Société

L'impératif moral



Charles Sullivan
Mercredi 28 Mars 2007

L'impératif moral
Charles Sullivan, le 27 mars 2007


« Le Pentagone, qui est le poing de fer du Capitalisme étasunien a besoin d'ennemis... »


« Les outils du maître ne démantèleront jamais la maison du maître. » - André Lorde


​​​​Il ne devrait étonner personne que l'invasion et l'occupation de l'Irak par les États-Unis il y a quatre ans se fondaient sur des mensonges et des preuves fabriquées. D'autres guerres provoquées par les États-Unis ont été entamées de la même manière, mais nous ne semblons jamais apprendre les leçons que l'histoire pourrait nous enseigner. Le but de l'invasion des États-Unis n'était pas de libérer les irakiens ou de propager la démocratie (quand un gouvernement a-t-il jamais fait cela ?) ; c'était pour privatiser les richesses naturelles de la région et transférer la propriété depuis le domaine public irakien vers les coffres de firmes étasuniennes. Nous avons une longue et honteuse histoire d'invasions et d'occupations impériales, et aucune expérience pour édifier des démocraties.


​​​​La politique des États-Unis au Moyen-Orient est aussi voulue pour supprimer les ennemis du Sionisme radical et pour étendre le contrôle sioniste sur la région, en plus de soutenir le fléchissement du dollar US contre l'affermissement de l'euro. C'est la continuation du Destin Manifeste ; les insensés mais obstinés pensent que les étasuniens sont supérieurs à tout autre ; ce que l'historien Howard Zinn désigne sous le nom de particularisme étasunien.


​​​​Le Destin Manifeste et la propagation du Capitalisme vont de pair. La croissance du complexe industriel militaire exige des conquêtes impériales et l'expansion continue -- une impossibilité un sur une planète finie. Nous avons encore à apprendre cela partout où la réalité entre en conflit avec le mythe économique, la réalité prévaut.


​​​​Le Pentagone, qui est le poing de fer du Capitalisme étasunien, a besoin d'ennemis afin de justifier ses immenses dépenses devant un public aveugle, même s'il doit les inventer. Dans le passé ses ennemis étaient la propagation du Communisme et du Socialisme, qui étaient une menace uniquement pour le gouvernement ploutocratique, pas pour les étasuniens eux-mêmes. Maintenant le danger est aussi mystérieux et omniprésent que la propagande d'État -- la menace exagérée du terrorisme Islamique.


​​​​Je ne prétends pas qu'il n'y a pas de vraie menace du terrorisme contre les étasuniens. Néanmoins, j'affirme que ces menaces restent faibles et sont une réponse directe à la politique étrangère injuste des États-Unis, y compris à l'occupation israélienne de la Palestine.


​​​​Il est important de comprendre que les intérêts du peuple et du gouvernement sont toujours en conflit. La volonté du peuple n'a jamais compté pour la clique régnante, comme le démontre l'occupation actuelle de l'Irak, en dépit de l'écrasante opposition du public. Ce qui importe aux gouvernements des USA est l'acquisition des richesses privées par la guerre et l'expansionnisme. L'élite régnante n'hésite jamais à sacrifier la vie de nos soldats et de nos travailleurs aux ambitions impériales, ou à autoriser le massacre délibéré de civils innocents en nombres impossibles à connaître.


​​​​Il est tout aussi important de comprendre que les guerres impériales sont un produit du Capitalisme. L'élément central du Capitalisme est la distribution inégale des richesses et le pouvoir politique dans lequel un petit encadrement de propriétaires peut littéralement acheter le pouvoir politique. Les très riches ne sont jamais rassasiés. Ils n'ont jamais assez. Ils ont de l'ambition. Ils sont mus comme par une obsession. Ils veulent plus. Ils veulent tout. Leur rêve est de dominer le monde et de privatiser ses richesses. Pour les aider dans leur quête, le langage patriotique et la religion sont évoqués pour attiser les émotions du public et d'inspirer haine et mépris. Il sera dit au peuple que nous sommes assiégés par les forces du mal, alors même que la terreur émane du capital de la nation comme des rayons émanants du centre d'une roue.


​​​​Les guerres impériales des USA continueront jusqu'à ce que le Capitalisme soit éradiqué et remplacé par un système plus juste et plus équitable -- un système pour le bien-être, plutôt que pour le profit économique.


​​​​Les architectes de l'invasion de l'Irak voudraient nous faire croire que la politique US au Moyen-Orient est une question complexe qu'il vaut mieux laisser aux experts bien disposés. En fait, c'est une affaire fantastiquement simple qui peut être facilement comprise par quiconque ayant une conscience, un sens de la justice ; une boussole morale. Ce qui se résume juste par bien et mal. Un enfant de cinq ans peut comprendre ça mais les présidents impériaux et leurs cohortes du Congrès et de l'industrie ne le peuvent.


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​​​​Une chose est mauvaise quand son but est autre que le désir de justice. Nous n'avons pas besoin de compliquer plus que cela les choses. Une nation fondée sur l'injustice aura une histoire de nettoyage ethnique, de génocide, d'esclavage, de racisme, d'inégalité, de divisions de classes, du sexisme, de main-d'œuvre supprimée, de meurtre, et de guerre -- une histoire de nombreuses guerres comme la notre. Notre histoire, à vrai dire.


​​​​L'injustice engendre une féroce résistance pouvant ne jamais mener à la paix, comme nous en sommes témoins dans l'ensemble du Moyen-Orient. Les États-Unis échoueront en Irak parce que les politiques du gouvernement ne sont pas conduites par le désir de justice. Leur objectif n'est ni honorable ni dicté par des principes ; donc, en fin de compte il échouera. Il est mauvais d'imposer notre volonté à d'autres. Il est mauvais d'assassiner des civils innocents. Il est mauvais de voler leurs richesses. Il est mauvais de subjuguer des peuples pour les exploiter comme de la main d'œuvre bon marché.


​​​​En fin de compte Israël sera expulsé de Palestine pour les mêmes raisons -- sa cause (le nettoyage ethnique) n'est pas seulement injuste -- elle est immoral et criminel.


​​​​Les gouvernements apprendront-ils jamais que ce n'est pas le plus fort physiquement qui règne, mais le juste ? Est-ce que ce ne sont pas les enseignements du Dr. Martin Luther King, de Henry Thoreau, et de Gandhi ?


​​​​La justice et la moralité ne figurent pas dans l'équation économique du Capitalisme. Ni la compassion, les droits des autres à exister en paix dans leurs propres systèmes de croyance, ni l'égalité. Il ne peut être de paix sans justice ; pas de compte sans respect élevé pour la vérité. Notre passé parle fort sur le futur probable.


​​​​Nous n'avons pas besoin de regarder très loin dans le passé pour réaliser ce que recèle le futur. Un meilleur futur exige que nous agissions avec justice dans le présent. Autrement, les modèles de l'histoire continueront à se répéter en cycles sans fin de mort et de violence, de disparité et de souffrance. Nous devons cesser de mettre notre foi en des politiciens qui servent la ploutocratie en exploitant le peuple, et un système qui dès son début fut créé pour servir le riche et le privilégié.


​​​​Nos politiques sont une boucle de rétroaction négative continue qui ont toujours produit des résultats logiques. Nous ne pouvons pas continuer à faire la même chose encore et encore et compter obtenir des résultats différents. L'imperfection mortelle n'est pas dans l'administration de la politique, elle est dans la politique elle-même et le système corrompu qui l'a créée ; un système au cœur inégal et injuste ; et donc, immoral.


​​​​Un impératif moral sain devrait imprégner tout ce que nous faisons, et il doit avoir dans son cœur un désir brûlant de voir justice faite et d'aider les autres à accomplir leur promesse. Un impératif moral fort devrait être la base de la coopération entre les individus et les nations. Sans bouée éthique il ne peut y avoir de confiance, de justice, et de paix. C'est aussi simple que la cause et l'effet. En vérité, nous récoltons ce que nous semons.


​​​​http://www.thepeoplesvoice.org/cgi-bin/blogs/voices.php/2007/03/27/the_moral_imperative

​​​​Traduction de Pétrus Lombard pour Alter Info



Vendredi 30 Mars 2007

Politique française | Société

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