorgie et au Texas, qui servent à stocker avant distribution la drogue d'Amérique latine.


      Nous avons aussi appris que le membre républicain du Congrès Mike Conaway, qui représente les villes texanes de Midland et Odessa à la Chambre des représentants, a exprimé ces dernières années de l’intérêt pour le blanchiment de l'argent de la drogue de la CIA. On estime qu’entre quatre et six mille milliards de dollars ont été réalisés par la CIA dans le trafic de drogue et les affaires de blanchiment d'argent en rapport. Bien que Conaway — qui a succédé en 2003 au membre du Congrès (et président du Comité du renseignement de la Chambre) du 11ème District, Larry Combest, qui avait soudainement démissionné après avoir remporté son dixième mandat — soit un ami de la famille Bush, il est à présent confronté à la possibilité d'un challenger dans la primaire républicaine, soit Jason Waters, soit son frère Jesse, deux anciens combattants de la guerre d’Irak qui contrôlent Waters & Waters Services, une entreprise de services parapétroliers. Les challengers potentiels sont aussi étroitement liés à la famille Bush. Conaway est un expert-comptable qui a servi de directeur financier à la firme en faillite Arbusto Energy Inc. de George W. Bush. Après avoir effectué une vérification, il a également découvert que des centaines de milliers de dollars ont disparu des comptes bancaires du Comité national républicain du Congrès.


      La remise en question potentielle de Conaway est vraisemblablement due à de trop nombreuses questions, dont les réponses pourraient se révéler très embarrassante pour ses vieux amis, les Bush.


      Nous avons appris d'un ancien combattant de la Force Delta que, lorsque les unités de la force militaire d'élite ont été envoyées en Afghanistan après les attentats du 11 septembre, leur premier ordre de la CIA a été de protéger les champs de pavot afghans. Nos sources du FBI ont confirmé que l'Afghanistan a remplacé les opérations de production de pavot de Khun Sa, dans le « triangle d’or » birman, comme principale source d'opium et d'héroïne du trafic de stupéfiants de la CIA.


      George HW Bush et son fils Jeb Bush, l’ancien gouverneur de Floride, ont récemment rendu une « visite de courtoisie » au président Barack Obama à la Maison Blanche. Nos sources du FBI pensent que, dans son jeune âge, Obama a été « soigneusement choisi » par la CIA pour être éventuellement installé à la présidence de Zunie.



      Wayne Madsen est ancien officier de renseignement de la Marine zunienne, spécialisé dans la surveillance électronique et la sécurité. Anciennement assigné à l’Agence de sécurité nationale (NSA) et au ministère des Affaires étrangères. Actuellement, journaliste d’investigation, chroniqueur dans la presse nationale, et auteur. Administrateur de l’Electronic Privacy Information Center (EPIC), (une organisation dédiée à la protection des libertés individuelles) à Washington DC.



      Le site Wayne Madsen Report étant pour abonnés, certains articles sont parfois relayés. Celui-ci provient d’ici :
rockcreekfreepress.tumblr.com/post/409382502/madsendeconcini
Traduction copyleft de Pétrus Lombard



      Cet article est cité dans les références du dernier article de F. William Engdahl paru sur le Réseau Voltaire, « Washington et l’avenir du Kirghizistan : la sécurisation d’un pivot géostratégique. »




Samedi 7 Août 2010


Commentaires

1.Posté par visiteur le 07/08/2010 13:17 | Alerter
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Un petit commentaire satirique du style "Soldat US cultivant les champs de pavot" pour la première image au dessus aurait été excellent.

2.Posté par Luc le 07/08/2010 21:35 | Alerter
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Triste réalité, ils ont tellement sniffé dans les champs, qu’ils ne savent plus dans quelle direction est l’ennemi.

Et qu’il y a tant de « bavure » contre des civils.

3.Posté par joszik le 07/08/2010 23:32 | Alerter
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L'ennemi c'est l'idiot du village c'est à dire celui qui se trouve à des milliers de KM de chez lui, pour nourrir la pourriture humaine qui vit dans de la soie avec leurs enfants lobotomisés.

4.Posté par advice le 08/08/2010 11:23 | Alerter
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Cela fait quand même plaisir de voir qu'il existe des gens avec des c....... pour dire tout haut ce qu'il n'est pas politiquement correct de révéler.

Beaucoup sont pourtant au courant de ces réseaux mafieux encouragés par les états, protégés par les services de renseignements et les armées...pour aboutir à ...Wallstreet ! C'était déjà le cas au Vietnam avec l'opium. Pauvres soldats qui ne savent pas pour quoi ils combattent !

Pas belle la prétendue démocratie... Dieu merci, il reste encore quelques incorruptibles !

5.Posté par Karlos le 08/08/2010 21:58 | Alerter
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Vu comment la drogue circule en occident il est évident que c'est le résultat de réseaux
structuré avec la complicité de certains dirigeants et service secret
il est impossible qu'il soit uniquement le fait de dealer de quartier les quantités sont bien trop élevé de plus les dealers de cités ne peuvent à eux seul inonder la France entière l'Europe l'Amérique les voitures dit "go fast" ne peuvent transporter des tonnes
les tonnes arrivent dans les ports par cargo

6.Posté par khatab alias cortex le 09/08/2010 15:46 | Alerter
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Lorsque les medias parlaient de trafic d'opium en accusant la résistance afghane d'être les béneficiaires de ce trafic internationale ...pas beaucoup de monde pour les defendre à l'époque !!!...Taliban par ci...Taliban par la...
Alors que c'était eux les braves ,les hommes les vrais ,à avoir pratiquement iradiqué ce fléau...
C'est maintenant que les gens commencent enfin à comprendre l'ampleur de 'lignominie americano-sioniste !!!
ALLO ?????!!!! Y A QUELQU'UN ???....
http://www.sirat-alizza.com/

7.Posté par abeilles le 09/08/2010 17:01 | Alerter
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bien sur que c'est les Américains avec simplement une once de logique ,Comment les Talibans en toute liberté cultiver leurs champs de pavots ,le cueillir tranquillement ,alors que des millions de G I sont la pour les massacrer ,fatalement c'est les champs de pavots cultivés pour les Américains la récolte quitte l'Afghanistan par des cargos aéroporté jusque à la très grande caserne du Kosovo ,voila l'utilité de faire la guerre ,sur un territoire Musulman ,et de la ????dispersé dans tous les Pays Asie Russie Europe Iran Irak ,enfin partout pour démolir la jeunesse l'abreuver ,cette jeunesse d'Irak qui était extraordinaire la pourrir de débauche la seule chose qu'ils peuvent transmettre LE MAL MAUDIT CES DEMONS DU DIABLE

8.Posté par Nassim le 09/08/2010 17:14 | Alerter
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d'après les russes, seulement 2/10 des bénéfices de l'opium reviennent aux talibans. le reste est pour financer la guerre et les amis de la guerre.

9.Posté par Nassim le 09/08/2010 17:19 | Alerter
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Peut être aussi que c'est pour ça que la mafia corse a engagé le soldat Français!!! qui sait!

10.Posté par Et les autres le 30/10/2012 15:41 | Alerter
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Il n'y a pas que les US impliqués...

Qui peut expliquer les quantités produites au Maroc sans que le roi ne soit au courrant???

Encore un narco-trafiquant au sommet de l'échelle d'un pays.... Et bien couvert par les gouvernants occidentaux!!!


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