Conflits et guerres actuelles

L'impitoyable politique expansionniste de Blair, Bush et d'Israël


Tony Blair marchait d’un pas nonchalant dans le hall de l’hôtel American Colony dans Jérusalem Occupée par Israël alors que je prenais le thé avec un ami.
L’ancien Premier ministre et actuel envoyé spécial du Quartet pour le "processus de paix" moribond, Blair est en ville pour donner l'illusion qu’il se passe quelque chose dans les longues négociations qui, selon les Palestiniens, ne mènent nulle part.

Par Michael Jansen


Jeudi 22 Mai 2008

L'impitoyable politique expansionniste de Blair, Bush et d'Israël
Blair montre sa tête un jour par mois alors que son équipe travaille dans l'hôtel, une grande demeure palestinienne en pierre acquise à la fin du 19ème siècle par un groupe d’Américains messianiques et des pèlerins chrétiens suédois qui accueillaient des hôtes contre paiement pour financer leur opération.

C’est insultant que Tony Blair ait pris ce site comme base parce que c’est un symbole de la Jérusalem arabe palestinienne depuis plus d'un siècle.

Insultant parce que Blair n'est pas ici pour aider les Palestiniens assiégés. Il est venu pour servir de couverture à la campagne de colonisation d’Israël en Cisjordanie, pour renforcer sa mainmise sur Jérusalem-Est, et l’aider à confiner quatre millions de Palestiniens dans la minuscule Gaza et les enclaves de Cisjordanie cernées par des terres ou la mer prises par les Israéliens.

La couverture est nécessaire parce que l'opinion publique internationale en a de plus en plus marre des efforts des gouvernements américains et européens pour réfréner l'appétit insatiable d’Israël de territoire palestinien.

Alors qu’il est ici, Blair a, apparemment, appelé divers associations et individus bien informés. Lui ou les membres de son entourage ont demandé des conseils sur la façon de rationaliser les 611 checkpoints et barrages israéliens de Cisjordanie afin de faciliter le passage des Palestiniens et leurs marchandises.

Un diplomate a observé : «Il devrait dire à Israël de démanteler les checkpoints et non de nous demander comment aider Israël à les rendre plus tolérables pour les Palestiniens."

Ray Dolphin, un consultant du Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA), a déclaré à Gulf Today que respect par Israël des clauses de la "Feuille de Route" était "inexistant". Bien qu’Israël soit obligé de mettre un terme à l'expansion des colonies, il poursuit sa colonisation.
Les 11 principales cités et villes de Cisjordanie sont séparées les unes des autres par 149 colonies israéliennes où vivent 480000 colons et 100 avant-postes de colons, les routes, le mur et d'autres obstacles et checkpoints.

Alors que toutes les colonies et avant-postes israéliens - ces dernier étant illégaux au regard des propres lois israéliennes parce que non autorisés - ont l’accès à l’eau, des routes, l'électricité et la protection de l'armée, 200 villages palestiniens n'ont toujours pas l'eau après 41 ans d'occupation israélienne.

Israël est tenu, par le droit international, non seulement de s'abstenir d’installer ses propres citoyens en territoire occupé, mais aussi d’assurer le bien-être des habitants du territoire occupé.

Dolphin a fait remarquer que si les obstacles étaient vraiment destinés à empêcher les Palestiniens de s'infiltrer en Israël et de s'attaquer à ses citoyens, la majorité des checkpoints et des barrages seraient installés le long de l'ancienne ligne verte, la ligne de cessez-le-feu établie en 1948-49.
Mais un grand nombre des checkpoints sont installés autour de Jérusalem-Est et sont conçus pour séparer la ville de la Cisjordanie et refuser l'accès aux habitants de Cisjordanie

Au cours de la dernière visite du Secrétaire d'État américain, Condoleezza Rice, Israël a promis d’enlever au moins 50 checkpoints et barrages routiers, la majorité des barrages étant non gardés. Sur une liste de 61 checkpoints établie par OCHA, Israël affirme qu'il en a démantelé 44.

Toutefois, lorsque le personnel d’OCHA est allé pour vérifier, ils ont constaté que sur les 44, seuls cinq étaient sur la liste, 17 n'ont pas pu être trouvées même si Israël avait fourni les coordonnées GPS, et le reste de barrages enlevés étaient insignifiants.

Pour encore aggraver les choses, d’autres checkpoints et barrages ont été construits et les anciens checkpoints et obstacles installés lors de l’offensive militaire d’Ariel Sharon en 2002 n'ont jamais été enlevés.

Suivant l'exemple des Etats-Unis en Irak, Israël a également privatisé la sécurité en embauchant des sous-traitants pour gérer les checkpoints. Ces sous-traitants sont des «professionnels», a déclaré Dolphin, et non des réservistes de l'armée ou des conscrits.

Bien que de nombreux soldats israéliens soient hostiles aux Palestiniens et les traitent durement sur les checkpoints, d'autres adoptent une attitude plus humaine.

Les sous-traitants "professionnels" ne risquent pas d’agir ainsi parce qu'ils sont payés pour avoir une attitude dure. Par conséquent, la privatisation des checkpoints est sensée rendre la vie des Palestiniens encore plus difficile qu'elle n’est déjà.

Samedi dernier, un ami m’a emmené à Jérusalem et nous sommes passés par le checkpoint de Hizmeh. La file de voitures dans cette direction qui attendait s’étirait sur au moins deux kilomètres le long de la quatre-voies de Cisjordanie.

La plupart des voitures étaient palestiniennes, avec des plaques d’immatriculation jaunes et blanches de Jérusalem, mais il y avait aussi des véhicules de colons arborant des drapeaux israéliens.

Mon ami, un expert palestinien des barrages routiers et des checkpoints, est passé à toute vitesse par un village et s’est approché de la file d’attente sur le côté, et s’est intercalé dans les trois files à l’avant du bouchon. Le checkpoint est encadré des deux côtés par le mur, haut de huit mètres.

Nous avons rapidement franchi l’une des trois portes où des soldats israéliens inspectaient les papiers d’identité et fouillaient des véhicules suspects. Mais alors qu’on nous faisait signe de passer, nous avons dû nous frayer un chemin à côté d’une voiture d’un noir étincelant qui était arrêtée à l’intérieur du checkpoint.

Deux jeunes femmes portant le foulard, des kurtas et des pantalons étaient debout sur la chaussée tandis qu'une troisième vêtue d'une veste rouge et sans foulard était poussé à l'arrière d'un véhicule blindé israélien par un soldat.

Mon compagnon a secoué la tête. La jeune femme qui venait d’être arrêtée allait passer des heures d'interrogatoire. Peut-être que c’était une Cisjordanienne qui tentait d'entrer à Jérusalem illégalement. Qui sait. "Les checkpoints", a-t-il dit, "ne sont pas destinés à empêcher les kamikazes mais de nous compliquer la vie."

Blair et son bon ami George W. Bush, qui est en visite cette semaine, n'ont rien fait pour s'attaquer à la course d’obstacles d’Israël composée de checkpoints, de barricades, de colonies, d’avant-postes et de l’ensemble mur-clôture. Ils définissent la forme et l'étendue de l'habitat palestinien en Cisjordanie.

Selon l'arrêt de la Cour internationale de Justice, 80% du tracé des 723 kilomètres du mur-clôture d'Israël violent le droit international. Seuls 20% sont construits à moins de 100 mètres de la Ligne verte.
Le doigt d'Ariel pénètre sur 22 kilomètres à l’intérieur de la Cisjordanie alors que le bloc nord de Kedumim-Shamron s’enfonce sur 14 kilomètres à l'intérieur du territoire.

Le tracé du mur-clôture dans cette région a été modifié, soi-disant pour améliorer les choses pour les Palestiniens vivant à l'ombre de cette construction. Mais, dit Dolphin, la construction de "deux doigts au lieu d'un éviscère les districts de Qalqilya et de Salfit".

L'énorme colonie urbaine de Maale Adumim, située sur des collines à 14 kilomètres à l'est de Jérusalem, couvre plus de territoire que Tel-Aviv.

Cette colonie a été conçue pour bloquer l'expansion naturelle des Palestiniens de Jérusalem vers l'est. Le mur-clôture est achevé à 60%, 10% sont en construction et les 30% restants sont prévus mais ils ne sont pas commencé parce qu’Israël prétend qu’il n'a plus d'argent.
3 à 4 milliards de dollars supplémentaires sont nécessaires pour terminer l’ensemble. Cela ne comprend pas l'entretien des structures existantes. Dolphin a suggéré qu’Israël aurait ralenti la construction en raison de contraintes politiques

Toutefois, si le mur-clôture est achevé comme prévu, 10% de la Cisjordanie se retrouvera derrière la barrière. "Les hommes politiques israéliens y font [déjà] référence comme étant la frontière et non la Ligne Verte."

Dolphin dit qu'il y a une sorte d'accord tacite entre Israël, les États-Unis et l'Autorité Palestinienne pour qu'Israël annexe les grandes colonies construites sur 3 à 4% de la Cisjordanie et que les Palestiniens recevront une compensation territoriale équivalente.

Toutefois, ajoute-t’il, il est impossible pour Israël de compenser les 10%. La majorité des colons vivent dans les grandes colonies du côté israélien du mur alors que la majorité des colonies, avec 80.000 colons, sont situées du côté palestinien, à l'est du mur.

Certains colons dans les petites colonies appartiennent à des groupes radicaux idéologiques, mais la majorité de ceux qui vivent dans les colonies au nord-est de Jérusalem appartiennent au principal courant du Likoud qui ne peuvent pas être convaincus ou forcés de quitter le centre de la Cisjordanie.

Que peuvent faire Blair et Bush au sujet des checkpoints, des colonies, des avant-postes et du mur?

Enlever quelques checkpoints et avant-postes ne servira pas à mettre un terme à la colonisation israélienne de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est ou à soulager la vie des Palestiniens qui y vivent. Israël

Les mécanismes israéliens de contrôle et d'expropriation/dépossession doit être mis hors de nuire et les «faits sur le terrain» d’Israël doivent être extirpés.

Mais, comme un collègue l’a un jour observé, "L'homme politique qui va sérieusement s'attaquer à Israël et changer sa politique d’occupation n’est pas encore né."



Palestine
envoyé par ddp85


A voir : le reportage de David sur les checkpoints de Cisjordanie

Source : http://www.maannews.net/
Traduction : MG pour ISM


Jeudi 22 Mai 2008

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